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18 janvier 2020

Les quatre cavaliers de l’apocalypse !

Malgré la guerre contre l’intelligence du peuple menée par les stratèges de l’économie libérale, le sens critique n’est pas perdu. Le « trop c’est trop » produit ses effets. Cette société ne fait plus rêver.
Sauf pour les imbéciles et les prétentieux du tiroir-caisse Belgique, le succès de l’Amérique à 3,5 % de chômeurs, les triomphes momentanés de Wall Street, tout le bluff et les manières grossières de Trump, sa réélection quasiment certaine, les 30 % d’électeurs US séduits par les mensonges de ce pitre et les bizarreries du comptage des grands électeurs, rien n’y fera, tout concourt à la fin d’un mythe. Même les Chinois, imitateurs hors-pairs, ont tout faux.
Idem du libéralisme belge.
L’absence d’un consensus pour un gouvernement, dont on sait que de toute façon il ne règlera aucun des problèmes qui accablent cette société, jette un doute profond sur l’efficacité d’une démocratie des « élites ».
Le mouvement des gilets jaunes chez nos voisins français suscitant quelques copies plus ou moins réussies en Belgique, ne nous ont pas laissé indifférents. Le malaise français est partagé.
Le PS nous a suffisamment dit que la lutte des classes n’existe plus, pour que nous pensions exactement le contraire, laissant ce parti dans ses contradictions.
Ce parti a laissé des séquelles en divisant la gauche : ceux qui croient encore les progrès sociaux possibles dans l’économie de marché, contre ceux qui n’y croient plus.
Ces derniers ont des arguments fondés sur le constat de la paupérisation, des ouvriers qualifiés aux petits commerçants des classes moyennes.
Le rêve des Trente glorieuses débouche sur le cauchemar du troisième millénaire.
La promesse d’une modernisation de l’économie par une amélioration constante du niveau de vie se transforme en comptes d’apothicaire d’un Coca-cola Bacquelaine qui rêve de privatiser les pensions, et d’un Charles Michel qui a rendu son étoile de sheriff dans la hantise de déplaire au patronat sur les salaires et aux Flamands de la N-VA qui ont fini par avoir sa peau.
Les “4 cavaliers de l’apocalypse” écologique : la voiture, la surconsommation, la viande et l’avion sont combattus d’une étrange manière. Ils sont en selle pour la fin du monde. Leurs rabatteurs vivent sur l’ultime prolongation de la vie rêvée et sur les surplus des élites.
L’arnaque reste sur l’estomac des jeunes : « si tu fais des études, tu auras un emploi stable et bien rémunéré avec une progression continue des revenus. À trente ans, tu seras propriétaire. Tu partiras à la retraite en bonne santé à soixante ans et même moins, avec une pension confortable. Tu auras une protection sociale efficace. Tu paieras des études supérieures à tes enfants et à la fin de ta vie, tu auras la satisfaction de voir ta famille en pleine ascension sociale. »
Voilà ce qu’on a vendu aux jeunes moyennant en juste retour, une bonne opinion de la société libérale et l’obscénité d’un travail indigne, en attendant.
Une vaste classe moyenne donnait l’impression d’une homogénéité globale, en foi de quoi le PS abandonnait la charte de Quaregnon « aux nostalgiques du passé » et offrait ses services au libéralisme moderne.

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Après 1980, la matérialité de ce rêve a montré des défaillances, jusqu’au drame de 2008/9 où tout le monde s’est aperçu que le capitalisme avait foiré et remettrait ça, un jour ou l’autre !
Contrairement à ce que l’élite suppose, les gens ne sont pas bêtes. Ils ont été tout simplement naïfs et cru de bonne foi que leurs représentants politiques changeraient les nuisances du capitalisme, en manne bienfaitrice pour l’humanité.
Il suffisait de voir comment les Bacquelaine, les Michel, les Reynders, les Di Rupo, les Borsus, etc… vivaient en privé et en public, comme de véritable vampires des deniers de l’État, pour d’évidence s’apercevoir qu’ils n’auraient rien à espérer de ces gens-là.
Le rêve n’a pas été perdu pour tout le monde. Les catégories supérieures et la nouvelle classe des profiteurs politiques se sont bien engraissées du jeu libéral.
Après la crise des subprimes, les gens ont été nombreux à décrocher, survivant dans l’économie de la débrouille et des sursis du crédit.
La désindustrialisation, la mondialisation et l’ubérisation conduisent au chômage de masse.
Encore un pas en arrière et nous allons nous retrouver en 1936, dans les grandes grèves et avant les congés payés.
On n’adhère plus à l’économie actuelle. Les gens ont besoin de croire au progrès. Par leur travail, ils le méritent. Une seule solution possible : il faut que ce système et ceux qui le promeuvent dégagent. Le plus vite sera le mieux.

17 janvier 2020

GLB et Coens : transsubstantiation et lévitation.

Bouchez et Coens, les comiques de la dernière chance, font penser au clown Grock. Il est installé sur un tabouret devant un piano et veut interpréter un morceau. Il s’aperçoit qu’il n’atteint pas le clavier bras tendus. Au lieu de rapprocher son tabouret, il essaie de pousser le piano vers le tabouret. Évidemment, il n’y arrive pas. Bouchez et Coens, c’est pareil. Ils convoquent, il ne vient personne, sinon des lampistes. Quand aux grands chefs, ils s’assurent avant de se déplacer, que les autres n’y seront pas, afin d’avoir seuls la vedette.
Les plénipotentiaires royaux doivent avoir l’humilité du tabouret et comme leur en donne le droit constitutionnel, voir qui bon leur semble et publier leurs réflexions, avant radio et télé.
Pour le reste, dans un pays qui compte sept gouvernements, qu’il y en ait un qui fasse défaut, ce n’est pas grave.
Les partis de droite, N-VA et Vlaams Belang, ont-ils compris que le confédéralisme était pratiquement fait et que la meilleure tactique était de laisser aller vers le dénouement, sans plus besoin d’un coup de pouce ?
On le croirait.
Les partis rassembleurs ont mal conduit leur barque. Ils consacrent trop de temps à jurer leur fidélité indestructible au néo-libéralisme mondial. Ils pensent que la religion du fric est un fabuleux rempart aux entreprises nationalistes des partis flamands. Ils se trompent ! Le pognon d’abord, certes, en Flandre aussi, mais comme ces derniers sont plus riches que dans le reste du pays, ils consacrent leur loisir plus grand à s’exciter sur les drapeaux, les origines, la langue et l’horreur des étrangers.
Les partis francophones bourgeois et acquis à toutes sortes de démons inhérents au capitalisme, n’ont pas jaugé à sa juste valeur le désir d’autonomie de la région plus riche que les deux autres, suivant pourtant le raisonnement qui a fait la prospérité du libéralisme « tout pour moi et rien pour les autres ».
MR, CD&V, PS, voilà de sacrés empotés ! Ils portent la responsabilité de la situation actuelle. Ils voyaient la Belgique immuable avec le roi au centre et la bourgeoisie autour prêchant la bonne parole capitaliste, le reste du troupeau abêtit de jeux à la télé incapable de penser. Ils se sont crus fins politiques en cédant, de législative en législative, aux nationalistes flamands.
Les lois linguistiques nous font passer pour des rigolos partout en Europe. Les régions de plus en plus omniprésentes avec un parlement, un président, des ministres, tout accrédite deux ou trois républiques remplaçant le royaume.
Si la N-VA en accord avec le Vlaams Belang le voulait, dès aujourd’hui, affirmer que la Flandre est un pays à part entière, qui pourrait lui contester le fait accompli ? Si les nationalistes flamingants ne le font pas, c’est à cause de Bruxelles et la fichue idée qu’ils ont eue d’y installer leur parlement, croyant ainsi qu’ils entraîneraient le million d’habitants de la capitale sous la bannière jaune au lion noir.

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Ça viendra, mais la poire n’est pas tout à fait mûre.
Toujours est-il que s’ils proclamaient leur indépendance, on atteindrait à la bouffonnerie suprême d’un parlement flamand installé « à l’étranger », d’ici à ce que les parlementaires du Belang se fassent contrôler à la frontière, il n’y aurait qu’un pas.
C’est probablement Georges-Louis et Joachim à qui il reviendra d’attirer les flamingants dans le dernier vaudeville fédéral par de nouvelles propositions sur Bruxelles que les partis avaliseront pour qu’on en finisse.
Quand on voit déjà que partout la parité s’installe entre francophones et néerlandophones dans la capitale, alors que ces derniers sont ultra minoritaires, il ne faudrait pas grand-chose, aux noms des 7 millions de Flamands, que Bruxelles soit annexée à la Flandrie et que la Belgique disparaisse.
Sera-ce un grand malheur ? Au point où l’on est, au coût prohibitif de ces sept gouvernements, au divorce déjà consommé entre les deux grandes Régions les plus peuplées, reléguant Bruxelles à la troisième place, nous ne sommes pas loin de la victoire du radicalisme flamand.
Je vois bien Bruxelles « louée » à l’Union européenne par un bail de 99 ans ; après quoi elle reviendrait à la Flandre, un peu comme Hong-Kong va revenir à la Chine.

16 janvier 2020

Polysémie du rejet.

Sur les réseaux sociaux ou dans la rue, la majorité des gens en a marre. En avoir marre ne veut rien dire en soi, puisqu’il n’y a pas de griefs précis, ni de ressentiments particuliers à l’encontre de la situation actuelle. Les gens en ont marre, parce qu’en réalité plus rien ne fonctionne comme ils le voudraient, dans une société où, croyait-on encore par nostalgie, a régné la démocratie, sinon plus de démocratie tout au moins qu’aujourd’hui.
Dire comment les gens la voudraient est une autre affaire : un ensemble plus équilibré donc plus juste, sans disparité excessive entre les riches prédateurs par nature et les travailleurs qui vendent leur capital-travail. Chacun espère que la disparition de l’excès de richesse serait de nature à tempérer l’excès de pauvreté. .
C’est particulièrement édifiant en Belgique. Qu’on ait bien voté ou voté pour n’importe qui, ce n’est pas le sujet. Le sujet est qu’on ait voté, que c’est le seul acte politique laissé aux citoyens, les élus faisant le reste, c’est-à-dire tout ! Même cet ultime acte démocratique de voter ne sert à rien, puisque les partis n’arrivent pas à s’entendre sur un gouvernement.
Lorsqu’enfin ils s’entendent, leur politique se résume à suivre les conditions dans lesquelles l’économie libérale mondiale situe l’Europe qui elle-même, avec des critères supplémentaires, la répercute dans les pays de la communauté.
C’est dire les marges peu existantes et le genre de politique que l’on peut avoir dans de pareilles limitations. Si encore, conscients de cela, les partis cherchaient à sortir de cette impasse par des « ateliers de réflexion » sur le devenir de notre société, mais pas comme l’entendent les partis de collaboration, mais comme l’entendent les philosophes et les économistes indépendants du pouvoir. Mais non, la porte est bien verrouillée, personne ne peut sortir du dilemme réussir ou échouer, autrement.
Et ce n’est pas tout, outre que l’élection n’est plus qu’un prétexte justificatif à l’organisation politique, il semble encore qu’en avoir marre est aussi le résultat d’une cacophonie sur des critères sociaux, les rétributions et les mesures qui entourent les revenus, selon les droits acquis dès la naissance pour certains et pour d’autres des diplômes fondés sur des compétences qui peuvent tout aussi bien être naturellement dans les cordes de tout un chacun, sans avoir besoin de suivre des cursus et prouver des aptitudes aux critères demandés, les papiers officiels n’étant là que pour filtrer les ambitions et rejeter dans l’illégitimité les intelligences anticonformistes.
Déçus aussi, les contribuables pour ce genre de société qu’ils n’ont pas voulu et qu’ils entretiennent malgré eux, par des automatismes aveugles prélevés sur leur travail, selon des impératifs économiques et budgétaires donnant aux décisions une automaticité sur l’organisation de la vie intolérable puisque distribuée à l’aveugle et à la louche.
De toutes ces raisons du ras le bol, certaines sont d’une évidente actualité, d’autres auront des conséquences à plus long terme.

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Par exemple sur les modifications climatiques, on voit bien que l’intérêt privé de maintenir les productions et les consommations est mortel à longue échéance. Cela devrait cesser tout de suite. Que voit-on ? Les pollueurs polluent davantage au nom de la demande et les usagers tirent profit d’un statu quo. Ils ne sont pas près de redéfinir si, ce qu’ils faisaient, serait bien ou mal. Les États laissent faire et, mieux, l’Europe encourage ces productions néfastes pour les mêmes raisons que personne ne veut admettre, mais qui sont tout simplement que le capitalisme est inamendable, que les ressorts humains qu’il sollicite par son type d’intéressement sont des critères non-vertueux apparentés aux excès de toute sorte et aux vices inhérents à l’égoïsme latent, jadis attaché à la notion de survie de l’espèce, individu par individu, aujourd’hui permissif sur des critères qui déterminent les classes sociales en pauvres et en riches.
Voit-on quelque part une réalisation qui va dans le bon sens ou dans le profit, qu’aussitôt le problème est résolu : c’est le profit qui l’emporte.
Résumé à l’essentiel, le peuple veut la fin du climat délétère et reste très indécis sur la fin du système. Comment réformer ? Pour faire quoi ?
La défiance généralisée, même par ceux qui soutiennent le régime, sert de colle agglomérant toute l’opposition. Défiance envers le libéralisme économique et quand on voit les zozos qui le promeuvent du MR au PS, cela donne froid dans le dos, défiance envers une société de castes, avec ses nababs et ses parias, défiance envers l’arrogance et la prévarication du système politique en place, que les biens placés aux commandes, les élites, ont transformé en agence de sécurité de leurs privilèges.
Maintenant qu’on a tout dit, on fait quoi ? De la polysémie, mon général !

15 janvier 2020

Le MR à qui n’en vœux !

Qu’on se le dise, les Liégeois sont heureux, enfin c’est Georges-Louis Bouchez qui le dit. Il vient de faire grandir le prestige de la ville grâce à la présence au Palais des Congrès, ce 13 janvier 2020, du ban et de l’arrière ban des libéraux-américanolâtres du MR. .
Il paraît qu’ils étaient deux mille (journal La Meuse) à remplir la salle. GLB, c’est comme le Cid de Corneille « Nous partîmes cinq cents, mais par un prompt renfort, nous nous vîmes trois mille en arrivant au port ! ».
Sauf qu’un prospectus du Palais des Congrès informe le curieux « Hormis les 3 grands amphithéâtres, toutes les salles bénéficient d'une vue imprenable sur la Meuse ou sur le Parc de la Boverie. Etc. Capacité : Nombre maximum de personnes par salle : 1750. »
L’exercice qui consiste à se serrer les coudes a été possible depuis que MM. Reynders et Michel sont partis vivre ailleurs leur haute destinée. Ils tenaient trop de place, le MR a donc réussi à caser 250 personnes en plus des 1750 que la salle pouvait contenir, dès qu’ils ont dégagé !
GLB n’est pas à une craque près, d’autant qu’il est passé chez le roi, que les conciliabules battent leur plein. Philippe l’a regonflé à bloc pour de nouveaux tours de table dont le communiqué ne précise pas le nombre, si bien qu’on ne sait pas combien GLB a parcouru de kilomètres dans sa course de la noble cause. Il en est certain, il est au top pour les jeux olympiques de Tokyo.
Le MR fait la tournée des grandes villes. Les membres du bureau du MR, les ministres et sa vedette Sophie Wilmès en pantalon rouge du fantassin d’avant 14, ont fait semblant d’être surpris et enthousiasmés du discours de GLB qu’ils entendaient à une virgule près, pour la 3me fois au moins !
Il paraît que 2020 sera l’année du renouveau – tous les nouveaux présidents le disent histoire de se faire valoir par rapport au prédécesseur ! Et comme GLB est Montois, il y a un peu de Tennessee Di Rupo en lui, puisqu’il se lance dans les ateliers en 10 grands débats thématiques d’avenir.
Mais attention, pas des ateliers bidons comme chez les socialistes de collaboration, des ateliers sérieux, avec des clés de douze pour tout le monde et des salopettes fournies par la Maison. GLB ravalera lui-même la façade pour « moderniser les statuts du MR national au congrès statutaire prochain, avant le renouvellement de toutes les instances internes du MR ». En clair, les putes parties, on change les draps !
Est-ce que le sosie de Tariq Ramadan veut liquider aussi ce qu’il reste de fidèles de la garde de Charles Michel ? Notez que le petit Chastel, à l’Europe (placard bien commode), avait fait une partie du travail en saupoudrant de DDT anti-punaises les fauteuils sur lesquels les derniers porte-cierge de Reynders avaient posé leurs fesses.

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Bouchez est dans la grande tradition des chefs libéraux. C’est un tueur, mais il a le geste large en relevant les vaincus. Ducarme tombé dans la fange, a été par ses soins quelque peu rendu présentable, pour jouer le rôle du punching-ball de défoulement. On a vu Ducarme moins grande gueule, timide encore chez Deborsu dimanche sur RTL, mais ça lui reviendra.
Ducarme remplace Didier Reynders dans le rôle de « l’ami détesté ». Quand on pense que Reynders, Commissaire européen de la justice, devrait défendre tous les citoyens ! Inutile d’en rajouter, le MR est reparti pour de nouveaux règlements de compte !
Enfin, la récompense aux supporters fidèles, GLB a distingué le plus valeureux d’entre eux. Comme Napoléon, il a pincé l’oreille de Daniel Bacquelaine en larmes, comme il l’avait vu aux actualités françaises, Gérard Collomb ne parvenant pas à cacher son émotion devant Macron, nouvel empereur des Français.
Daniel Bacquelaine sera donc le premier promu de l’année. En effet, il va remplacer Miller à la direction du cercle d’études Jean Gol, dont c’est le vingt-cinquième anniversaire de la mort. On se souvient du coup de sang fatal après quelques nuits d’un nouvel hyménée explosif.
Richard Miller est un type dangereux pour GLB. C’est un littéraire. Il ne contrôle pas ses envolées. Il est mauvais dans les radios où il coupe tout le monde pour lâcher des conneries. Et vice rédhibitoire, il a servi de garde-du-corps aux Michel dans la guerre des chefs.
Daniel Bacquelaine, quoique médecin, n’est pas un intellectuel. C’est un rusé. GLB pensera pour lui. Et puis, on est certain qu’il y aura du coca dans le frigo de la salle de réunion des élites libérales, avenue de la Toison d’Or.
Aux dernières nouvelles, les vœux de l’an à Liège du MR ont rassuré tout le monde, GLB avec ses talonnettes est presque aussi grand que Sophie Wilmès.

14 janvier 2020

La France soumise.

Grosse offensive ce lundi de la presse « aux ordres », après la concession d’Edouard Philippe à Laurent Berger sur la question de l’âge légal de la retraite à taux plein.
Le mot d’ordre : « il faut sauver la réforme par point » en la saluant comme une victoire des syndicats réformistes, espérant faire plier les autres centrales syndicales et arrêter les grèves.
La France soumise a donné le maximum partout dans la presse, la télévision et dans les secteurs privés à haute diffusion aux mains de patrons milliardaires, ainsi que dans les vecteurs de la pensée élyséenne, la 2, la 3, la 5, etc. des étranges lucarnes françaises.
Parfois le ton devenait quasiment implorant, par d’autres moments ironiques. Le condensé de tout ce cirque s’est retrouvé sur la 5, dans le « Cà dire » de dix-huit heures.
On peut créditer Christophe Barbier, Bruno Jeudy, Patrick Cohen et Jean-Michel Aphatie, ces deux derniers sous la houlette de la tenancière de « Cà vous », Anne-Élisabeth Lemoine, du même discours, implorant, menaçant, inquiétant les zauditeurs, les suspectant à l’avance de ne pas aimer Macron.
Porte-voix dans les rangs de la France soumise, héros du camp de base des LREM et voltigeurs de Macron-system, on devrait pouvoir les citer, tous, car ils le méritent. Ils font ce métier en oubliant que c’est un peu le même que celui de juge d’instruction, ils doivent relater les faits et émettre leur opinion à charge et à décharge. Or, nous assistons à une anthologie du pamphlet à l’adresse du Gilet jaune, passé Syndicaliste-gréviste et matraqué par une police que Roland Cayrol admire en sa qualité de représentante de la force légitime de l’état.
Je lirai les élucubrations des légitimistes célébrant l’autorité suprême demain ; mais, ce soir, je me suis borné à suivre le « Cdans l’air » de Caroline Roux.

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Mine de rien, Caroline Roux est très représentative de la tendance de la presse acquise à la politique du président, quoique un peu plus sceptique en général, dame, il faut bien qu’il y ait de sa part une légère controverse, histoire de nourrir le débat.
En face d’elle, l’ineffable Cayrol, déjà cité et Nathalie Saint-Cricq, qui s’est vouée ces dix dernières années à la chasse aux Insoumis et à Jean-Luc Mélenchon, ce dernier, une vraie bête du Gévaudan, qu’elle traque de Marseille à Paris.
Ce qui la détermine d’avantage à encenser la France soumise au côté de son camarade Cayrol, le couple bien d’accord, sur la bêtise des syndicats et de l’ouvrier en général, à l’exception de Laurent Berger et des réformistes de la CFDT, comme il se doit
Pour eux, la fin de la grève, ce n’est plus qu’une question de quelques jours, histoire de remettre les réseaux en marche, les lignes à l’arrêt se rétablissent peu à peu dans le train-train des heures de pointe et du trafic intense.
Il restait à traiter les autres grévistes, avocats, infirmières, transporteurs, au cas par cas, ce qui pour Cayrol n’est pas impossible avec un homme du talent d’Edouard Philippe !
On observe un phénomène curieux chez tous ces propagandistes de la pensée unique, ils finissent par croire à leurs salades !
Rien n’est moins sûr que ce mouvement de grève touche à sa fin. Pour plusieurs raisons dont la plus évidente est que le sujet n’est pas l’âge légal de la pension, c’est la retraite par point en elle-même. D’autres part, des syndicalistes de la CFDT ne sont pas d’accord de suivre Berger dans son allégeance à Macron, d’autant que l’âge de la retraite n’est pas tranché du tout et que les promesses de Philippe sont aléatoires et sous conditions.
Bref, ce « Cdans l’air » le fut dans l’air du temps, avec des journalistes engagés dans l’aventure présidentielle en qualité d’employés rétribués.
Cependant, on a vu percer une certaine inquiétude à propos des élections municipales des15 et 22 mars 2020 ? Un peu plus de deux mois, c’est court pour panser les plaies, et mettre dans la course le parti de Macron, un président qui n’est pas bien coté dans les sondages avec des adhérents du parti assez houspillés partout en province sous l’effet des Gilets jaunes et des futurs retraités par point.
Roland Cayrol a trouvé l’excuse qui fera plaisir à son maître « Si les LREM ramassent la pâtée aux élections municipales, c’est normal pour un parti au pouvoir. » !
La rhétorique de Cayrol est un Flash-Ball LBD du verbe. On le ramasse dans la gueule, on n’en est pas éborgné, mais on en a son compte. Roland, Nathalie et Caroline peuvent rentrer chez eux, servir le café à la police en quartier libre. La France soumise marque le point.

13 janvier 2020

La fin de l’Histoire ?

Il y a différents mépris. Celui des partis pour l’application du système libéral intégral en Belgique est sournois et pernicieux. Traiter de « populisss », « extrémisss » (avant c’était communisss) ceux qui réfléchissent pour transformer le système, ne les grandit pas.
L’économie libérale, c’est sacré avec défense de la critiquer, tandis que les anathèmes abondent sur les gens de mon espèce. L’idée ne leur vient pas qu’on doit pouvoir débattre d’une politique et d’une économie aussi décriées. Les tenants du système libéral nous livrent une partie honteuse d’eux-mêmes : celle d’un dégoutant empirisme qui fut de toujours leur seul poisson-pilote. Ne touchez à rien, tout doit se faire seul, de la concurrence à la liberté d’entreprendre. Par une sorte de miracle naturel, la mise en place s’organise grâce à la compensation entre intérêts privés. Alors que c’est tout, sauf cela !
L’économie c’est comme la bière. Elle se bonifie dans les cuves, grâce au temps long, disent-ils !
La classe bourgeoise montre ses divisions et ne parvient pas, malgré le consensus libéral commun, à s’entendre sur la formation d’un gouvernement. Le temps long, on y est !
Disons-le carrément, le paysage politique belge verrait une simplification utile dans une restructuration d’un système un peu à l’américaine. L’opposition « populisss » et les partis de gouvernement formeraient deux entités face à face. Qu’on me dise la différence entre De Wever et Di Rupo sur les questions de commerce, de droit commercial, de liberté d’entreprendre, de l’accroissement des traités mondiaux et même de l’Europe ? Il n’y en a pas.
Un bloc bourgeois dépasserait les contradictions des partis de consensus libéral. Ce bloc constituerait une nouvelle alliance entre les classes moyennes et laisserait à l’opposition le soin de défendre ceux qui vivent en dehors des progrès de la classe bourgeoise, puisque dans le système actuel, ils ne sont pas pris en compte.

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Ce sont les partis de pouvoir qui acculent les citoyens les moins bien représentés à prendre des positions extrêmes. Ces citoyens sont atterrés de vivre dans de plus mauvaises conditions sociales aujourd’hui que leurs parents.
Selon une étude, une majorité électorale de consensus libéral devrait tenir compte des évolutions culturelles et reconnaître que les valeurs ouvrières très sollicitées sur le papier par la propagande libérale, ne se retrouvent pas dans les faits en se déportant vers la droite, au point d’être tombées dans un véritable piège. L’exemple, c’est celui du parti socialiste.
Le néo-libéralisme, proclamé le top du modernisme, fut incarné par Jacques Delors. Ce projet économique et politique visait à dépasser l’opposition entre le marché et l’État. Il est toujours en chantier en Europe et dans les pays de la zone, sous le nom de réalisme économique. C’est le programme de la bourgeoisie. Malgré les échecs qui s’amoncellent, il est toujours dominant. Le marché et la libre-entreprise ne sont plus remis en cause et les grands équilibres macroéconomiques sont réaffirmés.
Très bien. Voilà qui est clair. Comme il est clair que ce programme est un véritable abandon des classes populaires et de leurs intérêts, notamment à travers la réduction des politiques sociales en leur faveur.
Pour l’opposition de gauche, c’est d’évidence une erreur grossière. Que chacun puisse entrer dans un camp qui assume ou qui combat ce marché ainsi conçu en libre-entreprise, me paraît une démarche démocratique.
Que Di Rupo, Bouchez et Bart De Wever proposent une nouvelle alliance électorale en faveur de l’intégration européenne sur les grandes lignes d’une modernisation à l’américaine et que l’opposition dénonce le glissement progressif vers un capitalisme libéral, de privatisations et de financiarisation de l’économie, au moins l’électeur s’y retrouverait. On n’aurait plus l’ambiguïté du parti socialiste qui est d’accord sur les principes de l’économie bourgeoisie et qui fait tout pour que cela ne se sache pas dans sa clientèle ouvrière.
Reste la question philosophique. Ces gens ne se contentent pas de profiter du système. Du PS au MR, en passant par le CD&V et la N-VA, ils en sont les propagandistes. Croient-ils à la fin de l’Histoire ? Qu’il n’y aurait plus de place pour autre chose et que ce modèle sera encore debout quelques siècles, dans son immuabilité ?
Si c’est cela, pauvre Belgique et pauvre société. Car, ils commettent l’erreur majeure de croire que cette civilisation, a contrario de toutes les autres, arrêterait son cheminement vers sa fin !

12 janvier 2020

La firme : Joëlle, Benoît, Maxime et les autres.

Les week-ends sont des terminus. Le convoi rentre au dépôt. La perspective fin de semaine : hanter les abords du congrès CDH à Namur, c’est plutôt mince !
Georges-Louis Bouchez est un pis-aller. Il l’ouvre même le dimanche, en voltigeur du prince.
Le roi a tout essayé. C’est fichu, tout le monde le sait. GLB persiste. La bourgeoise s’inquiète. L’économie libérale prépare un krach dont le millésime se souviendra.
– Celui de 2008 était gouleyant, celui de 2020 aura du corps.
Sophie Wilmès, l’intérimaire, a changé de maquilleuse. On l’a vue en cendrillon, elle en sortira femme de l’année, peut-être baronne ?
Dans ce contexte, Maxime Prévot, président du cdH, lance ce samedi, la “co-construction” d'un nouveau mouvement, lors de son congrès à Namur. A-t-il suffisamment de membres actifs pour remplir une salle ? Les chaisières du parti s’interrogent. Catherine Fonck n’a pas le fondement de Maggy De Block pour couvrir deux sièges à la fois.
Maxime Prévot ne manque pas d’air. Il va co-construire et meubler un nouveau mouvement politique…Encore un, comme si les autres n’étaient pas assez nombreux ! La bourgeoise n’est pas bien représentée par Georges-Louis. Il n’a pas la carrure. Pour Maxime, GLB est un charbonnier qui n’a pas la foi.
Au côté obscur de la Force, dirigeants obscurs. Vous connaissez Laurent de Briey ? C’est le Georges-Louis bouche-trous du CDH !
Ce Congrès est le point de départ d’une refondation. De 11 % au scrutin régional de 2019, Maxime Prévot compte bien remonter la pente. C’était difficile de battre Benoît Lutgen dans le sens inverse. C’est ce qui autorise Prévot à un certain optimisme.
Pour en revenir à sa vedette américaine, Laurent de Briey est professeur de philosophie politique (UNamur, UCLouvain), ancien chef de cabinet ministériel et co-initiateur du groupe de réflexion "e-change". C’est lui qui va transcender les clivages politiques.
Delwit et Sinardet en rient à l’avance.
La transformation du PSC en cdH en 2002, autour de Joëlle Milquet, n’a tenu le cap qu’avec une ou deux parutions de la présidente dans des magazines people. Certes, elle a démontré qu’à plus de cinquante ans, elle avait encore de belles jambes, mais c’est évidemment insuffisant pour distribuer des oranges. Le champion du pataquès, fut le suivant, Benoît Lutgen. Son fameux changement de pied en pleine législature a été sifflé. C’était bien un penalty. En Région bruxelloise, ce fut l’horreur complète avec 6,4% au scrutin régional et 5,9% au scrutin fédéral.
Catherine Fonck, cheffe de groupe CDH à la chambre est comme Ducarme au MR : toujours deuxième ! C’est son destin. Elle ne pourra jouer un rôle au CDH, que le jour où le parti ne sera plus qu’à 5 % et qu’aucun homme, même pas de Briey, ne se présentera pour relever le gant.
La « ressourcerie » du CDH dans l’opposition n’a fourni que des arguments de seconde main. Le CDH est-il du centre-gauche ou du centre-droit ? À présent, il n’est au centre de rien.
Gérard Deprez, l’ancien pygmalion de Joëlle Milquet, a été le premier à se tirer de la culture chrétienne. Gérard s’est fait une réputation d’emmerdeur au MR, mais il a résisté à tous les assauts pour lui reprendre sa marmite. Son siège libéral au parlement européen, GLB l’a proposé à Prévot. Le bourgmestre de Namur était indigné qu’on pût l’assimiler à Gérard, le renégat.
On craint pour l’avenir. Benoît était un vicieux, mort de la bombe qui devait tuer le PS. Ce gaffeur à l’Europe et Delpérée en maison de retraite, il reste l’hubris de Maxime à vénérer. Maxime et son hubris ont toujours fait bon ménage, quand même, on reste dans le léger.

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La preuve, il a invité le philosophe français Luc Ferry, ancien ministre de l'Éducation sous Chirac et célèbre pour avoir recommandé que la police tire à balles réelles sur les Gilets jaunes. Ce type, rallié à Macron, jouit d’un statut particulier qui lui a permis d'être payé de 2005 à 2010 par l'université Paris-VII, 4.390 euros net, pour donner des cours qu’il n’a jamais donné ! La facture sera finalement réglée par Édouard Philippe.
La lettre de Prévot aux citoyens « moins de plus, plus de mieux » dit ce qu’il entend par là, deux « plus » pour cacher un « moins », soit pas grand-chose !
Je le jure bien, vous n’aurez pas une autre chronique sur le sujet.
Il n’en fallait qu’une seule. La seconde aurait fait doublon.

11 janvier 2020

Millennials (1)

Ce n’est pas le roman éponyme de Martin Winckler « la maladie de Sachts » (1998, éditions P.O.L.) sur l’état de santé d’une population des campagnes, qui serait à la base d’une étude de Moody’s Analytics, mais une réalité qui semble dépasser la fiction.
La génération de 1980 à 2000, dont les plus âgés parmi les natifs auraient tout au plus quarante ans, est la plus importante en activité, la plus performante et la plus connectée que les États-Unis aient connue, de tous les temps.
Moody's Analytics est le département « études/conseils » de la société de notation bien connue et qui n’est pas soupçonnée d’être dirigée par une bande de gauchistes. D’un rapport scientifique, il apparaît que cette génération souffrirait davantage de troubles de santé que celles qui l'ont précédée et ces troubles pourraient à terme peser négativement sur l'économie américaine.
Nos élites sont idolâtres de l’économie américaine. Elle constitue pour eux l’excellence, au point qu’en Europe, on en rêve les yeux ouverts. Macron pour atteindre à ce nirvana, gaze et matraque ses « sujets ». Sophie Wilmès et Coca-cola Bacq attendent de GLB le « go » pour nous américaniser à fond. Sachant que ce qui arrive aux Américains et nous apprend Moody’s Analytique, d’après les données du Blue Cross Blue Shield (BCBS) assurance-santé, cette catastrophe générationnelle nous pend sous le nez aussi.
La hausse du taux de mortalité à l'âge de 35 ans par rapport à la génération précédente (la génération X de 1966 à 1980) a de quoi inquiéter.
Quand les inégalités sociales de santé débutent dès le plus jeune âge, il ne faut pas s’étonner de voir les causes multiples de mortalité et de morbidité à la hausse, tandis que l’âge pour les subir est à la baisse.
Dans un passé récent, des remontées du taux de mortalité s’expliquaient à certaine période. La guerre du Vietnam (fin des années 1960), l'usage de la drogue, la décennie suivante.
Pour les 40 ans et moins d’aujourd’hui aux USA, on cite de multiples, causes, accident par overdose, stress à dépression mélancolique, cancer.
L'indice de santé montre une dégradation générale de l'état de santé, les hommes ayant des problèmes de comportement : alcoolisme ou toxicomanie, les femmes davantage atteintes par la dépression sévère ou l'hyperactivité (statistiques, entre 2014-2017).
La forte hausse des dépenses de santé atteste de la véracité de l’étude.
En clair, le système économique, l’individualisation des destins faisant exploser la famille, l’absence de couverture sociale lors d’une fermeture ou d’un licenciement de l’entreprise qui aux USA se substitue à l’État et devient la seule protection sociale du travailleur, sont de nature à lier le travailleur à l’entreprise et en même temps le plonge dans une inquiétude parfois irrationnelle, mais hélas, assez souvent réelle.
C’est ce modèle là que les libéraux européens veulent « vendre » à l’Europe, sous la contrainte comme en France ou par l’entraînement de la Région flamande pour la Belgique.

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Dans les divers scénarios envisagés, Moody’s Analytique estime que les États-Unis vont vers une hausse des dépenses de santé. La fréquence plus élevée des cas d'hypertension ou de hauts taux de cholestérol entraînera des dépenses plus fortes les décennies à venir.
Du point de vue économique, une population en moins bonne santé entraîne des problèmes financiers qui aggravent ou génèrent de nouveaux problèmes de santé.
Cela a déjà un effet anxiogène sur les ménages ayant du mal à boucler leur budget, ce qui accélère encore les troubles du comportement.
Gagnée par l’irrationalité d’un stress comme s’il s’agissait d’une crise économique comme celle de 2008/9, cette génération pourrait la provoquer par un effet de panique.
Comme la situation mondiale de l’économie n’est pas bonne et donne lieu à des spéculations sur la date du prochain krach boursier, 2020 pourrait placer tous les compteurs au rouge et mettre d’accord cette génération anxieuse avec le reste de la population mondiale.
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1. Les Millennials, aussi communément appelés la Génération Y, sont les personnes nées dans les années 1980 et le début des années 1990. Cette catégorie d’âge a comme point commun le fait d’avoir grandi avec les nouvelles technologies. On les appelle ainsi les « digital natives ».

10 janvier 2020

Macron, une erreur de casting.

La grève en France, la plus longue depuis longtemps, a-t-elle une chance d’aboutir ?
Pourrait-elle amener Macron à céder sur la réforme des retraites?
Les grévistes luttent à armes inégales contre l’État. Avec le patronat, celui-ci peut rapidement se trouver à gérer des pertes financières qui le conduiraient à la négociation. L’État tire ses ressources de l’argent collecté auprès de la population, ce sont les grévistes qui le financent contre eux-mêmes. Avec un État hors-sol, depuis que la présidence est dans les mains d’un extra-terrestre, il est probable que Philippe joue le pourrissement. Tenir un mois, avec les petites paies des ouvriers-grévistes, malgré les aides, c’est plus qu’un exploit, c’est une performance.
La fin heureuse d’une grève de ce type est surtout la conséquence de la conjonction de deux facteurs au gouvernement, un fond d’humanité et la conscience que le PIB sera mauvais si la grève dure trop longtemps. La police poursuit son œuvre massacrante et le PIB Macron expliquera qu’il est mauvais à cause des Gilets Jaunes et des grévistes qui se sont relayés pour qu’il le soit. On ne voit pas le gouvernement reculer d’un pouce
Les spécialistes se sont plantés sur les raisons d’un succès des syndicats : un mouvement qui prend de l’ampleur et qui se fixe des objectifs, le tout avec une opinion en faveur des grévistes qui ne faiblit pas. Tout est là pour une réussite et pourtant, rien n’est certain !
Sous les pires gouvernements de la 5me république, même en mai 68, on n’a jamais vu un premier ministre dire qu’il est prêt à négocier, puis après la réunion, les syndicats sont unanimes, c’est la politique du fait accompli, circulez, il n’y a rien à voir.
Comment a-t-on pu en arriver là ? 36e jour de grèves et aucune réunion sérieuse entre les parties !
La responsabilité de Macron est énorme. Depuis le début du quinquennat l’ébullition sociale est permanente. Le beau jeune-homme qui au départ n’était intransigeant que sur son couple non-négociable, reste dans l’ombre sans faire aucun signe à Edouard Philippe, si bien que celui-ci laisse aller la valse en courant le risque d’une radicalisation du conflit. Le pouvoir est-il si confiant que cela dans sa police ? Qu’est-ce qu’une démocratie qui vit sur pied de guerre depuis un an, sans que sa sécurité soit menacée de l’extérieur ?
Si j’étais français, je me poserais la questions de la capacité de Macron à gérer un conflit social.

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On le voit bien, ses discours sont à côté de la plaque. Il ne comprend pas les causes et les réalités des fractures, en un mot, il a une gestion à l’ancienne du conflit. Il se met en retrait comme Chirac et laisse son gouvernement gérer la crise. Il attend l’épuisement des mobilisations et si par aventure, il fallait aller jusque là, comme Chirac l’a fait avec Juppé, Philippe porterait l’entière responsabilité de la défaite. Cette démarche de pourrissement est en soi une infamie. Ces gros salaires savent très bien que les grévistes vont épuiser leurs ressources et qu’ils devront bien à un moment reprendre le travail, parce qu’il faut manger.
Macron est très proche de la méthode Fillon qui passe en force sur les retraites.
On a dit que Macron est un novice en politique, c’est vrai. Il n’a gagné qu’une seule élection. Il n’a jamais été élu, ni même milité, lorsqu’il habitait Amiens. C’est un banquier, recruté par la banque Rothschild qui l’a tout de suite mis en position de participation et qui y a gagné des millions. C’est un homme de cabinet, entouré d’hommes et de femmes qui ont le même profil. Il croit tout savoir et aime donner des leçons à des énarques qui très subtilement, ayant jaugé le personnage, jouent les admiratifs. Pour lui, un compromis ce serait reconnaître des failles dans ses analyses.
Mais, son pire défaut, il se croit un fin stratège. Général d’armée, il déplacerait des divisions fantômes sur des cartes, puis accuserait le colonel de leur inexistance. Pour le malheur des gens, son socle électoral s’est déplacé à droite, si bien que les députés qui le soutiennent majoritairement au parlement sont pour beaucoup en porte-à-faux avec cette réforme des retraites, qui colle mieux à la droite. Il sait que sa seule chance d’être réélu en 2022 est d’être face à Marine Le Pen. Il doit absolument avoir la droite dans sa manche pour réussir.
Je raconte l’histoire comme au café du commerce, mais il y a un peu de ça dans cet épisode malheureux de la politique sous la 5me république. La preuve, quand Macron apostropha un jeune homme en disant « il n’y a qu’à traverser la rue pour trouver du boulot », qu’y avait-il en face ?... un bistro avec petites restauration.

9 janvier 2020

Political correctness

Cinq ans après l'attentat qui a frappé la rédaction de Charlie Hebdo, le journal publie un numéro anniversaire de l'attentat. C’est l’occasion de revenir sur une lettre datant du 6 février 1770 que Voltaire adressa à l’abbé Le Riche en ces termes : « Monsieur l’abbé, je déteste ce que vous écrivez, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez continuer à écrire ».
Ce blog a tiré quelques chroniques de la tolérance. Pourtant une dérive persiste et s’augmente des frais émoulus politiquement corrects du macronisme, les nouveaux censeurs.
Depuis que les autorités redoutent un clash entre autochtones et émigrés, les laïques et les religieux, les valides et les infirmes, les ethnies de cultures différentes, les Gilets Jaunes et les autorités constituées, les classes sociales entre elles, etc. la lecture en public de certains articles du Robert serait passible d’une forte amende.
Le métier d’humoriste est devenu un métier à risques judiciaires.
Les citoyens sortis des grandes écoles squattant les ministères s’ingénient depuis bientôt vingt ans à remplacer les locutions et mots considérés « offensants » ou « péjoratifs » par d'autres qui leur paraissent neutres et non offensants. On croirait que le langage politiquement correct est le seul domaine où ils gardent de l’imagination.
L’élément déclencheur de la version actuelle de la censure est de la deuxième génération. La première, dès les années cinquante s’était attachée à sacraliser le martyr juif en y proscrivant les anathèmes de l’extrême droite, déjà antisémite d’avant-guerre, que le drame de 40-45 n’avait pas assagis.
De cette époque, une pression forte des ligues, regroupements ou associations ne s’est jamais démentie. La première version qui portait essentiellement sur l’antisémitisme n’est qu’en partie responsable de la censure d’aujourd’hui.
L’esprit montmartrois s’est éteint avec Desproges et Coluche. Tex et Bigard, quoique assez éloignés de l’esprit des premiers cités ont été remerciés sur les chaînes où ils travaillaient, Dieudonné (qu’on aime ou qu’on n’aime pas, là n’est pas la question) survit en étant autonome. Tout le reste de la profession est dans le rang, le petit doigt sur la couture du pantalon.
Mon propos n’est pas de suggérer qu’un tel a plus d’esprit qu’un autre, ni surtout d’entrer dans le choix des publics. Il est engagé contre la censure et les interdictions de tous ordres qui empêchent la liberté d’expression.

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On peut penser ce que l’on veut des États-Unis, la liberté d'expression y est protégée par le Premier amendement de la Constitution et par les constitutions et lois de nombreux États. Pour une fois que les USA montrent l’exemple, on ne va pas faire la fine bouche.
En Belgique, vu l’état de conflits permanent de l’usage des langues (en Flandre surtout), des pudeurs de gazelle des partis politiques, gauche comprise, quand il est question de la sacro-sainte personne de l’électeur, la langue de bois est un bon auxiliaire.
C’est tellement ancré dans les mœurs des universités, que je ne serais pas surpris qu’on y apprenne un langage constitué de poncifs journalistiques et de termes conçus pour ne déplaire à personne. Georges-Louis Bouchez a dû son succès au MR à des déclarations où l’art de ne parler pour ne rien dire, fait croire que l’homme a des principes.
On doit à Louis Michel la langue de bois de combat. Sa « rage taxatoire » il la décerna aux socialistes. Les termes dans lesquels il associa le MR au Premier Mai étaient de la provocation. Il a remis à la mode le vieux truc qui amplifie les différences : la calamité des grèves qui pénalisent ceux qui travaillent, les usagers des autoroutes pris en otages, le bon sens qui parle aux gens, etc.
Les médias qui roulent tous pour la bourgeoisie, emploient la même technique, mais de manière plus intelligente, moins ostentatoire, sauf des journaux comme La Meuse qui sauvent leur fonds de commerce dans des clabauderies de concierge, mais toujours politiquement correct. Ils font dire les mots « interdits » par ceux qu’ils clouent au pilori, en général des ennemis de la bourgeoisie.
La gauche n’est pas en reste. Le choix des mots encourage les rapports sociaux, et sans justifier la censure, elle utilise son propre code d’exclusion. Mais, « c’est pour la bonne cause » se défaussent les chefs. Cependant, cela s’appelle aussi de la censure.
La dilution du discours dans le politiquement correct rend difficile, voire impossible de relier les problèmes sociaux, entre eux, inhibe l’expression libre et renforce le pouvoir qui l’exerce. C’est prendre les gens pour des imbéciles. Pour autant, les gens le leur rendent bien.
Il est possible que nous soyons arrivés au bout du bien dire pour la raison qu’explique Landhouille (Un client sérieux) de Georges Courteline.
« ….L’homme est un être délicieux ; c’est le roi des animaux. On le dit bouché et féroce ; c’est de l’exagération. Il ne montre de férocité qu’aux gens hors d’état de se défendre, et il n’est point de question si obscure qu’elle lui demeure impénétrable : la simple menace d’un coup de pied au derrière ou d’un coup de poing en pleine figure, il comprend à l’instant même ! ».

8 janvier 2020

Que fais-tu là Ursula ?

Un clou chasse l’autre : étrange manière d’aborder l’actualité indifféremment de la grosseur du clou. On ne parle que de l’assassinat du général iranien, à l’enterrement la foule a fait 35 morts de plus (40 sur La Meuse, 50 sur RT France), par piétinement. Le juge de chaise attend le service de l’Iran, puisque, comme au tennis, c’est lui qui sert.
D’ici là, on saura tout sur l’évasion de Carlos Ghons. Il aurait fait le voyage Japon/Turquie dans un caisson de matériel musical. Qui aurait cru que Carlos voyagerait dans une caisse autre que celle de Renault ? L’incendie en Australie clôt le triptyque… à moins qu’un tweets de Trump… ?
Ceux qui ont intérêt à ce qu’on ne parle pas de leurs affaires s’estiment heureux de la manière d’aborder l’actualité, d’autres très satisfaits qu’on revînt sur la tuerie à Charlie Hebdo, il y a cinq ans, la démonstration est faire que la France défend la liberté d’expression, ainsi on n’en parle plus et on pourra voter au plus vite la retraite par point, en n’ayant consulter personne.
La presse de France s’intéresse moins aux Gilets jaunes. Les syndicats, si ce n’était le traitre Berger qui relance l’attention, la presse écrit qu’ils ne servent à rien. Ils sont tributaires d’une base qui n’est plus affiliée et de syndiqués qui n’en font qu’à leur tête !

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C’est la grande misère de la politique économique mondiale. Des événements minuscules et sans intérêts côtoient d’autres qui influenceront directement les gens, dans un amalgame volontaire, si bien que celui qui doit arracher de quoi vivre au système économique, en un mot travailler pour subsister, est confus dans ses convictions, en cause cette profusion qui va le toucher et perturber sa vie.
Si je devais faire un tri à titre personnel, la politique belge retiendrait mon attention, puisque je vis dans ce pays. Les jours défilent, de temps à autre le roi remet en selle une nouvelle équipe de chercheurs en solutions, celle qui s’en va fait des commentaires sur son échec, la nouvelle a bon espoir de conclure. Sophie Wilmès nommée première ministre par Charles Michel, ce qui est inédit, assume et fait de la représentation à l’international. Pas gênés pour un sou, les partis jurent qu’ils font l’impossible pour qu’il y ait un gouvernement à la rentrée, sauf qu’on ne sait pas laquelle et voilà plus d’un an que ça dure.
Toute personne normale, consultée, devrait pouvoir en tirer la leçon, puisqu’il n’y a pas de solution et que le pays est dans l’impasse. La démocratie commanderait de procéder à de nouvelles élections puisque celles-ci ne mènent à rien. Sauf que les partis n’en veulent pas, attendu qu’ils craignent d’être pénalisés, enfin pas tous, mais les principaux et le roi pas davantage, tant il redoute une majorité nationaliste en Flandre, N-VA et Vlaams Belang.
Les sondages indiquent qu’à peu de choses près, l’élection remettrait les mêmes en piste .
Ne serait-il pas opportun d’un grand débat national sur cet état de chose ?
N’est-ce pas la question prioritaire ?
Enfin, l’autre information prioritaire et qui nous concerne directement touche à l’Europe. Nous y sommes enfoncés jusqu’au cou, nos lois, nos programmes, jusqu’aux sujets sensibles, comme le nationalisme et les règles – enfin qui devraient exister – de l’économie de marché, toutes choses y sont réglées, planifiées et appliquées dans les pays de l’UE dont la Belgique.
À part les nominations, les revendications des députés européens eux-mêmes dans leur course onéreuse et dispendieuse Bruxelles-Strasbourg, rien sur l’économie, le Brexit, l’autonomie de l’UE par rapport à l’OTAN, les USA, rien sur l’avenir politique et militaire d’une entité de presque 500 millions de personnes. Une sorte de gazette-moniteur devrait pouvoir être distribuée aux citoyens dans leur langue, pas pour faire de la propagande (ça on connaît) mais pour distribuer à chacun des justificatifs des décisions prises et de leurs argumentaires, afin que nous puissions discuter de notre avenir non pas par des on-dit, mais par des programmes et des faits.
Et à commencer par la dernière affaire, le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 31 janvier à 23h00, après 47 ans d'une vie mouvementée. Enfin on le croit… Sauf que va s'ouvrir une période de transition, censée permettre une séparation en douceur, durant laquelle les Britanniques continueront d'appliquer les règles européennes et d'en bénéficier - sans siéger dans les institutions européennes ni avoir leur mot à dire sur les décisions. Ils sortent ou ils ne sortent pas ?
La Belgique a aussi sa période de transition entre deux gouvernements. Sauf que nous, on est sorti de la démocratie… mais on reste à l’Europe.

7 janvier 2020

Macron : la voix de l’Europe ?

Comme je l’avais pressenti sur le blog du 4 janvier, le président français Emmanuel Macron a assuré son homologue américain Donald Trump de “son entière solidarité avec les alliés”.
Il n’a pas relevé la menace de Trump de bombarder des sites culturels en Iran, qui aurait placé le président américain dans la catégorie des criminels de guerre. Pour quelqu’un qui porte aux nues le patrimoine architectural des Français, c’est assez désinvolte…
Le président français a donc pris fait et cause pour le président américain et ce malgré une vive opposition démocrate aux USA et des manifestations de rue à Washington contre les perspectives de guerre que représente un attentat par drône soldé par la mort d’un général iranien en visite dans un pays tiers et au mépris des conventions internationales.
Ce qui est grave et nous intéresse, Macron semble parler aux noms des Européens « La chancelière (Angela Merkel), le président français (Emmanuel Macron) et le Premier ministre britannique (Boris Johnson) ont convenu de travailler ensemble pour réduire les tensions dans la région » (les journaux). Depuis quand ces membres de l’UE se concertent-ils sans l’avis des autres sur la politique étrangère de l’Europe ? C’est d’autant plus fort que Boris Johnson ne devrait même plus donner son avis attendu qu’il va sortir de l’UE fin janvier !
Ce qui est inquiétant également tient dans la suite de la déclaration du président Macron, lorsqu’il déclare, selon le communiqué de l’Élysée quasiment mot pour mot de ce que pense Tel-Aviv, “…(Macron) exprime sa préoccupation concernant les activités déstabilisatrices de la force Al Qods sous l’autorité du Général Qassem Soleimani”et “rappelle la nécessité que l’Iran y mette maintenant un terme”.
Je sais bien que Sophie Wilmès, notre première ministre de raccroc, ne demande qu’à opiner et entrer dans le club des va-t-en guerre de Trump, mais comme personne ne lui a demandé de faire chorus, peut-être osera-t-elle un petit mot de protestation ?

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L’initiative sur le sol irakien d’assassiner un ressortissant iranien a évidemment fait bondir les parlementaires irakiens qui ont réclamé dimanche au gouvernement l’expulsion des troupes américaines du pays.
Voler au secours de « son » ami en train de commettre une boulette est contraire à la diplomatie française dans une région du globe où toute interprétation des déclarations des chefs d’États étrangers peut conduire à des représailles dans le pays d’origine.
S’il était encore besoin de déterminer de quel bord est Macron, il suffirait de lire les journaux américains qui publient les réactions des deux grands partis : républicain à la botte de Trump et démocrate absolument outré que Trump ait décidé de faire la guerre sans prévenir la Chambre des représentants qui, en principe, devait donner son avis.
“Les générations plus jeunes, y compris les jeunes juifs américains, reconnaissent de plus en plus que les principales menaces pour les Américains moyens ne sont pas des épouvantails étrangers à des milliers de kilomètres de nos frontières, mais plutôt les politiques nationales qui menacent leur capacité à obtenir une éducation, à gagner leur vie et à élever une famille”, a assuré Erik Sperling, porte-parole du groupe de gauche Just Foreign Policy, cité par Le HuffPost US.
Bernie Sanders a été l’opposant démocrate le plus en pointe, en soulignant que la politique étrangère complique la lutte contre les inégalités économiques : “Ce sont rarement les enfants de la classe milliardaire qui sont confrontés à l’agonie d’une politique étrangère imprudente - ce sont les enfants des familles de travailleurs”.
Cet épisode armé d’un président américain imprévisible dans une région du monde instable et productrice mondiale de pétrole fait craindre une deuxième bévue, après celle de G-W Bush, cette fois, contre une puissance bien plus déterminée et berceau du chiisme.
Sur les sites annoncés par Trump comme susceptibles d’être anéantis se trouvent quelques lieux de culte qui mettraient les religieux en ébullition.
Après s’être moqué d’Obama dans la poursuite de guerres qui n’en finissent plus et promis d’y mettre fin, voilà le milliardaire new-yorkais qui s’aventure à en provoquer une nouvelle !
Et l’Europe dans ce micmac ? Rien. Vous avez vu Macron, son opportunisme ? Sa lâcheté a un mérite, celle d’égarer le dossier de l’idée européenne dans les archives des illusions perdues.

6 janvier 2020

À quand les tueries de masse ?

Il faut se souvenir des arguments du parti socialiste pour enterrer la Charte de Quaregnon (ce qui aurait dû l’écarter de la FGTB). Le plus souvent cité est l’accroissement des richesses et la mise à disposition des travailleurs de salaires confortables et d’une retraite assurée, tout cela en entrant dans le jeu du système, non plus en voulant le détruire, mais au contraire en y collaborant, avec, ce qui ne gâte rien, une belle récompense des dignes successeurs de Jaurès.
La crise de 2008/9 a emporté les dernières illusions sur l’efficacité de l’économie libérale.
Le système capitaliste n’a pas la vocation d’être social. Il ne l’est qu’à son corps défendant et en cherchant tous les moyens possibles d’absorber les services à la collectivité pour donner au privé les moyens de s’enrichir. Il rend à peu près les mêmes services dans ses conditions, moins rémunératrices pour les personnels et donc dégageant plus de bénéfices.
Mais surtout, il durcit les conditions d’accès à la protection sociale par la mainmise qui est désormais la sienne sur la politique.
Ce qui a fait dire aux laudateurs de l’économie actuelle que le privé était plus efficace, n’est plus de mise aujourd’hui que les masques sont tombés.
Nous avons à subir des dirigeants politiques qui s’arc-boutent sur un capitalisme de fiction pour nous infliger une punition salvatrice destinée à le relancer. Mais comment relancer une fiction ? Ils ne se sont pas posé la question étant pressés par le temps au pouvoir qu'il leur reste. Finiront-ils par nous asphyxier de lacrymogène après avoir tenté de nous séduire ?
La pauvreté s'installe, plus que jamais, malgré le champ d'investigation ouvert par les sciences et les inventions, alors qu’elle aurait dû, tout au moins dans la zone de libre échange, n’être plus que résiduelle et en voie d’extinction.
Nous vivons une seconde révolution industrielle marquée par deux faits majeurs : l'universalisation de l'économie capitaliste et l’extraordinaire diversité d’application de la science dans des domaines de la technique. Toutes ces nouveautés ont échoué à éteindre un paupérisme qui, au contraire est en progression fulgurante dans l’Union Européenne et aux États-Unis.
Voilà que les mêmes élites au pouvoir non-stop depuis leur victoire sur l’URSS sont contraintes d'inventer ou de réinventer les modes de gouvernement de la pauvreté issus de l'Ancien Régime (ouverture d’ouvroir et en même temps chasse aux pauvres – traque des chômeurs « parasites » et extorsion du travail supplémentaire avec des bas salaires pour amener en fin de contrat le travailleur pauvre à une retraite d’indigent).
L'évidence immédiate de la pauvreté se dilue dans une pluralité d'interprétations qui font que chacune d’entre elles souffre d’astasie. C’est que la pauvreté dépeinte par Georges-Louis Bouchez n’a ni les caractères, ni l’ampleur, ni les origines qu’une opinion proche de la mienne possède dans son for intime.
Ce que mon maître Pierre Bourdieu résume dans « La Misère du Monde » " Constituer la grande misère en mesure exclusive de toutes les misères, c'est s'interdire d'apercevoir et de comprendre toute une part des souffrances [...] " (1).

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Oui, il y a la pire des misères celle qui fait que l’on a faim, que l’on a froid et que l’on n’a pas de toit. Elle existe, elle est prioritaire. Il faut en venir à bout sans délai. Mais il y a toutes les autres, moins visibles, aussi pathétiques, jusqu’à celle de l’ouvrier qualifié qui travaille régulièrement et qui est incapable de mettre sa famille à l’abri du besoin.
Même Adam Smith, dont j’ai souvent parlé avec Alexis de Tocqueville (de la démocratie en Amérique), les pères fondateurs du capitalisme, l’ont écrit sous différentes formes et à plusieurs occasions « nulle société ne peut jouir de la prospérité et du bonheur, si la plus grande partie est pauvre et malheureuse, et c'est pourquoi il faut ¬combattre la pauvreté :
La seule équité, d'ailleurs, exige que ceux qui nourrissent, habillent et logent tout le corps de la nation, aient, dans le produit de leur propre travail une part suffisante pour être eux-mêmes passablement nourris, vêtus et logés. "
Toutes les illusions ont été emportées lors de la crise financière de 2008-9, ai-je écrit au début de cette chronique, tout le monde a compris, sauf le personnel politique au pouvoir, le PS surtout. Il y a même du ragout à voir comment ces gens vivent encore dans l’esprit d’Adam Smith et Tocqueville, alors qu’ils ont créé un autre système en collaborant avec les puissances d’argent, qui n’est même plus libéral, mais carrément oppressif, oligarchique et clientéliste.
Le plus délicat pour eux, va consister à garder le plus de monde possible dans la crédulité de la fable libérale à l’économie de progrès et de justice sociale. S’ils n’y parviennent pas, tous les indicateurs l’indiquent, nous aurons droit à leur lacrymogène, leurs balles en caoutchouc éborgnant les manifestants, pouvant aller, c’est pour bientôt, aux tueries de masses.
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1. Bourdieu (Ce que parler veut dire) condamne le simulacre de démocratie qui nous soumet à l’autorité invariable de la bourgeoisie « Ceux qui ont opposé au droit magique ou de l’ordalie, un droit rationnel fondé sur la culpabilité et la prévisibilité, oublient que le droit le plus rigoureusement rationalisé n’est jamais qu’un acte social de magie qui réussit. »

5 janvier 2020

2024, eau chaude à toute heure.

Embarqués sur la patache Belgique, brinqueballés, cahotés et de tous les côté à la moquerie exposés, les électeurs se posent une question : pourquoi payer si cher des gens qui sont incapables de faire leur boulot, même si la patronne est une démocratie à la noix ?
Et d’un autre côté, un état sans les étalons des partis est par nature paisible. On arrive à faire une non-politique, avec des non-élus pour une non-crise, qui s’en plaindrait ?
On a même droit à un Bacquelaine-vaccin contre Bacquelaine ! Il est là, il pérore, il fait des projets que nous serions en train de subir s’il le pouvait, mais comme il ne le peut pas, il se produit tellement inoffensif qu’il finirait par devenir sympathique, en se vaccinant lui-même.
Seul frémissement du lait dans le poêlon, le Vlaams Belang connaît un regain inattendu. On attend de Delwit qu’il déménage pareil qu’au lieu de Hedebouw au pouvoir, ce soit Filip Dewinter qui monte dans le gouvernement fédéral. Oh ! pas pour tout de suite, pour 2024. Il a le temps de mettre ses papiers, ses décorations et ses diplômes dans des cartons.
La bonne bourgeoisie, baronnisée et milliardairisée, a appris à vivre avec des partis radicaux et extrémistes. Tant qu’elle contrôle les flux d’adhésions, elle gère. La méthode est simple. Elle consiste à gorger d’aides financières et à distribuer à perte, des publicités à tous les journaux, propriétés eux-mêmes de la bonne bourgeoisie ; ensuite prendre d’assaut tous les autres moyens de diffusions de la pensée européanisée, capable de renoncement, suggérant le sacrifice patriote au troupeau fasciné par le leurre de la société de consommation.
C’est simple, payant et pas cher finalement, au vu des bénéfices.
Le jour où le Vlaams Belang s’est relevé de ses cendres, la N-VA a subi une défaite colossale tout en restant la plus grande formation politique du pays.
C’est l’événement que le bon sens bourgeois n’a pas pris en compte. Bart De Wever a reconnu sa défaite, il a déclaré aussi que le "nationalisme flamand" est le grand vainqueur des élections. Sinardet faisait une belote chez Delwit, ils n’ont rien vu ce jour-là.
Comment se fait-il que cette déclaration leur ait échappé ? Car, elle portait en elle la raison qui fera que la N-VA n’entrera pas dans le futur gouvernement. Ce serait suicidaire pour elle.
Le royaume n’a jamais été aussi près de passer à la casserole.

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Depuis le 26 mai, le Mouvement flamand n'a plus deux ailes : modérés et radicaux, tous se rallient à la "Vlaanderen de Leeuw". Le plus étonnant, à moins que cela ne soit un sondage bidon, la majorité des Flamands ne veut pas quitter la Belgique !
Avec le recul, on peut encore décrypter que le calcul d’amener la N-VA dans le camp des partis démocrates de Charles Michel était faux. Maintenant que la machine infernale est en place, c’est vraiment Michel qui a tendu la mèche à Bart De Wever pour qu’il l’allume.
Et dire que ce traitre est à l’Europe en train de jouer le rôle de Charlemagne !
On l’a pourtant assez dit : un chapitre ancien de l'histoire politique du pays - celui du cordon sanitaire – a été enterré le 26 mai 2019.
Et pourtant les élites bourgeoises n’ont pas trop l’air de serrer les sphincters, leur véritable ennemi, ce n’est pas le nationalisme flamand, avec lui on peut toujours s’arranger, ce sont des commerçants dans l’âme, mais pas avec l’extrême gauche wallonne. Et là le drame est entre socialistes de collaboration et socialistes de rupture.
Le PS est tiraillé entre son désir de rester dans le fromage un partenaire du MR, la preuve, Di Rupo s’est rué sur le MR pour former une coalition à la Région ; mais, le capitalisme n’a plus rien à distribuer, les milliardaires sont insatiables et les GLB, Bacquelaine et consort sont là pour serrer la vis. Le PS s’est pris le beau rôle et joue le modéré du PTB, afin de reprendre « par la raison » tous les socialistes de base qui n’aimaient plus les manières néolibérales de Di Rupo. Pour cela, évidemment, il ne faut pas que le PS montre trop son attachement au libéralisme. Le voilà donc coincé entre son désir de se faire des ronds au fédéral et sa crainte que pour le coup, aux élections suivantes, le PTB ne le passe aux nombres de voix. Ce qui est bien possible au train où va le dégoût de la population pour la politique actuelle.
D’autres sondages, plus récents, montrent que du côté flamand, la tendance à préférer désormais le Vlaams Belang à la N-VA s’accentue. Selon un sondage de Noël du quotidien Het Belang van Limburg, le VB grimpe à 28,6 % dans le Limbourg. La N-VA est revenue à 18,6 % et est le plus grand "perdant". Pour la première fois depuis de nombreuses années, la N-VA est passée sous la barre des 20 %.
La question est légitime : à savoir si Bart De Wever agit selon une stratégie bien réfléchie ou s'il bat le beurre et n’a pas une ligne bien arrêtée.
Les bourgeois ont-ils sous-estimé le nationalisme flamand ?
Delwit et Sinardet garderont la nouvelle pour eux. Il me semble que l’épilogue se fera en 2024. Il s’agira d’avoir un PTB fort et un PS enfin redevenu socialiste ; car, pour le fric, la bourgeoisie est prête à tout, y compris l’assassinat.
Et il serait bon que ces deux partis servent aux gens des gilets pare-balles.

4 janvier 2020

Schiste, gaz, pétrole : Trump attaque !

À peine a-t-on rangé les décorations et artifices du bout de l’an, qu’il faut abandonner GLB à ses vœux ciblés et à ses clashs tenant lieu de communication politique, pour commenter l’assassinat commandité par Donald Trump du général iranien Soleimani.
C’est une surprise pour beaucoup dans le jeu d’escalade entre lui et Khamenei. Trump s’est impatienté et a sauté deux échelons.
C’est une nouvelle guerre qui commence, officieuse pendant longtemps, entre l’Iran et les États-Unis. Officielle a daté de dimanche. La manière de faire la guerre a beaucoup changé, même si les motifs, toujours économiques, restent les mêmes. Le pétrole, l’Arabie Saoudite qui reverse une partie de ses bénéfices sous forme d’armements aux USA, Israël très en pointe derrière Trump pour souffler sur les braises, l’Iran asphyxié commercialement et le chiisme qui s’intègre partout de l’Irak à l’Iran, sans oublier la sale guerre au Yémen des Émirats et de l’Arabie contre les rebelles chiites, tout enfin donne aux antagonismes affichés de cette région une réelle physionomie de guerre.
Aujourd’hui, on fait la guerre, enfin les pays riches, avec des moyens techniques, comme les drones, les missiles qui permettent de ne pas perdre des troupes au sol dans des engagements classiques.
On peut parler d’un assassinat commandité par Trump, comme celui de Sarajevo le fut par un parti révolutionnaire « La jeune Bosnie ».
Voilà Trump projeté en arrière, comme du temps de Bush, avec une escalade sur les bras, lui qui pour faire plaisir à son électorat avait promis de rapatrier les militaires et d’en terminer avec les guerres qui n’en finissent plus. Cela avait débuté en laissant les Kurdes, les seuls vrais alliés des USA dans cette région du monde, à la merci de l’armée d’Erdogan.
Aux dernières nouvelles, ce sont trois milles GI qui partent dare-dare protéger surtout les installations pétrolières, cibles potentielles en Irak. On attend la réplique iranienne.
Rien aux États Unis, malgré l’invasion de l’ambassade américaine, ne laissait imaginer une telle escalade entre les Etats-Unis et l’Iran.
L’assassinat, ordonné par Donald Trump annonce une nouvelle phase anxiogène de la politique étrangère et militaire américaine, un bond dans l’inconnu autant que l’assurance de représailles de Téhéran.

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L’Europe, évidemment, puisque commercialement ce sont les États-Unis qui règnent partout en maître, va s’impliquer dans le conflit aux côtés des Américains, comme elle l’a toujours fait. Cette démarche de l’Europe vassale sera comprise comme nécessaire suite au programme nucléaire de l’Iran qui sera sans doute accéléré, ce qui permettra à Macron et Merkel de ne pas perdre la face en se rangeant derrière Trump.
Netanyahou est évidemment aux anges. C’est comme si on aidait ses colonies à s’implanter sur toute la Palestine.
Faut-il rappeler que c’est Trump qui a débuté ce conflit qui tourne au vinaigre en se retirant des accords sur l’arme nucléaire que l’Iran avait signés en accord avec les pays européens, la Chine et la Russie. En durcissant sa position par le blocus empêchant le commerce avec Téhéran et intimant quasiment aux pays européens d’en faire autant, sous peine de lourdes pénalités sur les entreprises européennes aux USA, le va-t-en guerre est tout trouvé. Trump veut surtout cette guerre par son souci d’aider les Israéliens à gagner la leur contre le monde arabe.
Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants a immédiatement fustigé l’opération, assurant que le «rôle des dirigeants est de protéger la vie de leurs citoyens et les intérêts de leur pays, et non de mettre en danger les militaires américains, les diplomates et autres ressortissants par des actions provocatrices et disproportionnées».
Cet assassinat du numéro deux du régime iranien n’a rien de comparable avec l’élimination de Ben Laden sur ordre d’Obama. C’est une déclaration de guerre sans autorisation du Congrès. La «retenue raisonnable» n’a plus cours. Le danger tient dans l’imprévisibilité de Trump. Dans « retenue raisonnable, il y a « raison ». Trump en a-t-il suffisamment pour maîtriser une situation qui risque de lui échapper ?
Nous sommes à dix mois du second mandat de Trump. Il y a encore cette censure d’Impeachment qui est loin d’être terminée par le non-lieu que les sénateurs voteront certainement. Trump mettra-t-il à profit la situation actuelle pour sa réélection ? Comme on le connaît, il va trouver « un truc » pour que son électorat ne se dilue pas.
A Téhéran, le président Hassan Rouhani prépare sa revanche.
Vous avez dit 2020 ? Il a l’air de quoi Georges-Louis Bouchez avec son clash à la Trump en guise de bonne année, histoire de choquer « agréablement » son fan club ?

3 janvier 2020

La stravaganza !

On croyait tirer l’échelle, après la faisanderie sur le toit glapissant son répertoire de fausses bonnes nouvelles pour 2020.
Que nenni !...
Restait encore un inénarrable, après que Didier et Charles se fussent tirés de la pétaudière Belgique pour détrousser de ses pouvoirs Ursula von der Leyen. Il restait GLB !
Georges-Louis Bouchez en sweet-shirt, pour tout dire inattendu, sait-il ce qu’il fait, l’avant-bras gauche tatoué jusqu’au coude au risque d’effaroucher ces dames en bleu qui détestent autant les barbus que les tatoués !
La gauche, je parle en son nom, n’a rien contre les tatoués, ni contre les barbus, c’est le grand principe que chacun fait ce qu’il veut de son corps, mais les libéraux et les MR en particulier, pas sûr !
Pour ceux qui ont un balai dans le cul (presque toute la clientèle de GLB) prononcer des vœux en débraillé, avec une barbe qu’il a empruntée à Tariq Ramadan et un tatouage complet d’un avant-bras, à moins que les piliers du temple libéral se fussent soudain libérés du joug des Michel et l’autre branquignol au col horizontal, Reynders, on peut dire que cette droite-là s’est émancipée des tricoteuses des œuvres libérales, pour applaudir GLB !
On se demande ce que Denis Ducarme prépare en contre-offensive, une entrée en caleçon chez le roi ?

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Quant au ministre Daniel Bacquelaine rallié opportuniste à GLB, toujours tiré à quatre épingle, les pompes cirées à la cire d’abeille, va-il tomber la veste en été et nous apparaître le nombril à l’air à ras du bord de la chemisette Coca-cola made in Chaudfontaine ?
En ancien des Bat’d’af, une clé de douze dans le falzar pour avoir l’air d’un mec à la zézette triomphante, Bacq serait-il le chouchou du futur gouvernement de GLB ?
Une chronique d’un début d’année doit commenter les vœux des élites.
Ceux du tatoué sont brefs, inodores et insipides. Le légionnaire GLB et son factionnaire à la pension par points, sont dans les sables chauds du désert de la concertation.
Bref, on en est toujours à supputer! Rien n’a bougé… depuis le point de presse des deux informateurs, jusqu’au point de Bacq. Rabiot de la perm’ jusqu’au 26 mai. Le caporal Bacquelaine pourra pêcher à l’aimant sur la Vesdre juste derrière l’usine Coca-cola, histoire de se faire des sous avec les capsules accrochées aux hydrophytes qui pullulent depuis l’extension de la fabrique à l’eau sucrée.
GLB ne veut pas revivre les échecs des prédécesseurs, même si pour lui, se sont ses anciens patrons. La Belgique aura donc réveillonné quatre fois sans un vrai gouvernement, bien dodu et bien élu. Chez l’ersatz Sophie Wilmès, à part les salaires toujours corrects, rien n’est légitime. Il paraît que c’est une illégitimité légitime aurait pu dire Delpérée, le nouveau baron « constipationnel », de la proctologie constitutionnelle.
Mais qui cela inquiète encore ? écrit un journaliste du Soir, qui n’a pas fermé l’œil de la nuit, pressé d’en finir avec l’article, en songeant qu’il gagne à peine deux mille balles par mois.
Est-ce qu’on a déjà vu un pareil mastic en démocratie ? Ils sont élus et on les paie pour faire un gouvernement, qu’ils ne font pas ! Un bon gestionnaire ferait une retenue sur salaires !
Comme pour une course à Longchamp, dix chevaux sont toujours dans la course. Vlaams Belang et PTB-PVDA sont non-partant. GLB a pensé consulter les confiseurs et les eaux minérales, un peu comme s’il n’était pas au courant que le plus près d’entre eux est à Garmisch-Partenkirchen, jusqu’au 15 janvier inclus.
On pense à gauche, qu’il aurait pu consulter ceux qui sont au boulot quand les autres se marrent. « Si on commence à consulter les ouvriers, où on va » a répondu Charles au téléphone. Le Tatoué en est resté sur ça. Il y a bien Carlos Ghons, disponible depuis hier. C’est encore trop frais, la pièce n’est pas tombée.
Tout ce qu’on sait, c’est qu’il y a un socle MR-CD & V ! Il est important de ne pas dire " arc-en-ciel/paars-groen ", évoquant pour le parti de Joachim Coens l’époque (1999-2007) où il ne pesait plus grand-chose et se trouvait dans l’opposition, pour la première fois depuis 40 ans.
Ce duo ne pèse que 26 députés pour 38 (sur 150) lors de la législature précédente ! Une association de battus peut-elle être la base de la prochaine coalition ?
C’est là que nos virtuoses vont se lancer dans le baroque et nous faire du Vivaldi !
Georges-Louis Bouchez se doit de manœuvrer en cachant son tatouage au CD & V, en gardant l’Open VLV à l’œil et en se rendant compatible avec les socialistes (il a déjà la tenue), les écologistes, et le bec, et le bec, alouette, alouette, ah !... Il nous plumera.
Une Quatre Saisons à la Vivaldi, entend-on déjà.
Mais Vivaldi a écrit une œuvre plus appropriée que GLB devrait connaître « la stravaganza », l’extravagance en français, si réaliste dans notre cas, que ce serait dommage de s’en priver.
Ou encore, comme c’est un programme à sept, demander l’autorisation à Disney d’appeler le gouvernement futur « GLB et les sept nains ».

2 janvier 2020

Macron au Liban, Ghosn à l’Élysée ?

Puisque les vœux des importants belges (le roi Philippe, n’a été qu’une sapinade de Noël), représentés par Sophie Wilmès, n’ont pas jugé utile d’ajouter à la confusion, nous pouvons prendre en compte l’allocution de fin d’année aux Français d’Emmanuel Macron.
Le président, grand ami de Donald Trump, debout devant une fenêtre de l’Élysée, l’œil braqué sur le prompteur au-dessus de la caméra de télévision, a lu son texte sans faiblir et sans montrer aucune émotion.
Malgré les dénégations de Jean Jambon, c’est quand même la France qui donne le la en Belgique. Coca-cola Bacquelaine a tout noté du discours. Il espère revenir de l’île d’Elbe après Sophie Wilmès. Il a sa réforme par points en tête. Son chef de cœur, Emmanuel, nous représente autant que les plus beaux oiseaux de la volière royale.
Très strict, la cravate nouée avec amour par Brigitte, il ne fallait pas attendre autre chose qu’un bilan de société anonyme convenant à un ancien fondé de pouvoir de la banque Rothschild.
Il n’y avait rien parmi les formules classiques exaltant la grandeur française, la Nation qui… la Nation quoi… qui pût faire croire qu’un ancien banquier recouvrerait un cœur, dans une autre fonction.
Bref, les syndicats et les Gilets Jaunes sont repartis pour une nouvelle année de lutte.
Macron aurait très bien pu lire son prompteur couché dans un hamac, arrangé dans un décor de sable et de cocotiers, comme son homologue en affaires, Carlos Ghosn, au Liban d’où il envoie ses meilleurs vœux aux salariés de Nissan. Macron n’a pas osé. Il incarne la France.
On dit en général des vœux présidentiels « qu’ils sont très attendus dans un contexte difficile ». Ceux-ci ont duré dix-huit minutes, alors qu’une seule aurait pu suffire pour rassurer les marcheurs. Le parti du président ressemble plus que jamais au club des « Jeunes Giscardiens » d’il y aura bientôt soixante ans, alors que celui-ci date d’hier à peine.
L’autosatisfaction de Manu faisait plaisir à voir pour tous ceux qui craignent l’entrée en dépression du chef de l’État “la France n’avait pas connu un tel élan depuis des années”. Tout était dans la force avec laquelle, mâchoires ouvertes ou mâchoires serrées on peut dire la phrase. Pour Macron dans le ravissement, à la simple lecture des faits ce n’est pas normal. Il doit vivre sous cloche à l’Élysée à lire les papiers de Christophe Barbier, tout en rêvant sur la plastique de Madame Fressoz du Monde, avant de regarder « Cdansl’air » à la télévision.

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Les contemporains de Mongolfier qui font la presse officielle, espérait que Macron lâche du lest. Même les grands patrons, pourtant grands fans de Manu, attendaient la petite phrase sur les 64 ans pour une pension à taux plein, redevenus 62, d’un appel du pied au bon Berger.
Rien à faire ! Le président méprise tellement la contingence, qu’il est capable de placer ses meilleurs soutiens qui le contrediraient, dans la catégorie « Gilets Jaunes ».
Sa retraite par points est faite pour ne pas « trahir nos enfants ». À se demander si Brigitte n’est pas enceinte ? À défaut, la réforme des retraites ira à son terme.
On est servi. Il n’y aura aucune concession possible, sur l’âge, les régimes spéciaux… encore que, Macron n’est pas fou au point de ne pas accorder à ses polices tous les régimes spéciaux qu’elles veulent.
Et c’est là qu’il coince. L’homme se contredit. Son discours est une plaisanterie. Il se fout du monde. C’est un marionnettiste qui rend caduque la parole de la banque.
Une vidéo vieille de quelques semaines a refait surface sur les réseaux sociaux.
C’est l’extrait d’un débat sur la réforme des retraites à Rodez en octobre. Emmanuel Macron avait évoqué l’un des points de crispation du cœur de sa réforme : la fin des régimes spéciaux.
Le chef de l’État assurait qu’il ne ferait aucune concession catégorielle. Or, plusieurs catégories professionnelles (comme les policiers, les routiers ou les danseurs de l’Opéra) ont d’ores et déjà obtenu des garanties de la part du gouvernement.
“Il n’y aura plus de régimes spéciaux à proprement parler. Ce n’est pas possible dans un système universel par points”, avait déclaré le chef de l’État, avant d’ajouter: “si je commence à dire, on garde un régime spécial pour l’un, ça va tomber comme des dominos”, citant précisément les policiers, les gendarmes, les infirmiers et les aide-soignant.
Une heure avant la cérémonie des vœux, la secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie Agnès Pannier-Runacher faisait part de sa stupéfaction après la fuite de Carlos Ghosn pour le Liban.
Certains disent que Ghosn se serait caché dans un étui de contrebasse. Carlos l’instrument des fortunes et des plaisirs, aurait ainsi quitté Nissan et le Japon musicalement vôtre.
Si j’étais Macron, j’achèterais l’étui historique. Je l’entreposerais dans une cave de l’Élysée. Sait-on jamais, Même les plus grands finissent par irriter l’Haut-Lieu. De violoncelle à contrebasse… la voix humaine a de ces tours d’échauffement…

1 janvier 2020

L’ahimsa contre flash-ball ?

OK, c’est entendu, l’université ne prépare pas que des cadres porte-flingue du capitalisme international. Les pépites sont noyées dans la gangue. Il faut apprendre à les extraire, pour les apprécier. C’est le cas de Manuel Cervera-Marzal : « La désobéissance civile est une histoire aussi vieille que l’humanité elle-même ! » https://lemde.fr/2GgfugT.
Ce qui ne gâte rien, ce sociologue est chercheur à L’université de Liège. Comme quoi l’Alma Mater peut nous étonner agréablement et nous pondre à côté, Didier Reynders, avocat comme il en pleut dans les partis, outrageusement libéral, pré cessionnaire professionnel de la pensée plus légère que l’eau, ce qui le maintient en surface.
D’Adam à Thoreau, de Gandhi à Martin Luther King, en passant par les mouvements contestataires actuels, le sociologue Manuel Cervera-Marzal revient sur les désobéissances d’hier et d’aujourd’hui.
L’économie mondialisée nous prépare un univers concentrationnaire où s’entasseront les producteurs, afin de laisser ce qu’il reste d’espace et de liberté, à ce qu’il convient déjà d’appeler une nouvelle espèce d’humains, à peine contrariée par cet état de fait. Ce sont les promoteurs, les décideurs, les pouvoirs en démocratie, qui conduisent « l’homme rentable » vers les abattoirs de l’efficacité.
Les esprits éclairés s’effraient évidemment de ce qui se prépare, presque à moitié réalisé dans les usines, et ouvert en chantier par les élites libérales, momentanément à l’arrêt en Belgique pour cause de panne du pouvoir.
Le sociologue évoque ici l’urgence écologique, afin de couper les ailes à ceux qui ne voient pas le monde où il va. Cette urgence mobilise un nombre croissant de militants adeptes de la désobéissance civile non violente, tel le mouvement britannique Extinction Rebellion.
La nouveauté de cette opposition au pouvoir tient dans le fait qu’elle est individualisée. On peut rompre avec la société en faisant un choix de vie qui prend le contre-pied de la société de consommation. Mine de rien, ce choix pourrait avoir des conséquences redoutables sur la manière de produire et de consommer, au point que s’il était suivi par seulement vingt pour cent de la population, l’économie productiviste serait mise à mal et il conviendrait d’en changer rapidement.
La désobéissance, à un ordre estimé imbécile ou contraire au propre intérêt de celui à qui il est destiné, est très ancienne. Elle date certainement des premiers clans d’humains vivant quasiment démunis de tout dans les cavernes et obligés de coordonner les moyens de défense du clan pour survivre.
Adam, selon des fariboles dites divines, écrites par de gros malins profiteurs, désobéit aux prescriptions de leur création, à savoir le Créateur ! Le Théâtre antique représente Antigone qui résiste à Créon. Plus près de nous, Thomas d’Aquin affirme nécessaire de désobéir aux lois terrestres afin de se conformer aux lois célestes. S’affranchir de la pesanteur des lois terrestres au nom d’une foutaise, quand bien même serait-elle céleste, c’est déjà désobéir au caporalisme sociétal.

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L’Américain Henry David Thoreau (1817-1862) invente ou est un des premiers à utiliser l’expression « désobéissance civile ». Les parents de Thoreau étaient des militants anti-esclavagistes. Il va pousser cette logique jusqu’au bout : vivant dans un Etat esclavagiste, le Massachusetts, il considère que, en payant ses impôts à cet Etat, il contribue à une politique dont il se rend complice. Pendant six ans, il va donc cesser de payer ses impôts, jusqu’à être envoyé en prison. Ceux qui ne paient pas leurs impôts en Belgique seraient bien surpris d’apprendre qu’ils font de la désobéissance civile, pour ne pas être complice des malfaisants qui nous gouvernent. Il est cependant recommandé pour leur défense, de ne pas employer cet argument face à des juges très en symbiose du système économique.
Quelques années plus tard, en 1849, il écrit un petit livre dans lequel il avance quelques idées centrales : en cas de conflit entre ce que me dit ma conscience et ce que me dit la loi, je dois obéir à ma conscience ; sous un gouvernement injuste, la place d’un homme juste est en prison ; etc. Publié à compte d’auteur sous le titre Résistance au gouvernement civil, cet opuscule connaîtra un succès certain, et influencera Gandhi et Martin Luther King.
Comme on le voit, le « système Thoreau » a inspiré de grands contestataires.
L’activisme du mahatma est différent de ce que préconisait l’américain réfractaire : il doit être collectif, si possible massif. Il se fondera sur l’ahimsa (non-violence). La démarche de Gandhi aboutira en 1930 à la célèbre « marche du sel », qui mènera, en 1947, à l’indépendance de l’Inde.