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31 octobre 2012

Tous coupables !

Delbaere du VOKA, Pieter Timmermans, président de la FEB et Jean-François Heris, le nouveau crack de l'UWE, à ce trio de pointe, pour faire bonne mesure, ajoutons nos ineffables Marcourt et Demotte. Ne nous arrêtons pas au quintet. Incluons-y une belle brochette de politiquement correct, vous aurez ainsi l’orchestre quasiment complet dans l’interprétation de deux symphonies catastrophes : Genk et Seraing.
Ces gens ont de la chance.
En 1793, sous Robespierre, le tribunal révolutionnaire leur aurait certainement fait trancher le cou.
Nous n’en sommes plus là, au contraire, la barbarie aujourd’hui est moins spectaculaire. Elle tue bien plus, mais cela ne se voit pas trop. On meurt à distance, tué par des gens qui sur la scène publique ne vous veulent que du bien.
Barras est passé qui fit le triomphe des rats, puis de l’Empire, puis de la bourgeoisie sous la Restauration, puis des industriels sous les Républiques, puis de la Belgique fédérale, etc.
Aujourd’hui tout baigne : la crapule se porte bien et l’innocent trinque !
On encense la mondialisation et les successeurs des triomphateurs de 93 occupent le terrain ; plastronnent, commandent, exigent.
On se réfère à deux histoires de la Révolution selon lesquelles les héros sont les acteurs du putsch du Neuf Thermidor. C’est de bonne guerre, nous ânonnons les noms honnis de Saint-Just et de Robespierre et de tous les autres, Couthon, Pache, etc. grâce à Michelet et Thiers. Nous les épinglons sur la page des grands criminels avec Hitler, Mussolini, Pol Pot, Hussein, Kadhafi, etc. Personne ne dira aux enfants que l’histoire n’est pas aussi simple. Rarissimes seront ceux qui pour s’en convaincre auront lu « L’histoire de la Révolution » de Mignet ou celle, plus près de nous, du sursaut patriote de 1871 : « L’Histoire de la Commune de Paris » de Lissagaray.
Ils ne vont tout de même pas me condamner à écouter leurs conneries, sans avoir au moins ouvert leur esprit à une autre explication de l’histoire !
Ou alors, comme dirait Charles Jumel dans la Gazette du Père Duchêne : foutre !... qu’on mène l’engeance de la mauvaise foi à la Conciergerie.
Pourquoi ces minables seraient-ils tous passés à la bascule à Charlot en 93 ?
Pour avoir abandonné toute de suite la partie devant Mittal et promis à la rouille un haut-fourneau qui ne demandait qu’à être rallumé. La preuve, elle est à Florange où l’obstination des travailleurs et avec l’appui des politiques, DEUX repreneurs sont en compétition pour rallumer le haut-fourneau que Mittal allait éteindre, l’un est Suisse et l’autre est Russe.
Nos pieds-plats ont manqué de volonté et de courage. La Patrie était en danger en 93. En 2012, l’ennemi est intérieur, il occupe les endroits stratégiques et on n’en a que pour lui, Fouquier-Tinville est mort depuis longtemps et les représentants du peuple ne sont que des ganaches soudoyées par des factieux.

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Genk, enfin, cette usine est la propriété des travailleurs tant l’Etat l’a subventionnée depuis sa création il y a près de 50 ans.
Ford devrait en être chassé avec un pied au cul, sans indemnité et tant pis pour les agitateurs bourgeois de l’Europe. Pourquoi y faire ? Là est la question clé. On nous dit que la voiture électrique, c’est l’avenir. En créant sur ce site industriel des start-up sur les questions essentielles : des batteries, des circuits électriques et des bornes recharges, en sortant un premier modèle « made in Belgium » même en maintenant un chômage élevé en attendant de mettre en place la relève. Quand on pense aux firmes Impéria, Minerva d’automobiles et des motocycles de la FN, de Sarolea, Gillet, etc. avant-guerre, on est saisi de la couardise de nos grandes gueules qui n’en veulent qu’aux travailleurs, trop ceci, pas assez cela.
On a tort de ne pas compter sur la compréhension des travailleurs si une pareille aventure les mettait au premier rang des responsabilités. Il faudrait peu de chose pour réveiller les militants de la FGTB qui sont comme piqués par une mouche tsé-tsé qui s’appelle le parti socialiste.
Fait-on la grandeur d’un pays en essuyant le cul des escrocs de Wall Street ou bien essaie-t-on de faire basculer les choses dans la dignité et le courage, avec en priorité le bonheur de ses concitoyens ?
J’en ai marre d’entendre des lavettes nationales tordre leurs urines sous les travailleurs en disant que le peuple fait sous lui !
Est-ce qu’on va enfin désigner les premiers coupables et transformer la mascarade de l'abaissement général, en un triomphe de la vérité du plus grand nombre ?

30 octobre 2012

Un gars qui débloque…

Hier, c’était Bruno Colmant, économiste et professeur d’université qui entonnait l’hymne libéral. Aujourd’hui c’est Michel Delbaere, président du VOKA qui reprend la chansonnette de Colmant pour charger de tous les maux… un de ses alliés « naturels », Elio Di Rupo, comme si les socialistes qui font ce qu’ils peuvent pour coller à la vision libérale de la crise en étaient les principaux responsables.
Le tort de ces Belges éminents économistes et patrons, c’est d’oublier l’objet principal des ennuis que le peuple traverse, à savoir la crise économique et financière, et de compter pour rien la brutalité du système qu’ils défendent.
Non pour faire une histoire abrégée des économies modernes, mais pour décrire le scandale d’une association mondiale de malfaiteurs.
Ces libéraux belges proposent des solutions à l’intérieur du système, laissant penser que ce sont les gangsters qui font la loi !
Il est vain de chercher des solutions, quand on néglige les causes et les responsables du sinistre.
Qu’ils nous disent franchement qu’ils sont libertaristes et que la loi de la jungle, c’est le triomphe de la liberté. Alors oui, de ce point de vue, ils auraient raison. Mais qu’ils adoptent le ton plaintif de l’épicier qui voit ses boîtes de rollmops périmées pour avoir le peuple avec eux, c’est foutrement dégueulasse.
On n’a pas entendu Colmant, ni Delbaere appeler à une enquête afin de déterminer les responsabilités des pratiques capitalistes.
Ils agissent comme des praticiens qui luttent contre la peste par des fumigations ; sans partir en croisade contre la puce du rat, vecteur de la maladie.
Ils sont incroyablement légers et il faut bien qu’ils soient tombés sur des journalistes complaisants ou imbéciles pour ne pas recentrer le débat sur les causes et les remèdes à ces causes.

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La vindicte de Michel Delbaere sur le socialiste « qui bloque la croissance de la Belgique » relève de la méticulosité du technicien de surface qui enlève la poussière qui se dépose, sans chercher à en tarir la source.
Ce patron des patrons flamands pousse le cynisme jusqu’à faire porter le chapeau de la fermeture de Genk à Di Rupo ! « …le plus grand drame c’est de ne pas avoir la structure industrielle pour absorber ces 4500 + 4500 ».
D’accord avec Colmant, le pitbull mord dans les mollets du Flamand wallonisé et du Wallon grecquisé : nous sommes dans une crise profonde de notre faute, nos salaires, l’index, la sécurité sociale, la compétitivité : « Dans un pays où l'exportation fait la balance commerciale, si l'on n'arrive plus à être compétitif sur le marché extérieur, oui, nous avons un problème intérieur ».
S’il y a un problème intérieur, c’est bien le leur ! Qu’avons-nous besoin de payer bien cher des gens qui sont incapables de décrire les causes du sinistre et désignent pour le coup les victimes, laissant se gaver les responsables. A croire qu’ils sont partie prenante avec la maffia mondiale qui domine l’économie actuelle.
En bon Flamand de droite, Delbaere charge le gouvernement fédéral : "Le problème de Ford Genk est en premier lieu un problème fédéral. Aujourd’hui, le droit du travail, la sécurité sociale, toutes ces mesures qui créent la macroéconomie sont toujours de la responsabilité du fédéral. L’économie est une chose vivante. Il faut s’adapter aux circonstances mondiales et nous n’avons pas toujours eu la flexibilité et l’évolution nécessaires dans l’instrumental législatif !"
Le jour où il sera de bon ton de se nourrir de merde, si les circonstances mondiales l’exigent, Delbaere nous en fera manger en jurant que c’est bon pour l’économie.
Bien entendu, lui et Colmant auront toujours leur couvert chez un chef étoilé.
Profondément pervers, le Flamand bien entouré par des journalistes qui ne pètent pas un mot, est lancé : "Les gens restent dans une entreprise en difficulté en se disant qu'il y aura le chèque à toucher ou la prépension plutôt que de s'activer et de se dire 'je vais retrouver de l'emploi dans une entreprise en phase de croissance'."
Vous en connaissez, vous, des entreprises en phase de croissance ? Et si vous en connaissez, ça embaucherait un demi million de chômeurs, plus ceux qui quittent une entreprise en perte de vitesse. Il est fou ce type !
La performance se termine évidemment par un hymne à la croissance « sur des bases objectives, lorsqu'on regarde les mesures ou le budget, c'est du socialisme. Aujourd’hui quand il y a des propositions de réformes, il y a une réaction assez conservatrice du côté du parti socialiste. Il y a donc des blocages. Il faut abandonner l'idéologie pour débloquer et regagner la place que nous méritons dans l'économie mondiale ».
Et on voudrait que je sois sérieux ! C’est à regretter de ne pas avoir décerné le prix du plus grand con de Colmant d’hier, en ex-æquo avec Delbaere.
Bart De Wever doit les adorer… Dans le fond, les bons Flamands sont des Flamands riches. Il y a donc plus de cinq millions de Flamands qui n’ont pas leur place en Flandre ! Charmante Région !
Le pire, c’est que le gouvernement s’apprête à rendre raison à ces canailles. On parle d’un saut d’index, d’une hausse de la TVA, déjà pour certains chômeurs, on va leur étouffer quelques dizaines d’euros, pour commencer.
Sale temps pour les pauvres !...

29 octobre 2012

Le super con du dimanche.

- Eric Deburso vous vous présentez comme la synthèse de Maroy-Demoulin en journaliste moderne. D’où vous est venue l’idée d’une synthèse de controverse et Mise au point ? Et d’abord pourquoi un programme en deux parties sur RTL, la famille royale en levé de rideau et Ford Genk en deuxième partie.
-Comme vous le savez, mon expérience d’inséminateur officiel des familles royales m’a mis dans la confidence des palais et c’était tout à fait naturel que Domino débute par les princesses qui ont eu recours à mes bons offices.
-Cher Eric Deburso, on vous prête la paternité de tous les enfants des princes prétendant à trois dynasties régnantes d’Europe. Voulez-vous préciser lesquelles ?
-Vous comprendrez bien que par discrétion journalistique et humaine, je ne puisse vous révéler les noms des princesses auxquelles j’ai prodigué le bonheur d’être mère. Je leur adresse mon amical souvenir. Je dois incessamment me rendre au Luxembourg où, parait-il, un héritier est souhaité.
-Pour en revenir à nos chaînes fusionnées, pourquoi avoir conservé Dominique Demoulin et Olivier Maroy à la présentation, alors qu’ils lisent vos textes sur le prompteur ?
-L’organisateur doit rester dans l’ombre. Mon activité ne se limite pas à nos blablas dominicaux. J’écris régulièrement en anversois les discours du futur bourgmestre, Bart De Wever.
-La Flandre se wallonise, c’est vous ?
-Evidemment, nous ne pouvions pas laisser un réservoir de plus de 10.000 voix à Genk aux mains du SPA. Bart au début ne voulait pas. Il trouvait la wallonisation de la Flandre sans rapport avec la direction américaine de Ford à Detroit. Je lui ai rappelé que dans les années 1900, beaucoup d’ouvriers wallons s’étaient installés à Detroit. Je l’ai convaincu…
-Je lis dans les journaux une vive critique de votre livre « Un gay au palais », un de nos confrères titre «Eric Deburso, amant de la reine », et un autre « Un journaliste injurie le trône » que répondez-vous ?
-Je répondrai, en bon journaliste clairvoyant, que mon prochain livre traitera des dessous intimes, parures, nuisettes et même vêtements cuir sado-maso, des duchesses, princesses et reines du gotha européen, sans oublier les maîtresses des rois, ducs et princes. Ainsi je couperai le sifflet à mes détracteurs qui pensent que j’ai tout inventé.
-Et pour en revenir à votre émission jumelée du dimanche ?
-J’ai demandé à mes clones pour agrémenter la synthèse Controverse-Mise au point une séquence « le grand con du jour ».
-Vous mettez l’eau à la bouche des téléphages, cher Deburso. Qu’entendez-vous par là ? Vous savez en ces temps de crises comme les concours sont précieux, enfin ceux dans lesquels on gagne de l’argent.
-Lors de l’émission Domino et Olive disent une phrase culte. C’est celui des invités qui met au moins deux fois des mots comme « réduction des salaires » ou « coût du travail trop élevé » qui est sacré Grand con du jour.
-Et le lauréat de ce dimanche est… Allez, Eric Deburso… un scoop pour le Fonds Nathalie Winden et Patrick Perret…
-Mes clones ont désigné à l’unanimité quelqu’un qui a ajouté pour faire bon poids : « revoir la sécurité sociale » et « compétitivité par rapport à l’Allemagne », ce qui en fait un champion hors catégorie.
-En effet, c’est quelque chose. Le nom ?
-Le grand con du jour sans contestation et à l’unanimité c’est Bruno Colmant, professeur à l’ULB, s’il-vous-plaît et, paraît-il, un de nos plus brillants économistes. Vous voyez bien que notre concours a bien démarré.

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-Et dimanche prochain ?
- La phrase culte sera « Les mesures nouvelles vont-elles faire mal ? ». Puisque avec mes clones, nous parlerons évidemment des impôts nouveaux. Bruno Colmant, grand vainqueur de ce dimanche, ne pourra pas participer.
-Un super jeu fin de saison pour départager les gagnants ?
-Peut-être. Difficile à dire. Je suis surbooké. Après le Luxembourg, on me réclame à Buckingham. Les Anglais souhaitent un héritier. Mais je retiens l’idée.

28 octobre 2012

On dégage à RTL.

Les télévisions belges ont ceci de particulier qu’elles sont généralistes. Elles traitent aussi bien de la variété, des froufrous que d’actualité et de politique.
Lorsqu’on apprend que des mouvements de personnels y ont lieu par licenciement sec, la première chose qui vient à l’esprit concerne l’orientation politique, la seconde la santé financière.
Puisqu’on prétend que les actionnaires n’ont jamais si bien vécu, force est de croire à l’orientation politique.
Cette chaîne incontestablement fort à droite par ses choix d’information, ses présentateurs et journalistes, ne va tout de même pas virer socialiste ? (On n’ose écrire virer à gauche compte-tenu du centrisme du Ps)
Peut-être vois-je des loups-garous partout et qu’il n’est question que d’un coup de sang d’un visionnaire du futur gêné par des obstructions de ronds-de-cuirs de l’info ?
On saura dans les semaines à venir à quoi les téléspectateurs devront s’attendre.
C’est quand même assez étrange ce parti-pris de la presse en général, qui n’a jamais été autre chose que la porte-parole fidèle de l’économie libérale et de l’orthodoxie politique centriste, depuis qu’elle a clamé en chœur sa « neutralité objective ».
Quand s’attachera-t-on à une étude statistique sur les courants représentés par des politiques et des économistes dans des émissions comme « Controverse » ou « Mise au point » ? Par exemple : combien de fois s’est-on livré à une pensée libérale classique, par rapport à une autre plus sociale ou socialiste, dans des débats qui concernent des faits de société ?
Idem de la presse papier.
Il n’est pas besoin d’avoir une carte de presse pour voir comme un nez au milieu de la figure que la situation économique va en se dégradant et que nous ne sommes plus dans une économie qui s’améliore en se renforçant des leçons de chaque crise surmontée.
Comment se fait-il que ce ressort fondamental cassé passe complètement inaperçu par ceux qui ont choisi le métier d’informer ?
Jusqu’où faudra-t-il descendre pour qu’on cesse d’admirer une bande de pieds-plats à ce point aveugles, qu’ils prodiguent depuis cinquante ans les mêmes compliments à des hommes de partis décrédibilisés à tous égards ?
RTL va-t-elle changer cela et s’est-elle décidée au parler vrai ?
Ou bien va-t-elle resserrer les boulons, comme on dit, en tentant par la légèreté et l’insouciance de soutenir une nouvelle grille plus que jamais à cent lieues du pays réel ?

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La désinformation est telle, le peuple est depuis si longtemps abusé par la propagande de la réussite par l’argent, qu’un changement de cap serait plus difficile qu’une poursuite de ce qui est.
Personne ne le souhaite, mais si nous devions tomber un jour aussi bas que la Grèce, plus bas même, RTL ferait toujours comme si…
Sans trop accabler son concurrent, il est vraisemblable que la RTBF suivrait la même politique.
Les gens de l’information sont au service de la propagande d’une société figée et conservatrice dont le seul souci est de durer par tous les moyens.
Ils ne peuvent y déroger sans casser une obligation « morale » de dire comme le patron.
Est-ce à dire que le personnel renvoyé de RTL était de la graine d’insurgés ?
Certainement pas. Il faisait partie de ce grand nombre d’admirateurs du système dont il faut bien dire, qu’il ne récompense pas toujours de la même manière ses serviteurs.
Il n’y a rien de plus trompeur que les critères présidant à la distribution de l’argent. On croit qu’en travaillant bien, on a droit à ses bienfaits. Qu’il suffit d’embrasser une cause, pour qu’elle en devienne juste, un emploi rentable pour que la cause soit noble !
Rien de plus faux.
Des serviteurs zélés sont chassés, d’autres encore plus zélés les remplacent qui seront chassés à leur tour. Tel chercheur vit dans la misère, tel joueur de foot gagne des millions à toucher un ballon du pied. Tel s’en fiche de raconter des craques pour lesquelles on le paie, tel autre ne mange pas de ce pain là et est réduit au chômage.
Ce je-m’en-foutisme d’un propriétaire, qui fait et défait les rédactions, s’explique. Les « travailleurs » dégommés de RTL ne sont pas du premier cercle. Ils ne l’apprendront qu’à leurs dépens.

27 octobre 2012

Sylvio et la justice

.Ça se passe en Italie. Est-on sûr que ce ne serait pas le même scénario en Belgique ?
L'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a été condamné vendredi 26 octobre en première instance à 4 ans de prison ferme pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset, une peine assortie d'une interdiction d'exercer toute fonction publique pendant trois ans, a annoncé le tribunal de Milan.
Que les âmes sensibles se rassurent, tout de suite le cavaliere a vu sa peine réduite à un an, car il a bénéficié d'une amnistie pour trois années, a annoncé aussitôt le tribunal de Milan. Le M’as-tu-vu du siècle a obtenu l'atténuation de sa peine en vertu d'une loi d'amnistie datant de 2006. Dans ce procès, où dix autres personnes outre Silvio Berlusconi étaient poursuivies, le tribunal a de plus condamnés les accusés à verser 10 millions d'euros à titre d'avance au fisc italien.
Quelques autres procès l’attendent. Dans la collection, le plus médiatisé est le Rubygate (prostitution de mineure et abus de pouvoir). Il est accusé d'avoir rémunéré Ruby, de son vrai nom Karima El Mahroug, mineure marocaine, en échange de prestations sexuelles entre janvier et mai 2010. Et d'avoir fait pression sur la police de Milan afin de la faire libérer après son interpellation pour un vol fin mai 2010.
Tous les autres chefs d’accusation porte sur des fraudes fiscales, des subordinations de témoin, des faux bilans, etc.
D’appel en cassation, les avocats du roublard maffieux finiront par sortir Berlusconi d’affaire par extinction des accusations au prétexte de hors délai.
On pourrait se demander où les Italiens avaient la tête en élisant un homme pareil !
Sans doute la classe politique italienne ne vaut pas cher et ce choix en dit long ; mais, c’est surtout du côté des lois, jamais appliquées contre certains délinquants, et des hommes qui sont chargés de faire fonctionner l’appareil judiciaire, qu’il faut aujourd’hui regarder.
Le mal est ancien. Dans son roman, La Maison Nucingen, Honoré de Balzac écrivait déjà « Les lois sont des toiles d’araignée à travers lesquelles passent les grosses mouches et où restent les petites. »
Les citoyens n’exercent pas un droit ou fort peu : celui d’entrer et de sortir de toute audience publique qui n’est pas frappée d’huis-clos : d’aller sur place voir fonctionner la justice.
Ils seraient tout de suite au fait rien que dans le ton des juges selon qu’ils s’adressent à des avocats et à leurs clients ayant un quelconque renom ou à des individus dont, du premier coup d’œil on voit l’état de pauvreté.
Les prisons sont pleines d’individus qui ont commis des forfaits beaucoup moins graves que ceux que l’on reproche à Berlusconi.
Si tous avaient les moyens dont le cavaliere dispose, il n’y aurait pratiquement plus personne à l’ombre. Les prétoires seraient engorgés et les juges débordés.
On voit par là combien les recours soi-disant mis à disposition des pénalistes n’ont été coulé sous forme de loi que pour une certaine catégorie de gens aisés et dans certaines longues procédures, à l’usage exclusif des richissimes.
De tous les droits qu’offre – en principe – la démocratie aux citoyens, celui d’être jugé impartialement et selon l’aboutissement de toutes les procédures suspensives, est le plus controversé et le plus faux ! Le plus injuste aussi qui place le justiciable sur un pied d’inégalité devant elle, selon son état de fortune.
Le comble, le pouvoir judiciaire déjà si peu compatible avec une réelle démocratie est en plus soutenu par un autre pouvoir qui dépend de lui, le pouvoir de la police.

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L’ambiguïté de la police est d’être en principe une autorité soumise au système judiciaire avec pour fin la règle du droit et, en même temps, une agence de contrôle social ayant pour fin l’ordre et la surveillance. Cette deuxième fonction tend à lui transférer la charge d’apprécier ce qui est conforme à l’ordre et ne l’est pas (Yves Michaud).
La police, auxiliaire de la justice, est aussi une institution qui procède à une justice sans procès.
Le citoyen lambda est bien mal parti dans une démocratie pareille pour y être éventuellement jugé avec « équité » !
D’autant qu’avec l’insécurité dénoncée tous les jours dans les journaux, la justice et la police en complet accord avec le gouvernement, ont comme objectif le contrôle complet de la vie sociale.
Sacré Berlusconi !... le voilà devenu, malgré lui, le révélateur – s’il en était encore besoin – d’un rouage du système qui concourt à sa mauvaise réputation.

26 octobre 2012

Les gouffristes !

Voilà qui devrait éclairer l’opinion : aucune des Hautes Ecoles et aucun des Instituts Supérieurs de la Communauté française n’a intégré dans ses programmes de gestion et d’économie, l’étude des origines de la crise financière et économique de décembre 2008 à nos jours !
Nous formons des diplômés d’après des données qui n’ont plus cours, sur des documents souvent polycopiés dont la plupart sont antérieurs à 2005 !
Si vous avez l’occasion de coincer entre deux portes un de ces malheureux presque diplômés des Hautes Etudes, vous serez surpris de son peu de connaissances dans les matières qui sont aujourd’hui responsables de l’effondrement du système : la titrisation, la concurrence déloyale ou inéquitable, l’amalgame mondialisé des protections ou des non protections sociales, le travail d’équarrissage des coûts du travail, le poids du rendement des titres d’actionnaire dans les décisions industrielles, etc. Rien sur les subprimes, la flambée des placements toxiques et l’économie de casino, c’est à croire que ces jeunes gens viennent d’une autre planète !
L’autisme des enseignants y est pour quelque chose, mais plus encore les programmes. Marie-Dominique Simonet répond à tout ce qui concerne l’enseignement supérieur, sauf la nécessité de mettre à jour un fatras d’idées du siècle dernier sur des expériences plus vieilles encore.
Ce n’est plus de sa compétence !
Mais alors, c’est la compétence de qui ? Des patrons des banques qui délèguent quelques-uns de leurs brillants sujets ? A vrai dire, personne n’en sait rien.
Dans une Communauté française où les instances et les inspecteurs d’académie cherchent à faire porter le chapeau du désastre actuel aux enseignants, ce serait peut-être le moment de s’en inquiéter.
Pourtant, s’il en était besoin, les exemples ne manquent pas sur la crise financière mondiale et la quasi faillite des banques, sauvées in-extremis par les gouvernements des pays occidentaux. L’affaire Kerviel jugée en France cette semaine et faisant porter le chapeau des milliards de flop de la banque au seul intéressé, est-elle le signe que non seulement le monde des affaires ne veut pas aller plus loin, mais encore que les partis politiques et jusqu’aux magistrats de la justice française en sont convaincus et quasiment de connivence ?
Alors, pour les HEC, ISE, ISES et autres acronymes, c’est quoi ce qui se pratique tous les jours dans les salles de marché, la bulle internet de l’an 2000, les affaires Enron, Worldcom, etc. ? Une chaîne de Ponzi, impliquant Madoff tout seul ? Des montages de deux ou trois trader, genre Kerviel tout au plus ? ou une suite de circonstances d'un système universel maffieux de grande envergure impliquant l’ensemble du système capitaliste ?

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Comment n’a-t-on pas compris cela aux études supérieures ? Comment ose-t-on encore donner des diplômes d’une aussi mauvaise qualité à des jeunes qui n’en peuvent ?
Croit-on rendre service à la société en racontant des craques aux jeunes gens qui seront demain dans les instances dirigeantes de ce pays ?
Quand, par hasard, je tombe sur un article d’un économiste très écouté (on se doute bien que c’est de la banque qu’il nous vient) ou quand madame Darhmouch fait des mamours à une « sommité » de la finance, je me demande si je n’ai pas affaire à un bonimenteur de rue, un camelot de la Batte à Liège qui vante son article avec tellement d’exagération qu’il est impossible qu’il se croie lui-même !
Et dire que ce sont ces gens « importants » qui ont un avis sur tout et qui disent à peu près tous la même chose, qui se permettent de traiter les autres de populistes ! Il devrait y avoir un mot pour eux qui les caractériserait. Ils manœuvrent une langue de bois apprise dans les écoles. Elle est sans idée nouvelle, parfois sans idée du tout. On pourrait les appeler les « gouffristes ». Ils nous attirent vers un gouffre en nous disant n’importe quoi, par exemple : « regardez comme c’est beau le vide », et comme nous nous approchons, ils font un saut de côté et nous regardent tomber du bord du précipice.
Il paraît que le gouffrisme est très étudié dans les écoles !
Que n’ont-ils écouté le débat sur Antenne 2 de ce soir 25 octobre, entre Copé et Fillon. Même l’ancien premier ministre de Sarkozy convient qu’il se passe quelque chose. Il dit assister au « basculement du monde dans un autre ».
Au moins lui a vu que l’économie va mal. Même si ses solutions pour sortir de la crise ne sont pas les miennes, au moins a-t-il pris conscience de la gravité du moment.
Que nos écoles en sont encore à se demander comment en parler aux étudiants, on peut les comprendre. Qu’en attendant, elles se taisent, c’est la pire des solutions.
A ceux qui ne pensent qu’au fric, on pourrait les inviter à méditer sur ce qu’en dit Frédéric Dalsace (1), pourtant un des leurs « Faire comprendre que la lutte contre la pauvreté peut avoir un intérêt économique pour les entreprises ». Ne serait-ce que cet effort là de compréhension de nos Hautes Ecoles, ce serait déjà un progrès considérable.
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1. Frédéric Dalsace holds an M.Sc. degree from HEC and an MBA with honors from the Harvard Business School and both an M.Sc. and a Ph.D. in Management from INSEAD. He teaches New Product Development and B2B Marketing.

25 octobre 2012

Dans de sales draps !

Le constat n’est pas si marrant qu’on en puisse rire : cette société qui allait tout nous donner, est en réalité en train de tout nous prendre, nous rendre égoïstes, âpres au gain, sourds à autrui et complètement mabouls. Le top est le design gadget d’une soi-disant modernité.
Les rêves se sont écroulés. La performance qui rendrait tous les citoyens riches, sinon aisés, rétropédale à Seraing, à Genk, demain.
Des escrocs soi-disant socialistes ont vendu le système aux travailleurs avec le bonus que chaque année un petit progrès salarial récompenserait le progrès de productivité, dénigrant ainsi par comparaison un système coopératif désastreux, d’un autre socialisme dénaturé.
Et voilà que chaque année voit un petit recul, une nouvelle norme de chômage, un seuil de pauvreté franchi par de plus en plus de gens. Le travail amélioré produit le chômage et le bas salaire… le contraire de ce qu’on avait prédit !
Les économistes se rattrapent et tiennent à des explications : « cela est passager. Nous devons nous serrer la ceinture pour rebondir à nouveau dans un PIB assaini ».
On se moque de qui ?
Le responsable qui nous aura fait bifurquer à la croisée des chemins, croyant à un capitalisme « à visage humain » n’est autre que la social-démocratie au partage du pouvoir politique avec la droite. Cette erreur commence à se payer. En Belgique, c’est le PTB qui en profite, et c’est tant mieux. Mais, des électeurs déboussolés auront aussi voté pour la droite, et dans certains cas, pour l’extrême droite, en pleine confusion des genres.
La propagande a rendu le collectivisme toxique. On a cru aux faiseurs de miracles dispensateurs de dollars.
Les prédictions étaient fausses. Heureusement pour les escrocs de Wall Street, la haine du collectif qu’ils avaient semée dans les âmes simples, est restée, tandis que le capitalisme rejoignait dans le gâchis, les aberrations des plans quinquennaux du temps de Staline.
Les vieilles religions sont conservées pour jouer le rôle de fourre-tout de la bonne conscience, étant entendu qu’elles sont toutes sous l’autorité de la divinité suprême : l’argent !
Dieu unique, supérieur aux autres, il permet tout, n’exige rien. Que vous croyiez en Jehova, Mahomet ou Vishnou, il s’en fout. Mieux, il vous y encourage, puisque jusqu’aux cierges, il faut bien que vous les lui payiez. Ce qu’il ne supporte pas, c’est un éventuel concurrent à son système économico-social.
Par exemple que vous teniez des propos alarmistes devant une société dégradée, il l’admet, mais que vous lui en imputiez la faute : il s’insurge ! Des voyous, il honore ceux qui ont réussi. Les banlieues pauvres, dégradées, hauts lieux de la criminalité, c’est la faute aux étrangers, aux psychopathes naturels peuplant les couches mal éduquées des populations sursitaires des prisons. Il admet que les autorités cherchent à répliquer à cette violence par une violence d’Etat ; mais que vous en cherchiez les causes dans les troubles produits par l’argent, il vous met au rang des délinquants les plus dangereux.
L’homo economicus capitalis est-il apte au bonheur?
A voir les doutes et les souffrances qui accablent l’homme d’aujourd’hui, retournant à la pauvreté dans une société d’abondance, on en doute. On pourrait se laisser aller et dire «c’était mieux avant», non, ce n’était pas mieux avant, mais on risque de dire en 2013, qu’on régresse plus vite qu’en 2012, et ainsi de suite, si bien que vers 2015-2017 on aurait un semblant de raison à regretter les années 80.
Jacques Julliard (Marianne n° 809) a une belle définition de la fin des Trente Glorieuse « Depuis que le capitalisme d’entrepreneurial qu’il était… est redevenu patrimonial, le critère décisif n’est plus l’entreprise collective, mais la richesse personnelle …les patrons sont redevenus des riches luttant pour l’accroissement de leur richesse. Ce n’est pas Jean-Luc Mélenchon qui a réinventé la lutte des classes à l’état pur ; c’est Bernard Arnault. »
L’homo economicus capitalis doute, souffre, s’ennuie, enfin ceux qui ont encore un emploi qui les nourrit. Tous les autres, les jeunes, les vieux, les chômeurs marchent sans but devant le gâchis, l’incompétence des autorités et le cynisme de la collusion des riches et des politiques.

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La mondialisation a enlevé nos repères. Big-Brother, de la fiction d’Orwell, est passé à la réalité du quotidien. Il distribue, récompense et stresse, sans raison apparente. Il active un incivisme galopant en agitant ses paquets de bank-notes, au point de menacer la civilisation de disparition.
Si au moins nos sémillants personnages de la politique avaient le courage de dire une fois pour toutes « nous nous sommes trompés sur le capitalisme » ! Il semble que, du jour au lendemain, il leur serait beaucoup pardonné et que le peuple pourrait à nouveau espérer pour un futur moins menaçant.
A voir leurs tronches de vieux dégueulasses obscènes, de pervers menteurs, de foutus bouffeurs d’étrons d’actionnaires, ce n’est pas demain qu’on les verra se détourner des guichets de banque avec la conscience de l’honnête homme.

24 octobre 2012

Di Rupo boucle le budget.

La dernière de Charles Michel ressemble presque à une OPA sur le parti socialiste !
Il y parle du renversement des tendances, de la fin de la fatalité socialiste en Wallonie, c’est tout à fait éclairant d’une concurrence de deux produits identiques qui se disputent un marché d’électeurs.
C’est que le terme « socialiste » est devenu inapproprié pour désigner le parti de Di Rupo.
Que Charles Michel n’a-t-il raison d’évoquer la fin d’une fatalité Ps en Wallonie !
En réalité si le Ps à la Giet s’appelait le P.E.R. (le parti des épiciers réunis) la confusion des termes étant levée, il n’y aurait plus rien à dire sur la volonté de Charles Michel de faire entrer le P.E.R. à sa maison mère libérale. Il ferait bon ménage avec le MCC de Gérard Deprez.
On va bien voir, avec la confection du budget, comme Charles Michel a raison de croire que Di Rupo fait doublon.
Le budget que le petit Chastel rafistole, que M’ame Onkelinx dit déjà duraille, il va falloir que Di Rupo nous explique comment il sera neutre pour les fauchés qui ont voté pour lui.
La consultation des chefs de parti, le conciliabule entre les vices-premiers et Lui, tout nous laisse à penser que le budget se fera sur le dos des travailleurs, des chômeurs et des pensionnés, même si ça jure le contraire au Ps, d’autant qu’Alexandre-le-petit fait partie désormais de la meute.
Ce sera le point d’orgue concordant entre le centre-droit et le centre-gauche pour l’union sacrée des épiciers.
Tout ce mini drame n’est possible que par la volonté de Di Rupo de s’ancrer au centre, dans une drôle de conception d’un socialisme qui s’accommode de la droite au point de la concurrencer dans l’adhésion des électeurs, en n’oubliant pas d’entonner avec ses élites l’« l’Internationale » d’un genre humain de la globalisation des affaires.
Pour comprendre Di Rupo et sa stratégie centriste, il faut lire le petit livre de Manuel Valls « Pour en finir avec le vieux socialisme » qui définit au cours des entretiens avec le journaliste Askolovitch, une nouvelle manière d’être socialiste qui colle parfaitement au Ps belge.
Sur une question Valls a cette réflexion « Il faut tout remettre en cause. Et d’après moi jusqu’au nom du parti. Parti socialiste, c’est daté. Cela ne signifie plus rien. Le socialisme ça a été une merveilleuse idée, une splendide utopie. Mais c’est une utopie inventée contre le capitalisme du XXme siècle ! Cela ne signifie rien aujourd’hui, dans la globalisation, l’économie virtuelle, la crise écologique ! C’est juste devenu un mot prison, un mot qui empêche d’avancer ».

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On ne sait pratiquement rien des convictions de Di Rupo sur ce qu’il est convenu d’appeler son socialisme. Ses discours en qualité de président du parti ne sont jamais sortis des idées générales qui correspondaient au sentiment des salles. Son état de premier ministre lui convient à merveille, il poursuit son mutisme volontaire sur ce qu’il pense de la social-démocratie et du socialisme confrontés à la crise.
Son attitude est celle des carriéristes qui ne pensent qu’en fonction de l’intérêt qu’ils ont à entrer dans un concept. Di Rupo n’est pas un homme de conviction. C’est un personnage qu’on verrait bien à la cour de Florence du temps des Médicis, félicitant Machiavel pour son ouvrage « Le Prince », puis courant chez les partisans de Savonarole pour en dire le plus de mal possible.
Alors que l’écart entre les revenus du travail et celui du capital ne cesse de croître, l’entêtement de Di Rupo a nié la lutte des classes est logique dans la pensée de ce caméléon adorant le pouvoir d’où qu’il vienne, du moment qu’il en est.
C’est la caractéristique des pseudos idéologues qui ont tous une origine conservatrice. Il n’y a vraiment chez Di Rupo qu’une sacro sainte vérité : celle du sphinx.
Cela lui vaut d’être écouté par les patrons et admiré par les membres de son parti. Tant pis si ces derniers ne sont pas assez lucides pour voir l’abîme où ce faiseur les précipite.
On n’assied pas une respectabilité par l’élégance du geste du monsieur qui sort de sa grosse voiture en enfilant son veston d’une manière décidée.
On acquiert une respectabilité en adhérant aux principes qui ont été à l’origine du Ps. Et là, pour le coup, les socialistes ont du souci à se faire !

23 octobre 2012

On ne rit plus.

Avec la crise le monde politique s’abstient de plus en plus de rire d’un bon mot ou d’une situation cocasse.
Les politiques belges sont d’un sérieux à toute épreuve. Ils se surveillent trop pour se laisser aller à un trait d’esprit.
Pour impressionner le « client », il leur semble que c’est porteur d’avoir l’air grave de celui qui compatit aux difficultés que le peuple ressent. Le dernier des comiques a disparu : Michel Daerden devait sa popularité en grande partie à son intempérance réjouie. Après lui, l’assemblée fait sinistre.
Ce n’est même pas drôle de voir Alexandre-le-petit prêter serment et devenir ministre sans avoir été élu par d’autres personnes que son père.
Les Pieds Nickelés, héros de la bande dessinée préférée de JP Sartre, ont pourtant leur entrée à Laeken, comme rue de la Loi.
C’est difficile de plaisanter sur le chômage quand on gagne autour de 20.000 euros par mois d’indemnités diverses. Les lois contre le racisme et l’antisémitisme et l’espèce de peur montante de l’islamo-terrorisme sont de nature à bannir le bon mot au profit du politiquement correct. La langue de bois ne déride que par l’usage qu’en font les humoristes.
On oublie dans le milieu impitoyable de tueurs au sein des partis, que même au plus profond de la tragédie humaine, le rire a toujours aidé à vivre et même parfois à survivre.
C’est aussi une manière de faire assaut de modestie, car pour conserver la prétention de rire des autres, il faut d’abord savoir rire de soi-même.
Et c’est bien le drame de nos avocats-députés-ministres. Ils se prennent trop au sérieux et sont devenus tout à fait incapables de rire du reflet de leur image dans les miroirs des salons d’affaires, même s’ils se fendent la gueule en privé.
Il suffit de voir la petite mine fripée par le dépit de Joëlle Milquet, évincée de la Ville de Bruxelles, pour comprendre que l’humour est remis à plus tard. Encore que, involontairement, dans son accès de mauvaise humeur, elle s’est dite « sans ressentiment ». « Je ne suis pas revancharde, j’ai trop le sens de l’Etat ».
Elle est drôle sans le savoir et en même temps, ce qu’elle pense d’elle-même n’est pas rien.
Pourtant le rire permet d’amarrer les hommes politiques au « monde réel ». Nos personnages prioritaires dans les interviews politiques se prennent trop au sérieux. Le dimanche midi surtout à la Télé, ils font de plus en plus emmerdants. La mégalomanie d’un Delpérée ou d’un Wathelet plombe littéralement les débats.
Par contre, le rire est la seule arme dont disposent les sujets de leurs éminences. Nos parvenus oublient trop vite qui les ont élus. Il faut bien laisser aux électeurs, vite déçus après le vote, un moyen de démythifier les personnages qui vont se la péter pendant six ans en leurs noms. Le rire est le seul outil social permettant à la plupart des frustrés de se venger des hommes publics.

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Il n’y aurait pas plus désespérant qu’un débat politique, si l’on ne pouvait pas en rire. Tout esprit critique voit bien le décalage entre l’affichage du civisme des élus, de l’amour qu’ils ont du peuple, de la hauteur de vue qu’ils projettent sur l’Etat, et de la réalité de leur parcours, des ambitions qui les rongent, des calculs médiocres d’enrichissement, de l’ambition qui les tenaille et de ce qu’ils considèrent comme leur propriété : les mandats qu’ils confondent avec des professions.
Les « évincés » parlent de leurs mandats perdus, de la même manière que des travailleurs qui perdent leur emploi.
Cela frise l’indécence.
Philippe Moureaux, par exemple, aux propos jadis si cruels parfois pour les battus, a été véritablement atterrés et furieux d’être débarqué. Tout juste s’il ne portait pas plainte au tribunal du travail pour licenciement abusif. Cela dans une première interview. A la seconde, il avait réfléchi et il donnait l’image du grand philosophe qui relativise…
Avec humour, c’était le moment de demander à ses relations Nord-Africaines, l’emploi de Consul honoraire du Maroc à Molenbeek.
Le rire en Belgique a vu de meilleurs jours.
D’ici à ce que les battus s’inscrivent au chômage… comme Olivier Deleuze, il y a de cela quelques années.

22 octobre 2012

La honte.

We are the champions de la connerie…
On ne sait pas en quoi Fadila Laanan, la ministre de la culture Wallonie-Bruxelles, a un titre quelconque pour représenter la culture française ?
De toute manière, elle n’en donne pas envie. On se demande s’il ne vaudrait pas mieux lui créer un emploi de ministre sans spécialité particulière. Elle aurait droit à une belle plaque en cuivre « Fadila Laanan, ministre » aurait des tapis plain comme tous les autres, une grande pièce pour elle toute seule… et on entendrait plus jamais parler d’elle jusqu’à la législature suivante où elle aurait de fortes chances d’en être à nouveau. Le Ps a toujours eu beaucoup de tendresse pour ses ministres à connotation permettant une pêche au filet traînant dans les milieux de l’immigration.
Ce dimanche encore, elle n’a pas raté son apologie habituelle des événements qui font rire de nous à l’étranger.
En effet, elle s’adresse principalement et en général à chaque occasion qui se présente, aux balbutiants des lettres, aux analphabètes par principe et aux idiots congénitaux qui s’imaginent que le sommet de l’atticisme est dans le feuilleté des bandes dessinées. Cette fois, elle fait dans le muscle hollywoodien et l’admirateur débile.
On se souvient de son nounours et du mauvais remake de « Bonne nuit les petits ». Voilà qu’elle ressort sa belle stature d’éminence des Arts pour se faire voir à l’inauguration, boulevard Sylvain Dupuis à Anderlecht, de la statue de Jean-Claude Vandamme !
Nul n’ignore qu’un ministre n’a pas besoin d’être compétent dans le ministère qu’on lui attribue pour se caler dans le grand bureau et trancher de tout, du haut de son inconscience, mais là, franchement, j’ai honte... à un point qu’on ne peut imaginer.
Je sais bien qu’il y avait 2000 personnes pour l’inauguration de cette connerie et 4000 bras tendus pour toucher la star ; mais, je persiste, ce n’était pas la place d’un ministre de la culture de se produire lors d’un événement qui peut passer pour tout ce qu’on veut, sauf pour une manifestation culturelle.
En plus ces cons qui nous représentent n’y mettent pas des gants. A leur place, je toucherais discrètement mon petit cacheton de la galerie commerciale et je filerais discrètement par une porte dérobée en rasant les murs.
Eh bien non ! pas gênées du tout les sommités, Fadila en tête, sur le tapis rouge sous le regard d’une flopée de journalistes, au quintuple de ceux qui rapportent une manif des gars d’Arcelor.
Je n’ai rien contre JCVD, je n’ai vu qu’un seul de ses films, ce qui m’a dispensé de voir tous les autres ; je suis encore à me demander comment la ministre de la culture a osé le comparer à un ambassadeur de la Belgique connu dans le monde entier !

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Pourvu, justement, que ce ne soit pas le cas. Hollywood, passe encore, c’est là qu’il y a la plus forte concentration de cons au monde et donc de fortes chances de passer inaperçu, mais ailleurs ?...
Car, justement, qu’on le connaisse vraiment dans le monde entier, c’est ça qui est le plus gênant. Il aurait sa petite réputation jusqu’à Arlon, il ferait un détour par Mons, ville de la culture comme on sait, on se dirait, c’est encore un truc à la mords-moi-le-nœud socialiste, et on penserait à autre chose. Là, je crains que les médias français ne reprennent notre sommet culturel en boucle pour se foutre de nos gueules.
JCVD n’a laissé le soin à personne de conclure cette somptueuse après-midi d’art. La presse a recueilli religieusement ses propos. La préposée de la Dernière Heure en a fait ses délices « Aux côtés de sa mère flamande et de son père wallon, l'acteur s'est exprimé sur le conflit linguistique : "C'est une dispute entre deux cultures qui sont en fait une même culture. Mais, il y a beaucoup d'amour dans cette guerre".
Voilà qui serait à graver dans la pierre du socle de ce grand homme.
Il reste du pain sur la planche pour Fadila-la-lettrée, voilà longtemps qu’on n’a plus honoré les autres ambassadeurs de l’intelligentsia de la Fédération : les Frères Taloche, Adamo et Annie Cordy.
Qu’est-ce qu’elle attend ? On s’impatiente !...

21 octobre 2012

Revolución.

Est-il encore possible de conduire une politique de gauche dans le contexte actuel de deux contraintes : celle des marchés mondialisés et celle d’une Europe boutiquière ?
On peut se poser la question à notre minuscule échelle et même si les élections communales n’ont eu en aucune manière le pouvoir d’interférer dans la politique générale, la progression timide mais certaine du PTB en Wallonie et la grande marée de la N-VA en Flandre sont deux événements propices à interprétations.
Du côté du nationalisme flamand, se pose immédiatement un problème de droit européen. Ce n’est pas la Flandre qui est affiliée comme membre adhérent à l’Europe, mais la Belgique. Immédiatement les constitutionnalistes du genre Delpérée se feraient un malin plaisir d’argumenter à foison et on ne sait pas si une formation du type nationaliste régional aurait la moindre chance de faire passer ses thèses, étant entendu que derrière, il y a des Rhénans, des Corses, des Bretons, la Lombardie, la Catalogne, etc. La liste est longue.
Quant à l’autre événement, la montée du PTB en Wallonie, il s’en faut de beaucoup qu’il soit suffisamment étoffé pour être significatif et faire entrevoir une pression politique par un gauchissement de l’électeur.
Il ne suffit pas de montrer les inégalités criantes et leur montée en flèche dans les populations parmi lesquelles la classe populaire souffre le plus, il faut proposer puis faire appliquer des programmes et disposer d’une majorité parlementaire.
Le seul exemple actuel d’application d’une réforme de gauche est l’actuel président du Venezuela Hugo Chávez. Que ne dit-on de lui dans nos gazettes petites bourgeoises, criant à la dictature, à la fin de la démocratie, etc. C’est pourtant lui qui s’est fait réélire pour un nouveau mandat de façon tout à fait légale par des élections sans triche, au détriment d’un personnage qui avait toute l’admiration du MR.
Il y a longtemps que le bolivarisme et Chávez eussent disparu dans les oubliettes de l’histoire, si le Venezuela ne renfermait pas de pétrole dans son sous-sol. Indépendant financièrement, contre vents et marées Chávez poursuit une politique sociale qu’on n’avait jamais vue dans son pays et, peut-être dans toute l’Amérique du Sud.
Imagine-t-on la même chose dans un pays comme la Belgique, si dépendant du système capitaliste, si complètement asservi dans une Europe mercantile et faisandé par tous les margoulins des partis centristes, un pays déjà si pauvre en richesse naturelle ?
Avant de répondre à la question, jetons un coup d’œil chez nos voisins.
François Hollande est le président socialiste d’une France majoritairement acquise à l’économie traditionnelle, à savoir capitaliste orthodoxe. Pourquoi cet homme, dans la frange socialiste modérée, suit-il finalement la politique de Sarkozy favorable au pacte européen de stabilité, après en avoir détesté le principe et séduit l’électeur en prétendant qu’il serait renégocié face à Angela Merkel ?
Parce qu’il n’a pas la volonté de rompre avec le système étant entravé par les conditions économiques et sans courage pour affronter les banquiers à la curée, s’il lui venait la force de dire non.
Pour en revenir à la Belgique, la volonté de rompre avec le centrisme du parti socialiste de Di Rupo ne serait possible que si l’adhésion actuelle au Ps se défaisait au profit d’un parti dénonçant le capitalisme, pour mettre en place un régime socialiste.
Le PTB ne propose rien de comparable à ce qui a fait le succès nationaliste de Bart De Wever, à savoir un coup d’éclat sous forme de rupture avec le système capitaliste. Les Flamands croient que leur sort sera meilleur dans une Flandre indépendante, ils ont trouvé leur chantre. Ils n’ont pas compris que c’est le système économique qui les subjugue et non pas la Wallonie indigente qui vit à leurs crochets. Quant à celle-ci, elle n’en est pas encore à estimer qu’une révolution sociale soit possible. Sinon, il y a longtemps qu’elle aurait déserté les rangs du Ps et désigné soit le PTB, soit un autre parti dont le but final serait la rupture avec le pouvoir de l’argent.

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Nous n’avons pas un Hugo Chávez pour nous entraîner sur cette voie.
Nous n’avons qu’un PTB critique à l’égard du Ps. Ce parti de gauche aurait beaucoup à gagner en dénonçant l’imposture de la social-démocratie, en proposant une autre forme de démocratie dont le principe est simple : celui d’accorder la priorité aux besoins du plus grand nombre par le retrait des richesses abusivement acquises du plus petit nombre.
Pour cela, il faut dresser un inventaire général de la Wallonie, appeler des économistes autres que ceux des banques au chevet du malade et accueillir l’intelligentsia de chez nous qui s’est toujours refusée de se compromettre à la table des repus, afin de présenter autre chose aux électeurs que le couplet petit-bourgeois du Ps.
Voilà qui effraierait encore trop de gens, dégoûtés du système, mais pas encore partants pour en essayer un autre.
Evidemment si une forte tête passait outre, la meute journalistique, politique et bourgeoise, le Ps et ses partenaires centristes, ne manqueraient pas de mordre et tuer dans l’œuf une émancipation qui ne plairait ni aux riches, ni à l’Europe, ni au pouvoir subtil et discret des grandes compagnies mondiales. N’est pas Robespierre, ni Saint-Just, qui veut… ni même Chávez.

20 octobre 2012

Les Verts, bourreaux du Ps ?

A Bruxelles, on aurait tendance à le croire.
A Schaerbeek, c’est encore foutu pour Laurette Onkelinx. Elle qui avait quitté Seraing, pour ne pas affronter le fils Mathot (trop belle gueule et le fils de l’autre), la voilà qui fait un mauvais calcul sur le terrain de son parachutage en tombant sur Isabelle Durant.
Aux prochaines élections, dans six ans, elle aura soixante balais au compteur. Nous verrons bien si la tâche de conseillère la verra régulièrement percevoir son petit cacheton de présence, tout au long de ses six années au cours desquelles la Durant ne pourra pas s’empêcher d’avoir l’air goguenard, à chaque intervention de l’ambitieuse amie de la tête d’affiche montoise.
Mais, il y a plus ridicule, c’est celle de Moureaux éjecté de son fauteuil maïoral à Molenbeek par une autre « trahison » des Verts. Lui aussi rêvait d’une large coalition, comme à Charleroi.
C’était plus pour épater sa jeune épouse qu’autre chose finalement. Dame, on se doit d’assurer par tous les moyens qui restent, dans son cas.
Ce qui est plaisant, c’est sa dénonciation d’un complot, genre « accord préélectoral » tous contre lui. Il ne lui est pas venu à l’idée qu’il a toujours navigué de la sorte et qu’il s’est fait prendre à son propre jeu.
Vingt ans de pouvoir socialiste, c’est basta les combines des rosés. Il est possible aussi que l’érosion constante du PS a dû faire comprendre à certains que, comme parti du centre, le Ps était en train de mettre la population en boîte avec une politique douçâtre pour les uns et vacharde pour les autres. Qu’on le veuille ou non, la situation économique place le Ps dans de sales compromissions afin de passer à la fois pour un parti soutenant les chômeurs et les victimes de la crise, et en même temps, jouer la carte classe moyenne avec des propos et des solutions fascisantes, c’est-à-dire correspondant actuellement à l’opinion petite bourgeoise.
Pourvu pour Moureaux qu’à Molenbeek on ait planqué à temps des archives locales qui sur vingt ans ont certainement accumulé des rapports d’exercices gratinés.
Il est sain qu’il y ait alternance et le malheur, c’est que cette alternance se fait entre partis du centre. On ne peut pas dire que la coalition qui a renversé le Ps soit plus progressiste que les sortants.
C’est aussi l’occasion d’un rappel de la fonction qui ne doit pas être élitiste et encore moins une profession à part entière.
Quoiqu’encore bien ancrée dans la région liégeoise, le Ps là aussi voit petit à petit les gens de gauche lâcher le parti du centre qu’il est devenu. Le PTB place deux conseillers, ce n’est pas mal pour des gens qui sont sans moyen. Serait-ce l’effet télévision qui a permis de faire voir son président autrement que comme les gazettes belges, toutes de droite comme il se doit, le présentent. On a vu un jeune homme, frais tondu, qu’on pourrait imaginer trader dans une grande banque, propre sur lui, comme on dit, présentant bien, et un peu trop « comme il faut » à mon gré, et tenant des propos mesurés.
Voilà qui est inquiétant, car si c’est pour faire comme le Ps, mais un peu plus centre gauche, ce n’est pas la peine.
Le PTB progresse ailleurs qu’à Liège. Demeyer n’a pas trop à s’en faire. Il est bien là pour un bon bout de temps, malgré son manque de charisme et son manque d’éloquence. Reynders l’avait compris depuis longtemps, en déménageant à Uccle, après avoir investi gros dans l’immobilier (La représentation du peuple n’a pas que des inconvénients).
Bref, un coup pour rien, sauf quelques boutons de-ci, de-là, attachés de travers.
Différente est la situation en Flandre.

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Bart a la cote. Il place des gens qui étaient inconnus il y a trois mois à peine. Ils ne sont pas tous avocats. Ils tranchent avec les autres partis. Bourgmestre d’Anvers, il devient incontournable. Les fédéralistes ne vont plus pouvoir longtemps défendre leur bifteck. Il faudra bien passer à la phase confédérale.
Ce n’est pas encore fait, l’Europe va peut-être faire les « gros yeux ». Ce ne serait pas la première fois qu’on traficote les lois et qu’on s’assied sur le « pouvoir » du peuple.
Les Van Rompuy sentent le sol du Gordel se dérober sous eux.
A force de baver sur les francophones et jouer les martyrs, les voilà pris de vitesse par un plus mariole sur leur propre fonds de commerce.
Di Rupo – plus royaliste que lui tu meurs – a une âme de Croisé. Evidemment, si le système s’écroule, il peut toujours dire qu’il avait un plan B préparé depuis deux ans, tout en le fabricant pour la bonne cause, à l’instant qu’on en parlera sérieusement.

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19 octobre 2012

Croire et accroître.

Ah ! la croissance, qu’on la brandisse comme le remède miracle ou comme les soubresauts d’une bête à l’agonie qui soulèverait le thorax de 0,5, alors qu’on espérait 0,8, c’est toujours la même chose : produire pour plus d’emplois et les rentrées fiscales dans les caisses de l’Etat.
C’est-à-dire sans que cette croissance ait un sens lié à la production des choses nécessaires et à la vie de tous les jours des citoyens ; mais regarde plutôt ce qui est exportable, dans une concurrence mondiale dans laquelle tout le monde fait à peu près la même chose.
Cette croissance pour la croissance est sous le contrôle des économistes. Ils ne quittent pas du coin de l’œil leurs ordinateurs qui suivent les courbes descendantes ou ascendantes, Tous bien éloignés des ateliers et sans rien savoir de la condition ouvrière.
Pendant ce temps, des grands patrons jouent au Monopoly avec leurs usines et les ouvriers qui sont dedans, puis dehors suivant les humeurs, comme Lakshmi Mittal, le Bernard Tapie indien. Il rachète tout, promet tout ce qu’on veut, pour n’en faire qu’à sa tête et fermer où il veut. Lui aussi joue avec les chiffres et les abstractions, alors que dans le concret, une fermeture d’usine, ce sont parfois des milliers de familles qui perdent tout, de même qu’une croissance dans certains cas, c’est surtout augmenter la productivité avec moins de personnel.
Dans ces conditions, la croissance ne profite pas à tous de la même manière. De même, tout le monde ne se serre pas la ceinture quand il y a récession. Sans retourner aux tableaux et aux graphiques, sans être trader ou économiste, la croissance profite à une certaine catégorie d’individus. Ce sont les mêmes qui sortent indemne de la récession.
Autrement dit, une des constances du système économique donne aux uns de fortes chances de progrès et aux autres, de fortes probabilités de n’arriver à rien.
La connaissance des codes et l’insertion dans le trafic, ne changent pas la donne. C’est inutile de vouloir inverser le cours des choses. C’est comme si ceux qui gagnent à tous les coups venaient d’une autre planète et parlaient une autre langue. Rien ne les démonte, parce qu’ils n’entendent pas les bruits et les rumeurs protégés par un triple vitrage qu’ils peuvent franchir facilement et aller de part et d’autre part, tandis que pour les autres, c’est une barrière.

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Du mauvais côté, on gesticule, on crie, du bon côté, tout reste calme et même des journalistes comme Maroy et Demoulin n’entendent pas.
La division en plusieurs degrés de compétence n’est même pas le signal d’une réussite possible. Les paliers supérieurs ne sont plus à l’abri d’une réorganisation à la suite d’une lubie ou d’un calcul.
De toute façon, on a raconté n’importe quoi à la jeunesse pour qu’elle ait « foi en l’avenir », étant entendu que l’avenir tel qu’on le lui avait vendu n’était qu’un mythe qui se dégonfle avec le temps qui passe.
Les cathédrales gothiques ont été élevées par des gens qui n’avaient aucun diplôme. Il n’est pas sûr aujourd’hui qu’une équipe de niveau supérieur soit capable d’en faire autant.
L’abandon de la religion de la croissance ficherait évidemment tout le système par terre, essentiellement basé sur la progression des gains, la sanction étant la perte de profit.
Le produit intérieur brut (PIB) comme indicateur des performances économiques et du progrès social pourrait ne signifier rien d’autre qu’une production à la chaîne et dans de mauvaises conditions d’un outil aliénant davantage l’homme sans aucun profit pour lui. Il n’est pas certain que l’indicateur soit sensibilisé à cette aliénation et donc ne le signale pas.
Il y a longtemps que la pertinence du PIB est remise en question par les économistes. En l’état, le PIB poursuit sa carrière, parce qu’il est hégémonique.
Robert Kennedy, le frère de John le prétendait déjà dans les années 60 : « Le PIB ne tient pas compte de la santé de nos enfants, de la qualité de leur instruction, ni de la gaieté de leurs jeux. Il ne mesure pas la beauté de notre poésie ou la solidité de nos mariages. Il ne songe pas à évaluer la qualité de nos débats politiques ou l’intégrité de nos représentants. Il ne prend pas en considération notre courage, notre sagesse ou notre culture. (...) En un mot, le PIB mesure tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue. »
Pour notre malheur, dès le rideau de la comédie des élections du 14 retombé, Di Rupo va ressortir ses âneries sur la dette, la croissance, la bonne tenue du PIB, etc.
Sauf, si la N-VA rebat les cartes et que le PS retourne à l’opposition, alors on reverrait le même Di Rupo dire le contraire avec autant de certitude et de fermeté de ton.
Le comble, c’est le même public qui le soutenait au pouvoir qui l’applaudira dans l’opposition.
C’est ça la constance en démocratie !

17 octobre 2012

Mister cash !

On l’a bien lu dans les gazettes :
Le béton de Tihange 2 dégradé en profondeur « Le réacteur de la centrale nucléaire Tihange 2 a des problèmes de béton. Le réacteur étant éteint, aucun problème de sécurité n’est à signaler. »
Voilà ce qu’on pouvait lire début septembre.
Fin de cette semaine Het Belang van Limburg et la Gazet van Antwerpen affirment que l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) va donner en octobre le feu vert au redémarrage des centrales nucléaires de Doel 3 et Tihange 2 !
Pourtant, l’enceinte de confinement en béton armé présente des signes d’effritement avancés.
« Le phénomène, constaté il y a plus d’un an, est clairement plus grave que prévu. D’une dégradation sur moins de 10 centimètres, on est désormais passé à un effritement qui pourrait atteindre 30 cm de profondeur. »
On voit bien que l’enjeu n’est pas la sécurité des villes et villages entourant des réacteurs, mais celle de faire du courant à tout prix avec l’accroissement chaque année des demandes à la période d’hiver.
Depuis les années soixante à partir desquelles on a mis au point des centrales à énergie nucléaire, on a minimisé deux problèmes. Le premier celui de la sécurité et le second celui du démantèlement après usage.
Deux événements ont marqué les esprits qui restent frappés depuis, c’est l’implosion de Tchernobyl et le tsunami de Fukushima. Le premier répond au risque interne et le second au risque externe.
On a beau rassurer les riverains, Tchernobyl était une centrale du premier type avec des techniciens ivres la plupart du temps. Cela fait froid dans le dos quand même d’habiter à 10 voire 30 km d’une monstrueuse énergie que nul ne pourrait maîtriser en cas de catastrophe intérieure.
Les plans d’évacuation sont ridicules. On ne peut pas déplacer deux cent mille personnes comme ça, d’une heure à l’autre, ni même en un mois. Les plans sont d’autant inapplicables qu’ils omettent de prendre en compte l’effet de panique.
Mais, il y a pire. Aujourd’hui encore personne n’a de solution pour démolir une centrale nucléaire et rendre l’environnement immédiat du réacteur à une vie normale. C’est toujours la solution Tchernobyl qui prévaut. C’est-à-dire qu’on construirait un sarcophage autour du réacteur avec défense d’y pénétrer pendant plusieurs centaines d’années.

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L’expérience de Brennilis en France d’un démantèlement est loin d’être concluante. On a bel et bien construit un sarcophage comme à Tchernobyl pour les parties vives.
C’est, ce qui s’appelle donner à nos descendants lointains le soin de débarrasser le sol de nos merdes.
Les pères de l’ère nucléaire détenaient dans leur certitude un bel optimisme, celui de construire un machin qu’on ne saurait déconstruire sans faire plus de progrès dans l’art de la démolition que l’on en avait mis dans celui de la construction. On comptait sur des as de la physique pour nous en donner les moyens.
On voit le résultat un demi-siècle plus tard.
Les progrès ont été considérables dans l’aventure nucléaire. Le fin du fin s’arrête à Cadarache. La France y a investi des sommes considérables, le site est toujours top secret et expérimental. Il est même question d’arrêter les frais.
La Belgique n’échappe pas à la folie des Américains de faire du cash à n’importe quel prix. Tout ce qui est bon pour l’industrie et le commerce est bon pour l’Amérique.
On détruit la planète, mais c’est bon pour l’Amérique. On joue avec le feu nucléaire, mais c’est bon pour l’Amérique, etc.
Nos entrepreneurs libéraux sont sur la même longueur d’onde.
Sauf que faire du cash a quand même une limite. Par exemple, est-ce que Didier Reynders serait d’accord de construire une centrale nucléaire à Uccle, juste à côté de son garage ?
Dans une agglomération bruxelloise qui compte un million d’habitants, une centrale s’impose pour faire du cash ! Le maître du rentâââble ne serait pas contre tout de même !

16 octobre 2012

Avec les plus humbles excuses…

Tandis que nos élites poursuivent dans la voie de l’économie libérale, qu’une propagande de tous les instants y pousse une population déboussolée, la machine à faire des pauvres poursuit implacablement son travail et broie de plus en plus de Belges.
Quand 15 % de la population vit avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté fixé à 973 euros, on n’en a plus rien à foutre des nouveautés en électronique et des bagnoles à 100.000 euros, ni même à 5.000 !
Il serait temps de concentrer ses énergies ailleurs que pour élever le niveau de vie des plus riches et cesser de faire croire aux enfants des écoles que c’est le travail et l’honnêteté qui font la dignité de l’homme, puisqu’une personne sur cinq, vivant sous le seuil de pauvreté, travaille en Belgique !
Les emplois précaires, les salaires de base dérisoires, le temps partiel et l’intérim, par nature situation aléatoire entre deux chômages, sont responsables de cette catégorie de pauvres.
Dans ce tout beau bordel social, on ne parle pas des plus pauvres : les enfants et les vieux. Les enfants parce qu’ils vivent des miettes de leurs parents pauvres et les vieux, parce qu’aujourd’hui la chaîne de solidarité enfants-parents est rompue et qu’à moins de deux mille euros par mois, il devient difficile de trouver une maison de retraire convenable pour y recevoir des soins adaptés et y finir des jours paisibles.
Si c’est ça le progrès qu’on nous avait promis à condition d’être bien sages et respectueux de la liberté d’entreprendre, on peut dire qu’il y a eu quelque part tromperie. Il serait facile de débusquer les escrocs et les abuseurs de la bonne parole, le temps presse et on n’en est plus là.
Laissons nos charlatans vanter l’article des élections et passons à autre chose.
Les effets de la crise se sont fait sentir massivement.
Les décisions qualifiées de courageuses en 2010 et 2011 ne l’ont été que sur des projets et des paroles en l’air.
La volonté politique n’y est pas. N’y a jamais été.
Les reprises économiques tant annoncées ne sont jamais survenues. Par contre, l’épuisement des richesses minérales de la planète, l’augmentation déraisonnable des naissances, la dépréciation des terres arabes et la pollution généralisée se sont accélérées, tout cela évidemment au-dessus de la tête des élus locaux, laissant de façon visible l’incapacité du niveau supérieur à une entente au niveau mondial.
Mais, nous ne sommes pas devenus pauvres à cause des Chinois, des Indiens ou des Brésiliens, nous sommes devenus pauvres à cause de notre système économique et de notre système politique, les deux s’étant arrangés comme larrons en foire. La situation internationale dégradée sert de prétexte à l’acceptation de la pauvreté comme inéluctable.
Dans une démocratie qui ne cesse de prêcher l’égalité des citoyens devant la loi et devant l’impôt, il serait temps de faire le constat que ce ne sont que des paroles en l’air qui détruisent dans la population, l’amour de cette démocratie-là.
La crise, évidemment, n’est pas pour tout le monde. Il y a même une règle d’or : plus il y a de pauvres, plus il y a de riches. Les inégalités se creusent aussi par le haut. Les plus aisés se tirent d’affaire avec un niveau de vie toujours en progrès.
En Belgique, une personne pauvre sur deux vit avec moins de 720 euros par mois !
N’en jetons plus, la cour est pleine des immondices d’une société qu’un Di Rupo continue d’appeler de tous ses vœux !
Tout ce qui précède est noir sur blanc dans des statistiques. Il suffirait que les journalistes fassent leur boulot pour que ceux qui vivent la tête dans les étoiles du foot s’en aperçoivent.
Avant-guerre, des socialistes – des vrais ceux-là – se posaient la question de savoir à partir de quelle restriction, il y aurait une émeute ?

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L’augmentation du pain ? Des loyers ? Des salaires trop bas ?
Aujourd’hui on a les trois et rien ne se passe.
On descend dans l’abjection aussi facilement que dans la gloire !
Les coups de pieds aux culs nous étaient destinés. Assez curieusement, on aime ça !
Je suggère que nos gugusses, juste après les élections, nous crachent à la gueule, pour juger en toute quiétude de notre réaction. Probablement celle des vaincus de la vie : nous essuyer avec notre mouchoir de poche en nous excusant de salir par terre.
La démocratie vu sous cet angle, c’est génial… mais pas pour tout le monde.

15 octobre 2012

Les plus zézés à la caisse.

Les plus aisés à la caisse, ce serait plutôt sur cette affirmation que Hollande a enthousiasmé les travailleurs. Son homoncule Di Rupo est retenu par les pans de sa jaquette de la main ferme des libéraux, sans quoi il l’imitait. Sabine appelée à tort Laruelle, tant elle défendrait plutôt les avenues, peut dormir apaisée dans ses draps de satin, les plus zézés passeront moins à la caisse en Belgique qu’en France.
Les supers zézés ne s’y sont pas trompés avec leur chef de file Arnault. De l’avenue Louise au rond point Schumann, ça grouille de Français zézés. Inutile de dire qu’à Uccle, c’est la foule record. C’est le nouveau Neuilly. Didjé s’y est engouffré en y mettant le paquet. Lui qui ne parle plus qu’aux riches, au point qu’à Kinshasa où il représente quand même l’homoncule de Hollande, il s’est tout à fait rendu au raisonnement de Kabila et des plus zézés des Congolais.
D’ici à ce qu’il revienne avec une parure de diamant au cou de madame, Kabila pourrait lui faire ce cadeau en souvenir d’un autre empereur (Bokassa) et de Valéry Giscard plus d’Estaing que jamais.
En feuilletant l’actualité des zézés, je me demande si je ne suis pas un inaltérable ronchon, aigri et aveuglé par une sourde colère à l’encontre d’une société qui selon les feuilletonistes, les journalistes et les pythonisses n’a pas du tout la chaude pisse, au contraire, se porte comme un charme et pisse dru sur les futurs décombres du dernier haut-fourneau de Mittal.
L’autre jour, un con (encore ce mépris affiché pour un chanteur zézé) beuglait à un micro de France culture « voici venu le temps des cathédrales ». Il me semble que si j’affichais un pareil optimisme, je perdrais la moitié de mes lecteurs.
Qui se ressemblent s’assemblent, si c’est le cas, les ronchons sont bien portants et nombreux en Belgique. Cela rassure et en même temps inquiète.
S’il y a de plus en plus de râleurs, c’est qu’il y a sujets à râler.
On en serait plutôt au temps des merdes infinies.
Le jour où les plus zézés contribueront au renflouage du ponton de l’homoncule, les petits personnels en seront d’autant moins poinçonnés.
Ce n’est pas pour tout de suite, nous pouvons donc râler à l’aise.
Les types qui nous les brisent aux avant-scènes, adulés des gazettes, des micros, des électeurs n’en finissent plus de remonter le cours impétueux de la Bourse dans leur cartable gonflable. Ils se présentent partout et sont réélus au prorata de leurs cartes de visites qu’ils ont fait jeter à foison dans les boîtes à lettres jusqu’au 14.
Nous sommes le 15, vous n’en verrez plus une seule.
C’est fini la débauche d’imprimés.

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Ceux qui sont élus, s’en foutent désormais. Mieux, ils ont intérêt de faire oublier au plus vite leurs paroles imprudentes, leurs serments imbéciles, leur envie de bosser au service du public.
Les autres font la gueule. Certains rejoindront les râleurs et tenteront de se faire pardonner qu’ils se sont présentés un jour dans le but inavouable de se faire élire. Elu ou pas, quelle importance, dans une société tellement hiérarchisée que la tête quelque part à l’Europe, ne se souvient même plus qu’il y ait des gens dans la rue.
Les programmes, les plans, les projets de loi, ça dépasse nos compétences. C’est l’Europe qui voit, qui décide, qui impose… Alors, vous pensez, dixième sur la lite de l’affolante Christine Defraigne ?...
A Liège, le PTB a rogné quelques plumes à Demeyer, pas assez pour changer le goût de la potée ; mais pour faire comprendre que l’électeur PS fatigue.
Donc les types qui nous les brisent aux avant-scènes sont là pour un bon bout de temps. C’est fou comme on s’accroche au pouvoir quand on s’y est une fois mouillé. Laurette, Sabine, Joëlle et Isabelle le savent aussi bien qu’Elio, Louis, Charles et Alexandre.
A part le petit dernier, les autres sont près de la soixantaine dont les deux tiers passés loin de leurs métiers d’origine remplacés par les meetings et les assemblées, occupations moins monotones et qui finissent par nourrir les bonhommes.
Les vieux réélus ont l’air plus jeune. Ravaler sa gueule, c’est pour la bonne cause. Paraître est l’essentiel pour durer. Les retouches Photoshop ont du bon.
Quand on passe, comme De Wever, de 140 kilos à 80, ce n’est pas tant pour se sentir bien dans sa peau (maintenant il en a trop) mais dans l’espoir fou de gagner encore quelques admirateurs supplémentaires… Et il y est arrivé, le bougre.
La fin de la belle gigue, c’est quand ?

14 octobre 2012

Ô chimère d’avocats !

Croire en la toute puissance du peuple par le simple fait de voter est ce que l’on peut appeler le dernier must d’un suffrage universel qui, depuis longtemps, a été vidé de tout sens.
On le voit bien partout en Europe. L’inadéquation entre les élus et le reste de la population n’a jamais été aussi manifeste.
Pour nous, ce qui compte, c’est d’abord la Belgique, petit pays, sans grand relief et sans grande ambition. Que ce petit pays soit mal ou bien diriger, un premier constat frappe l’esprit : à peu de choses près, des communales au fédérales, les élections finissent toujours par coaliser les mêmes partis pour des programmes qu’ils soient du centre gauche ou du centre droit à peu près identiques. Le dosage est sans influence sur le résultat. Un peu plus de socialistes ou un peu plus de libéraux n’a jamais permis des virages spectaculaires.
Deuxième constante : ce pays est dirigé au nom du peuple, mais sans lui.
Les pouvoirs redoutent tant le peuple et ses sautes d’humeur imprévisible, qu’ils abhorrent le référendum, au point que les abandons successifs de souveraineté en faveur de l’Europe n’ont jamais été l’enjeu d’aucun référendum.
Quand on n’est plus le maître absolu dans certaines circonstances qui concernent tout de même la vie de tous les jours des citoyens, le moins serait qu’on demande leur avis.
Les dirigeants n’ignorent pas que l’Europe qui se met en place serait celle de l’économie et des affaires, plutôt que sociale. Ils connaissent à l’avance le résultat d’un référendum sur certaines questions, comme la libre circulation des travailleurs ou l’ouverture au privé des entreprises publiques. Aussi, s’en passent-ils au nom d’une efficacité qui serait à démontrer, mais surtout parce qu’ils nient une volonté populaire opposée à la leur, entrant ainsi en conflit avec ce qu’ils pensent dans l’absolu de la souveraineté du peuple.
Jusqu’à présent, le pouvoir a réussi d’écarter la possibilité de faire une autre Europe, comme ils ont écarté de faire en Belgique une autre politique que celle de la fatalité d’un pays « obligé » de suivre les grands.
C’est une tromperie, car les peuples des grands pays pensent la même chose que le nôtre. Les phénomènes d’étouffement que nous constatons en Belgique, sont les mêmes chez nos voisins. Ce n’est pas pour rien que Hollande a la cote de popularité la plus basse de toute l’histoire de la Vme République à peine plus d’un trimestre de gouvernance ; que la pauvreté s’accroît en Allemagne où selon des statistiques récentes, ceux qui ont encore un travail tentent d’en trouver un deuxième, le premier n’étant plus suffisant.
Le drame, que ce soit pour les Communales ou pour les Fédérales, il est impossible pour l’électeur de se démarquer des partis dits traditionnels dont les programmes n’offrent que des possibilités minimes de changement entre eux.

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Voter pour des petits partis dont on sait qu’ils ne regrouperont jamais assez d’électeurs pour entrer dans une coalition peut marquer la défiance de l’électeur à leur égard. Mais, cela ne va plus loin. Seule la N-VA a réussi ce tour de force en Flandre. Pourquoi ? Parce qu’elle est soutenue par une opinion fortement droitière et nationaliste en Flandre généralisée dans les campagnes comme dans les villes, qui ne trouvait plus son exutoire dans les partis dits traditionnels.
Pour trouver son pendant en Wallonie – puisqu’on dit que la Région est à gauche – il aurait fallu un parti à la gauche du PS, rassemblant toutes les autres gauches et siphonnant carrément dans les militants du PS, suffisamment de monde pour en faire émerger des cadres du type Mélanchon. Sans enjeu nationaliste, puisque les socialistes ont tué le Mouvement Populaire Wallon qui aurait pu faire office de rassembleur, aucun parti à gauche du PS ne peut fédérer les mécontents.
Il est vrai que tout nationalisme est suspect à l’avance d’une dérive raciste.
Di Rupo peut dormir sur ses deux oreilles, ce n’est pas le cas. La Wallonie est condamnée à rester scotchée à lui. C’est encore l’attrape-mouches idéal en Wallonie. La mort coup sur coup de « Papa », et celle de « Dieu », les Wallons, socialistes avant tout, auront concentré leur trop plein d’amour sur Elio.
C’est même à se poser la question de savoir si la Wallonie est vraiment à gauche ? Elle s’oriente différemment de la Flandre sous le poids des mêmes circonstances et des mêmes exploitations, mais les discours que l’on entend au PS et ses alliés ne peuvent être qualifiés de révolutionnaires. Ce n’est pas du Proudhon, c’est du Prudhomme !
L’autre gauche a des discours d’appropriation des richesses par expropriation des riches, sans qu’il y ait parallèlement la mise en place de structures collectives dans les faits. Il faut bien dire que cette gauche-là manque sérieusement de penseurs et d’économistes.
Autrement dit, il y aurait un transfert de fonds et on verrait émerger une nouvelle classe de riches succédant à l’autre. On ne peut pas remplacer l’inégalité de fait qui existe entre les citoyens, par une autre inégalité en restant dans les mêmes principes d’organisation et appeler cela un changement de régime.
Que mon patron s’appelle Paul Frère ou La Nouvelle-Gauche, ce sera toujours mon patron.
Il n’y a malheureusement qu’un grand bouleversement économique qui puisse modifier la donne politique. Tant que nos dirigeants maintiennent vaille que vaille le système à flot par de longs dépérissements des structures sociales sans trop de nids de poule, le peuple ne se déterminera pas à faire de la démocratie directe, ce que le pouvoir appelle le populisme en faisant dans son froc en le disant.
La question est de savoir si le système capitaliste tiendra encore le coup longtemps avec la surpopulation du monde et l’épuisement des richesses naturelles ? Grave question qui ne peut se résoudre que par deux alternatives : des guerres sanglantes ou une remise en question du système. La deuxième alternative paraît peu probable, pour qu’elle soit efficace, les peuples devraient s’entendre tous et en même temps.
Alors, les élections communales dans tout ça ?
Bah !... une consultation ne fait pas la démocratie. On peut s’amuser à démêler parmi tous les votes inutiles ceux qui le seraient moins, histoire de se raccrocher à une démocratie de façade à laquelle on croit de moins en moins.

13 octobre 2012

Election, piège à cons.

Sartre a écrit dans « La Revue des Temps modernes », n° 318, janvier 1973, un article intitulé « Election piège à cons », expliquant que le vote « dissout » le pouvoir du peuple. Certains font remonter le slogan à mai 68. Peu importe, c’est une affirmation qui reste d’actualité, un peu parce que ce piège à cons va se refermer sur nous, une fois de plus, le 14 octobre 2012, sans que nous n’ayons jamais franchement abordé la question en Belgique.
Les événements se précipitent déterminant l’opinion à de rapides voltefaces, si bien que le débat reste ouvert, c’est ni plus ni moins la survie d’une organisation sociale rassemblée dans ses diversités sous la dénomination de « démocratie » dont il est question.
Le plus cher des penseurs aux yeux des libéraux, Alexis de Tocqueville, ouvre le bal des inquiets par un doute supérieur : « Ceux qui regardent le vote universel comme une garantie de la bonté des choix se font une illusion complète ». La marche en quinconce des régimes dits « représentatifs » conduit toute personne sensée à penser, avec Alexis de Tocqueville.

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Qu’allons-nous donc faire comme acte citoyen le 14 ? J’en suis encore à me le demander.
Sinon que nous y sommes contraints par une loi qui paraît contestable dans la mesure où le droit des abstentionnistes est bafoué, puisqu’ils ont l’obligation de se présenter quand même pour participer à un choix, qu’ils ne souhaitent pas faire.
C’est là que se complique « élection piège à cons » par ceux qui sont d’accord sur la réalité du piège.
Deux tendances :
A. La première, fataliste, prétend que les jeux sont faits à l’avance puisque ce sont toujours les mêmes qui émergent à coup sûr à chaque élection. Et si l’on excepte les quelques modifications qui s’opèrent en général dans le bas des listes, l’électeur à l’impression de voter pour rien. Les majorités sont stables, les avocats des premiers rangs sont bien en place et ont l’intention d’y rester.
Cependant le pouvoir ne reflète pas l’instabilité de la situation ressentie ; et c’est ce qui inquiète, le pouvoir n’étant plus en phase non pas avec la majorité politique, mais avec la majorité des gens, ce qui est loin d’être la même chose.
B. La seconde, ayant fait le constat de la première, assorti son opinion de « tous pourris » ou « tous corrompus », ce qui est évidemment faux et pourrait être remplacé par un autre slogan qui ferait l’unanimité « tous intéressés » reste à savoir si c’est par le fric ou le bien public, probablement les deux pour la plupart des postulants.
A l’évidence les électeurs rendus prudents, voire peureux, par un effet de propagande commun à la droite comme à la gauche, peuvent se tromper en votant invariablement « modéré ». Et, par voie de conséquence, mal voter… Dans la conjoncture présente, on aurait plutôt besoin de défonceurs de portes, plutôt que de laquais-concierges.
Or, le spectacle de nos avocats à leurs plaidoiries, les range dans la catégorie des domestiques du pouvoir des riches.
Les héritiers du fascisme et du national-socialisme relèvent la tête en Europe… Il semble, qu’une fois encore, le suffrage universel pourrait déconner comme en 1933 faisant d’un nouvel Adolphe un faux sauveur de l’Europe.
Partout, ou presque, des gouvernements ne répugnent pas à passer des alliances avec l’extrême droite, voire à quémander son appui (Danemark, Hongrie). On verra bien en Flandre ce que les partis feront si la N-VA gagne encore des positions, devenant un parti largement dominant.
« Bref, un problème peut désormais légitimement agiter nos neurones : les campagnes électorales, les bonnes intentions et les scrutins à venir suffiront-ils pour éviter à ceux qui militent à gauche, en ce XXIe siècle commençant, de finir dans des camps (ancien style) ou dans des stades (à la chilienne) ? » se demande Jean Salem (1)
Selon l’opinion générale et qui n’est pas partagée par les socialistes ( !), le capitalisme aurait un gros problème : il est allé trop loin. Autrement dit, il pourrait partir en « couilles ».
Alors, les élections, les votes « utiles », comme les renoncements d’établir une justice pour tous du genre « Mittal a toujours raison, parce que c’est lui qui a le pognon » ne seront plus des remparts appropriés, et ce sera le sauve-qui-peut général, les avocats en tête.
« Il s'agit de pratiquer le droit d'inventaire dans un corpus foisonnant et contradictoire : l'individualisme de Stirner ou le collectivisme de Kropotkine ? Le pragmatisme de Proudhon ou l'utopie débridée de Fourier ? La pruderie de Sébastien Faure ou le libertinage généralisé d'Emile Armand ? Le millénarisme de Godwin ou le municipalisme de Bocklin ? La violence de Ravachol ou le pacifisme de Reclus ?" s’interroge Onfray.
Loin de prétendre à rien de cela par excès de prudence et d’ignorance volontaire, l’électeur wallon va participer le 14 à un coup pour rien, en retenant son souffle quant au résultat flamand pour un mauvais coup.
---
(1) Jean Salem, fils du communiste orthodoxe Henri Alleg, s’inscrit dans la lignée familiale. Il est l’auteur d’une défense et illustration de Lénine (Lénine et la révolution, Paris, Encre marine, 2006) et a recueilli les propos de Jeannette Versmeersch, déclarant notamment que Staline avait certes commis des erreurs, mais bien conduit l’URSS. (La vie en rouge, Paris, Lattès, 1998).


12 octobre 2012

La vie était belle…

…au temps de l’intérim de Leterme.

Dans un pays qui s’apprête à inaugurer la statue de Jean-Claude Van Damme grandeur nature et d’un poids de 1.500 kg, il faut s’attendre à tout !
La carmagnole est permanente, sauf que le bonnet phrygien fait démodé et qu’on a trouvé autre chose bien plus kiffant : la tenue « prophète » avec djellaba, barbe noire et babouches.
Dans le temps, les Antoinistes avec redingote et chapeau haut-de-forme faisaient moins peur. Ils étaient aussi ridicules, ils prêtaient plutôt à rire. Et c’est vers cette époque que les curés ont abandonné leurs soutanes. D’autres déguisements ont surgi, en plus clair, sauf les femmes qui disparaissent sous les voiles. Je trouve les cornettes des bonnes sœurs de jadis plus séantes. Et puis on voyait leurs visages roses, sans maquillage, mais tellement lavés et relavés par une hygiène stricte, que les plus jeunes paraissaient maquillées.
Dans mon adolescence, j’en ai vu de très jolies et pas farouches du tout, surtout une qui passait derrière toutes les autres, parce qu’elle était la novice, pour la messe du matin et à laquelle je pensais souvent, lors de mes premières masturbations.
Puis, les novices ont disparu. Les vieilles sont restées. Il y en a encore. D’ici vingt ans, il n’y en aura plus.
Merde, c’était le bon temps. Tout le monde faisait encore semblant de croire en dieu et pourtant je suis persuadé que plus personne n’y croyait déjà plus !
C’était le temps de la divine comédie : la dynastie belge était chrétienne. A Laeken, à part Fabiola et Mathilde, le reste a l’air de s’en foutre… Albert, grand style, fait des enfants illégitimes et contre l’exemple de Louis XIV, hésite à les légitimer.
Et puis Onkelinx est arrivée prêchant l’amour généralisé et fraternel. Sans voile du tout, tant que ça relevait de sa vie privée, il n’y avait rien à dire. C’est quand elle en a fait une marque de sa politique, la chose s’est gâtée sous la paillotte. Le voile sur la bêtise était de rigueur, les socialistes étaient faits comme des rats.
On n’a plus vu les religieuses… quant à se taper les barbus, à part son chef de file, à qui ça botterait ?

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Personnellement, je suis pour la liberté complète de l’habillement. Chacun fait ce qu’il veut et s’il ne me vient pas à l’esprit de me promener en mousquetaire gris de Louis XIII, je trouverais tout à fait normal qu’un autre se charge de ce ridicule, du moment qu’il l’assume.
Ce qui est gênant, c’est quand tout le monde s’habille de la même façon et que la fantaisie est bannie de la tenue vestimentaire. Alors, cela devient un uniforme. Et je n’aime pas les uniformes.
Alors, vérité ou mensonge, qu’importe la situation exacte dans laquelle nous sommes. Nous serons enfumés jusqu’à dimanche. Et pourquoi cela ne pourrait-il perdurer au-delà ?
Ce serait génial qu’on nous traîne d’une élection à l’autre et que les intervalles ne soient que de longues semaines, voire de mois, de propagande infinie. Les voitures publicitaires des partis formeraient sur les routes d’immenses files que les enfants regarderaient passer pour recevoir des casquettes aux sigles des partis, des bonbons fourrés et même un Denis Lejeune réconcilié avec Child Focus distribuant les bonbons de l’organisation pour la bonne œuvre.
Ainsi Di Rupo pourrait s’agiter, Onkelinx vaticiner et Isabelle Durant signer des accords, tout le monde saurait que c’est pour rire et que les choses sérieuses commenceraient après ; or, l’après étant sans cesse reporté, vous voyez où je veux en venir ? Mais aux cinq cents jours de pourparlers pour former un gouvernement, pardi !... période heureuse au cours de laquelle le peuple grec était déjà en pétard, l’espagnol accumulait l’invendu immobilier et le portugais commençait de l’avoir à zéro, tandis que nous, on se roulait des pelles au Quinze Août.
Nous, on vivait peinard et Bart De Wever pesait 140 kilos. La frite mayonnaise se portrait bien, on ne mangeait ni halal, ni cachère. On avait repoussé les merdes à venir. On ne pensait pas que Di Rupo aurait été si désireux de faire premier ministre, que les autres partis l’auraient pris en pitié à ce point !
Seul Giet, le président pour rire du PS a été heureux que nous nous soyons pourvus d’un premier ministre. On ne le prend déjà pas au sérieux en période normale, alors dans l’onirique, vous pensez ? Il paraît qu’à Stoumont, on ne l’a plus vu depuis que Di Rupo l’a pris de court en lui confiant les clés du local du boulevard de l’Empereur sans informer personne. Ce n’est qu’aujourd’hui, qu’on lui a demandé de venir, à cause de la camionnette VW de RTL sur place, qu’il s’est ramené daredare.
Quant à Joëlle Milquet, elle a beau agiter son sifflet de première policière du royaume et chercher les mille raisons de la montée de la délinquance, tout ce qu’elle aura trouvé, on le savait déjà.
La vérité est toute simple. Tout le monde la connaît. Personne n’ose en parler, pour la même raison que le pouvoir politique est aussi veule collectivement, qu’Alain Minc l’est individuellement.
La violence monte au prorata des frustrations de ceux qui croient encore que l’argent est le remède à tout. Alors, les polissons, puisqu’ils n’en ont pas, leur envie d’en avoir, monte et explose, ça et là, comme des bulles d’air dans un poêlon rempli de lait qu’on chauffe sur le gaz.
Jusqu’avant les Trente Glorieuses, il y avait encore des syndicats et une volonté populaire de mettre à bas un système qui pourrit le peuple. Aujourd’hui, il n’y a plus que des bandes de voyous qui crèvent d’envie de rouler dans des grosses bagnoles et de se taper les stars de la télé. Elles revendiquent la pourriture comme un bienfait. C’est leur droit, après tout, d’essayer de devenir riche. D’autres gangsters qu’on voit aux belles places de l’industrie et de l’Etat ont bien réussi avant eux, qui n’en étaient pas moins indignes.
La montée des délinquances n’est faite que de cela, avec une pincée de guignols, plus intégristes qu’eux tu meurs d’une rafale de leur bâton d’acier consacré à dieu, ce qui n’était pas prévu.

11 octobre 2012

Alain Minc ? Il n’y peut rien !

Une récente interview d’Alain Minc (1) en chassé-croisé avec celle de Pierre Moscovici, laisse à penser que le premier a, comme principal défaut, une très grande faiblesse morale. C’est un travers grave dont sont amplement pourvus la plupart des économistes.
Voici une partie de l’interview de Minc « …Il faut prendre le monde tel qu’il est : l’esprit de lucre est au cœur du capitalisme, on n’y peut rien. Et l’économie dans laquelle nous vivons est une économie capitaliste ».
Le constat est exact, puisque le système est tel que le présente Alain Minc. Non seulement les entrepreneurs, mais en général quiconque à un pouvoir sur le cash, n’a qu’une seule idée en tête : s’enrichir. Alain Minc et les économistes viennent en deuxième rideau. Eux s’enrichissent par les avis qu’ils donnent pour atteindre l’objectif.
Cette vérité sortant de la bouche d’Alain Minc est consternante. Il s’accommode d’un monde qui accorde à l’argent une place tellement éminente que les autres ne sont qu’accessoires. C’est comme si Alain Minc plongé dans un monde où le trait dominant serait la pédophilie, deviendrait pédophile à son tour parce qu’il n’y a rien à faire d’autre pour acquérir titres et argent !
Ce qui gêne c’est son « on n’y peut rien » ! Cette fatalité coupable est la pire des démissions que peut avoir un intellectuel comme lui.
Alain Minc est sincère. Il fait aveu de veulerie.
Comme sont veules tous les économistes au service d’une seule cause : celle de « faire » de l’argent. Ils se font très bien à cet objectif, en profitent d’ailleurs, sans trop regarder si cette façon de vivre est morale ou immorale. Par tous les bouts que l’on prenne la question, la réponse est toujours la même : faire de l’argent est immoral.
C’est embêtant pour tous ceux qui croient dans le système, mais c’est comme ça.
En poussant un peu le raisonnement on aboutit à cette définition : puisque seul faire des profits est essentiel, le reste est nécessairement accessoire, voire contre le profit. Par exemple, ceux – et ils sont de loin les plus nombreux – qui subissent l’esprit de lucre, sont un obstacle au profit par leurs salaires, toujours trop élevés, leur trop grand nombre à fréquenter l’entreprise et leur ambition de conserver une sécurité sociale qui les met à l’abri des coups du sort, maladie, chômage, vieillesse.

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Tout cela conduit à un constat accablant.
Du point de vue de la morale – je sais la morale n’a rien à voir avec le capitalisme – on peut trouver anormal que les assujettis au système capitaliste sans en être bénéficiaires, par ailleurs lecteurs de journaux, auditeurs de radio et spectateurs de télévisons, approuvent un système qui les spolie ?
Sinon, comme Alain Minc, ils n’y peuvent rien ! Personne n’y pourrait rien, alors ? Il suffirait qu’une pomme pourrie, pourrisse le panier pour que personne n’y puisse rien, au point qu’il ne viendrait à l’idée d’un quelconque courageux de retirer la pomme pourrie du panier ?
Comment se fait-il que les discours sur le système passent si bien dans l’esprit du plus grand nombre, alors qu’ils sont conçus pour le seul profit de ceux qui les exploitent ?
Enfin, puisque nous sommes dans un siècle qui selon Malraux sera religieux ou ne sera pas (ce n’est pas son meilleur concept du futur), comment se fait-il que l’on entende rarement et pour ainsi dire jamais, les prêtres de toutes les religions, de même que les directeurs de conscience laïcs, poser avant toute chose l’immoralité du système capitaliste ?
Parce que cela ne sert à rien ? Parce qu’ils s’en sont accommodés ? Parce qu’ils sont astucieusement placés du côté de ceux qui font du profit par leur propre industrie ?
Voilà quelques questions qu’un journaliste – sans être marxiste – pourrait quand même poser de temps en temps !
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1. Marianne n° 807.

10 octobre 2012

Le racisme des gens biens !

Plus que quelques jours avant le jackpot du 14 pour certains ou la Fanny pour les autres. Les postulants s’énervent à Schaerbeek. Laurette Onkelinx n’en peut plus. C’est l’élection communale de la dernière chance. A 54 ans cette année, ce n’est pas à 60 ans qu’on s’élance dans le maïorat qu’elle aura en 2018. Il doit y avoir une de ces ambiances au local et à la maison !
C’est loin d’être plié, le moindre tract adverse, c’est la crise de nerf.
A Schaerbeek, un pet-de-nonne de la vitrine d’un confiseur passe au PS pour une insulte grave à la religion.
Voilà qu’un malgracieux folliculaire s’est cru pamphlétaire en publiant un brûlot. Du coup, l’écolo Josy Dubié vole au secours de la charmante, des fois que l’on croirait que ce papier-cul sort des toilettes d’Isabelle Durant. L’ex-sénateur du chose s’élève contre la stigmatisation de « la qualité de Juif de M. Goldstein, deuxième sur la liste PS ».
L’époque est aux haines rancies et meurtrières, ce n’est donc pas le moment d’avancer que M. Goldstein en est. D’autant que ce genre de connerie doit beaucoup à l’analphabétisme et au manque de culture du racisme militant. On a fait des lois pour que les imprécations nazies restent dans le caniveau.
Fallait-il pourtant porter plainte comme l’a fait Laurette, outragée !
J’ai déjà écrit quelque part combien il est dangereux de placer des adversaires dans la clandestinité. A la suite de ces lois liberticides, on a failli – le débat n’est pas clos – condamner aussi le blasphème.
Je ne vois pas comment au nom de la liberté, on peut réglementer la liberté. Enfin, depuis qu’on ne peut plus jouer une pièce de Voltaire pour injure raciale, qu’il serait impossible de ressortir aux fins d’études, les œuvres de Bloy, ainsi que des journaux de son temps, que le pamphlétaire Rochefort se ferait mettre à la porte du Soir ou de la Libre, et que même les textes de Jules Renard dans le Gil Blas, journal des années 1900, seraient décrétés scandaleusement racistes et condamnés à une forte amende, il ne faut pas s’étonner de voir nos grandes gueules s’émouvoir à propos d’un misérable tract, mal torché et infâme, et de s’en trouver outragés, au point de répondre à une horreur, par une sottise.
L’époque aseptise, parce qu’elle veut cacher le pus des racismes autant que le sien. N’oublions pas que le racisme est par nature un acte de violence. Nous sommes à l’entrecroisement des contrôles sociaux.
Evidemment tous ces cons prétentieux qui se disent démocrates et antiracistes n’ont pas vu le côté bébête du tract, la volonté maladroite de faire le contrepoids à l’espèce de sérénade que Madame Onkelinx joue auprès des musulmans de la commune et que le but n’était pas de stigmatiser la confession de Monsieur Goldstein, mais de faire apparaître une sorte de double jeu de la dame du PS.
A moins que le tract qui aurait passé tout à fait inaperçu, sans l’éclairage qu’en fait Josy Dubié, ne vienne les aider par le bruit que l’ancien sénateur fait autour !
Il y a derrière Dubié, quelques signataires malfaisants qui y ont sûrement pensé !
Puisqu’on parle de racistes, il en existe bien d’autres dont on ne parle jamais, ce sont les plus redoutables. Ce sont ceux qui ont conduit à faire de cette société un système qui stigmatise les pauvres, de plus en plus nombreux, par des riches, de plus en plus riches.
Ce racisme là conduit la société à appauvrir sa base, à rendre les jours de ceux qui travaillent de plus en plus difficiles et mal payés, à se moquer des chômeurs ou, en tout cas, à les montrer du doigt, comme jadis, du temps d’Adolphe, on montrait du doigt tout qui n’était pas aryen pur.
Les racistes oubliés de Dubié sont ceux qui croient que la réussite est due à leurs grands mérites et à leur savoir-faire. Ils confondent talent et argent comme on confond encore dans la « bonne » société Noir et Quarteron.
Leurs sarcasmes sont d’autant insupportables qu’aucune loi ne les interdit.
Ils commettent tous les jours des actes qui envoient des enfants à la mort et des vieux à une tombe plus rapide. Ils tuent plus vite et plus fort que des écervelés qui pensent que dieu est derrière leurs actes de fous furieux. Ils s’amusent des files de chômage, des gens à bout qui finissent dans la rue, pour s’étonner de la montée de la violence qu’ils suscitent ! Pour tuer du monde, ils n’ont pas besoin de kalachnikovs pour ça !

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Le plus extraordinaire c’est que ces racistes là se retrouvent dans tous les partis et dans toutes les confessions. Ils signent des pétitions du genre de celle de Monsieur Josy Dubié. On les reconnaît pourtant dans la rue : ce sont des gens biens !

9 octobre 2012

Armand, Noursoultan, Patokh et les autres…

Le bel Armand, toujours aussi propre sur lui, avenant et l’heureux patriote le plus impeccable du royaume… est drôlement emmerdé.
On aura beau dire que la stature d’Armand De Decker le place au-dessus du sordide et d’autres de ses amis renchérir sur l’éminente position du bel Armand à Uccle, toujours est-il que "Le canard enchaîné" rapporte que Nicolas Sarkozy aurait demandé un coup de pouce à l’homme au-dessus de tout soupçon, pour accélérer le vote de la loi sur la transaction pénale en Belgique !
D’après ces journalistes indépendants du pouvoir (rares) : « … le président du Kazakhstan, Noursoultan Nazarbaïev aurait conditionné un marché avec la société aéronautique EADS pour tout autant que Nicolas Sarkozy, président en exercice à l'époque, tire d'affaire le milliardaire Patokh Chodiev, un ami du président kazakh, impliqué, en Belgique, dans le dossier de corruption Tractebel. Installé en Belgique et naturalisé, M. Chodiev et deux associés kazakhs étaient poursuivis pour blanchiment, faux en écriture et association de malfaiteurs. »
Vous voyez d’ici par interpénétration des fluides, le bel Armand accusé d’association de malfaiteurs, comme Chodiev, un de ses Ucclois favoris ?
Pourtant pour qui connaît la majestueuse lenteur des travaux parlementaires, on peut s’étonner de la rapidité avec laquelle la loi qui devait dédouaner Chodiev est entrée au répertoire du Moniteur, aussi rapide que l’éclair !
Qu’on en juge : « Des conseillers de Nicolas Sarkozy auraient dès lors pris contact avec Armand De Decker afin de s'assurer que la proposition de loi sur l'extension de la transaction pénale à une série de délits serait votée rapidement et s'appliquerait à M. Chodiev et ses deux coïnculpés. La proposition de loi, déposée à la Chambre le 11 février 2011, examinée par le Sénat dès le 18 mars, entra en vigueur le 16 mai, soit un délai très court pour l'adoption d'une nouvelle loi dans notre pays. »
Un record, pourrait-on dire.
L’épisode trouvait son épilogue heureux l’été 2011 « Patokh Chodiev et ses amis obtenaient l'abandon des poursuites contre le paiement d'une somme de 23 millions d'euros, une paille. Quelques jours plus tard, le président kazakh signait les contrats de vente de quarante-cinq hélicoptères avec la France. »
L’épisode rappelle soudain l’affaire Agusta avec un autre grand homme de chez nous, Guy Coeme. Décidément l’hélicoptère est une machine redoutable dans la confusion des genres.

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Olivier Maingain a l'intention de réclamer une commission d'enquête parlementaire.
Il a raison. Et les autres chefs de parti ont tort de ne pas lui emboîter le pas, bien que le président du FDF ait un œuf à peler avec le monsieur Toujours-propre-sur-lui et le MR.
Peu importe de savoir si la salopette qu’Armand aurait mise dans le tambour de la machine à lessiver à l’insu de sa femme d’ouvrage est pleine de cacas de Chodiev ou non.
Ça vaut le coup de savoir pourquoi la Justice a été si rapide afin d’en féliciter les acteurs.
Pour le reste, on peut épiloguer sur la conduite du bel Armand, c’est quelque chose de très courant ces pratiques de complaisance du système libéral qui gère nos destinées.
Les crimes et délits sont du domaine populaire. Les voyous, les maffieux et les violeurs sont au même titre qu’un petit voleur pris sur le fait chez MAKRO : rudement sanctionnés.
Quand une affaire se décide sur les moquettes des bureaux climatisés et dépasse le « crime » normal, un vol de quelques centaines d’euros, il ne peut plus être criminalisé. Il est trop important, trop énorme.
Les juges sont trop infimes, trop intimidés ou trop mariolles pour fourrer leur nez là-dedans.
Le bel Armand joue sur du velours. On ne touche pas aux secrets d’Etat comme s’ils étaient la hache sanglante des pièces à conviction ou la durex « in the vaginal intime » bourrée de l’ADN du violeur trouvée dans le parking de la discothèque.
Au pire, acculé dans les cordes, le Grand peut évoquer la nécessité de procurer de l’emploi à ses concitoyens et qu’on ne regarde pas trop aux moyens pour y arriver.
Patockh Chodiev est un bon Belge qui vient de verser 23 millions d’euros à un Trésor qui en a bien besoin. Vous avez quelque chose à dire ?
Maingain, qui respectait l’omerta au MR, perd brusquement les pédales pour accuser un col aussi blanc que celui du bel Armand, de choses aussi horribles !
On ne peut pas avoir le teint vermeil, le regard clair face à la caméra, le costume du grand faiseur et le diplôme d’avocat des grandes fortunes françaises en exil fiscal à Uccle et être, sous cape, un salopard digne des bas-fonds de la fesse, de la drogue et du fric facile.
Alors, même si une enquête à lieu, même si le bel Armand est vachement compromis, on ne saura jamais combien il a touché, dans la mesure, bien entendu où reconnu coupable, il aurait été séduit par une somme rondelette.
Ils sont comme ça, les riches. On voit bien qu’ils le sont, aux fringues, aux bagnoles, aux gonzesses trente ans plus jeunes qu’eux qu’ils trimballent chez Cartier ou chez Dior, aux belles baraques qu’ils se paient à Uccle et ailleurs, mais vous pouvez toujours vous brosser, vous ne saurez jamais ce qu’ils ont dans leurs coffiots, planqués bien au chaud, résultat des distillations clandestines de vos graisses et de vos sueurs.
Même si vous lui passiez sur le corps avec un bulldozer, le bel Armand ne vous le dirait pas, même pour sauver son roi de la guillotine !
C’est ça, la sainte solidarité du pognon secret.
Même que c’est ainsi qu’on reconnaît les cossus, n’insistez pas trop. Si vous mendiez la thune au bel Armand, il serait capable de vous étendre pour le compte, en légitime défense, pour un regard de travers, comme à Echirolles.

8 octobre 2012

Basic Instinct

Maroy et M’ame Demoulin retombent dans le copier/coller !
Le dimanche précédent, ils avaient fait des efforts. Le téléspectateur avait le choix entre deux sujets différents. J’avais résolu de leur lâcher la grappe en faisant l’impasse sur leurs élucubrations, amicalement neutre.
J’ai ouvert le truc juste pour vérifier sur « On refait le monde » si dans la reprise du rôle de Sharon Stone « Basic Instinct », Emmanuelle Praet irait jusqu’à croiser et décroiser les jambes. Elle n’a pas osé tant sa jupe fendue sur le côté en offrait déjà beaucoup plus que d’habitude, pour la grande distraction de la clientèle de RTL-TVI.
J’avoue y avoir perdu dix minutes sans rien comprendre des débats, avant de m’étonner sur l’autre chaîne de l’écharpe gonflante de Kroll d’un orangé à faire mentir un sol irlandais.
Je rechute avec eux. Nos présentateurs vedettes ont le même programme et les mêmes « grands hommes » alignés sagement autour de la table !
Sujet commun : la piétaille assoiffée de petits mandats aux élections du 14.
Qu’est-ce qui les fait courir après l’emploi de conseiller payé à peine cinquante euros la présence dans les grandes villes ?
En réalité, tous ou presque sont les fœtus de grands personnages, donc petits momentanément par l’ombre projetée, en attendant que les vieux dégagent !
« Sang neuf ou attrape voix » et en second rideau « les provinciales », l’affiche du récital pouvait faire le match : qui des deux présentateur-trice phares incarnerait le mieux Blaise Pascal écrivant ses Provinciales à Antoine Arnauld !
Les Demaroylin auraient pu inviter des philosophes suivi d’un thé dansant avec Emmanuelle Praet.
Ils nous auraient parlé de l’impossibilité d’élire le meilleur, puisque ce choix est impossible, attendu que c’est le plus « en vue » qui gagne à tous les coups et que le plus « en vue » n’est pas nécessairement le meilleur.
On aurait bien rigolé et maté les jolies gambettes.
Mais non. Nos animateurs en avaient secrètement décidé autrement. Si au moins on savait où ils se voient pour se concerter, on saurait comment ça se passe : qui donne le coup de fil à l’autre, si Domino bois du sec et si Maroy met une cravate quand il est en ville.
Le système qui se voudrait le plus démocratique possible, l’est de moins en moins, puisqu’il est directement en prise avec le showbiz, que c’est la fusée éclairante qui dit tout et qu’ailleurs, c’est inutile d’aller voir à la bougie.
A part la grande satisfaction des imbéciles, à quoi ça sert de dépenser tant d’argent pour en arriver à n’élire qu’un personnel convenu dans une certaine fourchette politique ?
Est-ce parce qu’on a été procureur près des tribunaux, licencié de la Sabena, grand brûlé ou fifille d’un libéral qui fit jadis florès, qu’on a plus de qualités que quiconque ?
Il en faut bien qui se présente, dira Marcel Cheron, écologiste de profession. Certes. Mais les vocations se suscitent. Et ce n’est pas parce qu’on n’a pas envie ou que la route est barrée par des dents longues, qu’on n’est pas capable d’assumer ce « devoir ».

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Allez rôder dans des comités locaux de parti avec des idées nouvelles, pour voir comment vous serez reçu !
Tous les récipiendaires adoubés vous le diront, les partis adorent les stars, les gens du people, les héros d’un jour, toutes qualités ou défauts (l’ivrognerie de feu Papa) transmissibles sur plusieurs générations (les Melchior Wathelet), pour la seule raison qu’ils drainent des voix par ouï-dire.
Et pourquoi les drainent-ils ? Parce que beaucoup d’électeurs sont éblouis pour un rien et incapables de fixer leur attention plus de deux minutes sur des sujets importants et graves, alors qu’ils pourraient parler pendant deux heures du 2-1 de Standard-Anderlecht.
L’électeur réagit au patronyme, à la manie, à la gloire sportive, à une petite érection, la numéro 12 d’un club de hockey, Gaëlle Valcke, CDH doit en savoir quelque chose.
Mais bon sang, quand on est aussi belle, qu’est-ce qu’on en a à foutre de perdre son temps sur les bancs de conseillers ? Rien qu’à voir la gueule de Willy Demeyer à Liège, en sachant qu’il va être réélu, il ferait ficher le camp à un hareng-saur par les égouts de la place du Marché !
Un match « basic instinct » entre Emmanuelle Praet et elle, voilà qui aurait fait élire mademoiselle Valcke à coup sûr, même si Emmanuelle a le plus beau galbe (ce que je crois), si tant elle veut absolument gâcher sa jeunesse !
Reste à trouver une qualité people à Cheron. L’homme qui rend les plateaux qu’il fréquente aussi ennuyeux que possible.
Il fallait voir Cheron sourire dédaigneusement à l’intervention de son voisin du PTB, le candidat Hellebouw, pour comprendre ce qu’est la notoriété du penseur par la profondeur du regard malicieux.
Marcel Cheron fait « intelligent », c’est son « basic instinct » à lui. Il suffisait donc à Ecolo de l’exposer le plus longtemps possible à la caméra pour que le public s’en aperçoive, puisque « faire intelligent » supplée largement à être intelligent.
Comme quoi, Demoulin-Maroy ont encore beaucoup à apprendre de Marcel Cheron, l’homme qui fait intelligent sans qu’on sache s’il l’est.

7 octobre 2012

Perspective et dérive

Ce n’est pas demain que finiront les "progrès scientifique et technique". On ne peut pas demander à un chercheur de s’arrêter de chercher et éventuellement de trouver. Comme on ne peut pas demander à un entrepreneur d’arrêter de faire du fric en utilisant les trouvailles du chercheur.
L’engrenage est parfaitement huilé. Même les lois dites de « l’éthique » sont incapables de limiter l’homme dans son appétit du profit et dans sa curiosité instinctive quasiment animale. Tout au plus peuvent-elles retarder une tendance, par exemple limiter les applications sur l’humain et la procréation, des découvertes biologiques.
A la frontière de la trouvaille qui pourrait conduire à un désastre ou à un progrès, les manipulations nucléaires pour en faire de l’électricité ou une bombe, l’exploitation des schistes bitumeux ou le maïs transgénique sont des cas d’école.
Il a toujours été tentant de puiser dans les réserves naturelles jusqu’à détruire l’environnement et relativiser la « sagesse » en la limitant à son caractère individuel, laissant à ceux qui ne le sont pas, le bénéfice d’exploiter jusqu’à l’os, ce qui peut être exploitable.
Le complexe de l’Iles de Pâques (1) n’intéresse que les scrupuleux, c’est-à-dire pas grand monde.
L'humanisme progressiste au service de l'homme a perdu de sa valeur d'évidence, depuis que la première nécessité est d’essayer de donner un emploi à tout le monde en exploitant tout ce qui peut l’être.
L’humain et ce qui relève du vivant, végétaux compris, sont choses fragiles, vulnérables aux moindres variations climatiques et environnementales.
Il y a déjà longtemps que l’on aurait dû se mettre mondialement d’accord sur les limites à ne pas franchir dans l’exploitation des richesses naturelles. Au lieu de cela, on s’est mis mondialement d’accord pour commercialiser cette exploitation, jusqu’à extinction de la matière.
Jusqu’à présent ce n’est pas la raison qui guide les hommes dans la recherche d’une exploitation tempérée de l’environnement, mais la peur et le désarroi lors de la prise de conscience que, de toute évidence, on allait dans le mur, à poursuivre un système écnomique « tueur » de la planète.

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Comment penser cette responsabilité qui s'impose ?
Collectivement, elle nous échappe, puisque dans les systèmes démocratiques, les dirigeants n’en font qu’à leur tête et se sont engagés dans une bataille économique mondiale sans demander notre avis.
Individuellement, chacun peut apporter quelque chose d’utile. On ne peut pas dire que dans ce blog, je ne sois pas avare de critiques vis-à-vis de ceux qui nous entraînent dans cette aventure capitaliste sans issue.
Ce n’est pas grand-chose, mais au niveau de l’individu, c’est mieux que rien.
Du côté de la science, le biologiste a aujourd'hui le pouvoir technique de "manigancer les naissances" selon la juste expression de François Dagognet, alors individuellement soyons fermes sur des positions de malthusianisme de limitation des naissances et pas celles de faire des curiosités médicales de certaines naissances.
Trop souvent nous sommes influencés par les discours dominants de ceux qui prétendent parler au nom de la collectivité, alors qu’ils ne parlent qu’en fonction d’eux-mêmes et de certains intérêts qui les préoccupent.
Les informations que nous lisons dans les médias sont pour la plupart des informations recoupées pour les besoins d’une minorité de nous maintenir dans l’ignorance de la vérité afin qu’ils puissent poursuivre leurs jeux de domination.
N’en soyons pas dupe et cessons d’entourer nos supposées élites de l’admiration imbécile qui leur fait croire qu’elles le sont.
Traitons-les comme nous traitons nos égaux, et vous verrez qu’elles le deviendront, puisqu’elles le sont déjà biologiquement.
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1. L’île fut entièrement déboisée par les habitants qui s’entretuèrent après pour survivre.

6 octobre 2012

La presse est unanime.

Les journaux et les politiques occidentaux sont unanimes : les talibans du mollah Mohammad Omar qui ont détruit les statues géantes de Bamiyan le 26 février 2001, en dépit de la mobilisation internationale, sont des voyous.
Les islamistes d'Ansar Dine, en appliquant la charia au Mali, ont détruit des mausolées à Tombouctou. Ils s’apprêtent sur leur lancée à raser une mosquée. Le prétexte ? Ils agissent en représailles à la décision prise par l'Unesco de classer Tombouctou au patrimoine mondial en péril ! Si leurs compères de Bamiyan sont des voyous, les autres ne valent pas mieux.
La gauche, la droite, la presse, tout le monde occidental partage la même opinion : réunis en bandes armées, les talibans ne valent pas la corde pour les pendre.
Des immatures poussés au sacrifice par les mollahs, aux intellectuels musulmans sortis d’Oxford et responsables des attentats du 11 septembre 2001 à NY, pervertis par les songes creux d’un islam massacreur, tous gredins mélangés, voilà qui est pure racaille.
On serait d’accord sur tout, si on n’avait pas jeté un regard sur les grands moralistes qui jettent l’anathème sur la voyoucratie en 2012.
Hélas !... les détenteurs de la vertu de l’Amérique, de la France, de l’Angleterre feraient bien d’en rabattre un peu sur leur prétention à dire le droit en la matière.
Certes le combat est juste, certes il faut dénoncer le crime et ils font bien de le faire, mais quand même, on les a moins vus en faire autant chez eux.
Du plus lointain passé, au présent le plus près de 2012, sous divers prétextes des exactions graves ont été commises par les « amis de la morale » excédés par la dépravation des autres.
Les guerres n’ont été que des prétextes pour assouvir le vice et le désir de richesse de nos plus nobles représentants, à la soldatesque la plus avinée.
Les dégâts les plus graves au Parthénon furent occasionnés en 1687 par un bombardement ordonné par le Vénitien Morosini. Les obus de Morosini y mirent le feu, faisant sauter une grande partie du bâtiment. Le coup de grâce fut toutefois donné en 1800-1801 par lord Elgin, ambassadeur de Grande-Bretagne à Constantinople, qui amputa le monument sans scrupule en le dépouillant de la plupart de ses sculptures, pour les vendre au British Museum, qui les expose encore sans honte aujourd’hui, indifférent aux recommandations et aux appels de l’Unesco, dont la Grande-Bretagne est membre.
1687, 1800, c’est loin de nous ? Voulez-vous de plus récentes destructions, des chapardages moins anciens ? Je vous rappelle que les voyous afghans et les islamistes maliens se contentent de détruire pour détruire. Ce sont des voyous désintéressés, en quelque sorte.
L'ancien palais d'été était une merveille, considéré par les Chinois comme le palais des palais. En 1860, sous le règne de l'empereur Xianfeng, le site du Yuanmingyuan est pillé, saccagé et incendié par les troupes franco-britanniques.
Il reste un beau morceau de littérature écrit par Victor Hugo sur le sujet : « Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le palais d’Été. L’un a pillé, l’autre a incendié. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits. Nous, Européens, nous sommes les civilisés, et pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre ».
Basculons au siècle suivant : le Viêt-Nam dans les années soixante, assailli par les troupes américaines. Le programme militaire américain Ranch Hand (1961 à 1971), visait la destruction totale du couvert végétal. La communauté scientifique internationale se rendit vite compte, de l’ampleur des conséquences environnementales et sanitaires. À la disparition de vastes surfaces de forêts, de mangroves et d’autres formations végétales, qui affaiblit durablement la biodiversité des écosystèmes, s’ajoutent la pollution des sols et des eaux. Dès 1974, les rapports de l’Académie nationale des sciences américaine mentionnent le nombre de missions aériennes et les quantités d’herbicides déversées. Ils révèlent l’ampleur du phénomène.

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Dans ce cas de figure, les Américains ne se sont pas remplis les poches, c’est donc le cas le plus proche des destructions imbéciles des talibans, tant décriés et exécrés.
Des exemples fourmillent plus près de nous, en dresser l’inventaire nécessiterait bien plus qu’une chronique.
Ce qu’on peut reprocher aux « grandes voix occidentales » qui se font entendre pour sauver « le patrimoine inestimable » de l’humanité mis en péril par des « cons », c’est qu’ils se taisent sur les « cons » de leur nationalité.
Et ça, voyez-vous, ça me gêne tellement que je n’ai pas envie de joindre ma voix aux leurs.

5 octobre 2012

guerre de tranchées à Schaerbeek.

A l’occasion des communales du 14, voilà que revient le combat des dames à Schaerbeek.
On croirait qu’elles s’embrassent comme à la dernière interview du Soir, mais sitôt l’image en boîte, elles courent se brosser les dents !
C’est comme Nessie, du loch-Ness. C’est sous l’eau que ça se passe. Nous ne voyons que les remous de la surface.
Isabelle Durant et Laurette Onkelinx ne se supportent pas. Une haine sans doute produite par la trahison de la première à l’issue du reniement de sa signature au bas d’un accord avec le Ps, en fait une irréductible pour l’alliance avec le bourgmestre FDF Clerfayt.
Cela est à ce point qu’avant les élections du 14, Isabelle Durant a fixé le programme d’Ecolo à Schaerbeek, sans probablement en discuter au préalable avec les Verts de sa commune.
Elle aussi, c’est le genre de petit-chef qui doit tiquer quant à la revue des détails, un loustic vert lui fait une remarque.
Elles sont ainsi deux infaillibles à se disputer l’os du pouvoir.
Pour la caporale, ce sera la reconduction de l’alliance ou rien, c’est-à-dire l’opposition.
Voyant le danger d’une politique de l’affect, plutôt qu’une politique raisonnée, la ministre bruxelloise verte, Evelyne Huytebroeck, ne partage pas ce point de vue. L’ostracisme à l’égard du PS la dérange. Sensible comme Onkelinx aux votes des fatmas des quartiers mixtes, elle voit bien où la socialiste veut en venir et elle enrage de ne pouvoir compter sur Durant pour engranger le vote arabe, comme « Bètchette » sait si bien y faire.
Elles ne savent plus se contrôler. En politique, on n’aime personne et on combat l’adversaire, mais sans haine, comme deux concurrents qui postulent à un emploi lucratif. L’un gagne, l’autre perd. Mais ils ne se haïssent pas.
Ce n’est qu’un jeu. Les dupes ne sont pas là, ils sont ceux qui votent.

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Sans rien connaître, que le très officiel « reniement » de Durant, on peut dire que Laurette Onkelinx n’est pas la sœur sourire que l’on croit, en-dehors de l’inconditionnalité qu’elle porte au Parti et à son chef Elio Di Rupo, comme à l’image qu’elle développe de son amour des étrangers qui votent aux communales.
Elle est l’archétype de la militante PS dans le sens le plus abrupt du terme. C’est un petit soldat qui quoi que fasse le Parti dans ses tactiques, c’est l’orientation du bureau qui est la bonne et c’est lui qui a toujours raison.
Ce dévouement est quasiment la marque de fabrique qui distingue ce parti de tous les autres.
Malheureusement, l’obéissance aveugle, le dévouement infini ont conduit le PS de la formation ouvrière initiale à une organisation politique de centre droit, rivale des libéraux du MR, par un tour de passe-passe qui a vu les électeurs de gauche trompés par la poignée de militants directeurs dont Onkelinx fait partie et qui sont responsables de la droitisation étonnante de cette formation initialement de gauche.
Comme ces gens ont une discipline d’armée en campagne, aucun courant, aucune logique critique à l’égard d’une économie capitaliste n’a pu se faire entendre, si bien que ce parti montre une étonnante unicité dans les médias, qui n’est pourtant qu’une apparence.
Les capteurs de courants que sont les journalistes de métier peuvent aisément descendre dans les milieux socialisants pour s’apercevoir de la profondeur des failles de cette unité de surface.
Ils ne le font pas, sans doute parce que tacitement et en accord informel avec le QG du parti au boulevard de l’Empereur, ils ne veulent pas donner de l’éclairage à cette gauche qui bouillonne sous les apparences centristes du PS. Les patrons de presse et les sponsors sont merveilleusement acquis à ce que les voix de gauche soient captées par un pouvoir socialiste qui les rassure.
Pour en revenir à Schaerbeek, le plus étonnant et ce qui démontre bien que la querelle est une rivalité de femmes, le programme socialiste est un copier/coller du programme de la coalition LB-FDF/Ecolo.
Ce qui dérange, c’est la volonté de nuisance des socialistes francophones qui sont prêts à s’allier avec les libéraux dont on connaît la position pro-flamande de Michel, depuis que le MR a largué le FDF. Quant à savoir ce qui différencie encore le MR centre droit, du PS centre-gauche, on se le demandera encore après le scrutin.
Les patrons flamands qui pensent que Di Rupo est marxiste… on en rit encore dans les chaumières…
Si c’est sérieux, on peut se méfier de leur jugement dans les entreprises qu’ils dirigent.

4 octobre 2012

Alain la poche profonde ?

Protagoras, le sophiste qui ne nous fréquente plus depuis deux mille ans et des poussières, aurait prononcé, entre autres, des paroles que nous devrions méditer, tout imbus du troisième millénaire que nous sommes : - …les gens attachent toujours plus d’importance aux leçons qu’ils paient qu’à celles qu’on leur donne gratuitement.
Réflexion d’une grande vérité, tant nous attribuons à l’argent une vertu qu’il n’a pas.
Alors qu’au contraire, nous devrions nous méfier de ceux qui sont payés pour nous tenir un discours « en toute bonne foi » comme on l’entend souvent dire par nos ministres et députés.
Et pas qu’eux ! Comment pouvons-nous prendre pour argent content, le raisonnement d’un économiste venu nous parler de la crise et qui travaille dans une banque ?
Mais, s’il nous disait que l’économie capitaliste est une escroquerie, que la situation n’est aussi grave que parce que d’immenses fortunes se sont faites sur de grosses faillites, il ne finirait pas la semaine à la banque et RTL-TVi y regarderait à deux fois avant de le réinviter.
Ce raisonnement simpliste et pourtant d’une grande logique pourquoi la majorité ne supporte-t-elle pas de l’entendre ? Et pourquoi s’obstine-t-elle à prendre pour vrai ce que la moitié du pays prend pour faux ?
Quels sont les premiers mots du MR Alain Courtois devant des journalistes réunis à Bruxelles avant même qu’il admette avoir commis des "imprudences" dans une affaire récentes de gros sous disparus dans la nature : - « je suis un homme honnête, un citoyen honnête… », etc. Si personne n’en doute, pourquoi le dire soi-même ? L’honnêteté, c’est comme la beauté, une question d’appréciation dont il faut laisser le soin aux autres d’avoir ou pas.
Cette volonté de toujours considérer le bénévolat comme suspect est probablement en nous bien avant même l’existence de Protagoras.
C’est Périclès qui, pour encourager les citoyens à participer activement à la vie d’Athènes, institua la rémunération des fonctions publiques par des indemnités forfaitaires.
Ainsi, dès cette époque, les citoyens trainaient les pieds pour remplir des fonctions essentielles, qui n’étaientt pas payées. Aujourd’hui, il n’existe plus que les membres d’un bureau de vote pour exercer gratuitement cette fonction citoyenne. On voit le résultat, c’est la croix et la bannière pour dégotter des responsables ! Le dévouement ne paie plus.
Et pourtant, sur les podiums, à les entendre, nos représentants affirment tous qu’ils se « dévouent » à la chose publique, sauf que se sont eux qui fixent leurs propres rémunérations. A Athènes, c’était quand même Périclès et quelques sages qui mesuraient leurs besoins et les rétribuaient en conséquence.
Si les Athéniens ne tombèrent pas dans les excès de la démocratie directe, ce fut surtout grâce à l’autorité morale de leurs dirigeants.
Comment peut-on accorder aujourd’hui la moindre estime et la moindre valeur morale aux ministres et députés d’un pays qui a fait de l’argent la seule « vertu », celle qui commande à tout et qui peut tout par son pouvoir et la fascination qu’elle exerce ?
Le seul fait qu’un travailleur honnête perde de son pouvoir d’achat, sur le même temps que les entrepreneurs et les rentiers accroissent le leur, devrait faire crier d’horreur le peuple tout entier et bousculer les avocats au pouvoir.
On interview De Croo, père, dans son bureau donnant sur son parc, ou Onkelinx faisant des exercices d’assouplissement dans sa propriété de Lasnes, on aperçoit de loin les murailles de la maison d’Italie de Guy Verhofstadt et les hectares de vigne interdits à la circulation qui sépare les autochtones de ce riche allochtone. On jubile à la retraite dorée de tel autre grossium… et on trouve ça normal, mieux, mérité, même.

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On sait bien que la vertu qu’on leur demande est difficile à définir, mais ils n’ont même pas la dignité de défendre ce que Protagoras appelait un droit « positif » non pas fondé sur la morale, mais sur l’utilité sociale ou alors ce droit « positif », ils vont le chercher si loin, dans le bas de laine des riches, qu’il se perd en cours de route dans leurs poches profondes.

3 octobre 2012

La brame à Marcourt...

Les déclarations de Jean-Claude Marcourt à la RTBF, à propos d’Arcelor-Mittal, dites d’une voix éteinte d’un homme pressé de parler d’autre chose, avaient quelque chose de surréaliste, l’autre jour matin.
Plus fataliste que lui, tu meurs !
En pleine coulée, Marcourt sort directement feuillard, évite la brame grâce à son état naturel de carpette.
Dès qu’on tire un coup de poudre aux moineaux, voilà tous les avocats sous les bureaux ! On ne savait pas ces intellectuels si tremblants.
Evidemment, prendre ses responsabilités, quand ça flanche, c’est en prendre pour son grade. Si c’est Mittal qui se casse la gueule, ils peuvent toujours dire qu’ils l’avaient prévu, qu’on avait qu’à leur faire confiance.
Bien sûr on attendait autre chose de Marcourt, pas pour des balivernes, comme il a souvent l’habitude, mais pour se démener comme un beau diable et sortir des impasses dans lesquelles le capitalisme l’entraîne, avec tout le PS.
Or, dans celle-ci, la Région wallonne et son représentant se sont couchés devant le diktat de Mittal.
Ils ont bien eu une velléité de révolte, mais ont-ils cru eux-mêmes remplacer Mittal à l’exploitation du chaud ?
Bref, le Marcourt qu’on a connu bien plus grande gueule a bonni d’une voix éteinte des arguments de looser.
« Je pense que c’est un échec collectif de ne pas avoir su convaincre Arcelor-Mittal de maintenir une sidérurgie intégrée, c’est-à-dire une sidérurgie qui sécurise l’alimentation du froid. Et aujourd’hui, la question majeure que nous posons encore à Arcelor-Mittal, c’est de dire : dans le plan industriel que nous devons construire, nous pensons que vous n’apportez pas la preuve que vous êtes capables, dans la durée, en qualité et en temps, de livrer une capacité de 2,5 millions de tonnes au froid à Liège. »
Il est tellement con, le Marcourt, qu’il va finir par mettre la puce à l’oreille de Mittal qui lui dira alors, « vous avez raison, j’abandonne le froid aussi ». Du reste, c’est une affaire de deux ans au plus.
Une autre question majeure devrait venir à l’esprit de chacun : Qu’est-ce que Marcourt fait encore à la Région ? Qu’attend-on pour le virer ?

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Les voilà bien nos porte-paroles, bien contents, dans le fond, malgré l’objection de laisser faire Mittal qui n’est pas candidat aux communales du 14, « Puisqu’il n’y a rien à faire, autant laisser l’autre faire le ménage ».
Si tout le monde est atterré en Wallonie, en France, Le maire de Florange (PS), Philippe Tarillon, lui, au moins se bat, contre une décision identique d'Arcelor-Mittal "qui, en un seul trait de plume, réduit dix ans d'efforts, pendant lesquels on avait réussi à générer 1.400 emplois nets, puisque la sidérurgie est un secteur qui externalise beaucoup".
Peut-être même que le gouvernement français va déposer une loi de reprise vers un repreneur via l’Etat, dans les cas des sites abandonnés pour des stratégies spéculatives.
A Namur, autre son de cloche… ces sociaux-démocrates se sont tellement habitués à attendre tout des entrepreneurs du privé, ils ont si bien laissé faire, que les voilà tout embarrassés d’agir et de se montrer des hommes !
Voyons Marcourt, debout les tarés de la terre, le jour d’y croire est arrivé !

2 octobre 2012

Ah ! les enfoirés…

Les êtres pusillanimes et veules que nous élisons, ne peuvent priver les minorités de penser autrement... pas encore !
Nous ne sommes pas encore revenus à la pensée unique et à l’interdiction de contester la politique de ce pays, même si des avocats enturbannés réfléchissent à pénaliser le blasphème.
Mais, conserver une originalité personnelle fait courir le risque d’attraper la nausée et ses dérives mortifères.
Quand on écrit que ceux qui cassent l’outil plutôt que le céder, et qui militent à droite pour retirer le pain de la bouche des chômeurs, que fait-on?
La première strophe de la poésie d’Aragon (le roman inachevé) pose à chaque révolté un problème de fond :
« Je traîne après moi trop d’échecs et de mécomptes
J’ai la méchanceté d’un homme qui se noie
Toute l’amertume de la mer me remonte
Il me faut me prouver toujours je ne sais quoi
Et tant pis qui j’écrase et tant pis qui je broie
Il me faut prendre ma revanche sur la honte… »
Ce droit au dégoût et à la férocité est la dernière épreuve des démocraties .
Ce n’est pas encore le dégoût d’Antoine Roquentin (la Nausée), mais c’est l’impasse clôturée par un haut mur.
Il n’y a plus d’issue. Les salauds restent des salauds et, peu à peu, on s’incorpore à cette merde puisqu’on est dedans et qu’on y stagne avec eux.
Mieux, comme tout fait nombre, on est compté pareil, statufié en patriote, pétri dans l’amour imbécile du travail, gravé dans le marbre notre supercherie à côté des autres supercheries, Belge, en quelque sorte, et fier de l’être, puisque les autres le sont qui ne vous demandent pas votre avis.
On aura beau se récrier « pas moi », implorer d’être rejeté des statistiques, rien n’y fera, pour la raison bien simple qu’entre salauds, on ne s’écoute pas, on n’existe pas. La turpitude dans laquelle les salauds baignent leur donne au contraire l’illusion qu’ils sont justes et bons et que ceux qui pensent le contraire sont les seuls salauds.

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Dans l’Ancien régime, dont le nôtre n’est plus loin, quand la barbarie se manifestait, elle était immanquablement du côté de l’injustice. Aujourd’hui, elle est incorporée dans la légitimité. La population approuverait que le gouvernement fasse appel aux forces policières, si une émeute de la faim éclatait, par exemple dans le bassin de Charleroi. Ce n’est pas nouveau. Lors des grèves de 60-61, les gendarmes ont tiré dans la foule qui réclamait un meilleur sort. Deux passants furent tués, immédiatement catalogués « émeutiers ». A l’exception de quelques rares parutions, tous les journaux approuvèrent le tir des gendarmes. Le journal La Meuse titra toute sa haine des travailleurs qui n’acceptaient pas leur rang d’esclaves sociaux.
On entrait dans l’ère moderne du « marche ou crève ».
Les libéraux et la social-démocratie se faisaient la main.
Il y aurait donc un droit à la férocité, à la haine, comme il y a un droit à l’égalité. C’est même un moyen d’équilibrer les chances de ne pas être discriminés d’un bord à l’autre, un rééquilibrage, en quelque sorte dans la répartition de la barbarie.
A la différence des dictatures, la démocratie apporte dans son contrat collectif, la liberté d’expression et d’action du citoyen.
Cependant les démocraties font l’expérience d’une autolimitation qui n’est pas toujours justifiée. L’expression n’est déjà plus libre tout à fait, les lois en cascades n’affirment l’autorité du législateur que pour le départager d’une autorité économique supérieure à la sienne.
Pour la minorité qui est sous la domination d’un corps politique professionnel organisé en corporation et déjouant les pièges du suffrage universel, pour se faire réélire jusqu’à la retraite, ce n’est pas courir vers une maîtrise satisfaite de son identité, mais au contraire renoncer à être soi-même, incorporé dans une majorité aveuglée et trompée.
Bon ! Ce sont des usurpateurs et des salauds qui nous dirigent. Ils ne sont guère intelligents, même s’ils le paraissent. Ils ont l’instinct nécessaire pour atteindre à la pérennité de leur entreprise. Ils subjuguent une majorité de citoyens pour les conduire à tout hasard où ils ne savent pas eux-mêmes. L’essentiel pour eux, c’est de conduire, peu importe qui. Ce faisant, ceux qu’ils conduisent leur doivent obéissance par le jeu d’une légitimité incontestée, tant qu’on ne découvre pas qu’elle est contestable.
Et après, on est toujours dans l’impasse et dans le même merde !
Voilà l’insolubilité de la quadrature !

1 octobre 2012

Avoir ou ne pas avoir ?

L’égalité n’est pas l’immanence des droits exigée par les sans-le-sou, mais au moins en parler, afin de mettre au point certaines vérités oubliées des socialistes.
Que l’on argumente tant que l’on veut contre cela, que l’on crie au communisme et à l’atteinte à la liberté, rien ne peut justifier les énormes écarts actuels dans les salaires et les revenus. Et si les jusqu’auboutistes du libéralisme obtus n’y prennent garde, ce qu’ils abhorrent par dessus tout : une dictature venue du peuple, cette probabilité pourrait très bien renverser la dictature actuelle de l’argent.
Les statistiques ci-dessous parlent d’elles-mêmes. (Quoique françaises ses statistiques peuvent s’adapter à peu de choses près à la Belgique). La rémunération du travail, déjà parcimonieuse et injuste, recule de façon nette au profit du patrimoine des plus fortunés.
En 1913, le 1% des Français les plus riches accaparait 53% du patrimoine total. Il n'en détenait plus que 20% en 1984, mais en 2010 le taux est remonté à 24% du patrimoine total. Les 10% les plus riches détiennent 62% du patrimoine total. (Sources : RevolutionFiscale.fr et Insee.)
Comment se fait-il que l’égalité du droit de vote (un homme, une voix) indiscutable (peut-être est-ce à cause de son inefficacité ?) ait si peu servi d’exemple dans la répartition des richesses ? S’il y a l'égalité du droit de vote, par contre les inégalités sociales et économiques sont criantes. Interrogée sur le principe, la poissonnière libérale, Sabine Laruelle rétorquerait que les inégalités économiques sont fondées sur l’utilité et le mérite.
Par exemple, son utilité équivaudrait au travail de vingt salariés au salaire plancher, sur la foi de sa fiche de paie à l’Etat. Et celui de son chef bien aimé, Didjé R. à une bonne trentaine de gars en salopette. Et son mérite, si on suivait le raisonnement, serait sous-payé, par rapport au mérite d’autant d’hommes-machines.
Il ne lui est pas venu à l’esprit que tout cela est péjoratif et qu’il pourrait se trouver un système qui inverserait les valeurs, avec autant de cynisme et de désinvolture que celui dont elle profite et auquel une majorité autre que la sienne ne trouverait rien à redire.
La preuve en est vite faite. La robotisation a considérablement réduit le personnel des chaînes de montage pour la construction d’automobiles. Il y a moins de cinquante personnes de A à Z sur une chaîne complète d’une voiture comme la Berlingo. Il faudrait donc deux Sabine Laruelle et quart pour fournir les concessionnaires Citroën en Berlingo pour la Belgique et le Nord de la France et un et quart de Reynders pour le même travail !

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Quel est l'intérêt d'avoir Liliane Bettencourt qui pompe d’importants dividendes dans une firme comme l’Oréal qui n’a même pas été fondée par elle, mais par son père ? Qui ne voit que l'Oréal, peut se passer de Liliane Bettencourt et même de la plupart de ses hauts dirigeants sans se trouver le moins du monde en perte de vitesse ! Ce constat est perturbant quand on aborde l'analyse du mérite.
Si on entend pas mal d’idioties à gauche, par exemple celle qui consisterait de prendre le pouvoir pour produire mieux et plus par « l’enthousiasme militant », des Olibrius de droite prétendent que le progrès libéral aboutirait à une société de rentiers.
Ah bon ! et qui monterait le petit déj’ au lit de Sabine Laruelle et laverait la belle voiture de Didjé ?
Cette croyance à un développement harmonieux du capitalisme a produit autant de cinglés que le communisme sous Staline. Cette connerie ne date pas d’hier, c'est la théorie parfaite d’une harmonie entre le capital et le travail, par une progression équilibrée des salaires et des patrimoines. C’est le credo d’Elio Di Rupo et de ma tante, ancienne épicière à Ampsin, morte sans un sou, dans un home du CPAS. Cette foutaise a rempli plus d’asiles psychiatriques de la médecine libérale, que les médecins komsomols n’ont peuplé le Nord de la Sibérie, jusqu’en 1953.
En 2012, un constat s’impose : nos institutions démocratiques n’ont pas pu résister, via l’impôt, pour recontrôler le capitalisme patrimonial qui leur échappe depuis plus de vingt ans et qui persévère, malgré la crise, quand, en 2008-9, nos illustres auraient pu le freiner.
Un facteur accablant vient se surajouter à cette défaillance politique ; c’est la forte résignation face à la mondialisation visible partout, même dans des domaines de relative prospérité.
La mondialisation, c’est le mystère qu’il fallait pour dissoudre les soupçons d’un enrichissement monstrueux de quelques-uns au détriment du plus grand nombre.
C’est la cerise sur le gâteau des riches, en quelque sorte.