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19 avril 2019

Triomphe de la mauvaise foi.

Les Wallons ne sont guère enthousiasmés par leur gouvernement régional. Le coup de torchon de Benoît Lutgen n’a pas rendu l’éclat du neuf à la coalition. Du PS au MR, rien n’a vraiment changé, les inamovibles CDH sont toujours là. Borsus ou Magnette, c’est kifkif bourricot !
Les électeurs sont moroses, on assure que les Flamands sont meilleurs bosseurs. Leur gouvernement hyper dynamique gère mieux leur Région.
Dites ainsi, ces informations restent un mystère. Ceux qui nous les servent savent qu’elles sont fausses. Les propagandistes de bonnes nouvelles sont d’abord les politiciens concernés de la boutique de Geert Bourgeois (N-VA). Ensuite, viennent les gazettes francophones intéressées par ces fake-news pour d’autres raisons. .
Les directions de Soir, de Sud Info, de la dernière Heure et du Vif, poursuivent une curieuse logique, celle de vanter les qualités de la Région flamande. Pour elles, l’économie libérale mondialisée est l’atropine dont la Wallonie a besoin pour accélérer sa modernité.
Selon la propagande des patrons de presse, la Wallonie aurait tort de râler. Elle ferait mieux de suivre l’exemple du travailleur flamand, courageux, se satisfaisant de peu, etc.
Avant les élections du 26 mai, comment rétablir la vérité : la situation n’est pas bonne en Wallonie avec les MR aux commandes, mais elle n’est pas meilleure en Flandre.
La NV-A, qui a renversé le gouvernement fédéral sur le thème des migrations, n’est plus si faraude depuis le scandale des visas humanitaires, vendus à de pauvres bougres moyennant des sommes exorbitantes, par le meilleur ami de Theo Francken. Le thème de la migration est devenu toxique. Passer du bilan économique douteux, au thème récurrent de l’accueil des réfugiés en Flandre n’est plus possible. La N-VA s’empêtre dans une sale affaire, à un mauvais moment.
Du coup, le discours identitaire se change en un discours financier. Les questions d’argent reviennent en force dans le débat politique avec la transition énergétique, les réductions de charges et l’augmentation des dépenses publiques, autant dire que les Flamands ne sont pas aussi florissants que les gazettes le prétendent. C’est à qui se défile pour ne pas payer les factures. Les patrons s’affichent avec la N-VA, le Socialistische Partij avec les bourgeois et les travailleurs sans opinion. Le CD&V cherche l’accostage au meilleur endroit.
Les Groen, se voient déjà les arbitres de ce micmac. Ils s’y sont pris tellement mal pour chiffrer leur plan climat, que tout le monde se croit le dindon de la farce.
Qu’importe, le thème est porteur d’où la surenchère des autres partis. Dans un contexte de ralentissement économique, quoiqu’en disent la presse francophone, c’est plutôt ballot ! Le seul mérite de cette course à l’écologie, c’est d’avoir fait oublier les milliards de déficit structurel que laisse le gouvernement Régional flamand.
En Wallonie on ne fait pas mieux, ni moins bien. Les comparaisons sont difficiles, les économies n’ont pas les mêmes orientations, surtout depuis la moindre part prise par la métallurgie de part et d’autre de la frontière linguistique.

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La Région wallonne à aussi son content d’embrouilles. La liste dissidente créée par Alain Destexhe (ex-MR) canalise à son profit l’insatisfaction ambiante chez les bourgeois. C’est leur Marine Le Pen à ces gens là ! Sa droite alternative rend Michel et Borsus aphones. Bloquer le parlement wallon grâce à une unique prise, Destexhe démontre la fragilité de l’alliance MR-CD&V.
Certains dossiers en Flandre ont abouti à des réformes concrètes, notamment les allocations familiales, l’apprentissage en entreprise, le droit de succession et la justice des mineurs. Des investissements ont également été réalisés dans les infrastructures cyclistes, les logements sociaux et les bâtiments scolaires, la liaison Oosterweel, qui doit boucler le ring anversois, et l’extension du port d’Anvers.
Malgré tout, le gouvernement Bourgeois est tristounet. Les gazettes le taisent exprès aux Wallons, dans le but de les remotiver. En Flandre, « ni perspectives enthousiasmantes ni projets porteurs dans le chef de l’équipe gouvernementale, et la force du changement si chère au plus grand parti de Flandre ne s’est que peu exprimée. » (Daardaar magazine)
La réforme de l’enseignement est ratée, avec la baisse des résultats et confirmée par la ministre Hilde Crevits (CD&V). Les files d’auto aux abords des villes sont plus longues que jamais et la pollution de l’air croit partout. Geert Bourgeois a loupé le dossier climatique, en échec absolu. Les objectifs ne seront pas atteints. De Wever affirme que ce n’est pas grave.
Bref, la belle image de la Flandre triomphante, laborieuse et efficace qu’on essaie de nous faire passer pour voter MR, en perspective d’une reconduction de l’alliance avec la N-VA est de circonstance. Juste le temps aux débiles légers d’aller voter en croyant à ces salades !

18 avril 2019

Macron, tout feu tout flamme !

Le malheureux incendie de Notre-Dame de Paris prend une tournure mondiale. Éteint à Paris, il reste les images, si bien qu’ont peut le rallumer ailleurs. Même à Liège, ça sent le brûlé. Le journal La Meuse rassure les fidèles de la cathédrale Saint-Paul, en réfection elle aussi. Tous nos ouvriers du bâtiment sont non fumeurs !
Le constat est sévère les trois quarts des incendies des bâtiments classés ont lieu lors de restaurations. Les mesures de sécurité en prévention des départs de feu sont insuffisantes. L’État est négligent et mal placé pour féliciter les pompiers sur leur courage.
Pour un autre excès, Christine Defraigne (première échevine à la Ville de Liège) s’émeut à juste titre. Son collègue Boucher du MR, a cru malin d’exalter l’Europe chrétienne !
Elle a raison la bougresse. Fasciné par le feu, que Boucher soit touché par la foi, le regarde. De là à nous bassiner avec son Europe chrétienne, c’est insupportable au nom de la laïcité !
On devrait plutôt conserver de la modestie à Liège, quand on sait que la collégiale Sainte-Croix, fondée entre 976 et 986 par l'évêque Notger, monument classé et indissociable à l’histoire du Pays de Liège, est en passe de s’effondrer ! Ce ne sont pas les échafaudages soutenant ses murs qui pourront résister longtemps à la dégradation. Et que fait-on à Liège pour consolider des murs de deux siècles antérieurs à Notre-Dame de Paris ? Rien, voyons. Le drame anonyme ne compte pas.
Ce que je respecte dans les églises de jadis, ce sont les milliers de compagnons du devoir qui ont taillé et assemblé les pierres, les charpentiers, les verriers, les orfèvres avec des outils infiniment moins perfectionnés que les nôtres, qui ont laissé des merveilles architecturales que nous contemplons encore.
Ces compagnons « de la belle ouvrage » ont toujours privilégié les techniques, les styles et les matériaux de leur époque, pour réparer ou finir les édifices qui nous sont restés. En cela,Viollet-le-Duc, l’architecte de Badinguet, s’est montré respectueux construisant la flèche de Notre-Dame en matériaux « nouveaux » laissant croire à l’apparence ancienne avec la pierre extérieure, au milieu du XIX me siècle.

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Pourquoi ne reconstruirait-on pas les combles de Notre-Dame qui supportent le toit, en matériaux composite mille fois plus résistants et ininflammables que le bois, avec un coût bien moindre, plutôt que dévaster une forêt de chênes ? Ce projet devrait plaire aux écologistes ! Les compagnons bâtisseurs du moyen-âge l’auraient fait comme allant de soi.
Mais non ! chichi, embarras, on n’a pas fini de célébrer la reconstruction à l’identique comme la seule possible, sachant pourtant que du découpage de la poutre en chêne, à l’assemblage par goupilles, tenons et mortaises, tout sera fait à l’aide d’un outillage ultramoderne.
À l’heure où ces lignes sont écrites, on frôle le milliard d’euros de dons des grandes entreprises et des fortunes personnelles, récolter une pareille somme en deux jours relève du prodige. Comment se fait-il que l’on puisse se mobiliser si aisément pour reconstruire un monument et qu’il faille attendre des mois, voire des années et une inflation adéquate pour augmenter les salaires de 2 % ?
Depuis le mouvement des Gilets Jaunes, tout le monde sait que des travailleurs à temps plein n’arrivent plus à vivre décemment de leur salaire ! Sans compter les services publics, les transports et les hôpitaux qui grattent le fond des tiroirs pour satisfaire les plus élémentaires besoins des collectivités ! On s’émotionne de l’incendie d’un bâtiment et on ne voit pas une ville qui brûle, un pays qui s’effondre, étrange non ?
Macron sauvé par le gong, doit quand même une fière chandelle à l’incendie de Notre-Dame de Paris arrivé pile poil, pour que son discours, suite au grand débat, ait perdu de son intérêt explosif.
Une ancienne gloire des ronds-points, madame Levavasseur réapparaît après sont couac aux européennes. Elle encourage désormais les Gilets Jaunes à refaire leur charpente sociale, détruite par les casseurs et les flash-Ball, en vertu de la solidarité retrouvée des Français, depuis « le drame affreux qui nous frappe tous ».
Elle peut compter sur les indécrottables glandeurs des salles d’attente. Que ce soit chez le dentiste ou chez Macron, la passion d’attendre est universelle. Entre deux lectures de revues et brochurettes vieilles de six mois, il se chuchote, parmi les glandeurs, qu’un gouvernement, qui consacre un conseil des ministres complet à la reconstruction de Notre-Dame, ne peut pas être mauvais !
Vladimir et Estragon envisageaient de se pendre pour passer le temps, dans la pièce "En attendant Godot".
Macron, tout feu tout flamme, peut-il encore retourner l’opinion ?

17 avril 2019

La politique de l’émotion.

Pas besoin de l’incendie d’un monument prestigieux en Belgique, pour être en sidération.
Cet état général vient d’empirer à l’approche des élections du 26 mai.
L’orateur qui a toujours raison est en passe d’être remplacé par celui qui a toujours tort. D’où une certaine prudence des élites passées au crible de la suspicion.
Flaccidité du repos, les temps ne sont plus à la superbe, mais au repli chez soi. Les celliers payés par les électeurs, le bourgeois-député n’y descend plus que sûr d’y remonter quelque grand cru sans être vu. Il est de bon ton de paraître sans cravate, le geste sobre à regarder l’heure d’une Seiko, la Rolex dans le tiroir du bureau. Être logé aux frais de la princesse fait mauvais genre. En plein intérim, Charles Michel se fait tout petit rue de la Loi. Si ça se trouve, il finira par payer sa tasse de café au personnel de cuisine.
Le puissant organe de Denis Ducarme, c’est fini. Il vocalise dans le mezza voce. L’agression transphobe de Julia, en short place de la République a rendu Di Rupo prudent. Dans ses discours, il se garde de monter dans l’aigu. Le métallo qu’il faut séduire avant le PTB n’est pas particulièrement LGBTQ. Un haute-contre lui est suspect !
Le prêt à voter de mai prochain reste dans le classique et le déjà vu. Les vieux vestons sortent de la naphtaline. Il faut avoir l’air pauvre. Seul Reynders résiste à la mode sdf. Il a une réputation de dandy à soutenir. C’est au-dessus de ses forces, il est trop vaniteux.
L’avenir est aux pleurs discrets. L’art de retenir ses larmes, avec juste une humidité visible d’entre paupières, Macron dans le registre pourtant assez juste, lundi soir à Notre Dame, était de loin surpassé par le « surjoué » de la maire de Paris, Anne Hidalgo, derrière lui pour la photo d’hommage à la France calcinée. Prête aux sanglots, seulement retenue par la décence, elle était parfaite, madame Macron, spécialiste en effets de planche était très impressionnée.

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Comme à la fenêtre d’un convoi au charbon, les autres essayaient l’escarbille dans l’œil.
Quelques jours auparavant de ce drame absolu dont tout le monde va se remettre très vite, Daardaar, l’excellent magazine qui traduit en français des articles parus en flamand, observait des moments d’anthologie dans le staff politique de la Flandre éternelle : Joke Schauvliege, CD&V, en pleurs pour annoncer sa démission de son poste de ministre de la Région flamande à la suite de la polémique, qu’elle a elle-même déclenchée en indiquant que les marches pour le climat était le fruit d’un complot. Joke s’étant persuadée de sa connerie n’a pas pu se retenir de verser des larmes sur elle-même. Philippe De Backer (Open Vld) incapable de retenir ses larmes à ses adieux à la politique, quitter l’armoire aux confitures à 41 ans, il y a de quoi mouiller un mouchoir. Avant lui, Patrick Janssens (ex-sp.a), Philippe Muyters (N-VA), Meryame Kitir (sp.a) et Bart De Wever (N-VA), entre autres, avaient déjà allongé la liste des politiciens larmoyants.
Pourquoi cette montée des sensibilités dans la sphère politicienne ?
Stefan Rummens, philosophe en politique à la KU Leuven, nous met au courant : « Il y a belle lurette qu’ils ne sont plus des personnes inaccessibles dans une tour d’ivoire, mais des êtres faits de chair et de sang. Avec l’arrivée des réseaux sociaux, nous, les électeurs, en savons plus sur leur vie privée. Et nous voulons la connaître. Les politiciens jouent sur cette évolution en dévoilant davantage leur personnalité. Par exemple, en débarquant dans toutes sortes de jeux télévisés, en participant à des séances photo dans des magazines ou en communiquant avec les électeurs via Twitter et Facebook. Ils sentent qu’ils peuvent très bien verser une petite larme et révéler ainsi un côté humain. Ce tabou est tombé. »
Ainsi, c’est en regardant l’amour est dans le pré ou toute autre connerie superbement relayée par nos machines à décérébrer, que nos sangsues du sang citoyen apprennent la sensibilité et non pas à la misère des plus pauvres ! Des Bekende Vlamingen qui se lancent en quête de leurs racines, aucun ne résiste, la patrie Flandre arrache des sanglots aux plus endurcis.
Comme le sujet est encore plus futile que je ne pensais, un autre professeur, un certain Ad Vingerhoets (Université de Tilburg), qui étudie nos larmes depuis des années, nous assure qu’un des effets de la télévision est qu’il est devenu de plus en plus normal de voir pleurer des personnalités.
Le revers de la médaille, c’est quand l’émotion mal simulée devient suspecte. Avant de se rougir les yeux, le chasseur d’électeurs doit bien scruter l’assemblée pour y sentir le courant favorable.
La larme discrète et de bon ton devant un public conquis, oui. Les sanglots longs comme des violons, ce n’est pas encore pour tout de suite.

16 avril 2019

Téléologie triste.

Ah ! Charles Michel en a fait de belles. Le royaliste-bourgeois Di Rupo peut lui en vouloir : le président du MR a banalisé la N-VA !
Dans sa soif de pouvoir, Charles n’a pas hésité. Entre l’intérêt du royaume et lui, il n’y a pas photo. Louis peut être fier. Son petit monstre de fils a avalé sa chique et fait des mamours à Bart De Wever, il y a cinq ans. Nous en recueillons les fruits vénéneux aujourd’hui.
Arithmétiquement, il était possible à cette législature de faire un gouvernement sans la N-VA. Il fallait ramer dans l’autre sens et faire appel aux socialistes des deux Régions. Cela n’aurait été ni pire, ni meilleur, mais le pays aurait évité le gonflement des muscles nationalistes flamingants que vient de résumer Jean Jambon.
« Si la N-VA est à nouveau le plus grand parti du pays en mai prochain, elle entend bien pourvoir le poste de Premier ministre, a expliqué lundi l'ancien ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, sur les ondes de Radio 1. "Que la plus grande formation politique prenne la tête du gouvernement est dans la logique des choses. Je pense qu'on peut gérer les affaires de manière encore plus efficace depuis cette place", a-t-il ajouté. » (7/7 magazine)
L’appétit du pouvoir chez les Michel va coûter cher à tout le monde. Non pas que le trône et l’autonomie de la Flandre intéressent, ce sont des péripéties qui se règlent entre bourgeois. C’est sur le plan social que la N-VA inquiète. Selon les dernières déclarations de l’illustre anversois, les salariés et les chômeurs n’ont pas fini de gémir.
Rien que cela, l’électeur centriste, avec un peu de jugeote, devrait sanctionner le MR.
La flemme de Reynders pour aller au charbon, la bêtise officialisée du petit Chastel et la tonitruante inconséquence de Denis Ducarme, n’avaient pas besoin de cela pour que le 26 mai ne soit pas une journée de rigolade pour le MR.
Grâce à Michel, en 2019 la N-VA joue gagnant. Jean Jambon et son ami Théophile Francken peuvent déclarer sans rire "Il y a cinq ans, il était impossible de trouver un soutien en Wallonie pour un gouvernement dirigé par la N-VA. Depuis lors, nous avons toutefois montré que nous sommes responsables et de bons gestionnaires".
Ce qu’a confirmé leur leader de Wever, ravi de l’aubaine d’un MR passe-plats aux ordres, capable de faire l’appoint pour un gouvernement plus déséquilibré que le précédent. La N-VA pourrait rassembler les partis flamands avec le MR qui cautionnerait cette coalition presque pure flamande, au fédéral, même si Charles perd encore des voix.
Très incertain quant à son avenir chez les libéraux, Didier Reynders l’a confirmé lui-même, en faisant sa cour au clan Michel « Un gouvernement avec la N-VA est toujours possible ».

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Reynders a besoin de l’accord de Charles pour candidater le secrétariat général du Conseil de l’Europe. L’institution paneuropéenne pâlit. La lumière médiatique accaparée par l’Union européenne, manque. Le phare, c’est lui ! Il en rêve au point qu’il est distrait et déjà ailleurs dans cette campagne électorale avec le MR bruxellois. Reynders est un poids mort pour tout le monde. Le clan Michel est tenté de l’évacuer à Strasbourg dans l’endormissement d’un secrétariat musée, pour ne plus le voir. D’autres pointures dans le bric-à-brac libéral font comprendre aux Michel que ce serait donner une prime à la paresse d’un inutile.
On en est là ! Et de fait, ce militant de la première heure est méconnaissable ! Il n’a plus la pêche. Il s’empâte sur ses dernières photos. Il attrape des bajoues. Ce n’est plus le beau Didjé de Liège !
Bart De Wever n’a cure des mésaventures d’un éminent du MR, ni même du MR. Il offre des places à l’incurie dans son cabinet idéal, pour rester dans la légalité. C’est tout.
Jean Jambon a remis les choses au point entre lui et l’ancien premier ministre. "Je pense que Michel a montré de quoi le centre-droit est capable, mais nous aurions pu en faire plus. Je reste positif quant à Charles Michel, mais il était toutefois le chef d'un plus petit parti. Les formations plus importantes peuvent être plus fortes".
On ne peut être plus clair.
Jean Jambon poursuivra la politique de Michel I, mais de manière "plus forte, plus efficace et plus rapide". La poursuite du jobsdeal, la dégressivité des allocations de chômage et tout un tas d’autres joyeusetés qu’il se fera un plaisir de nous faire déguster, comme le communautaire confédéral.
Il ne reste plus qu’à la gauche wallonne « progressiste » de compter sur Kriss Peeters du CD&V pour freiner un chouia la démolition du social.
Triste MR, triste fin, triste social-démocratie pour une téléologie d’une Belgique en liquidation.

15 avril 2019

Fric et fac.

Dans l’espace de liberté restant, à côté des pires conneries sorties de nos facs au service du fric, le délice serait de placer l’index du macchab Bernard Le Bouyer de Fontenelle dans le fion des recteurs.
L’espoir libéral placé-gagnant, le spéculatif, version réduite au savoir faire technique, a bouffé tout l’espace du subjonctif de spéculation. (Hein Bernard !)
Montesquieu écrivait certaines de ses pensées au conditionnel, prudent, dans le doute supérieur de Malebranche « Étant obligé de vivre avec les hommes, j’aurais été très aise qu’il y eût dans mon cœur un principe intérieur qui me rassurât contre eux ». Ah ! la correspondance des temps, cet imparfait du subjonctif après le conditionnel, cela avait un sens qui s’est perdu, foutre de dieu !
Ce monde n’est pas subtil. Le fric en est la cause. Ça sent l’égout depuis qu’on respire la merde libérale qui pousse à l’argent et à rien d’autre. L’intelligence a foutu le camp des auditoriums !
Ce parfum nidoreux sent la déplétion du sperme de l’adulte robotisé. Des industriels font l’éloge du péculat, les Michel y voient une preuve d’intelligence ! Du temps de Balzac, ils eussent été des commerçants louis-philippards, ils ne sont que des merdes philippardes !
On revit, en quittant ses proxénètes de la misère, à respirer ailleurs.
La liberté est le bien le plus recherché et le despotisme, le mal le plus honni.
Entre la condition d’être libre et celle d’être sous la conduite d’un despote, il existe des situations intermédiaires, qui font que l’on hésite entre qualifier une dictature libérale d’éclairée ou d’oligarque déguisée ? À la sortie des « lieux » de chez Didier, aussi dégueulasses que chez Charles, on réfléchit. Tirer la chasse d’eau soulage.
Une démocratie qui tourne mal, c’est la France. Une Région directement sous une domination malveillante, c’est la Wallonie.

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– Le rouleau est moins cher chez Aldi ! – Ouais t’as compté les divisions? – Il y en a moins ! – Non ? – Si. – Chez les Michel, t’en a plus, mais tu dois superposer trois feuillets, si tu ne veux pas t’autosodomiser ! – Alors ça revient au même ? – Non. – Si. – Ah ! les rats…
La Belgique ploie sous le poids de ses représentations et pourtant, malgré cinq gouvernements et de nombreux intermédiaires entre le citoyen et le pouvoir, quasiment la moitié du pays est prise en otage par l’autre, tandis qu’un gouvernement central se dispense d’être équilibré dans un rapport de non-neutralité entre les deux entités les plus importantes, au point de privilégier la principale, celle déjà naturellement majoritaire !
– Tu veux pas redire ça en langue actuelle ? – Au lieu d’un patron branque, t’en as trois, au moins... – Et tu fermes ta gueule ? – Ouais.
Le despotisme est inefficace. Il ne rend personne heureux.
Montesquieu dans les «Lettres persanes » explique le phénomène « Rien ne rapproche plus nos princes à la condition de leurs sujet, que cet immense pouvoir qu’ils exercent sur eux ». Raison qui fait les extrêmes de part et d’autre d’un pouvoir.
En France comme en Belgique, le pouvoir est condamnable, s’il bafoue la liberté des gens, leur seul bien inaliénable. Quand la liberté individuelle est un droit, le pouvoir d’un homme sur un autre ne peut jamais l’être.
La source du pouvoir est la force et la force n’est pas un droit.
Des forces exercée contre des gens qui protestent et celle exercée en réplique comme moyen de défense, les premières sont des crimes, la seconde une vertu. (Les gilets Jaunes devraient en faire des pancartes.)
Si la source du pouvoir est la force, il n’est pas de pouvoir légitime. La seule chose qui puisse légitimer un pouvoir, c’est son usage modéré et son abandon partiel à des fins altruistes.
Le pouvoir sans borne ne saurait être légitime, parce qu’il n’a pas une origine légitime.
C’est pourtant sans borne qu’en France, comme en Belgique, on impose violemment une politique qui n’a pas été décidée par le peuple, mais par une pression d’agents extérieurs.
Le résultat est devant nos yeux. Le pouvoir procède de la force, tandis que le droit procède de la raison. Au vu des circonstances, la force est plus puissante que la raison.

14 avril 2019

Un pouvoir bicéphale !

Comment naît l’ambition politique ?
Macron par exemple ? (J’aurais pu prendre Charles Michel, mais un fils d’ambitieux est naturellement porté à l’être).
Macron, jeune, est passionné par sa prof de théâtre, plus que le théâtre lui-même. Elle le domine et le subjugue. La juvénilité conjuguée au talent. Sa passion persévérante récompensée, il l’épouse contre vents et marées, entre à la banque Rothschild et gagne plus que bien sa vie. Ce qui ne gâte rien, elle est l’héritière de chocolatiers. Tout baigne.
S’ils n’avaient été que des êtres ayant assouvi leurs désirs, philosophiquement, ils se fussent condamnés à l’extinction progressive des feux, à craindre la décrépitude de l’une par rapport à l’autre et finir dans des face-à-face redoutables.
Macron se sépare de la banque et entre en politique, sans doute conseillé par sa femme qui avait tout à redouter d’un endormissement bourgeois.
Pour alimenter le feu d’une passion, rien de tel qu’en faire naître une complémentaire. Il saisit l’opportunité d’entrer à l’Élysée, dans le cabinet Hollande.
Nommé ministre par son découvreur, il entreprend avec sa femme un incroyable complot, comme si le secret partagé avec elle de cette entreprise donnait à leur entente un surcroît d’attachement qui s’appelle la connivence. Ils l’ourdissent au moment où leur bienfaiteur est confiant dans la loyauté de son ministre.
La politique ce n’est pas joli-joli. Il faut s’attendre à tout quand on y met les pieds. N’est-ce pas aussi par les situations qu’elle implique, que la politique dévoile le mieux le fond des individus, leur trognon comme écrivait Céline ?
Comment faire confiance à quelqu’un qui travaille à la perte de celui qui le distingue ? Est-ce que ce trait de caractère disparaît le jour où il entre en patron dans l’ancien bureau de Hollande ? Les psys vous diront que non.
Macron et son épouse font penser à Macbeth, cette tragédie de Shakespeare. Macbeth commet le crime de régicide pour s'emparer du pouvoir, poussé par son épouse Lady Macbeth. La fin de Macron sera-t-elle comme dans la pièce : la culpabilité et la paranoïa font peu à peu sombrer Macbeth dans la folie ?

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Pourquoi pas, puisque leur histoire est celle aussi d’un couple de théâtre. Elle, l’enseignante et lui l’étudiant doué, les traits fins, la chevelure bouclée comme un pâtre grec.
L'Histoire regorge de conquérants qui ont mal fini, après une période glorieuse au cours de laquelle ils ont su vaincre et dominer.
Philippe II de Macédoine, un borgne redoutable, sa férocité lui permit de vaincre les cités grecques, faisant de son fils Alexandre outre l’héritier, un des plus grands guerriers de l'Histoire. Macron n’est pas un fils de… Il faudra chercher ailleurs, laissant à Louis cette transmissibilité facilitant les pouvoirs à son fils Charles Michel, quoique la stature de grand guerrier, chez ce flandrin un peu gauche (pour un homme de droite) soit discutable.
Le Carthaginois Hannibal, peut-être, cauchemar des Romains, sa célèbre bataille de Trasimène non encore livrée par Macron contre les Gilets Jaunes, gagnée dans l’histoire préchrétienne et peut-être perdue dans celle postchrétienne par un président présomptueux ?
Antoine plutôt que César, Cléopâtre fit de lui l'ennemi de sa patrie par la corruption de ses charmes amoureux, de sorte que Macron en Antoine et Brigitte en Cléopâtre, un historien n’aurait nulle difficulté à fournir les arguments d’une dramaturgie, quoique l’inversion des âges contrevienne à la similitude.
Plus près de nous, Louis VI le Gros, obèse, Charles Quint une polypose nasale, pas question non plus de la maladie de Crohn de Louis XIII, ni des hémorroïdes de Richelieu, alors ?
Détraqué par l’ambition politique, on touche à l'infirmité liée au pouvoir : la pathologie mentale invisible, la maladie secret d’État ! C’est l’histoire de Bouteflika contredite, le non-dit français.
Un chef que l'on sait malade, c'est toute son autorité remise en question.
Le passage devant les électeurs (télé, radio, reportages, interviews, photos), change la donne : le chef doit être parfait. Il doit représenter l’image d'un pays en bonne santé.
Avec Macron, Charles VI Le Fou, pas encore, mais qui sait ?
Brigitte Macron, des deux la personnalité la plus forte et la plus intelligente, la République ne lui ayant donné aucun pouvoir n’a rien à réclamer. Ce dont on peut être sûr, c’est que sans elle, Macron n’aurait jamais été président. C’est curieux, comme les journalistes font semblant de ne pas s’en apercevoir !

13 avril 2019

Capitole et Roche tarpéienne !

Nous avons quelques raisons de détester la politique européenne, pour se tirer du mauvais deal de l’UE ! Nous ne le ferons pas. C’est une question de connivence entre la Commission européenne des traités et le mouvement libéral représenté en Wallonie par le MR et en Flandre par l’Open Vlaamse Liberalen en Democraten (Open-VLD). Quant à la France, la macronie est la représentante majoritaire du libéralisme autoprogrammé progressiste.
Malgré la dévastation antisociale du néolibéralisme dans l’économie des pays occidentaux, la vente au privé des propriétés de l’État par ces partis majoritaires, va bon train. Les capitaux qui ont échappé au fisc et aux impositions servent à acheter des biens publics, un comble !
Les profits des aéroports de Charleroi et de Liège tombent dorénavant dans les poches du privé. Les libéraux n’ont pas cru demander l’avis des Wallons. En France, Bruno Lemaire, ministre des finances, vient d’obtenir de la majorité REM du parlement, le feu vert pour la liquidation d’entreprises publiques rentables : les aéroports de Paris et la Française des jeux.
À cette occasion, une chose importante est survenue. Le PR (parti républicain) a fait cause commune avec les Insoumis, les Verts, le PC et les débris du PS. Cela serait déjà une curiosité. Que vienne s’y greffer le RN (Rassemblement National ex Front) de Marine Le Pen, c’est de l’inédit. La macronie joue sur la mise hors circuit du RN au souvenir des extravagances fascisantes de Jean-Marie Le Pen, ce qui avait permis de faire élire les trois derniers présidents (Chirac, Sarkozy, Hollande) en assurant des majorités inespérées face au père, puis à la fille Le Pen, au deuxième tour des élections.
Ce scénario prend un sacré coup à cause de l’impudence de Macron, malgré les Gilets Jaunes et le naufrage de l’aéroport de Toulouse vendu aux Chinois. Le président poursuit un programme qui se révèle le plus à droite de tous les présidents précédents, presque le copier/coller de celui de Fillon.
L’aversion de l’opposition est telle pour la politique de Macron, que ce dernier a réussi le tour de force de liguer toutes les oppositions contre lui, ce qui ne s’était jamais vu auparavant !
Ce fait nouveau est capital. En effet, la différence est si ténue entre une droite dure et un nationalisme calculateur, que parier sur le libéralisme de l’un ou le nationalisme de l’autre apporterait un lot d’inconvénients, sans qu’on ne devine qui serait le moins mauvais.
La privatisation est une aberration économique. En France, les privatisations autoroutières ont engendré des hausses de tarifs pour les usagers. Les concessionnaires ont exploité des rentes de situation exorbitantes, dénoncées par le mouvement des Gilets jaunes.
À cause de Macron, Marine Le Pen est devenue fréquentable On peut épiloguer là-dessus. L’opposition parlementaire s’y est résolue pour mettre un terme, le plus rapidement possible, à cette calamité inédite qu’est la politique de Macron.

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Ce genre d’alliance momentanée serait dangereux pour la gauche ? L’exemple belge est un cas d’école, celui d’un pouvoir qui cherche une majorité. Charles Michel est passé de la détestation insurmontable à l’amour « raisonné » pour atteindre au fauteuil de premier ministre, passant de l’invective au flirt avec Bart De Wever, même si avant la consommation, en bon évêque, au Carême Michel à baptisé carpe, des carbonnades flamandes.
On en revient aux alliances honteuses qui ont jusqu’ici permis aux partis bourgeois de se maintenir, même minoritaires.
Le débat politique qui consiste à identifier un point commun entre deux individus ou deux courants opposés pour les renvoyer dos à dos et les condamner d’un même élan, c’est fini.
Le PS belge joue aux vierges effarouchées, par rapport à la N-VA et… a souvent fait la pire des politiques en s’alliant au MR ! Quelle différence y a-t-il entre cette droite et cette extrême droite ? Je voudrais bien qu’on me le dise. Je n’en vois plus !
Le mot sous forme d’insulte ou de mépris « extrémiste » a longtemps servi à condamner des tempéraments, des comportements jugés excessifs par les uns, hardis selon d’autres qui ont permis parfois des choses extraordinaires. Charles De Gaulle en fuyant Pétain a été longtemps considéré comme un extrémiste. Faut-il rappeler.
En somme, un extrémiste est quelqu’un qui n’a pas encore réussi à convaincre une majorité que ce qu’il a été, était largement erroné.
Louis Sébastien Mercier affirmait dans son Tableau de Paris que « les extrêmes se touchent » car « les grands et les canailles se rapprochent dans leurs mœurs ».
Je ne prétends pas inciter à des rapprochements contre nature. J’en reste à la réflexion sur les exemples repris.
Et s’il se prévalait du sauvetage du pays, comme on sait Di Rupo royaliste et bourgeois, pour atermoyer à l’exécution de la Belgique ou sous d’autres prétextes, je le crois capable de faire un gouvernement avec le Vlaams Belang !
Après cette législature, je déteste autant le MR que la N-VA et même le Vlaams Belang que je place sur un pied d’égalité dans mon aversion profonde. Va savoir pourquoi, transposée à la France, cette aversion disparaît de voir l’opposition unie contre l’exécrable politique de Macron. C’est toute la conclusion pratique que j’en tire.

12 avril 2019

Pas de Brexitation inutile…

On ne savait pas l’Europe si fayotte et les Anglais si pot de colle. Maintenant on sait.
Les dirigeants européens vivent un chagrin d’amour, non partagé par quatre cent millions de personnes. Va-t-elle partir, la perfide Albion et se jeter dans les bras de qui ? L’immonde Trump qui n’en est pas à sa première maîtresse !
Les gens du peuple, ballottés d’une Merkel à Kramp-Karrenbauer, d’un Macron à lui-même, en ont soupé du Brexit, des Brexiteurs et des trolls qui se grisent de mots. Ils ne font rien d’utile et laissent les gens de plus en plus démunis, écartés des enjeux du Bejeweled Blitz (1) et de moins en moins intéressés par cette Europe là.
Après le 26 mai une fournée d’Anglais nommés à grands frais députés européens, sera autorisée à saboter jusqu’au 31 octobre. L’usine à gaz n’avait pas besoin de ça pour fonctionner de travers.
Indépendamment du salaire, ça ne coûte pas rien un député européen, un ou deux jours par mois au parlement de Strasbourg.
De report en report, la Commission a eu ce qu’elle voulait en cela appuyée par les grands idéologues que sont les magnats de la grande presse. Leurs cannes blanches ont été guidées par Donald Rusk, Merkel, Macron, Juncker et consort qui tiennent à leur Grande Bretagne pour des raisons de business parce qu’ils croient que sans elle, le cac40 va plonger et qu’on aura droit à la cata économique.
Ce qui est faux évidemment.
Tous les grands conflits qu’ils soient armés ou économiques se sont toujours traduits par des coups de fouet galvanisant les énergies spéculatives, générant de grands profits.
La guerre de 40 a permis la naissance de grandes fortunes sur les débris de certaines autres. De ce combat de chacals, les pauvres n’en ont rien à cirer.
Le Brexit en est un. C’est une opportunité de rebattre les cartes, loin des peuples. Ce serait peut-être même un second plan Marshall financé par l’Europe pour un nouveau deal !
Il n’est pas jugé comme tel parce que dans le remue-ménage, les profits changent de mains. Des affaires s’effondrent, d’autres se fondent. La dyschlésie des uns fait l’entérite des autres. Cela inquiète les milliardaires qui voient se pointer des concurrents.

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Les magnats des oligarchies risquent de perdre le contrôle des urnes, dans les remous d’une guerre de replacement des caïds de l’économie.
De ces péripéties, une seule assurance : l’Europe se fout des gens.
Les traités européens sont dirigés contre et non pour les peuples, depuis qu’ils font payer la crise économique de 2008/9 par les classes moyennes et inférieures et non par les banques.
Seuls comptent les marchés. Ce que vont dire les places financières, les réactions de Trump et de Xi Jinping, toute cette intellection néolibérale de laquelle je n’ai rien à foutre.
De ce chambard, le monde retient son souffle. Il en découle « …une extension flexible jusqu'au 31 octobre, cela signifie six mois de plus pour le Royaume-Uni pour trouver la meilleure solution possible » se gargarise Donald Tusk.
Je ne sais pas si Verhofstadt a dit vrai l’année dernière au sujet des Anglais. L’Angleterre freinerait depuis toujours une socialisation de l’Europe en étant l’œil des Américains à l’intérieur de la forteresse. Nous verrons si l’Anglais dehors – ce qui traîne un peu – l’Europe retrouvera des couleurs et s’intéressera davantage à ses citoyens.
Dans l’alternative contraire, c’est tout le tralala à Bruxelles et les levers de rideau à Strasbourg qui risquent de mal finir.
En Belgique, l’Europe n’a permis qu’aux rentiers des partis politiques d’y aller ronfler à l’aise, sans aucune honte comme Messieurs Deprez et Michel.
Cette image des Institutions européennes est partagée par une majorité de gens qui sont persuadés qu’on s’y moque d’eux.
L’Europe des bureaux ne serait qu’une extension des grandes écoles peinant à caser leurs brillants sujets, une académie sans chapeau melon, mais avec de belles bottes de cuir pour nous botter le cul, au nom de l’intelligence supérieure des élites auxquelles nous ne comprendrons jamais rien.
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1. Bejeweled Blitz est un jeu vidéo de puzzle anglais téléchargeable, publié par PopCap Games.

11 avril 2019

Gérard Deprez jusqu’au 26 mai !

Deprez Gérard est comme Zizi Jeanmaire, il ne peut pas quitter son truc en plumes discrètement, et partir sur la pointe des pieds en danseuse élégante qui aura vécu et bien vécu de belles années de pantouflage à l’Europe, avec la complicité d’un nouveau Noureev : Louis Michel, lui aussi raccrochant ses chaussons.
C’est un thème de philosophie « Il suffit de se croire important pour l’être ». Ces deux là le sont devenus en importunant le monde, avec la persévérance d’un placier en démonstration d’aspirateurs. Ils ont fait la joie de deux générations de journalistes libéraux réformateurs, comme ils le sont tous.
Ils aimaient Gérard Deprez quand il refaisait surface avec son schnorchel pour nous pomper l’air. Avec son sourire MR, sa lèvre moqueuse et les yeux pétillants de belle garce PSC, il nous vendait la peau d’un de ses bienfaiteurs. Puis, il nous sortait une vanne du temps de Mazarin !
Il fait ses cartons à Strasbourg dans un complet anonymat. Les portiers ne le reconnaissent pas. Même avec son badge, Gérard doit sortir une pièce d’identité.
Cet homme est un mystère. Comment au Mouvement Réformateur est-on reconduit dans les mandats rémunérés quand on n’est pas de la famille Michel ? Lui en a été régulièrement sans qu’on sache comment ! Même Didier Reynders a du mal, surtout qu’on sait qu’il est plein de mauvaise volonté à la section MR de Bruxelles-ville !
Gérard, ancien beau gosse, a pu plaire dans l’antique PSC. Gamine, Joëlle Milquet en était bleue. Il a cru l’entraîner au bar d’en face, en lui passant une main autour de la taille. Il s’est pris une mandale et elle a fait le CDH à elle toute seule.
Le marlou s’est vendu au MR avec soi-disant un gros paquet d’électeurs, à négocier. Didjé et Gros Loulou ont été arnaqués : quelques bigotes… ses vieilles amours de sacristie. Mais Gérard a charmé les MR, l’œil à la Marlon Brando, comme du temps où Joëlle tombait raide ! Il a fait sa cour à la mère Michel. Il s’est révélé l’indispensable napperon brodé sur un coin de cheminée. À tu et à « trois » dans le ménage !

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Et le voilà au pot de départ, avec son petit baluchon, la tignasse frisette et grisette, l’air malheureux. Juste encore un petit mot au micro implore-t-il des yeux, avant de basculer dans le néant, comme s’il venait d’un autre endroit !
Sa dernière vanne : « Je ne souhaite pas que Theo Francken fasse partie d'un futur gouvernement", a-t-il dit à un préposé de La Première (RTBF), qui avait pris la précaution de se renseigner au haut-lieu pour s’assurer que Gérard avait encore droit à l’antenne.
Oui, Madame, Gérard ne veut pas partir sans qu’on sache que le faiseur de roi c’est lui !
Les notes, qu’il a laissées sur le bureau du MR, pourront en témoigner pour les dix prochaines années, quand Gérard sera à la pêche aux thons du côté des îles Marshall.
L’artiste libéral européen revient saluer en baisser de rideau. Il a trouvé une noble cause. Il entre une dernière fois en croisade aux noms des soudanais que Francken expulsa avec la collaboration des représentants du régime venus de Khartoum, pour prendre livraison des futurs gibiers de potence et déjà culs de basse-fosse en Belgique.
Juste cause, s’il en est. Mais qui se souvient encore de ces malheureux voués à la destruction loin des yeux et « des droits de l’Homme », dans un Soudan pétrifié de terreur par l’islamisme strict ?
Qu’avait fait Gérard en son temps, pour empêcher ces meurtres différés ?
On ne sait plus.
En 2014, la N-VA s'est retrouvée au gouvernement par le fait du CD&V, pas du MR, a-t-il souligné. Ah ! bon. L’épisode soudanais, la pique contre Francken, c’était juste pour blanchir le MR de toute promiscuité avec la N-VA !
Franchement, Gérard continue de nous prendre pour des imbéciles.
La veille de décrocher et n’ayant plus rien à perdre, le voilà qui paie sa dette au MR ! Étrange animal que Deprez. Il n’a plus besoin de jouer les reconnaissants, que ne l’avait-il été avant !
Après le 26 mai, poursuit-il "je ne dis pas, on repart avec la N-VA mais je dis qu'on ne pourra peut-être pas faire sans".
Gérard veut bien, mais sans Francken…
Et pas un mot gentil pour Didier Reynders ! Il en veut toujours à Didjé d’avoir voulu le dégommer de sa place à prébendes le coup avant ces élections du 26… Rancunier, va !
Adieu Gérard ! On ne peut pas dire que tu auras compté beaucoup en Belgique, mais malgré tout, le petit peu que tu aies fait, aura fait bien du tort à tout le monde.
C’est ce que tu cherchais, non ?

10 avril 2019

Le Grand Débat !...

Pour assécher le terrain sur lequel les Gilets Jaunes bataillent depuis des mois, il y avait deux solutions.
La première aurait fait que le pouvoir reconnaisse s’être trompé et fasse droit aux deux principales exigences des Gilets Jaunes, rétablir l’ISF – ce qui était facile – et procéder à de nouvelles élections, subsidiairement remplacer lesdites par référendum – ce qui était impossible de la part des gens en place.
Macron représente les intérêts de la droite française. C’était capituler en rase campagne. Logiquement, il ne lui restait plus qu’à démissionner.
La deuxième consistait à trouver une formule d’attente d’un retournement de l’opinion publique. Les énarques, dont la présidence est friande ont donc soumis un plan en trois phases à Macron qui l’a adopté. Nom de code : le Grand Débat.
Préparation par un travail au corps des populations. Macron a fait le tour des mairies, comme le général fait le tour des popotes, avec des logorrhées dont certaines durèrent six heures !
Les Gilets jaunes étaient toujours dans les rues le samedi.
Puis, le premier ministre Edouard Philippe s’institua organisateur du Grand Débat. Chacun était invité à y participer. Grand succès de participation selon l’Élysée. Gérôme Firquet, politologue, n’y voit qu’un apport évident des 18 à 19 % des électeurs, ceux qui initialement votèrent Macron. Le reste de la population est resté dans ses quartiers, comme dirait le militaire.
Les Gilets Jaunes étaient toujours dans la rue.
Enfin, nous voici à la conclusion, moment redouté par le pouvoir et par les énarques qui risquent leurs têtes.
La synthèse par Édouard Philippe est en cours.
On sait déjà que certaines propositions seront écartées, mieux auraient été évitées et ne seraient pas entrées dans le cahier de doléances, l’ISF notamment.

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Pour faire semblant de ne pas toucher aux pensions et pour faire plaisir à Jean-Pierre Delevoye rapporteur sur la question, l’âge de la retraite restera fixée à 62 ans, avec un système de bonus incitant les titulaires de petites pensions ou de pensions incomplètes d’aller jusqu’à 65 ans ou plus. Autrement dit, les pensionnés qui revendiquaient une meilleure qualité de vie, auront le choix entre végéter à partir de 62 ans avec une retraite inchangée ou poursuivre le travail dans l’espérance d’une meilleure pension à condition d’avoir un employeur compréhensif, bien entendu. C’est ce qui s’appelle une revendication satisfaite par de nouveaux inconvénients sans qu’il n’en coûte rien à la collectivité.
Le reste est à l’avenant. Il n’y aura pas de taxes spécifiques liées à l’écologie, mais certaines majorations dans des domaines différents seront versées dans le programme écologique. Ce qui est une manière détournée de faire payer le gros de la population sans que les riches contribuent davantage à l’écologie, alors qu’ils sont manifestement par leur train de vie les plus gros pollueurs.
La baisse de la TVA sur les produits de première nécessité serait une mauvaise idée (dixit Gérard Darmanin).
Après de faux bruits, rumeurs et bouteillons lancés par le pouvoir afin de sonder les gens, le prince prendra la parole pour donner son avis, le seul qui compte de toute manière. Il procédera à des changements selon ses vues.
Les Gilets Jaunes seront toujours dans la rue. Ils n’auront vraiment pas été consultés et le pays restera ingouvernable.
Voilà ce que l’on peut dire de concret. L’essentiel sera dans le signal que le pouvoir recevra des élections du 26 mai (la France ne vote que pour l’Europe à un tour). Si Macron reste en tête (les sondages le donne au coude à coude avec Marine Le Pen, mais ils sont peu fiables), c’est que sa réplique à la colère de ceux dont on occulte systématiquement l’existence aura fonctionné, sinon la France est repartie pour de nouvelles séquences de flash-Ball et Castaner reparti dans ses délires sur sa conduite de l’ordre public.
Cette machinerie a quand même un bonus à son actif.
Les poursuites contre l'ex-collaborateur d'Emmanuel Macron, Alexandre Benalla, vont leur train… cette fois de sénateur, grâce à la commission du Sénat qui a déposé au parquet de Paris ce dossier explosif. Celui-ci a ouvert une enquête pour "entrave à la manifestation de la vérité". Le bonus, c’est qu’on n’en a peine parlé dans les médias.

9 avril 2019

C’est pas sérieux, c’est du belge.

Une actualité chasse l’autre, c’est bien connu.
Certaines ne sont rappelées qu’en fonction de l’anecdote. La guerre en Libye entre factions rivales est de celle-là. Pourtant, elle remet en question la participation de la Belgique à l’OTAN, ces guerriers du bon deal qui ont déposé Kadhafi et plongé le pays dans l’anarchie.
Les américanolâtres s’en féliciteront, d’autres jureront que la Belgique n’a rien à y voir. Il faudrait savoir de quelle manière on adhère à un pacte pouvant entraîner une action militaire, sans que la Belgique soit impliquée en qualité de pays membre ?
La visite éclair en Libye de MM. Nicolas Sarkozy et David Cameron, le 15 septembre 2011, consacrait le succès de la guerre menée par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) contre les troupes du régime de Mouammar Kadhafi.
La Belgique obtenait sa part de gloire et de mérite dans une action qui sauvait des centaines de milliers de gens et débarrassait le pays d’un tyran, a-t-on dit.
Quelques centaines de milliers de morts plus tard, peut-être un million, au lieu de reconnaître notre contribution surtout à « foutre la merde » en Libye, personne en Belgique ne reviendra sur un traité qui nous mène à faire la guerre sur un autre continent « pour conserver l’intégrité de notre territoire » !
Aujourd’hui encore, les milieux de pouvoir ne s’interrogent pas sur l’utilité du pacte atlantique et sur la vassalité de l’Europe aux USA que cela implique.
Pour rappel, Di Rupo était premier ministre. Avec les libéraux, il n’avait que des louanges et des félicitations à transmettre aux troupes victorieuses, jouant les démiurges avec sa fausse modestie habituelle.
Oui, la politique de Kadhafi fondée sur le clientélisme et le régionalisme, était haïssable, mais au même titre que l’Arabie Saoudite et Israël l’étaient à diverses raisons, ils le sont toujours.
Géopolitiquement, le régime Kadhafi, avec sa rhétorique nationaliste et anti-impérialiste, avait contribué à la construction d’une identité nationale.
L’OTAN et la Belgique ont dégagé le terrain pour une guerre civile. D’anciennes rivalités locales, ranimées par le conflit, se sont ajoutées à l’insurrection et à l’opposition traditionnelle entre centre et périphérie. La dissémination des armements que nous avons vendus avec la France et l’Allemagne à Kadhafi ont aggravé la situation. Les embryons d’Etat et d’armée régulière érigés sous le règne de Kadhafi se sont volatilisés avec lui. Aucune structure officielle disposant du monopole légitime de la violence n’a pu se constituer, du fait de la concurrence entre villes, factions et régions, ce qui fit le lit de l’État islamique.
Aucun parlementaire de la majorité n’a demandé des comptes à nos chefs victorieux du tyran, quand celui-ci, mort un 7-65 en or de la FN à la main, un tas de tyranneaux de village sont sortis de la boîte de Pandore, aussi meurtriers et sanguinaires que feu le colonel.
C’est à se demander si Trump voulant se débarrasser de Maduro par les armes, nous n’enverrions pas un contingent belge pour en découdre au Venezuela ?
L’OTAN et ses imbrications concernent directement les Belges dans les deux élections du 26 mai, l’Europe qui tarde à se socialiser et la Belgique fédérale, avec les gros matous N-VA et PS, finalement d’accord sur nos alliances économico-stratégiques.
Que je sache, c’est silence radio à Bruxelles sur une politique autrement plus importante à l’avenir, que de savoir si dans des communes à facilités on doit ou ne doit pas réclamer des formulaires en français !
Reste une veste à endosser pleine de trous, ramassée entre deux conflits libyens. Elle concerne le dégel des fonds libyens confiés par l’ONU à la Belgique méritante.
C’est Reynders qui l’endosse. Déjà en perte de vitesse dans son parti, affaibli par tous ceux qui l’ont lâché ces cinq dernières années, mal aimé à la Fédération bruxelloise du MR – le comité se plaint de sa mauvaise volonté – le voilà pris en flagrant délit de mensonge, puisqu’il a toujours déclaré ne pas être intervenu dans le dossier du dégel des fonds libyens et qu’on a son courrier aux autorités libyennes qui prouve, au contraire, qu’il était bien à la manœuvre.

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Alors que le drame Libyen, dont nous sommes en partie responsables, n’intéresse personne, reviendra-t-il chatouiller nos consciences de la friponnerie : un milliard et demi de dollars que Reynders a versés dans les poches de factieux libyens et de ses amis industriels ?
Dans cette ténébreuse affaire dirait Balzac, pas que Didjé à se ficher du monde, Charles Michel s’est mis à finasser avec le prince Laurent qui veut en croquer aussi légitimement que les autres et à qui Michel a fermé le guichet de la banque au nez.
Cette affaire enterrée hâtivement le 15 mars par les députés en Commission reste un mystère, comme tout ce qui touche aux affaires sérieuses qui ne sont jamais résolues en Belgique.
La situation chaotique en Libye l’est tout autant. À la différence qu’ici nous sommes soi-disant dans un État de droit !

8 avril 2019

Belgique 41° température rectale.

Cette fois est-ce la bonne ? La machine infernale est enclenchée. Ce n’est pas le 26 mai que le conformisme belge va péter son usine à gaz, mais le 27 au vu des résultats. L’interlude va être long. Charles Michel va se faire des pépètes au moins pendant un an aux affaires courantes.
La même ambiance à perpète que mercredi dernier à Tour & Taxis entre Bart De Wever et Jean-Marc Nollet, Charles Michel pourrait aller jusqu’à la pension en intérim.
D’abord, des trapézistes s’apprêtent à quitter le navire pour ne pas voir le chapiteau faire faillite. Après tout, on les a payés pour être responsables. Ils ont pris l’argent et ont laissé la responsabilité à ceux qui restent, responsables mais pas coupables, comme a dit Fabius…
Citons le vétéran Louis Michel, dit le roublard innocent à vie, qui ne briguera plus aucun mandat après le 26, 42 ans de gavage n’en ont pas fait une oie blanche. Gérard Deprez, Machiavel, quitte le MR qui l’a nourri, blanchi, logé, ayant frôlé la prépension la législative dernière. Joëlle Milquet, la vamp in fine d’une ténébreuse affaire s’en va apaisée, les mauvaises langues disent affaissée. Et quelques illustres au pot de départ, Delpérée, Onkelinx, Cheron, Durant, de Croo père.
Le match de Wever – Nollet ne les intéresse plus. Ils vont vivre de la rente, comme José Happart, depuis sa fermette observatoire sur le plateau de Herve.
Ont-ils jamais été intéressés ? C’est à cause d’eux qu’on en est là aujourd’hui. On rassure les âmes sensibles. Leur retraite sera exempte de toute difficulté financière. Vous y avez pourvu, merci pour eux. Aucune réclamation n’est admise. Le matériel non emporté est en l’état bien connu de l’acheteur (nous) ! Louis risque même de faire des misères au niveau des trois ou quatre pensions, au même titre que ses salaires qu’il trouvait sous payés.
Le match sans eux sera sanglant… augmenté des ardoises qu’ils ont laissées.
Les suivants déconnent déjà ! Loi climat, environnement, fiscalité, avenir de la Belgique, politique migratoire : entre le leader de la N-VA et le coprésident d'Ecolo, tout y est passé.
Deux visions de la société diamétralement opposées. On va regretter Gros Loulou, avec lui c’était catastrophique, mais ce n’était pas grave.
Sur le climat, les deux sont aux antipodes, ils se parlent sous condition de ne pas s’entendre.

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Nollet enfonce le clou. Bart De Wever fait semblant de résister à la douleur. De Wever défend un système économique libéral indéfendable. Aucune des mesures préconisées par la N-VA n’atteindra son but. Les cochonneries sont mises sous le tapis.
L'éco-réalisme est la dernière combine de la bourgeoisie pour faire semblant de faire de l’écologie, tout en continuant de pisser dans l’eau de Javel. De Wever insiste sur le fait qu'il faut définir un équilibre entre la transition écologique et la compétitivité des entreprises. On ira donc vers les 3 degrés de réchauffement, une pollution définitive, mais rassurés sur l’état de la croissance. "L’autorité flamande nous dit que, en 2020, la Flandre ne sera qu’à – 4,7% de réduction des gaz à effet de serre. Il s’agit d’une faible réduction en regard de la baisse de – 15,7% décidée en 2005, et voulue par l’Accord de Paris sur le climat. »
Passons le volet migratoire, De Wever est contre la migration des francophones en Flandre, inutile de lui demander ce qu’il pense des Libyens et des Syriens.
Question salaire, les voilà d’accord sur la nécessité d’augmenter l’écart entre les bas salaires et les indemnités de chômage. De Wever turbine à la méthode initiée par Di Rupo et reprise par Michel : supprimer l’allocation de chômage après deux ans. Nollet est partisan d’un relèvement du coût salarial.
Un extrait de presse est significatif de l’ambiance « Les sondages suggèrent que la famille écologiste et la N-VA seront après le 26 mai, deux groupes conséquents à la Chambre. Travailleront-ils ensemble dans un même gouvernement ? « Pas même quand les poules auront des dents » (De Wever).
On a là deux visions du monde totalement antagonistes. Comment va-t-on arranger la popote du fédéral, puisqu’on n’a pas voté de révision de la Constitution et que le confédéralisme n’est pas pour tout de suite ! Il ne reste plus que la solution de se faire la gueule quatre ans.
Pour financer quand même un État au bord de la dépression nerveuse, faut-il des impôts nouveaux ou faire des économies ? C’est trop. Ces questions foutent le bordel !
Le coup d’envoi de la campagne électorale indique qu’on n’est pas près d’un accord gouvernemental de sitôt.

7 avril 2019

L’éloquence discursive.

Il manquait au discours préélectoral de Di Rupo, le pathétique de celui de Charles Michel, lorsqu’il vilipendait la N-VA, pour ensuite diriger le pays avec elle, au point de former avec Bart De Wever, un duo quasi amoureux, le grand émotif libéral lui passait tout !
Voilà qu’Élio accomplit le préambule de la même performance !
Il l’a même « martelé » selon les journaux Le Soir et Sudpresse.
"On peut, il faut, former un gouvernement sans la N-VA". Le président du PS est excédé, paraît-il, par la ligne de communication du MR de Charles Michel, qui met en garde contre un présumé grand dessein PS-N-VA, après les élections du 26 mai. Charles jaloux d’Elio ?
"Le prochain gouvernement fédéral, ce sera avec la N-VA sans le PS, ou avec le PS sans la N-VA. J'espère que c'est clair, cette fois". C’est ici qu’intervient le martèlement annoncé plus haut. Au MR, on est satisfait. Le prochain gouvernement ce sera encore avec le MR !
Au fond, on sait ce que vaut la politique de martèlement préélectoral. Par le passé, le PS n’a jamais rechigné à faire alliance avec le MR, ni avec le CDh (ex PSC), les courants les plus en pointe de l’économie libérale, bien plus dures que la N-VA actuelle.
Qui se souvient encore de Max Buset (PS) et du pacte scolaire de 1958 ? Le PS de l’époque s’était lancé dans un compromis sur la laïcité qui fait toujours le bonheur de l’extrême droite aujourd’hui. Il déconstruisit toute la laïcité enseignante humaniste. Depuis, on a compris entre le discours et les faits, il y a un boulevard.
Le même Di Rupo s’était lancé jadis dans l’apologie des gouvernements mixtes dits de compromis. Chacun négocie une part de son programme, afin de ne pas léser tout à fait ses électeurs. Dans les faits, ces compromis n’ont jamais produit autre chose que des électeurs de gauche cocus sur toute la ligne. Ce qu’a toujours contesté Di Rupo.
Que révèle, à part l’effet de menton en imitation à celui de Charles Michel, son « tout mais pas Bart De Wever » ?
Il révèle une sottise ou une fourberie, au choix. Je ne prends pas Elio Di Rupo pour un sot, mais pour un « furbo », mot italien à mi chemin entre notre « fourbe » et un sens poussé de la diplomatie, insulte en français, qualité de gouvernance en italien.
Di Rupo sait très bien que la politique de compromis, dans laquelle son parti est engagé depuis plus de cinquante ans, se plie à la réalité des chiffres pour consommer la démocratie sous forme d’alliance et des places à prendre.
Si la N-VA est incontournable en Flandre, Elio Di Rupo ayant l’opportunité de monter un gouvernement d’alliance avec la N-VA, le fera sans aucune espèce de difficulté morale.
Mais, il y a autre chose qui gratouille Elio Di Rupo, au point qu’à la tribune, l’aigu de la voix monte étrangement dans les vocalises du haute-contre, faisant hurler les chiens. .

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Ce n’est pas le dédain que Bart affiche des immigrés, des chômeurs, le goût des bas salaires et des cisaillements dans les indemnités maladie, qui affligent Di Rupo. C’est le séparatisme qui travaille la Flandre, depuis le temps où elle n’a plus aimé le roi et vu ses églises se vider. Di Rupo n’est pas séparatiste, avec le patronat et la bourgeoisie, il adhère à la Belgique de l’Expo 58, ses truismes, ses tautologies, sa patrie et son roi.
Di Rupo est un homme du présent tourné vers… le passé ! Il croit avoir réussi à faire du PS un parti de gauche à l'Américaine, qui n’est ni marxiste ni Quaregnonnais.
Aussi curieux que cela puisse paraître – je sais que rares sont les personnes qui pensent ça – mais, de son point de vue, il a raison de défendre politiquement le conservatisme du PS. Il défend son gagne-pain !
À l’examen, il ne tiendrait pas le coup une seconde devant le modernisme d’une gauche qui constate l’échec de son socialisme. L’électeur de gauche considère l’idée du capitalisme que se fait le PS, plus dépassée que le capitalisme lui-même !
Qu’adviendrait-il si Di Rupo se mettait à concurrencer le PTB sur ce qu’il conviendrait de faire pour rendre de la dignité aux travailleurs, de la considération aux gens, des perspectives d’avenir moins misérables ? Mais il se mettrait lui-même dans l’embarras, puisqu’il croit toujours la société pareille à celle qu’il a connue, jeune italien émigré, qui a progressé incontestablement depuis et dont il croit le PS capable de la faire repartir !
Son discours répulsif à l’égard de la N-VA fait partie de ce jeu-là. Il chuchote la même mélodie du bonheur, connote son royalisme et sa nostalgie de l’Expo 58 du village de le Belgique heureuse.
Étrangement pour quelques temps encore, le public aimera les has been. C’est son pied de moule qui fait coller Di Rupo au wharf de cette société là.
Résistera-t-il au gros temps proche ?
L’échec confirmé, s’il tentait du hollandisme pour rattraper l’électeur, aux élections suivantes, il n’atteindrait pas les 10 %.
Voilà pourquoi il doit jouer le conservatisme et le bourgeoisisme toujours dans la tête de beaucoup de Belges qui ont du mal à percevoir la société des années 2030 qui se profile Le MR en est au même point, du reste.
Di Rupo a consulté, paraît-il, deux millions d’électeurs. Il a conçu un plan de réforme fiscale. Il n’est pas le premier. Il a oublié qu’il n’est pas devant le Bankomat, mais derrière.

6 avril 2019

Dépouillé avant dépouillement…

…c’est le cas de l’électeur qui vote « convenable » en oubliant que Charles lui a déjà piqué son portefeuille.

Petit vade-mecum à l’usage des élus (à ne pas jeter sur la chaussée)
.
Un homme politique digne de ce nom ne pense pas en fonction de la durée de son mandat, il voit bien au-delà. Il n’échafaude pas de plan de carrière au détriment de l’intérêt public. Il s’intéresse à la géopolitique, même si son contrat avec les citoyens le cantonne à des préoccupations purement locales.
Étonnamment les élus des grands partis de pouvoir sont tous bien d’accord sur ses principes généraux.
Le hic, c’est qu’aucun ne les respecte.

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Carnet d’un électeur insight. (Introuvable en librairie)

Les discours du PS et du MR sont aberrants. Il y a aujourd’hui, avec les progrès de la science et des connaissances, des certitudes qui ne peuvent être contredites sous peine de conduire les gens à des impasses et ceux qui les y conduisent à être des criminels.
Tout le monde le sait, le système économique néolibéral est incompatible avec une gestion équilibrée des richesses naturelles, que son principe est déterminant des futurs désastres et que, malgré cela le discours majoritaire reste invariable depuis le siècle dernier où l’on n’attachait nulle importance à l’exploitation sans limite des richesses de la planète et où l’on croyait à la croissance infinie.
Du système social qui se voulait sans classe, vient de surgir la contestation visible des Gilets Jaunes qui nous fait obligation de repenser cette société autrement que comme la voyait Elio Di Rupo dans son bêtifiant discours d’avant 2008 et qui a orienté le PS dans la politique social-démocrate, vers ce que l’on a appelé la société du mérite.
Tout qui sort des écoles avec un diplôme aura un bon salaire et une promotion adaptée à la qualité de ses études, dit-on encore dans les réunions politiques à l’ancienne.
Les écoles sont divisées entre les élites et les classes inférieures. Au lieu de former des humanistes avant tout, on y spécialise à outrance, si bien que l’on peut en sortir avec un diplôme universitaire et rester ignorant toute sa vie, comme on peut très bien y glander au fond de la classe en attendant l’âge légal pour chômer et être d’une intelligence supérieure.
Malgré cela des populations du bas de l’échelle se sont instruites sans diplôme ou presque. L’école sert aujourd’hui à faire prendre patience aux diplômés et à culpabiliser les autres.
Ce qui devait arriver est devant nous, cette population intelligente qu’on croyait abrutie, voit bien les inégalités sociales et la pauvre vie qu’on lui destine. Étonnez-vous après cela, messieurs, qu’il y ait des violences qui sont des signes d’impatience que l’on peut contester, certes, mais qui demandent d’urgence une solution.
Ce traitement du social, non seulement c’était une illusion, mais en plus il a joué sur l’allongement de la société bourgeoise dans sa définition actuelle.
Si bien qu’en fonction d’un système prêt à rendre l’âme, MR et PS persévèrent dans la conduite austère des affaires sous prétexte d’honorer une dette qu’aucun État européen aussi riche ou pauvre soit-il, ne remboursera jamais. Enfin, ces partis se focalisent sur une réussite économique à propos de quelque chose qui est déjà obsolète et largement dépassé.
À ces ratages d’ordre privé, il fallait ajouter l’erreur de stratégie de toute l’Europe, toujours obnubilée par la puissance américaine, affiliée à l’OTAN et reprenant à son compte toutes les querelles économiques de Donald Trump.
Si l’Europe veut se dévassaliser des USA, elle n’a qu’une seul alternative, renvoyer l’OTAN dans ses foyers, fonder une armée européenne, puisqu’il n’y a pas d’autre alternative pour exister géopolitiquement et surtout laisser s’affronter les deux géants économiques que sont les USA et la Chine, en recherchant une alliance avec la Russie, pays européen s’il en est, avec ses défauts et ses ambiguïtés, certes, mais nécessaire si l’on veut construire réellement une Europe qui ait de la consistance.
Or, que font nos mauvais prophètes Charles Michel et Elio Di Rupo ? Ils militent contre leur propre camp et contre les intérêts des peuples européens en s’américanisant au point que la dernière foucade flamendo-belge a été d’acheter des avions de chasse aux Américains, alors que l’Europe en produit de meilleurs ! (1)
Quand on entend les raisonnements pour l’OTAN et cet atlantisme bêlant de Charles Michel, l’emploi des commerces de proximité autour des bases et des états-majors de l’OTAN, on comprend pourquoi cette politique de l’épicerie, à terme détruira même les emplois des épiciers !
Ce personnel politique cumule une somme importante d’erreurs. Il reste déterminé à ne pas changer d’un pouce l’ensemble de sa politique d’une bêtise confondante. Il s’apprête à nous demander de déterminer un choix entre le bleu et le rose ! De témoins, il nous demande d’être complices !
Plutôt manger mon bulletin de vote.
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1. La concurrence par appel d’offre ne tient pas dans le cas de l’avion chasse Lockheed. L’Armée américaine ne s’équipe pas en matériel militaire en Europe par appel d’offre !

5 avril 2019

Attendez-vous à savoir…

Il fallait s’y attendre, dans la perspective d’un gouvernement PS-N-VA, Bart De Wever prend les devants. Puisque l’excuse ne sera plus économique après l’échec de Charles Michel (ce qui ne veut pas dire qu’on changera l’économie néolibérale), elle portera sur l’immigration et le communautaire.
C’est malin de sa part. Après le 26 mai, Di Rupo se trouvera devant un dilemme, négocier sur l’immigration pour mieux progresser sur le communautaire, comme si de rien n’était.
Pour tout dire, l’Anversois sait bien que l’immigration sera de toute façon contenue. Les lois belges et les décisions européennes dans le sens d’un renforcement de la surveillance des frontières, le pacte honteux avec Erdogan faisant de la Turquie un camp de concentration, on est paré.
Il peut donc faire semblant de lâcher du lest. 2.100 € de revenu net d’une famille, pour avoir le droit de rapatrier des enfants d’immigrés établis en Belgique. Le président de la N-VA sait bien que cette concession ne remplira pas les salles d’attente de Zaventem.
Di Rupo aura ainsi l’occasion de faire savoir à sa troupe d’électeurs de première génération que des progrès ont été accomplis sur l’immigration grâce au socialisme. Quelques concessions supplémentaires plus loin, De Wever lui laissera le bénéfice de la qualité d’accueil améliorée, dans le projet du nouveau gouvernement.
La vaseline appliquée bien onctueuse, on entrera dans le réel. La N-VA remet le thème de la compétence des Régions à l’ordre du jour. C’est un programme modéré qui prend à contre-pied le Vlaams Belang, mais personne ne sait ce que cette modération réserve de modifications au pays.
Bart De Wever pourrait très bien remuer chez les socialistes le souvenir du Mouvement Populaire Wallon qui aurait applaudi à la fin de la Belgique, si les socialistes l’avaient voulu dans les années soixante. La génération qui a fait carrière au PS et s’est enrichie sur cette renonciation a disparu, avec son dernier représentant Philippe Moureaux. Les successeurs sont-ils toujours heureux d’avoir renoncé à l’indépendance de la Wallonie alors que ce sont leurs aînés qui ont vécu sur le prix de leur trahison ?
C’est sur cette idée qui semble bizarre aujourd’hui à la plupart des Wallons qui ont oublié la vague indépendantiste de 60, que Bart De Wever pense ramener petit à petit le social-libéralisme francophone à un confédéralisme tout sucre tout miel, pour ne pas faire peur.
Carl Devos, politologue à l’Université de Gand : « …on en viendrait à oublier que le gouvernement est tombé sur la question migratoire. Le thème a été remplacé par le climat et le pouvoir d’achat… la migration ne fera plus reparler d’elle avant quelque temps ».

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Quoi de mieux que raviver le nationalisme ? Pas tant pour remiser l’immigration au fond d’un placard, que pour faire oublier que le programme économique de Michel ne conduit qu’à une poussée d’urticaire sur le social que Bart De Wever veut éviter, avec ce qui est assez curieux, l’approbation de Di Rupo lui-même qui craint que s’embarquer sur le pouvoir d’achat, c’est se faire battre d’avance par les arguments du PTB.
Reste donc le communautaire, cqfd.
De Wever fait de la corde raide avec le Belang. S’il se montre trop radical, les électeurs du centre passent illico chez Alexandre De Croo.
Carl Devos : « De Wever a changé son fusil d’épaule et verrait d’un bon œil, sur le plan national, une coalition « bourguignonne » (sp.a, Open VLD et N-VA). Il a donc tout intérêt à ne pas se rendre infréquentable pendant la campagne. »
Vu ainsi sur le plan national, il va de soi que le PS de Di Rupo a sa chance.
L’immigration remise au placard, c’est aussi pour Theo Francken au sein de son parti un coup qui le ferait redescendre loin derrière son leader, lui qui se croyait déjà calife à la place du calife.
De Wever aurait profité de l’affaire Kucam (ce membre de son parti, ami de Francken, qui aurait monnayé au prix fort des visas humanitaires).
Reste à établir un programme de la reprise du chemin du confédéralisme. De Wever a sa petite idée.
Nous allons vivre une législature bizarre. Rien ne sera fait sur les deux modifications essentielles à savoir le social et l’écologique. Quoi de mieux que les socialistes pour orchestrer cela. Tout convergera vers un confédéralisme qui aura le chic de faire croire que c’est mieux pour tout le monde et pour l’économie libérale. Comme de bien entendu, cette politique sensiblement la même que celle de Charles Michel ne profitera qu’à la bourgeoisie de haut niveau, comme toujours. Mais ce sera l’occasion pour le MR de crier au scandale, comme d’habitude.
Reste une petite formalité : les élections. Les instituts de sondage sont formels : dans la piste aux étoiles, il y en aura peu de nouvelles. C’en est au point qu’on devrait faire l’économie des urnes et se fixer sur le choix des sondages. Le temps des algorithmes est venu, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ni Michel, ni Di Rupo, ni Bart De Wever sont des robots, ce sont des images subliminales dont le projectionniste nous est inconnu.

4 avril 2019

Soyons brefs !

À tout prendre, on dirait que les élections de mai n’intéressent personne en Belgique. Ce serait croire qu’il suffit de lire la presse pour se transporter au temps où le chocolat coulait dans les rivières et que ma grand-mère lisait « Bonne soirée » au coin du feu. En réalité, le sujet est tabou, il s’agit ni plus ni moins de remettre en cause le système économique si l’on veut une justice sociale et sauver la planète par la même occasion. Les deux sont liés et sont chacun d’une importance extrême. Les conséquences en sont tellement graves pour l’ordre établi que la bourgeoisie veut repousser le dossier au plus loin possible dans le temps, et surtout pas maintenant !
Donc, dans la société bourgeoise à laquelle, bon gré mal gré, nous appartenons, il est interdit d’en parler.
Cependant, deux partis bravent cette interdiction : le PTB et Écolo.
Il est par conséquent dans la logique d’un condominium d’intérêts économiques, européens et atlantistes que l’on évitât de rencontrer ces deux fâcheux trop souvent à propos de l’événement du 26 mai.
Enfin, dire que le 26 est un événement, c’est peut-être faire trop d’honneur à une mascarade à la fin de laquelle les masques tombent pour s’apercevoir que ceux qui prendront la parole au nom de tous, sont triés sur le volet, le même volet depuis cent cinquante ans.
Alors de quoi vont être meublés les jours qui viennent ?
Le sujet du jour ce sont les rapports « apaisés » entre le PS et la N-VA.
La presse ne veut entendre rien d’autre.
Il semble que l’aporie vers laquelle court l’économie, les SDF dont le nombre devrait inquiéter, le plastic qui fait mourir les cachalots et le réchauffement qui va vers les trois degrés (et ce n’est qu’un début), n’intéresse que le PTB et Écolo, exclus des débats, donc qui ne devraient en principe n’aboutir à aucune prise de conscience. C’est tout juste si on leur concède d’ouvrir des débats en-dehors du cadre délimitant la Belgique, dans le périmètre qu’on leur a concédé par bonté d’âme et pour ne pas faire mentir le droit à la parole, comme une concession octroyée par complaisance.

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Déjà que les états d’âme du PS ne sont pas d’un grand intérêt, ce mini événement n’est pas propre à rehausser l’attention portée à la politique de la Belgique.
Et, ne serait-ce que cela, n’est-ce pas déjà un objectif « estimable », glapissent nos intellectuels ?
Faisons mine de nous intéresser aux faits saillants du jour.
Le PS a décidé d'annuler tous ses duels télévisés avec la N-VA. Il n'y aura donc pas de grand débat national entre Paul Magnette et Bart De Wever comme en 2014. Le PS a complètement changé de trajectoire.
Contrairement au sujet majeur dont nul ne se préoccupe, celui-ci a au moins le mérite d’être à portée de tous, comme dans une émission de Cyril Hanouna.
Eh ! bien non. Où le Soir et la Dernière heure voient une décision qui n’est que le reflet d’un affrontement interne entre deux flambeaux incandescents, celui de Di Rupo et celui de Magnette, la malignité publique y verrait plutôt un appel du pied à la N-VA pour un futur accord de gouvernement PS, N-VA, du Charles Michel préélectoral à rebours, dont on se souvient des cinglants reproches à ce parti flamingant, aussitôt démentis par des propos amoureux dans une alliance étonnante.
C’est parce qu’il faut bien passer par les élections, mais si on pouvait supprimer cette tradition, les partis au pouvoir ne demanderaient pas mieux et je ne suis pas sûr que l’opinion publique, travaillée comme elle l’a été depuis la guerre froide pour chanter un hymne à la liberté, sans savoir si c’est la liberté tout court ou la seule liberté d’entreprendre, serait bien capable d’approuver.
Bouteflika libéré de tout contrat en Algérie, on le verrait bien faire carrière au MR en quête de personnalités ! Ce serait l’occasion d’articles fabuleux, des éditorialistes en bavent !
Pendant ce temps, les interrogations fusent toujours dans les journaux à propos du manque de réplique du PS à Bart De Wever, plus fort en gueule que jamais : « Alors, que s'est-il passé entre temps? Comment expliquer ce refus du PS de débattre avec son principal adversaire politique de l'autre côté de la frontière linguistique? S'agit-il d'un aveu de faiblesse comme le prétend le parti nationaliste? D'un choix stratégique? Nous avons soumis nos questions à Nicolas Baygert, expert en communication politique. » (Les journaux les plus lus)
Au risque de décevoir tout le monde vous n’aurez pas la réponse de Nicolas Baygert. C’est dommage, parce qu’il s’agit d’un cas d’école. Quand on n’a rien à dire, comment peut-on facturer un contrat d’expertise ?
La bataille d’ego entre Di Rupo et Magnette n’aura pas lieu dans cette chronique. Je prie les lecteurs de bien vouloir me le pardonner.
C’est au-dessus de mes forces !

3 avril 2019

Macron : psychotique ?

On connaît le tranchant de deux philosophes Emmanuel Todd et Marcel Gauchet, pour leur franc parler et la hardiesse de leurs hypothèses.
Lors d’une conférence récente à Science Po et qu’on peut retrouver sur Youtube, ils ont émis quelques idées qui partent dans diverses direction, certes peu approfondies et donc forcément incomplètes, mais qui illustrent bien le désarroi de la société française et par conséquent belge dans sa proximité wallonne de langue et de frontière avec l’Hexagone.
Après cette conférence, j’en ai déduit que la plupart de mes interrogations dans des chroniques étalées sur plus de dix ans portaient sur des isonomies parallèles et qu’elles se trouvaient confirmées par les deux conférenciers.
Voici les réflexions qu’elle m’inspire.
L’événement majeur est bien celui des Gilets Jaunes, spontané et non récupéré par les partis politiques traditionnels.
Il dénote un malaise général de la société française et pourrait-on dire, de la société européenne qui interroge sur les élites, l’économie et la rupture entre les gestionnaires et les administrés.
Ils ne croient pas et moi non plus que la fracture sociale prendrait fin, même si les manifestations du samedi des Gilets Jaunes s’arrêtaient.
Les Gilets Jaunes ont enclenché une interrogation majeure sur le devenir, bouleversant les cadres et les croyances. Ils dénoncent toutes les impostures dont le pouvoir se rengorge. Ce dernier tente de prolonger un type de société qui s’éteint rapidement, malgré les efforts pathétiques qu’il fait.
Les élites autoproclamées n’en sont pas réellement. Les diplômes ont démontré leur dangereux penchant à délimiter un clivage entre ceux qui ont un CV valorisant, contre tous les autres dévalorisant. Ce qui fait que les trois quarts des intelligences de cette société ne sont pas employés et mieux, ne sont plus amenés à s’exprimer. Par effet d’isolement en bienfaits reçus, les diplômés qui « ont réussi » ne comprennent plus la population, en la considérant comme inapte et irresponsable.
L’effet mondialiste de l’économie a encore accentué ce défaut grave des intelligences les conduisant par conséquent à un mauvais jugement et donc à la bêtise. Et on arrive à ce paradoxe que plus on va à l’école et plus on se spécialise dans les sciences, plus on devient bête ! C’est-à-dire dans l’impossibilité de globaliser ses connaissances pour se définir vraiment comme quelqu’un d’intelligent.
Un mot sur les journalistes : la peur de perdre l’emploi et le peu de chance d’en trouver un autre en cas de licenciement, les rendent dépendant de la pensée dominante.
Ce qui fait la force des Gilets Jaunes tient aussi dans l’incapacité de Macron et de son gouvernement de les comprendre. Les dernières nominations montrent bien que Macron est dans un déni permanent de la situation sociale et politique.
En cela, le système présidentiel français est en quelque sorte conçu pour rendre celui qui est au sommet complètement parano. Le caractère de Macron, en sa qualité d’ancien banquier, le pousse à s’occuper de tout et donner son avis à chaque décision que doivent prendre les ministres dans l’exercice de leur fonction.

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Si bien qu’à la deuxième année du quinquennat, la crise des Gilets Jaunes non résolue, tout est bloqué, les réformes qui devraient être faites dans les délais ne le sont pas, mieux, à la lumière des événements, il apparaît que la plupart de ces réformes ne vont plus dans le bon sens, si l’on tient compte qu’elles avaient été faites dans l’esprit d’une économie de marché, mondialisée et à vive concurrence, modèle qui justement a conduit à l’effondrement de la cohésion sociale de ce pays. Nous sommes à la veille de changer de modèle économique et Macron poursuivrait donc son programme de réformes qui datent de ce concept périmé !
Enfin, les deux conférenciers ont émis des doutes sur la capacité de Macron de comprendre les événements en entrant carrément dans le domaine psychique du personnage.
Macron est-il fou ? Dit ainsi, cette question est déplacée, enfin je le pense. Mais que le bonhomme ait une intelligence peu adaptée et en incapacité de juger d’une situation pour en trouver la solution, c’est vraisemblable. Son narcissisme est évident. Le narcissisme est une disposition de l’esprit déterminante dans les décisions à prendre qui ne tient pas compte des avis des autres. Ces logorrhées en public m’inquiètent. Il a une raison qu’il oppose à chaque raison concurrente, c’est-à-dire qu’il s’écoute parler et n’assimile pas ce que les autres disent pour un enrichissement personnel, mais pour trouver des arguments supplémentaires contradictoires, confortant son raisonnement initial.
C’est en cela que ce président est dangereux, au point de nuire à la Nation.
Je me demande si le couple fusionnel qu’il partage avec Brigitte Trogneux n’est pas de nature à renforcer la tendance narcissique par un enfermement dans un délire qu’on appelle en psychiatrie un trouble psychotique partagé ?
L’affaire Benalla révèle en partie ce trouble psychotique par un attachement aveugle du personnage, qui n’a rien à voir avec l’amitié partagée, mais montre plutôt une tendance à la haute estime de son jugement qui devient par là définitif.

2 avril 2019

Process crimes

L'époque est grandiose !
Sur le temps que les médias, attachés au pouvoir comme le morpion aux poils du pubis de madame la marquise, découvrent la calomnie, la rumeur et les fake-news, ces trois calamités incluses d’origine dans les portables des Gilets Jaunes et de leur complice Facebook, le grand air de la Calomnie s’entonne dans les palais du pouvoir en toute impunité.
Nos Rouletabille, qui roulent surtout pour les gens en place, font mine de s’étonner d’une pratique qui date de la plus haute antiquité.
Dans la première partie du spectacle, Macron entre en scène à propos de Geneviève Legay, 73 ans, bousculée par un de ses sbires, des faits niés par lui, reconnus par la justice. Ce qui ne gâte rien, le dénigrement de la citoyenne sur son militantisme et son âge, joint ainsi l’ignominie à la mauvaise foi. Mais silence, c’est la parole du président !
L’apothéose du spectacle, revient à Donald Trump et au procureur général William Barr, à propos du rapport Mueller sur la mise en cause du président et la légitimité de son élection !
Le vendredi 22 mars 2019, Robert Mueller transmet son rapport final au procureur général William Barr. Plusieurs centaines de pages deviennent quatre pages à double-interlignes. Si William Barr a pu écrire sa lettre en quarante-six heures, c’est qu’il a toujours su ce qu’il allait y mettre : Donald Trump est hors de soupçon !
Mais le rapport en lui-même reste top secret et malgré les souhaits unanimes du Congrès, il ne sera sans doute jamais publié !
Deux faits sont connus de façon précise, fort éloignés l’un de l’autre sur l’importance qu’on leur attribue, certes, mais ont un point commun : l’intox !
Personne n’est mis en accusation par Mueller. Barr n’a trouvé aucune trace «inappropriées ou injustifiée», attachée à l’élection du président.
Voilà tout ce que les Américains savent et ils devront s’en contenter. Place à la rhétorique manipulatrice du pouvoir qui ne se prive pas de s’en donner à cœur joie.
L’Amérique a son BFMTV, c’est Fox News. Sur la chaîne, le présentateur glapit à la minute qui suit la fin de la déclaration de William Barr : il y avait eu « non-collusion ».
«No Collusion Day!», c’est la fête sur Fox News, sans se fonder sur aucun fait publiquement établi ou susceptible de l'être, et pour cause, le rapport est interdit. La cause est entendue. Mueller a fait perdre de l’argent aux Américains et les Démocrates en sont pour leur frais.
Dans la grande nouveauté actuelle, outre la fausse nouvelle approuvée comme vraie par les médias dès qu’elle émane du pouvoir, les faits ne sont pas essentiels.
En l’absence de tout fait connu, les républicains proclament la victoire et inventent les leurs. En l’absence de tout fait connu, les Démocrates s’avouent vaincus.
C’est exactement ce qui se passe partout et en France notamment après le tour des popotes de Macron le mois dernier, pour son grand show de débats et c’est ce que vient d’illustrer en Amérique le rapport Mueller.
Les journalistes, à écouter Jean-Michel Aphatie jusqu’à l’écœurement, recoupent les informations à plusieurs sources, avant de les diffuser… sauf quand la source jaillit de l’Élysée comme la vérité sortant du puits !
C’est ça le journalisme aujourd’hui en Amérique, comme en Europe.

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Dorénavant, il n’y a pas de crime, pas de complot, aucun acte répréhensible ne peut être commis émanant des autorités.
La suite discrédite à la fois le pouvoir et le journalisme. L’affaire Trump devient l’affaire Mueller ! À la Maison Blanche, Sarah Huckabee Sanders annonce que le département de la Justice a fourni « une disculpation totale et complète » du président. La question devient « Mueller a-t-il failli, après vingt-deux mois à traquer des faits inexistants ?».
Désormais, en Amérique et en Europe, le public s'informe sur les réseaux sociaux, plutôt qu'en lisant la presse ou en reluquant les mimiques d’Apolline de Malherbe, sur BFMTV !
Si les faits avaient une importance incontournable, l’idée que les républicains ont « gagné » et les Démocrates « perdu » sur les conclusions d’un procureur aux ordres, ferait l’objet d’une vive critique.
De même, Macron, au mépris des faits, concluant à l’imprudence d’une femme âgée au milieu d’émeutiers, serait condamné à l’unanimité par la presse.
Ce qui se passe en Amérique comme en France est de la même nature, le pouvoir gagne. Il est le plus puissant et dispose de plus de moyens.
Les limites sont atteintes. Dorénavant les publics américain et européen attachent plus d’importance aux nouvelles diffusées par des circuits parallèles, que par les officiels.
À tout prendre, une fausse nouvelle sur les réseaux sociaux est plus roborative à entendre, qu’une fausse nouvelle des grands médias. Alors, pourquoi s’en priver ?

1 avril 2019

Ça débloque à fond !

Sur les réseaux sociaux, il y a un type qui s’appelle Laurent Sagalovisch. [BLOG You Will Never Hate Alone] Il doit être assez coté pour que ses articles soient repris parfois dans Slate magazine. Sa déclaration de principe, sous forme de mise au point vaut bien la mienne. Elle n’exige pas de prosopopée. Elle parle d’elle-même. « A priori, je ne vous aime pas et je me contrefous de savoir si vous m’aimez ou si vous allez apprécier ou pas ce que je vais pouvoir radoter à longueur d’article. Ce n’est en aucun cas mon problème, c’est le vôtre. » martèle Sagalovisch avec autant de conviction qu’un Charles Michel nous adjure de le croire quand il tient le discours amoureux contraire.
Cela tombe bien, je me proposais de retourner la pareille au blogueur et j’en suis dispensé par lui, qui en principe ne m’aime pas, mais se conduit de manière à me ménager en me prévenant ! Allez comprendre. C’est gentil de me mettre ainsi sur mes gardes.
Poussé par sa misanthropie spécialisée à l’Hexagone, il vient d’écrire « Brexit, tu parles d'une réussite! ». Pamphlet qui laisserait supposer que son diasyrme fait des progrès au point de sortir des frontières de la France pour gagner la Grande-Bretagne.
Sa violence verbale est sœur de la mienne dans une brutalité qui nous exonère, l’un et l’autre, de faire le coup de poing dans la rue, trahissant ainsi une répulsion physique pour les coups donnés et reçus par cet exutoire, préférant en découdre par le verbe « meurtrièrement » indolore.
Cette brutalité verbale est ici d’une rare suffisance et montre un tel mépris de la vox populi, qu’il ne serait pas étonnant que Sagalovisch considérât Laurent Wauquiez comme un dangereux communiste !
Cela à propos du Brexit et du pétrin dans lequel un référendum a fourré les Anglais.
Ce qui suit est l’ontogenèse de la pensée sagalovischenne (je me suis retenu d’écrire sagalovischienne par réciprocité de gentillesse) sur les Anglais, le peuple en général et le Brexit.

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On ne peut dénier à l’auteur une certaine persévérance dans ses jugements. Il écrivait déjà il y a trois ans : «Un référendum de con par des cons pour des cons… cette douce folie de demander à un peuple de s’exprimer sur une question aussi complexe ».
Aujourd’hui Sagalovisch persiste en aggravant son cas.
« Dans un souci de rendre la parole au peuple, on l’invite à s’exprimer sur des questions auxquelles la plupart du temps il n’entend rien ou pas grand-chose… »
L’opinion qui sort des urnes que ce soit pour un référendum ou une simple élection de délégation des pouvoirs du plus grand nombre à quelques-uns est un exercice pour lequel « Le peuple n’a pas vocation à ouvrir sa gueule sur des sujets qui le dépassent de mille coudées et dont les retombées de sa décision sont si importantes qu’elles menacent l’avenir même du pays. Ce n’est pas cela la démocratie. »
Ah bon ? La démocratie, qu’est-ce que c’est alors ?
« La démocratie part du principe que nous élisons des gouvernants bien plus capables que nous pour apporter des réponses circonstanciées à des questions dont par principe nous comprenons d’une manière extrêmement parcellaire les tenants et les aboutissants. »
Une contradiction dans cette partie de la profession de foi de Laurent : comment des cons peuvent-ils élire des gouvernants bien plus capables qu’eux, puisqu’ils ne peuvent en juger ?
Tout de suite on comprend quel type de société conviendrait à ce raisonneur « Nous votons pour être gouvernés, pas câlinés. Et dans ce vote, nous déléguons à nos représentants le pouvoir décisionnaire. La démocratie est toujours un exercice d’humilité où nous confions à d’autres, que nous reconnaissons être plus intelligents que nous, mieux formés, plus aptes, le soin de conduire les affaires du pays dans l’espoir de voir nos attentes comblées. »
Sans ambages nous entrons dans la catégorie de ceux qui savent, pour devenir les pasteurs éclairés d’un troupeau d’imbéciles. Parce que « Demander l’avis du peuple, c’est la plupart du temps jouer à la roulette russe l’avenir du pays et prendre le risque de l’amener au bord du précipice. »
Si tous les dirigeants sont des génies et le peuple un ramassis d’imbéciles, outre Cameron qui a proposé le référendum et ceux qui se sont dépensés pour sortir de l’Union Européenne, en quoi sont-ils des génies ? Il y aurait aussi des cons en Haut-Lieu, mais quelle horreur ! Je suggère à Laurent un prochain article sur une police des génies chargée d’éliminer les cons qui s’y seraient glissés !
Pour Laurent, l’exercice de la démocratie ne pourrait avoir de sens que si on se passait de la démocratie en confiant le sort du plus grand nombre à quelques intellectuels sortis des plus grandes universités ou censés l’être, puisque ces élites se chargeraient entre eux de déterminer les emplois sur base des diplômes.
Désolé de vous contredire, ce système s’appelle une oligarchie. Ce qui pourrait vous rassurer, c’est qu’on y est déjà sans le savoir.
Et Sagalovisch de persister et de signer « Oui, décidément, le référendum organisé le 23 juin 2016 était bien un référendum à la con par des cons pour des cons. »
Quand on est con soi-même, monsieur Sagalovisch, vous devriez vous en réjouir ! Hélas, vous l’êtes tellement que vous ne vous en étiez pas aperçu.