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8 août 2020

On est baisé !

Les magasins de fringues et de grolles foisonnent dans les centres villes. Il n’y a même pratiquement plus que ça. Des plus fragiles, ils sont les premiers à lâcher la rampe et se casser le nez dans les escaliers de la réussite ! Des modestes salaires seront précipités à la rue, souvent des femmes !
Ces magasins aux rutilantes façades et aux loyers mirobolants payables à des héritiers chançards, sont tout en décors et artifices, sols parquetés, glaces biseautées sur des guéridons Louis XVI, qui cachent des coulisses moins tape-à-l’œil, où les vendeuses mangent assises sur des caisses entre deux courants d’air. Ces magasins « chics » sont souvent sous la responsabilité de gérant(e)s, gagnant à peine plus que le personnel, accablés par les vols retenus sur leur salaire et écrasés sous les responsabilités. Au dessus d’eux, la maison mère n’est parfois qu’une boîte-aux-lettres, dans un pays où les femmes rapiècent leur abaya.
Ce n’est pas le cas de Camaïeu, prêt-à-porter siégeant à Lille. La firme compte 25 points de vente et emploie 130 personnes en Belgique.
Pour la suite, ne vous fiez surtout pas à ce que les thuriféraires MR du marché libéral, vous disent comme sottises sur la responsabilité morale des entrepreneurs.
Les patrons de Camaïeu ont le réflexe français, c’est normal. Au point de baiser le personnel belge, ce l’est moins ! Mais, pourquoi pas dans le commerce ? L’élite flamande n’est-elle pas en train de baiser la francophonie, pourtant encore compatriote aux dernières nouvelles !
C’est le choix cornélien. Imaginez Jean Jambon matelot sur le Flandria, tendant de son canot une main secourable à deux naufragés se débattant dans les eaux froides de la Manche, l’un criant “Help, ik ben aan het verdrinken !” et l’autre “Au secours, je me noie !”.
Camaïeu vient d’organiser à la pépère la faillite du côté belge pour se blinder contre une autre faillite, côté français, avant de mettre la clé sous la moquette et ficher le camp avec le pognon.
La suite n’est pas triste.
On se souvient de Swissair siphonnant la Sabena. Camaïeu fait pareil, il se coupe un bras, plutôt que la tête.
La bafouille de la direction à ses gérances belges le 12 mars est explicite.
« …je vous demande de mettre en place toutes les initiatives afin que le cash remonte sur Camint (Camaïeu International, NdlR) et ne reste pas sur nos filiales. Même en prévision de décaissement ultérieur. ».
Voici la réponse reçue de l’actionnaire principal Joannes Soënen, d’Alain Gourjon, le directeur financier du groupe, quelques minutes plus tard : “Oui, les instructions ont été données. J’en ai également parlé avec le trésorier ce matin”.

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C’est fini aussi sec, pour 130 employé(e)s à qui on a dit que le travail, c’est la joie d’être, la santé morale, que l’employeur, c’est le faiseur de miracles et que la société capitaliste est bien faite, puisque chacun peut s’épanouir dans la place qu’il occupe.
Un mois plus tard, fin avril, le groupe Camaïeu, en cessation de payement en France obtient du tribunal du commerce de Lille une protection contre ses créanciers. Mais avant, il a organisé la faillite de ses filiales belge, luxembourgeoise et suisse en siphonnant leurs comptes bancaires. “La maison-mère Camaïeu International a mis volontairement toutes ses filiales dans une situation telle qu’elles ne peuvent plus faire face à leurs obligations”. Il ne reste plus au CEO qu’à ramasser le paquet du mois de mars venu de Belgique et des autres pigeons, pour couler des jours heureux en avril, même pas à l’étranger, puisque tout ça est l’égal et même stratégiquement admiré par Georges-Louis Bouchez en personne.
C’est un petit exemple de ce qui va se passer un peu partout, dès septembre.
C’est la conséquence de la politique économique suicidaire de la Belgique, depuis qu’elle s’est mise en tête de brader toutes les industries pour se lancer dans les services… comme si le savoir-faire que nous avons bradé à l’étranger nous reviendrait d’un claquement de doigts sous la forme de masques, de médicaments ou… de prêt-à-porter.
Comme je l’ai écrit hier, nous suivons la pente du Liban. Notre libanisation va se poursuivre et s’accélérer dans les mois à venir. Ceux qui ont organisé notre faillite et produit le désastre, sont toujours à la tête du pays, dans les banques et les entreprises !
Pour Camaïeu les indemnités seront prises en charge par le fonds de fermeture des entreprises. C’est le contribuable belge qui casque. Un plafond dans les indemnités dues aux travailleurs est prévu en cas de faillite, contrairement à une restructuration. Vous avez compris, le personnel Camaïeu, le contribuable belge, tout le monde est baisé… sauf l’employeur.

7 août 2020

La bestia no está muerta.

On regrette le parti-pris de la presse et des médias. Les lecteurs sont remontés contre Le Soir, La Dernière Heure, La Libre, le Figaro, le Monde, etc. Certains noms reviennent en permanence, Quatremer de Libération, Bruno Jeudy de Paris-Match, Deborsu le bon soldat des riches sur RTLtvi et Christophe Barbier de BFMTV, le gendre idéal du néolibéralisme.
Ne comptez pas sur eux pour des contes nidoreux, histoire d’attirer l’attention sur le drame qui se joue : « Il était une fois l’effondrement du PIB, proportionnellement égal à l’effondrement de l’emploi », cela ne se peut.
Les Amis des Riches et le gouvernement ont trois semaines pour faire montre d’imagination, que le « bon » peuple soit préparé pour septembre. Le thème est simple, tout est de la faute des gens, crise, faillite, coronavirus, tout…
La Covid-19 nous fait souvenir qu’avec Platon tous les hommes sont mortels, les ploucs le sont aussi. S’ajoute à l’angoisse de la nosographie du monstre, la mort sociale de 15 à 20 % de la population !
– T’es chômeur ! C’est qu’tu cherches pas, mon p’tit gars…
Même les diplômés supérieurs, pourtant clarinvalement imbéciles à vie, le savent : ça va très mal se passer. Les pauvres ont toujours eu la dignité de se cacher, ce qui a toujours étonné et ravi le capitalisme, mais là, quand il y en a trop, ce n’est plus possible. Et donner à voir les haillons, la soupe populaire et les enfants malnutris, c’est aussi donner en spectacle le capitalisme lui-même. Et ce n’est jamais bon pour maintenir le peuple dans le respect des valeurs boursières.
Mine de rien la Covid-19 fait un effet de loupe pour renseigner ceux du bas de l’échelle qui croient pouvoir monter les échelons. Elle les éclaire sur les tendances les plus fondamentales du capitalisme. Ça pousse à tuer une rombière pour vingt balles !
La pandémie a pris de l’ampleur à cause de l’économie libérale. Pas de repos possible dans le système du marché et de l’emploi, de quoi dépend la vie matérielle des gens. À la place de cette roulette de casino, il faudrait de la garantie économique, produit d’une société socialiste équilibrée. Il faudrait… c’est vite dit, avec les balourds et les voyous qui nous représentent…

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Le revenu universel garanti libérerait l'emploi de la servitude capitaliste. On ne vendrait plus sa force de travail à un regrattier qui se jetterait à plat ventre aux pieds du « marché », pour saisir sa petite commission.
Ne plus dépendre de l’employeur, et du marché pour vivre serait la garantie économique dans les dispositifs du salaire à vie.
Le monde de la garantie économique générale, à quoi ça ressemblerait ?
On exclurait d’abord l’ignominie de s’adresser à quelqu’un qui peut ou non vous trouver apte à lui procurer un profit supplémentaire ou non, qui s’arroge le droit de toucher, si c’est une jolie femme, en faisant gaffe par les temps qui courent.
S’abaisser à se faire valoir par des qualités supposées qui intéressent un employeur a un côté humiliant, que les agences de placement n’effaceront pas de sitôt, tout cela dans un contexte de violence. Parce que la violence, c’est nous qui la créons, par le seul désir de l’argent qui peut nous propulser au plus haut ou, par son manque, nous faire errer dans la rue, hagard et sans repas. Le gars en face, le sait. Son truc, c’est de renifler le demandeur, afin de savoir ce qu’il pourra en tirer, le jeter par caprice ou parce qu’il ne vaut plus le fric que « ça » coûte, si l’envie lui en prend.
La définition du « marché » n’est pas réduite à sa forme néolibérale : concurrence déchaînée, logique impulsive de la valeur d’échange, sous la surveillance des actionnaires. Le marché peut être le processus final d’une division du travail où s’échangeraient, sous arbitrage populaire, les savoirs et les biens.
Avec le revenu universel plus personne n’aurait à valider sa production privée sur quelque marché pour trouver les moyens monétaires de sa reproduction matérielle. La production privée participerait à la production collective, sans l’épée de Damoclès qui va tomber en septembre et « tuer » 20 % de la population active. Il ne serait plus que l’opérateur de la division du travail collective.
La planification serait pratiquée comme outil de coordination interne. On voit déjà aboyer les purs sucres américanisé du MR « c’est de la soviétisation de l’économie », alors qu’ils vantent les mérites de WalMart ou Amazon « soviétisés » !
Quoi produire et surtout quoi ne surtout plus produire seraient les questions centrales. On entre dans le domaine politique des choix.
D’un seul regard, englobant la politique belge, nous sommes plus près de la libanisation du pays que d’une réforme du capitalisme.
Le peuple poussé à bout peut être redoutable, plus que le nitrate d'ammonium qui a ravagé en une seconde le port de Beyrouth.
Tout n’est pas joué. Le capitalisme blessé est toujours debout. Pour qu’il ne tue plus, il faudra l’achever. Le plus vite sera le mieux. La bestia no está muerta.

6 août 2020

C’est arrivé loin de chez vous.

Le Liban est très représentatif d’un État où des partis politiques sont devenus de véritables gangs. Leurs caïds n’ont qu’une idée en tête s’enrichir.
Ça devrait plutôt nous alerter. La Belgique est en train de se libaniser. La crise politique nous l’avons. La course à l’enrichissement s’accomplit. Les cumulards ne se comptent plus. Reste la catastrophe industrielle, on l’attend.
Tout en étant fastueux pour lui-même et ses proches, l’industriel belge ressemble à s’y méprendre à son confrère libanais. Son goût du gain le conduit à tricher sur les conditions de travail et de sécurité, à minimiser les risques en balayant les contrôles. Les hommes de partis sont aux petits soins avec lui.
Mais enfin que faisaient dans ce dépôt portuaire de Beyrouth depuis plusieurs années 2.750 tonnes de nitrate d'ammonium, une substance hautement explosive ? Ce dépôt provenait d’un navire en perdition et déchargé à la hâte. Depuis, cette bombe en puissance attendait, on ne sait quoi, dans un hangar à peine fermé à clé et sans surveillance.
C’est bien le propre d’une société capitaliste sans plus aucune retenue. Le propriétaire de ce navire depuis envoyé à la ferraille a fait en sorte qu’on ne sache pas retrouvé le responsable. Le livre de bord disparu, nom du navire oublié, pavillon de complaisance, sans doute, tous les ingrédients sont là d’une affaire qui aurait mal tourné en coulant avec le navire.
Côté des autorités libanaises, c’est la même antienne. Ces responsables libanais ont pillé et pillent encore les caisses de l’État. Dès qu’elles furent vides, ils restèrent tapi dans l’ombre attendant les aides venant de l’étranger, soit pour l’enfance malnutrie, soit pour empêcher la famine de faire trop de morts, et tout cela versé dans les banques qui appartiennent toutes à ces gangsters. Aussitôt déposés, évidemment les fonds sont répartis, mais pas dans des associations de secours, non, entre les chefs, tout simplement.

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Alors, l’État sans le sou, une administration qui peine à trouver de la nourriture pour elle –même, qui se serait occupé du nitrate d’ammonium ? Pourtant la catastrophe de Toulouse avec le même produit aurait quand même dû éveiller l’attention. Quitte à ne pas trop tirer de profit d’un déménagement loin du centre ville de cette bombe en puissance, le dépôt aurait dû être vidé depuis des années.
Personne n’a voulu débourser le moindre dollar. Quand il n’y a pas de profit, il n’y a pas de preneur, vous diront les riches libanais en chœur avec les riches belges qui pensent exactement pareil.
Depuis la cessation des hostilités entre le Hezbollah et Israël le 14 août 2006, le Liban est confronté à une polarisation politique post-conflictuelle sans précédent. Cette polarisation sʼillustre par une crise politique et de larges manifestations mobilisant des centaines de milliers de personnes autour de points de vue diamétralement opposés, sur le conflit avec Israël ou sur l’avenir du Liban. On ne peut pas nier que le contexte guerrier n’ait pas dégradé la vie des habitants, mais ce sont les dures lois du marché économique, dans un pays qui ne produit que des fruits et des légumes qui sont les principaux tueurs responsables de l’effondrement d’une société sans travail et sans espoir.
C’est un peu ce chemin que les libéraux veulent que nous empruntions : vivre des services et laisser aux autres le soin de produire des produits de première nécessité.
On a vu le résultat avec le manque de matériels, de masques et d’infrastructures pour accueillir ceux qui avaient besoin d’être secourus. Le Liban c’est pareil, la guerre des clans en plus, et la seconde vague du coronavirus, au milieu des morts et des milliers de blessés de la terrible explosion.

5 août 2020

Tout-Fric contre Tout-Misère.

Et si au point où en est l’économie libérale, les locataires d’une bonne partie des grandes villes devaient payer leur loyer au Qatar, d’ici la moitié du siècle ?
Dans toutes les projections d’avenir du capitalisme néolibéral dans lequel s’inscrit l’Europe, aucun équilibre socio-économique ou politique stable n’est possible. On peut imaginer tout ce que l’on veut, peut-être que la fiction sera en-dessous de la réalité, tant l’économie capitaliste échappe entièrement aux politiques des Nations.
Les calculs de Kuznets sur la réduction des inégalités faits au long des Trente glorieuses se sont avérés faux dès qu’il fallut réadapter les chiffres au palier suivant.
En réalité, depuis les années 70, les inégalités sont reparties sans discontinuité à la hausse en Euro et aux États-Unis où la concentration des capitaux des dix dernières années a retrouvé le niveau record de la décennie 1910.
Nous assistons à de profondes transformations du capitalisme et il est mal aisé de savoir jusqu’où elles peuvent aller, et vers quelles monstrueuses répartitions baroques des richesses nous allons assister. Il est impératif de remettre la question des inégalités au cœur de l’analyse économique.
La répartition des richesses a toujours été une histoire profondément politique.
La remontée des inégalités depuis les années 1990 est due principalement aux gouvernements libéraux qui se sont succédé en Belgique et ailleurs en Europe et qui ont pris des mesures fiscales et financières nettement en faveur des détenteurs des capitaux.
La principale source de convergence réduisant les inégalités est le processus de diffusion de connaissances et d’investissements dans les qualifications et la formation. Elle n’a pas été au rendez-vous du tournant du siècle. Elle a été contrebalancée et dominée par des forces allant dans le sens contraire amplifiant les inégalités. L’absence d’investissements dans la formation a empêché des groupes entiers de bénéficier de la croissance. La libre circulation des travailleurs dans le cadre de l’Europe a nettement tiré vers le bas tous les salaires en général, plongeant ainsi les personnels déplacés et ceux qu’ils sont censés renforcer, dans le même marasme.
D’autres forces de divergences ont été également le produit d’un monde libéral aveuglé par le profit immédiat. Le décrochage des plus hautes rémunérations lié aux accumulations et à la concentration des patrimoines, dans un monde où la croissance est faible, est sans doute la principale raison du vertigineux écart entre le manœuvre de base et son CIO.
Le taux de rendement du capital dépassant significativement le taux de croissance, cela implique mécaniquement que les patrimoines se recapitalisent plus vite que le rythme de progression de la production et des revenus. Il suffit donc aux héritiers d’épargner une part limitée de revenus de leur capital pour que ce dernier s’accroisse plus vite que l’économie dans son ensemble.
Dans ces conditions, il est inévitable que les patrimoines hérités dominent les patrimoines constitués au cours d’une vie de travail, et que la concentration du capital atteigne des niveaux extrêmement élevés et potentiellement incompatibles avec les valeurs méritocratiques et les principes de justice sociale qui devraient être les fondements des démocraties modernes.
En outre, le taux d’épargne augmente fortement avec le niveau de richesse, plus il est important plus le taux d’épargne est élevé.

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Le caractère imprévisible et arbitraire des rendements du capital et des formes d’enrichissement qui en découlent, constituent également une remise en cause de l’idéal méritocratique.
La divergence n’est qu’un aspect de l’avenir possible. Un simple gouvernement socialiste, mais alors d’un vrai socialisme et pas celui dont on crédite encore le PS, peut très bien inverser la tendance en taxant les hauts revenus du travail et le capital accumulé avec le foncier.
Il est possible d’imaginer des institutions et des politiques publiques permettant de contrer les effets de cette logique implacable. Pourquoi pas un impôt mondial sur le capital, puisque l’argument principal invoqué par les libéraux est l’impossibilité de pratiquer, dans un seul pays, toute mesure de ce type, les détenteurs des capitaux le fuiraient instantanément, étant par nature cosmopolites, cherchant le meilleur endroit pour y déposer leurs biens.
Un socialisme immédiat avec fermeture des frontières ne pourrait se faire que dans un pays autosuffisant. Reste enfin, une solution possible, celle de faire basculer toute le bloc européen dans le socialisme. Mais, ce n’est pas gagné d’avance, l’UE s’étant révélé au fil des années une forteresse du libéralisme orthodoxe.

4 août 2020

La fin de l’économie libérale ?

Les économistes s’attendent à une cascade de faillites pour septembre, sauf les économistes officiels, évidemment. Les gens sérieux savent que le capitalisme entre en récession et que le Covid-19 ne fait qu’accélérer le mouvement, sans l’avoir déclenché.
On s’est seulement trompé sur la date du début de la cascade de faillites.
En juin dernier, 670 entreprises ont fait faillite en Belgique, selon SPF Economie, soit 2668 pertes d’emploi, dont 247 employeurs-gérants salariés. Une seule corporation se frotte les mains malgré la tempête sociale, celle des avocats. Ceux-ci tirent un bon revenu des curatelles sans lesquelles certains robins seraient réduits à la famine.
Pour la moitié de l’humanité se débattant dans la misère, le recul mondial est estimé à 4,9% cette année. C'est pire que les 3% anticipés en avril, en plein cœur de la pandémie, quand le FMI soulignait qu'il s'agissait de la pire crise depuis la Grande Dépression des années 30. Pour certains pays notamment en Europe, la contraction du Produit intérieur brut est vertigineuse: -12,5% pour la France, -12,8% pour l'Espagne et l'Italie.
L’économie libérale est directement responsable du fiasco, le Covid-19 n’est qu’un avatar.
En ne planifiant pas les secteurs d’activité, l’économie libérale augmente le discontinu de l’offre et de la demande en temps de crise, ce qui est désastreux pour l’emploi.
Le marché dépend des Bourses, certaines entreprises avec des carnets de commande remplis, passent d’une main à l’autre et perdent la confiance des clients. Parfois la maison Mère changeant de stratégie, des affaires prospères vont à la ferraille.
Mais il y a pire. Pour qu’on n’arrête pas de produire, les Etats-Unis et le Brésil n’appliquent pas les mesures préventives (confinement, port du masque) faisant ainsi des milliers de morts. Ils s’en tiennent à la théorie selon laquelle on atteindrait plus vite le taux de 60 % d’immunité de la population, arrêtant l’expansion du Covid-19. Wilmès avec la très libérale Maggie De Block avait adopté cette politique. Elles avaient dû battre en retraire dès le mois de mai devant le tollé du non renouvellement volontaire du stock des masques et l’absence de directives pour lutter contre la pandémie, dans les entreprises.
En somme, les assassins assumés du MR et de l’Open-vld, ont eu peur que leur crime apparaisse trop visiblement. Ils ont fait machine arrière, alors que l’infâme journaliste de droite Quatremer poursuivait son cynique raisonnement, ce qu’appliquaient déjà Bolsonaro et Trump sur le terrain, décimant leur population.

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La crise économique va son train. Aucun pays n'échappe au pessimisme ambiant à commencer par la Chine. La croissance du géant asiatique ne sera que de 1%, loin des 6,1% réalisés en 2019, la guerre commerciale avec Washington y est pour quelque chose.
Le plus grave pour l’Europe est à venir. Si la deuxième vague prend l’ampleur de la première, il est évident qu’on ne reconfinera pas. Les pays libéraux de l’Europe rejoindront ainsi le camp des criminels Bolsonaro et Trump dans le même déni. Ils seront les assassins confirmés des maisons de retraite, des hôpitaux et des métiers de contact, même si le refus d’une nouvelle quarantaine s’assortissait d’une aide aux hospitaliers et aux commerces de proximité.
La Belgique rejoindrait la crise sanitaire dévastatrice des États-Unis.
Si une seringue miracle pouvait détruire du jour au lendemain le Covid-19, la crise dont les origines n’ont rien à voir avec la pandémie poursuivrait l’hécatombe des emplois. De nombreux pays aident les entreprises et les ménages, aujourd’hui en dépit de toutes les règles du capitalisme. Ils devront veiller à ne pas revenir sur ces aides trop rapidement, mais de manière graduelle. Cela s’avère déjà impossible pour la bonne raison que le libéralisme n’est efficace que par les dégâts périphériques qu’il inflige, la misère des uns faisant la richesse des autres. Une pause à ce sacro-saint consensus n’a été possible qu’une fois.
Le FMI s’inquiète de l'impact négatif sur les plus vulnérables. Il a raison de l’être. Cette crise économique anéantit les progrès accomplis de la réduction de l'extrême pauvreté dans le monde, depuis 1990 ! Elle indique que le système capitaliste n’est pas ce qu’on pouvait faire de mieux pour le progrès social, mais ce qu’on peut faire de pire.
D'autres effets de la crise sont encore à venir : l'escalade des tensions entre les États-Unis et la Chine, l'effilochage des relations entre l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et la coalition des producteurs de pétrole ou encore les troubles sociaux. Le bouquet final, le krach boursier, après lequel on ramasse le capitalisme à la petite cuillère, c’est pour 2021 !

3 août 2020

À Verviers, le PS touche le fond !

C’est la foire d’empoigne depuis juin, dans le petit monde du PS à Verviers !
J’ai essayé de tirer l’affaire au clair par la lecture des journaux. La haine semble le moteur principal de ces étranges socialistes, au point qu’ils oublient qu’ils ont été élus pour diriger une ville importante de Wallonie, la dernière avant l’Allemagne.
Tout partirait de l’exclusion de Hasan Aydin, président du CPAS, par le Conseil communal, le 28 juin, pour mauvaise gestion des finances, propos antiféministes à l’égard des demandeuses d’aide sociale et une échevine, autoritarisme, grossièreté permanente etc. .
Mais Hasan Aydin n’est pas n’importe qui. C’est un cacique, un gros bras, un fort en gueule du parti, c’est-à-dire un poids lourd comme on les aime dans un PS de plus en plus à la recherche de collecteurs de voix de préférence.
Le bonhomme a été échevin et a même occupé le poste de bourgmestre faisant fonction. Il connaît la musique. Il sait frapper aux bonnes portes du temple pyramidal.
Dans un premier temps, Muriel Targnion triomphe. La dame n’est pas un perdreau de l’année non plus. Elle a été imbriquée dans le pataquès de Nethys et Cie, en qualité de présidente d’Enodia, mission accomplie parce qu’elle était « un bon petit soldat du PS ».
La suite n’est pas triste. Hasan rameute la communauté turque, d’un bon poids dans le parti à Verviers, et part en guerre contre la décision du Conseil communal.
Cette chronique eût pu s’appeler les Fourberies de Scapin. Pardon Molière.
SCAPIN : …nous sommes allés promener sur le port. Là, nous avons arrêté nos yeux sur une galère turque assez bien équipée. Un jeune Turc de bonne mine nous a invités d'y entrer, et nous a présenté la main. Nous y avons passé ; il nous a fait mille civilités… Pendant que nous mangions, il a fait mettre la galère en mer, et, se voyant éloigné du port, il m'a fait mettre dans un esquif, et m’envoie-vous dire que si vous ne lui envoyez par moi tout à l'heure cinq cents écus, il va vous emmener votre fils en Alger.
GÉRONTE : Ah le pendard de Turc, m'assassiner de la façon !... Que diable, mon fils, allait-il faire dans cette galère ?
À Verviers, on commence à se le demander aussi. Car, après quelques jours magiques où loin d’obéir à l’injonction du Conseil communal, Hasan Aydn officia plus que jamais impérieux au CPAS, la foudre descendit de très haut du parti pour frapper Muriel Targnon et par décision suprême prendre la tutelle du PS local et gérer la Ville de Verviers directement en excluant la bourgmestre du parti et en maintenant le sieur Hasan au CPAS.

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Un petit calcul rapide avait suffi à Paul Magnette pour s’apercevoir que sans la communauté turque de Verviers, foi d’Erdogan, le PS touchait le fond aux prochaines élections !
Cette comédie burlesque est matière à réflexion.
D’autant que Muriel Targnion se répand dans les gazettes en termes peu flatteurs, sur un Magnette qui mène cette affaire comme le boutiquier d’un souk.
Muriel Targnion estime qu'elle est légitimement élue, que le parti socialiste a choisi le communautarisme, son adversaire Hasan Aydin étant soutenu par la communauté des belges d'origine turque.
On en vient à oublier l’essentiel.
Est-ce que oui ou non, les griefs à l’égard de la gestion du CPAS énoncés par le Conseil communal étaient fondés ?
Pour cela, une Commission du parti aurait dû enquêter auprès des instances du CPAS, éplucher les comptes et demander discrètement des témoignages auprès des personnes ayant été l’objet du mépris d’Aydin pour les femmes. À la suite de quoi, le rapport aurait dû être présenté à un nouveau conseil communal pour ratifier ou casser la première décision.
La manière dont s’y est pris le PS n’était pas la bonne.
La Bourgmestre a un raisonnement qui se tient « Il y a eu juste une utilisation de la loi pour un homme qui avait décidé pendant un an et demi de ne pas suivre le collège et qui le 25 juin a bafoué clairement et durement le droit et le respect des femmes et ça, c'est quelque chose qui est difficile pour toutes les femmes du collège et pour un grand nombre de démocrates. »
Les tribulations du PS à Verviers sont aussi un avertissement pour la gauche qui ne se méfie pas assez des communautés recevant des instructions de l’étranger, parfois ouvertement, comme le fit Erdogan à plusieurs reprises dans ses interventions en Turquie, mais aussi en Europe à l’occasion de visites d’État et que pratique de façon plus diffuse et partant encore plus dangereuse, un islam militant. Il eût été plus honorable, dans le cas de Verviers que le PS cherchât le droit, plutôt que la bonne recette électorale.

2 août 2020

Eschatologie.

Bart De Wever et Paul Magnette, ne veulent pas du MR dans la formation de la dernière chance. Quelle ingratitude se lamente George-Louis Bouchez. Charles Michel tenant à tout prix à être premier ministre, sortit la N-VA de derrière le plafond de verre et conçut un gouvernement, anti-francophone, minoritaire en Wallonie !
Le trust des ministères se termine avec Wilmès. On ne reverra pas de sitôt Maggie De block, ni Mr de Chaudfontaine-Bacquelaine, à moins que ne pouvant trouver les cinq sièges qui manquent pour une majorité, ces messieurs renoncent… ou font appel au MR !
Le public loin de ce tintamarre qui ne le concerne plus depuis un an se concentre sur ses peurs.
Quand on abandonne les plans d’avenir pour trembler aux récits des ravages de notre nouvelle mouche tsétsé, c’est sans doute qu’une civilisation n’est plus à construire, mais qu’elle se déconstruit d’elle-même et qu’elle est fichue.
Les autorités, enfin ce qu’il en reste, sont soulagées de voir le peuple s’occuper ailleurs. C’est toujours bon de passer son tour des fourches caudines. La société dont elles avaient la charge aurait pu, dans d’autres mains, aboutir à des résultats plutôt qu’à des échecs. Comment voulez-vous sortir d’une économie de croissance pour une économie moins désordonnée et plus équitable, avec le marcher libéral mondialiste et la foi du charbonnier du MR pour les méthodes de management américaines ? Les bouches bourgeoises à nourrir, que deviendraient-elles dans un État communautarisé se récrie Ducarme, la larme à l’œil ?
Plutôt que d’avouer honnêtement qu’ils se sont trompés en nous trompant, les gens du MR montrent vraiment ce qu’ils sont, des politiciens-truands, comme il existe des tapissiers-garnisseurs.
Oui, mais voilà, ils sont là, comme le PS, difficiles à déloger, bien déterminés à s’accrocher, quitte à faire couler la barque avec nous dedans.
Restent donc nos peurs dans cette société propice aux catastrophes, dont l’ultime aura notre peau en 2050, a-t-on prédit – dix milliards d’humains déchiquetant les derniers arbres, extrayant les derniers minerais des puits engloutis par les eaux.
Comme on y va à propos des masques et bientôt du sérum, dont on vit par avance la saga des seringues, ce sera peut-être plus tôt ! Naguère, du temps de la peste, on avait peur tous azimuts, puisque personne n’était à même de dire ce de quoi on mourait. Notre civilisation technique et scientifique est plus éclairée. Nos peurs sont mieux ciblées, des savants les contredisent. Les apeurés s’affrontent. Est-ce que le scénario a beaucoup changé ? Nos sociétés fabriquent de nouvelles peurs, qui sont mises en scène par les médias, avec le goût du sensationnel correspondant aux ventes et aux bénéfices des scoops qu’ils fabriquent. Ils seront incorrigibles jusqu’au dernier jour !
Les peurs sont des instruments de manipulation des masses. Aux ordres du pouvoir exécutif, la science de la prévision est complice ! Un proverbe allemand dit que la peste s'attaque à ceux qui ont le plus peur. La peur du virus a frappé la population, mais pas seulement, l'autorité de contrôle aussi.

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Il est établi que des connaissances scientifiques ne suffisent pas à empêcher la création des peurs sous différentes formes. Ni les progrès considérables de la virologie moléculaire, ni ceux de l'immunologie et de l'épidémiologie n'ont fait effet de rempart. Bien au contraire, tout se passe depuis plusieurs mois comme si la science, continuellement en mouvement, ne cessait de trouver de nouvelles interrogations auxquelles, elle n'est pas en mesure de répondre. La montée dans la lumière des virologues et des chercheurs, dans des interviews et des discussions télévisées, fait du tort à leur réputation d’infaillibilité.
Il y a des corporations qui perdent à être connues. C’est ici le cas.
Le séquençage complet et très rapide du génome de nombreuses souches du SARS-CoV-2, n'a pas permis d'élucider la complexité et la variabilité de ses effets sur l'organisme humain. Pas plus qu'il n'a permis la mise au point en urgence d'un vaccin (les premiers seront au mieux disponibles pas avant 2021).
Si depuis des décennies, les épidémiologistes ont accumulé un savoir, ils avouent volontiers ne pas être en mesure de prévoir à moyen et long terme l'évolution de la diffusion du virus dans les deux hémisphères. De leur côté, les spécialistes en réanimation et les médecins internes découvrent progressivement les différentes séquelles provoquées par l'infection, sans pouvoir encore les expliquer.
L’ignorance suscite la peur. Elle est aussi communicative. Elle passe des gens qui « devraient » savoir, aux populations concernées, parce qu’on perçoit mieux les limites de la science, comme on perçoit mieux aussi les failles du commerce extérieur miné par le Covid-19, mais pas seulement.

1 août 2020

Et poma cocta.

Les médias ont déjà en réserve le prochain débat après les masques, pour tenir les gens en haleine : on manquera de seringues pour le sérum livré au début de l’année prochaine ! On se prépare à un nouvel échauffement des esprits.
La polémique sur des sujets secondaires fait la tranquillité du pouvoir.
C’est ainsi que le duo Magnette-De Wever attendu chez le Roi pour un premier rapport bénéficie du débat masquant des masques. Ce moyen d’égarer la foule dans des polémiques foireuses pourrait tourner court.
L’exemple des seringues : Si au lieu de s’arracher les cheveux, on posait les bonnes question ? Pourquoi en manquera-t-on ? Parce que nous n’en fabriquons plus depuis la mondialisation de l’économie. Tant que les transports aériens voleront au kérosène non taxé, il sera plus intéressant de fabriquer l’aiguille de la seringue chez Steel Authority of India, le cylindre coulissant plastique en Chine à ShanghaiDura et le montage proprement dit, ainsi que l’emballage, chez Sako au Japon. Une société-cargo américaine utilisant de vieux Boeings polluant se fera un plaisir d’atterrir à Bierset, si nos propositions d’achat sont « convenables ».
Ces trois pays, plus les USA, auront barre sur nous. Ils iront au plus offrant. C’est ce système que Georges-Louis Bouchez appelle l’avancée de l’Europe.
Traitée de la sorte, une polémique sur les seringues sera positive. Les engueulades sur « L’obligation de se faire vacciner est attentatoire à ma liberté », c’est fait : les gens tombent instantanément dans la connerie !
Deux beaux masques préformateurs, MM. Paul Magnette et Bart De Wever sont attendus ce vendredi à 14h30 par le roi Philippe à qui ils remettront un premier rapport sur leur travail. On sait depuis que c’est un coup nul.
Les gens se regardent en masque de faïence, prêts à se taper dessus, la discrétion est assurée, le coup nul passera sans encombre.
Voilà plus d’un an que le Belgica prend eau. La capitaine, la casquette marine surmontée de l’ancre et des trois couleurs, l’écharpe tricolore de l’Ordre de Léopold, est à la barre. Malgré la quille sous la ligne de flottaison, le bateau avance encore. Sur le tillac avant, la charmante donne des ordres. La gentry se baigne au soleil. Beaucoup d’internautes ne voient que cette belle image de la Belgique. On coule bel et bien.

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Ainsi plus de quatorze mois après l’élection, le roi ajoute un rabiot de cinquante jours à ce fiasco. Embringués dans la polémique des masques, personne n’a conscience de ce drame.
Au pire, a dit Popol, on retournera aux urnes pour remettre les mêmes en selle…
Faut-il être groggy pour ne pas voir la situation dans laquelle nous sommes : un pays dans lequel nos mandataires ne peuvent pas former de gouvernement ! Avec une Europe ultralibérale, une économie qui a pris d’autorité le pouvoir sur le politique et où il n’y a pas d’autre alternative que celle de suivre les recommandations de la banque nationale, austérité et délabrement social, c’est pourtant facile de nous la mettre profond encore une fois !
Vous avez vu chez les 26 autres, faire autrement que s’aplatir devant la combine capitaliste ?
Et voilà nos deux préformateurs coincés, le Flamand persistant dans son capitalisme pur et dur à la hollandaise, et l’autre, un œil sur les électeurs, exigeant une pincée de social, au cas où les électeurs soudain atteints de hedebouwite sortiraient plus tôt que prévu de l’affaire des masques et n’embraieraient pas tout de suite sur les seringues.
Toujours à la barre, Sophie Wilmès donne l’ordre d’inverser les hélices pour une marche arrière toute, digne du « captain Sparrow ». Le premier wharf du port d’Anvers est droit devant à deux miles à peine.
Mais la barre tourne à vide, le moteur s’est noyé dans l’eau salée de la Mer du Nord.
Sous l’impulsion première le bateau file droit à sa perte…
On va tous couler, mais dans ce genre de naufrage, seuls les riches sont équipés de bouées et de canot de sauvetage. Il n’y aurait pas, par hasard, un loustic qui aurait inventé le masque gonflable qui permettrait au moins de tenir les gens, le nez hors de l’eau ?