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31 octobre 2006

La Belgique brandelorisée !

Dans le chef-d’œuvre des cinquante premières années du siècle dernier : « Le Voyage au bout de la nuit », Louis-Ferdinand Céline met en scène un rengagé, le sergent Branledore, qui avait appris au cours de ses séjours dans les hôpitaux à attirer puis à retenir la sympathie active des infirmières.
Nous sommes pendant la guerre de 14. Le séjour à l’hôpital dispense de remonter au front. Le sergent Branledore avait trouvé son truc pour rester planqué. … entre deux étouffements, s’il y avait un médecin ou une infirmière à passer par là : « Victoire ! Victoire ! Nous aurons la victoire criait Branledore… Ainsi rendu conforme à l’ardente littérature agressive, par un effet d’opportune mise en scène, il jouissait de la plus haute cote morale. Il le possédait, le truc, lui. » (page 113)
Nos parlementaires, politiciens, chefs de file, présidents, délégués, tout ce que l’on veut, sont d’une certaine manière brandelorisés. Ils possèdent le truc, eux aussi !...
La crainte de retourner d’où ils viennent, qu’ils s’agissent de bureaux d’avocat, d’employés d’administration, ou même de la rue, les rend enthousiastes de là où nous n’allons plus guère qu’en traînant les pieds : la Belgique, l’Europe, la démocratie, le travail (la santé même !).
Ce qui nécessite notre absolue adhésion et qui nous accable, les stimule, les électrise, au point que les plus sceptiques d’entre nous les voient au bord de l’hystérie patriocarde.
C’est Anne-Marie Lizin qui accueille le public au Sénat et Hermann De Croo à la Chambre, tous deux frétillants, rassurés que des fesses populaires en écrasant les velours des fauteuils, juste le temps d’en sentir le moelleux, en garderont l’empreinte indélébile au point de s’en montrer éternellement reconnaissantes.
Et les voilà tous deux à pousser de la voix la chansonnette d’amour à la Branledore :
Victoire ! Victoire ! Vive la démocratie, nom de Dieu !...
Même branledorisation aux étages inférieurs.
Liège, le Conseil communal des Enfants, c’est quelque chose… Une sorte de mise en condition pour les futurs qui déchantent, les détentions provisoires prochaines, les mises hors jeu des chefs… Leur assurance vie en quelque sorte : la jeunesse émerveillée.

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Qu’est-ce que ce populisme exacerbé ? Cette jalousie perverse ? C’est un malade ce Richard III ? Et eux, alors, c’est pas de la démagogie populiste, entre ce qu’ils promettent et ce qu’ils ne tiendront pas ?
On comprend la réaction des permanents et continuels de la foire parlementaire des illusions, les exaltés du grandiose par l’Europe, les surdoués de la patrie, les aborigènes communautaires, les travaillés de la grandeur, les champions du centrisme.
Les preuves que le ci-devant n’est pas si fou qu’on le croit ? ?
Elles abondent. Tout le monde peut se les procurer, se les fourrer sous le nez, les dévorer dans les maisons de la presse, les preuves...
A l’heure des grandes misères, des inflations honteuses, des pensions à mille euros (Et encore, elles sont parmi les meilleures à 1000 euros !) :
Parlementaires : traitement de base 6.244 € par mois + indemnité forfaitaire de 28 % + indemnités de bureau entre 20 et 72 % + indemnité forfaitaire supplémentaire de 28 à 60 % de l’indemnité de bureau + un pécule de vacances + une prime de fin d’année + des allocations familiales.
Les ministres 16.005,05 (admirons les 5 cents !) par mois, plus évidemment les petits à cotés repris ci-dessus.
On passe les bourgmestres, les échevins, les députés permanents, les députés européens, les commissaires européens (On comprend que Louis Michel ait décidé d’aller jusqu’au bout de son mandat).
Qui d’entre nous à ce tarif là n’aurait pas à cœur d’apprendre la Brabançonne aux enfants des écoles et à couper le cou à des mecs de mon genre ?
Que le petit peuple soit aussi vénal que ceux qui en sont sortis et qui ont réussi, c’est normal. Mais en attendant les petites gens sont dans la merde et, croyez-moi, il n’y en a pas beaucoup qui s’en sortiront.
Ils ont du mérite et pas nous ? C’est ce qu’on entend dire chez les veaux et assimilés.
On retombe dans le branledorisme par l’autre versant : les sacrifices, la volonté de servir les autres, la disponibilité, bref, le côté martyr sensibilise aussi les foules crédules.
Des solutions ? Il n’y en a guère.
Qu’on place l’engeance aux salaires minima, seuls resteront les voleurs. Vous me direz, « Il y en a déjà ». D’accord, mais pas tout le monde. Soyons sérieux. Avec les salaires qu’ils ont, certains se montrent raisonnables, peu reconnaissants, certes, mais gavés, pourquoi voulez-vous qu’ils soient malhonnêtes en plus ?
Tandis que réduit à la misère, vous les verriez tous virer façon PS à Charleroi. Ce qui n’est pas admissible.
Alors que faire ?
Tu n’as plus qu’à t’en foutre mec !
Il ne manquerait plus que tu en fasses une dépression nerveuse.

30 octobre 2006

Dieu et le fric.

Depuis que le gouvernement a trouvé adroit de faire une priorité de la sécurité, des mesures ont été prises qui toutes restreignent notre liberté. Comme ce n’est pas encore suffisant, certains de nos géopoliticiens et de nos philosophes n’hésitent pas de parler d’une guerre de civilisations.
Il y aurait donc au moins deux civilisations, la nôtre judéo-chrétienne et l’autre, celle de l’Islam.
Je croyais naïvement que la mondialisation capitaliste avait rassemblé sous sa loi des pays aussi dissemblables que la Chine, l’Iran et les Etats-Unis d’Amérique, au point qu’il n’y a plus guère d’Etats qui contestent les règles du marché, à l’exception de quelques régimes dont celui de monsieur Kim Jong Il et que par conséquent il n’existait plus qu’une seule civilisation : celle du fric !
Je serais dans l’erreur. Il y aurait bien une civilisation islamiste qui menacerait une civilisation chrétienne !
C’est fort contestable, puisque le capitalisme prépondérant s’accommode fort bien de l’esprit religieux des peuples. La réussite sociale est le seul enjeu réel.
Les grands foyers d’agitation qui supposeraient le contraire, sont là où justement les dirigeants savent que ce message de l’opulence capitaliste ne viendrait pas à bout de la pauvreté, au contraire l’aggraverait même.
Quel merveilleux moyen de détourner les peuples de leur propre destin en substituant aux nourritures terrestres, un dieu à la fois problématique et rémanent.
Dans les points chauds de la planète où il en est ainsi, on brûle des drapeaux américains, on brandit le poing devant les caméras, tandis que dans l’ombre s’agitent les recruteurs d’Al-Qaeda.
Personne n’imagine dans la rue, que ceux qui poussent à la haine sont aussi des capitalistes qui obéissent à Wall Street et sont, comme ben Laden et certains mécènes saoudiens d’Al-Qaeda, des administrateurs de biens.
Peut-on citer un seul attentat qui aurait comme objectif des entreprises de mécènes intégristes ?
Reste à savoir si l’on peut, comme on le fait en Europe et aux Etats-Unis, associer capitalisme et démocratie, et défendre celle-ci par celui-là ?
C’est là qu’est l’imposture.

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En réalité, les dirigeants qu’ils soient dans le camp Musulman ou dans le camp chrétien, se fichent des religions et des bobards qu’on donne à croire aux petites gens qui n’ont que ce seul refuge pour empêcher que leur situation désespérée ne leur prenne trop la tête.
C’est que le capitalisme n’est pas une civilisation, ni une morale. C’est simplement une méthode qui concède à certains le droit de s’enrichir au détriment des autres.
Reste à se demander si les deux religions en présence sont en elles-mêmes des civilisations ?
Elles l’ont été sans doute l’une et l’autre par le passé. Mais elles ont été trop souvent à la base de guerres et de pogroms, pour qu’elles puissent prétendre à pacifier le monde au nom de Dieu.
Alors, tout ce raffut ne se ferait que pour deux raisons, Dieu, l’officielle et l’argent, l’officieuse ? Dieu : on lui fait tout dire. Sa malléabilité dans les mains des prêtres fait douter de son existence et la prétendue guère de civilisation ne serait qu’une question d’appropriation des biens de l’adversaire ?
On se battrait donc pour une chimère et pour une chimérique richesse !
Les combattants de l’Islam ne seraient rien moins que des mercenaires déculturés sans patrie et sans légitimité, qui croiraient en un dieu vengeur qui a plus les allures du dieu Mars des païens que de celles d’Allah.
C’est l’erreur de Bush de croire à une nouvelle croisade pour asseoir une démocratie-capitaliste au Moyen-Orient, alors qu’il suffisait d’y laisser le capitalisme tout cours terminer la besogne sous la poigne de fer de Saddam Hussein.
Le comble, c’est qu’aujourd’hui les sympathisants du terrorisme et les terroristes eux-mêmes ne savent pas pourquoi ils applaudissent aux meurtres, comme les dirigeants d’Al-Qaida ne disent jamais ce qu’ils feraient, s’ils gagnaient la guerre. La guerre contre qui, d’abord ? Contre les trois quarts de la planète ?
Le seul danger serait que la victimisation des masses musulmanes ne les fasse basculer dans l’intégrisme de Ben Laden, ou de Nasrallah.
Depuis l’intervention stupide des Américains en Irak, cette éventualité est à envisager. Ce serait le résultat de la politique de Bush. Nous en payerions tous les conséquences.

29 octobre 2006

Appel aux blogueurs.

C’est la première fois que je reproduis un communiqué de presse. Je le fais parce que j’adhère en tous points à la liberté d’expression qu’il défend. Ecrire ce qu’on pense est un plaisir coûteux, mais trop vif pour que je n’y renonce jamais, a écrit Anatole France. Avec lui comme avec Voltaire et Zola, défendre la liberté des autres, c’est défendre la sienne.

« Ce vendredi 27 octobre, Amnesty International a lancé un « appel aux blogueurs » pour défendre la liberté d’expression sur Internet. Les droits fondamentaux – notamment la liberté d’expression et la confidentialité des données – sont menacés par des gouvernements qui veulent contrôler ce que disent les citoyens, ainsi que les informations auxquelles ils accèdent.
L’appel a été lancé alors que se prépare le Forum sur la gouvernance d’Internet (IGF). Ce forum a lieu à Athènes, du 30 octobre au 2 novembre, et portera sur l’avenir d’Internet. Amnesty International a publié une déclaration destinée à l’IGF le 27 octobre. Pendant le Forum, une délégation de l’organisation veillera à ce que les droits humains ne soient pas laissés de côté et restent au cœur des débats.
La déclaration d’Amnesty International coïncide également avec un appel urgent pour la défense d’un blogueur iranien arrêté ce même mois, Kianoosh Sanjari interpellé au début d’octobre alors qu’il rassemblait des informations sur des affrontements entre les forces de sécurité et des sympathisants de l’ayatollah chiite Boroujerdi. Il est détenu au secret et Amnesty International craint qu’il ne soit victime de mauvais traitements, voire d’actes de torture. Kianoosh Sanjari se serait rendu au domicile de l’ayatollah Boroujerdi, à Téhéran, pour préparer un rapport sur les affrontements qui avaient lieu dans la capitale.
Steve Ballinger, de la délégation d’Amnesty International à l’IGF, demande aux blogueurs de manifester leur solidarité avec les utilisateurs web qui peuvent, dans certains pays, être emprisonnés pour avoir critiqué leur gouvernement.

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La cybercommunauté est concernée par la liberté d’expression, et prête à défendre ce droit.
Amnesty International appelle les gouvernements et les entreprises à faire en sorte que les droits humains – notamment le droit à la liberté d’expression et d’association, ainsi que le droit à la vie privée – soient respectés et protégés.
Internet permet la libre circulation des idées et des informations dans le monde entier.
Certains gouvernements cherchent à restreindre cette liberté. Des personnes ont été enfermées pour avoir exprimé leurs opinions par courrier électronique ou sur un site web. Des sites et des blogs ont été fermés ; des pare-feux sont mis en place pour bloquer l’accès à l’information. Les entreprises ont limité les recherches sur Internet afin d’empêcher les utilisateurs d’accéder aux informations que des gouvernements répressifs veulent occulter.
Certains pays et entreprises n’ont pas respecté, protégé ou promu le droit à la liberté d’expression et d’association, le droit à la vie privée.
Yahoo ! par le biais de son partenaire chinois, Alibaba, a transmis aux autorités chinoises des informations confidentielles et personnelles concernant ses utilisateurs. Ces informations ont servi à condamner et à emprisonner des journalistes. Cette entreprise a également accepté de censurer ou de verrouiller certaines données. Microsoft a fermé le blog de Zhao Jing, un chercheur du New York Times basé à Pékin, à la demande du gouvernement chinois. Cette entreprise a également reconnu avoir obéi aux demandes des autorités chinoises, qui voulaient interdire aux utilisateurs des MSN Spaces l’emploi de certains termes. Pendant ce temps, Google lançait, pour le marché chinois, une version censurée de son moteur de recherche.
Amnesty International insiste également sur la situation des prisonniers d’opinion, qui sont incarcérés pour avoir exprimé pacifiquement leurs idées sur Internet.
Par l’intermédiaire de sa messagerie Yahoo, le journaliste chinois Shi Tao avait envoyé un courrier électronique à un site web situé aux États-Unis. Il y résumait une directive interne du gouvernement chinois destinée aux journalistes et concernant le traitement médiatique de l’anniversaire des événements de la place Tienanmen. Shi Tao a été condamné à dix ans d’emprisonnement pour avoir « divulgué des secrets d’État à l’étranger ». Yahoo ! avait fourni les informations qui ont servi à l’accusation.
En Tunisie, Mohammed Abbou, avocat et défenseur des droits humains, purge une peine de trois ans et demi d’emprisonnement, essentiellement pour avoir publié sur Internet des articles critiquant les autorités tunisiennes.
Le dissident vietnamien Truong Quoc Huy a été arrêté pour la première fois en octobre 2005, pour avoir participé à une discussion sur un site web consacré à la démocratie et aux droits humains, détenu au secret pendant neuf mois, puis relâché. Toutefois, le 18 août 2006, il a de nouveau été arrêté alors qu’il était connecté dans un cybercafé de Ho Chi Minh-Ville. L’endroit où il se trouve reste inconnu et aucune accusation n’a été rendue publique.
Steve Ballinger a également déclaré : Nous relayons au Forum sur la gouvernance d’Internet les voix de milliers de personnes qui partagent nos préoccupations et soutiennent la campagne irrepressible.info d’Amnesty International.
Nous demandons aux gouvernements de libérer les prisonniers incarcérés pour avoir exprimé leur point de vue de façon pacifique sur Internet, et de mettre un terme à la censure injustifiée des sites et des recherches sur la Toile.
L’organisation se félicite de profiter de l’IGF pour sensibiliser l’opinion à la problématique des droits humains et d’Internet.
À Athènes, Amnesty International veillera à ce que les droits humains ne soient pas laissés de côté et restent au cœur de tous les débats. "

28 octobre 2006

Consultation.

-On ne peut pas dire que je sois malheureux. Il y a des gens qui le sont beaucoup plus que moi. Prenez les pays d’Afrique par exemple, mais il y en a d’autres…
-Oui.
-Au contraire. Je me sens bien dans mon pays. Les gens exagèrent sur les affaires en cours. Mes compatriotes sont des gens sérieux, travailleurs. C’est normal qu’il y ait parfois des faiblesses. Mais je les aime…
-Bien sûr.
-En général, le pays est bien géré par des gens honnêtes. C’est de la jalousie pure de comparer leurs revenus aux nôtres. S’ils sont bien payés, c’est parce qu’ils le méritent.
-Evidemment.
-Ils travaillent dur. Ils sont récompensés par la misère qui recule, la bonne réputation que nous avons à l’étranger. Du reste, les émigrés venus en masse, n’est-ce pas un signe d’amour de la communauté internationale ? Une reconnaissance et en même temps une richesse, une…
-Reprenez votre souffle.
-Les petites misères entre Wallons et Flamands sont des petits riens, comparés à ce qui se passe en Irak, entre sunnites et chiites. On a raison d’en rire. A l’étranger, notre réputation n’en souffre pas. Nous sommes Belges avant tout…
-Avant tout.
-Et fiers de l’être. J’ai toujours une photo de la famille royale dans mon portefeuille, quoique…
-Quoique ?
-Ces temps-ci avec les nouvelles naissances des petits princes, j’ai été obligé de faire un diaporama. Ce n’est pas perdu. Je le passe toujours avant le bulletin d’information de la télévision. C’est notre ciment, Monsieur Renard, la famille royale…
-Oui.
-J’entends que les grincheux se plaignent, ils ne seraient pas satisfaits… mais…
-Mais ?
-Nous votons, n’est-ce pas ? Que ceux qui ne sont pas contents votent pour l’opposition.
-C’est certain.
-J’ai toujours été très satisfait de nos valeurs. La patrie, le roi, la démocratie… Ce gouvernement est le meilleur du monde. J’exerce mon droit de citoyen plein et entier. C’est ça la vie dans un pays libre. Vous ne trouvez pas ?
-Oui.
-Quand je pense à nous tous, nous les Belges, nous formons une grande famille. Je le disais encore à ma femme hier au soir. Je faisais la vaisselle, elle mettait du vernis sur ses ongles. Vois-tu, Cornelia, nous avons eu de la chance sur toute la ligne d’être nés dans ce beau pays, d’en être les citoyens et de travailler à sa prospérité. Vous savez ce qu’elle m’a répondu ?
-Non.

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-Arthur, nous devrions faire plus que ce que nous faisons. Nous devrions augmenter volontairement notre contribution. Nous devrions donner cent euros par mois au ministère des finances en plus de notre feuille d’impôt. C’est magnifique, non, la belle pensée qu’elle a eue ?
-Oui.
-Elle est ainsi, Cornelia. Le cœur sur la main. Elle a ramené à la maison un jeune SDF qui grelottait dans la rue. Depuis, il ne nous quitte plus. Ma femme en est folle. Ah ! si tous les liégeois étaient comme nous, Monsieur Renard, Liège serait encore plus joli qu’il n’est. C’est ainsi que solidaires, nous serons encore plus… Enfin vous voyez… Je ne sais pas si je me fais comprendre… encore plus…
-La séance est terminée Monsieur Bonaloi.
-Quoi déjà ?
-La demie heure est dépassée d’une minute.
-Et alors, docteur ?
-Vous êtes en bonne voie.
-Vous croyez ?
-Puisque je vous le dis. Nous en sortirons.
-Combien vous dois-je ?
-Quatre-vingts.
-Il me semble que c’était septante le mois dernier.
-Ce n’est pas moi, Monsieur Bonaloi, c’est l’Ordre, des instructions d’en haut…
-Oui, je comprends. Ils ont leurs raisons.
-Que nous ne comprenons pas, bien sûr.
-C’est cela qui est admirable. Vivre en confiance, et tout est en place. Ils sont bien plus intelligents que nous pour comprendre. Les raisons d’en haut sont inaccessibles pour nous.
-C’est ça. La séance est terminée, Monsieur Bonaloi. Nous reprendrons le mois prochain sur cette idée d’augmentation des tarifs de l’Ordre des Médecins psychiatres.
-Vous me promettez ?
-Oui. Je vous promets. Vous me donnerez toutes les bonnes raisons que l’ordre à d’augmenter les tarifs. Vous l’avoueré-je je n’en connais qu’une seule.
-Comme je vous plains.
-Voulez-vous demander à la personne suivante de venir, en partant, Monsieur Bonaloi ?
-Merci, beaucoup docteur. Merci…

27 octobre 2006

Tous coperniqués !

On nous amuse avec les affaires à répétition du PS. On dit : qui vole un œuf, vole un bœuf. Mais il faut parer au plus pressé. On oublie que ceux qui ont débuté par voler un œuf, ont pris du galon depuis et maintenant volent un bœuf à notre barbe sans que nous ne pipions mot.
Que dis-je un bœuf ! C’est un cheptel qui nous passe sous le nez, comme dans les vieux westerns américains où le brave John Wayne se faisait rouler par son chef de troupeau jusqu’au jour où il découvrait que son intendant respecté était recherché par le shérif pour meurtre.
Nous n’en sommes pas encore là et nous nous contentons de ricaner au lynchage de quelques vieux cow-boys de série B à Charleroi et à Namur qui pourraient plaider l’innocence si on comparait leurs menus larcins et tripotages aux grands voyous qui nous gouvernent..
De quoi s’agit-il ? Mais des largesses que les grands commis de l’Etat se sont votées et qui coûtent des dizaines et peut-être même des centaines d’euros à chaque pensionné, chaque malade et chaque chômeur, pas grand-chose pour le beau monde, juste de quoi ne pas trop cauchemarder à la fin du mois pour les autres, ce que la chienlit magistrale ne comprend pas, évidemment.
Non. Mille fois non, les grands voleurs ne sont ni à Namur, ni à Charleroi, mais à Bruxelles vautrés dans les cabinets ministériels, le prenant de haut, ainsi que dans l’hémicycle sacré là où l’intérêt collectif devrait primer sur tous les autres.
Il s’agit de la prime Copernic, cette filouterie qui consiste à aligner les pécules et rémunérations spéciales des parlementaires et fonctionnaires sur la fiction d’un secteur privé richissime, ce qui est le cas pour les patrons, mais loin de l’être pour les personnels.
A tout seigneur tout honneur, les parlementaires avaient résolu leur problème en s'octroyant eux-mêmes un double pécule de vacances de 5.300 euros. Il faut souligner l’admirable d’un système qui permet de s’allouer des revenus sur une version personnelle du coût de la vie, sans l’aval des électeurs. On comprend que les filous-boys défendent leur démocratie comme la prunelle de leurs yeux.
Quant à nous pauvres poires… tiens, nous sommes trop bêtes.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là.
Le personnel civil de la police bénéficie déjà de la prime Copernic. Celle-ci alloue au personnel de la fonction publique une prime de congés payés équivalente à 92 % du douzième du traitement annuel. Depuis 2002, les policiers « opérationnels » se voient refuser le paiement de cette prime, au motif qu'ils feraient partie des « corps spéciaux de l'Etat ». Bernard Jeusette, secrétaire général adjoint du Syndicat de la police, considère que « rien ne justifie d'exclure de la prime Copernic les membres de la police intégrée, dès lors que ceux-ci sont fonctionnaires de l'Etat fédéral ».
Et ils ont raison les bougres.
Le deux poids, deux mesures, n’a jamais été que pour nos petites gueules militantes, énamourées, radieuses et clapotantes dans la merde d’un système réclamés à grands cris par nous tous, centristes enculés bien profonds, joyeux et fiers de l’être, dans la kermesse socialo-libérale.

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Chambre et Sénat, militaires, Sûreté de l'Etat et magistrats se sont déjà légalement servis. Ces derniers (2.300 au total) avaient contraint l'Etat à leur verser la prime et les arriérés dus, ce qui avait entraîné pour le budget de l'Etat un débours de près de 25 millions d'euros. Par tête de pipe (+ de 10.869 €), c’était se tailler un bon steak sur la bête (nous).
Aujourd’hui 1.500 policiers, partis en éclaireurs, réclament la même soupe copernicienne. Si cette action aboutit, le ministère de l'Intérieur pourrait se voir condamner à payer une somme colossale à ses 32.000 policiers : jusqu'à 350 millions d'euros, selon une estimation du sénateur CDH Christian Brotcorne, qui ne l’a ramenait pas le jour où il a reçu son chèque copernic, entre parenthèse.
Voilà où l’appétit de nos grands démocrates nous a conduit : au bord d’un nouveau gouffre budgétaire. Le comble, c’est qu’en bonne justice, on ne peut pas refuser aux flics l’accès à la mangeoire quand les hauts fonctionnaires et les parlementaires en croquent tout à fait légalement.
C’est un nouveau séisme budgétaire qui menace Verhofstadt et ses grands professionnels des ministères.
Discrimination injustifiée à l’encontre des poulets, sans doute, mais la discrimination la plus flagrante et la plus honteuse n’est-elle pas dans la fiscalisation abusive des petits revenus et des petites pensions pour qui Copernic ne dit pas grand-chose, en-dehors de la facture !
Les montants astronomiques réclamés n'ont pas été budgétés, bien entendu. Reynders s’est contenté de nous coperniquer pour son compte personnel et les autres illustres du Royaume. Si les policiers obtiennent gain de cause, le gouvernement devra passer de nouvelles nuits blanches à trouver l'argent dans les poches des petits contribuables.
Quand je vous disais que la Commune de Charleroi était gérée par des saints laïcs ! Je propose que le gouvernement fédéral soit dirigé par les échevins de Charleroi qui ont fauté.
On serait moins volés !

26 octobre 2006

Pleasure

Le Forem, la Région wallonne et le comité PS de Charleroi recrutent 10.000 représentants de la gent masculine afin de tester le préservatif "Pleasuremax" de la Maison Durex. Voilà une nouvelle qui réjouira les chômeurs de la région, les fonctionnaires en quête d’un petit boulot supplémentaire et le Comité exécutif régional carolo du PS qui n’a plus eu d’érections constructives depuis un certain temps.
Comme dirait Di Rupo : « où il y a de la gêne, il n’y a pas de ‘pleasure’ »
Evidemment n’aura pas le boulot qui veut. Il faudra remplir quelques conditions. Mais d’ores et déjà les tracassés de la braguette, les victimes de crampes monstrueuses qui risquent l’hémiplégie faute d’adjuvant, les empressés de la seringue et les marins en bordée, seront sélectionnés par la maison mère à la suite de tests sérieux comme on dit à Bois-le-Duc (Den Bosch en ménapiens). Il faudra y faire montre d’énergie à revendre et ne pas rechigner à la besogne. Ce qui déjà élimine les fonctionnaires.
Le producteur néerlandais ouvre curieusement le marché du travail à notre belle Région pourtant réputée francophone, donc suspecte en relâchement et paresse, alors que l’érection flamande pourrait suffire. Mais voilà, le producteur se méfie da la lourdeur flandrienne et compte sur la french connexion pour confronter le latex batave à la galanterie française.
Le Forem prie instamment les chômeurs responsables et virils de consulter le site de Durex sur lequel ils pourront remplir un formulaire d’embauche.
Et c’est en cela que le comité carolo pourrait être utile aux demandeurs d’emploi. En effet, la solitude forcée de certains des plus éminents d’entre ses membres n’a pas que des effets néfastes et pourrait multiplier par dix les performances. Il n’y a pas que l’âme qui s’y forge dans l’adversité. Les barreaux verticaux en ont inspiré plus d’un. Dorénavant, le pleasure pourrait ne plus être égoïstement une entreprise solitaire, mais au contraire, un geste collectif et altruiste.
Loes van Alst, chef du produit, espère beaucoup de la furia wallonne.
Le Forem se dit capable de trouver dans son fichier les meilleurs spécimens. Des cours seront prodigués quant à la présentation des candidats et leur maintien au cours des interviews d’embauche. Le nombre de places étant limité, la liste de la première session a été complétée en moins d’une heure dès l’annonce faite. Ce sera Mademoiselle Robineau (27 ans) et ses assistantes qui feront l’essentiel des cours pratiques. Elles sont plus d’une fois montées au créneau à l’étage de la direction et la besogne ne leur fait pas peur.
Il s’agit de prouver que le travailleur wallon est à la hauteur. Ce sentiment de fierté nationale est à mettre à l’actif de nos jeunes qui se lancent dans la carrière.
Le milieu de Buenos-Aires semble déjà intéressé pour un prolongement de ce nouveau métier dans les maisons du troisième âge où beaucoup de demandes des pensionnaires veuves ne sont pas satisfaites. Les films « La mouillette » de Paris recruteront pour leurs productions quelques bons éléments capables d’assumer pendant au moins une heure une position stratégique dans les gros plans, bons salaires assurés.

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L’entreprise Durex jeune et dynamique est à la pointe du management puisqu’il y aura rapidement des promotions et des perspectives d’avancement, même si le principe est d’avancer et de reculer, alternativement. C’est ainsi que les "membres du personnel" qui enverront leurs remarques, accompagnées du slogan le plus original, auront peut-être la chance de remporter un week-end chaud dans un hôtel de Brighton. Loes van Alst décrit la station balnéaire du sud de l'Angleterre, comme la plus sexy, malgré la réputation fâcheuse de la partenaire anglaise indispensable aux essais de la « Pleasure » dans une chambre baptisée The Durex Playroom, et équipée d'un lit king size entouré de miroirs. Des jeux seront également prévus pour égayer leur séjour.
Voilà de bonnes nouvelles qui va dans le sens des 100.000 emplois de Verhofstadt.
Enfin, nos jeunes condamnés à l’immobilité forcée pourront enfin sortir du tunnel pour y entrer aussitôt dans les conditions les meilleures d’un travail stable et intéressant.
La FGTB n’est cependant pas satisfaite à tous les points de vue. Il y aurait une discrimination à l’encontre des travailleurs âgés. En effet, Durex ne recrute que jusqu’à 25 ans. En outre, on ne sait pas encore dans quelle branche d’activité classer ce nouveau métier. De vives discussions sont en cours. La femme prévoyante socialiste se dit scandalisée que les femmes qui sont pourtant indispensables aux tests ne soient pas recrutées par la direction de Durex qui dit mettre tous ses espoirs dans le bénévolat. En guise de protestation 50 % des employées de guichet de la FMSS se sont portées volontaires. Loes van Alst se dit prêt à en sélectionner quelques-unes de sa propre main.
L’Association liégeoise des joueurs de pétanque exprime également des réserves et se dit troublée qu’on ne parle que de l’étui pénien, alors que les « choses de la vie » demanderaient aussi une membrane de protection dans certains exercices de contact.
Comme quoi une bonne nouvelle ne l’est jamais pour tout le monde.

25 octobre 2006

Pyrrhonisme

Faut pas déranger quand on est au plaisir. Les gens ne peuvent pas voir s’accoupler des êtres comme eux, à peu de choses, sans prévenir un agent – pardon un inspecteur.
Il faut s’en faire une raison.
Tout ce qu’on interdit est bon pour le plaisir et bien que cela soit mauvais pour la santé, est-ce que cela regarde le gouvernement ?
Vais-je voir si à la table de Verhofstadt on mange bio ? Quels sont ses plaisirs et quelles sont ses relations avec les femmes, à commencer par la sienne, s’il fume ou s’il a déclaré le fusil de chasse de son grand-père ? En quoi sa vie privée me regarde-t-elle ? En rien !
Alors, pourquoi s’intéresse-t-il à la mienne ? Globalement pour taxer mes plaisirs, juguler mes manies, enthousiasmer mes élans, observer si j’accueille bien les étrangers, si j’ai de la compassion pour les prisonniers, si je l’admire lorsqu’il en libère au quart de leur peine et si je crois en l’holocauste et si, quand j’ai bu un verre, je tiens ou ne tiens pas des propos racistes, enfin si je n’ai pas un arriéré d’impôt en ces temps de déficit chronique de l’Etat...

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Il n’y a pas de raison forte assez pour me décider à vivre dans cette société, comme il n’y en a pas non plus pour me décider à en sortir. Alors, qu’est-ce que je fais ? Je déçois ceux qui voudraient me voir parti et encore plus ceux qui me voient toujours là. Vous me direz, ce sont les mêmes ! Qu’importe si l’on déçoit plus celui-ci que celui-là, des amis, en plus et qui le sont malgré un fond d’inimitié à mon égard. L’essentiel, n’est-ce pas de décevoir ? Je suis on ne peut plus satisfait, sur ce chapitre !
Quant à n’être plus ici, ni ailleurs, cela relève de l’importance que l’on donne à l’existence. La vie ne vaut pas la peine qu’il faudrait se donner pour la planter là.
On pourrait par altruisme l’ôter à quelques-uns. Ils ne se montreraient pas pour autant reconnaissants.
Qu’on ne me parle pas de la satisfaction du devoir accompli, de la fidélité de groupe, de l’honneur de l’éjaculateur précoce qui conseille un amant performant à sa compagne, des maladies douloureuses, de la honte d’être fier de la démocratie, du travail qui fait l’honnêteté de l’imbécile, il n’y a pas de quoi se relever la nuit à Charleroi et pisser de dépit à côté du vase.
Bien sûr, les maladies douloureuses... On ne les évoque jamais qu’en bonne santé et en enterrant un ami, cadet de dix ans. Parce que les maladies douloureuses sont souvent honteuses, attendu qu’en parler sape le moral du bien portant.
Je l’accorde, il y a certaines contrariétés. La pire de toute, c’est d’avoir serré de près une personne du sexe depuis des mois, pour se la faire souffler par un type qui passait, puis qui l’ayant prise ne sachant qu’en faire voudrait vous la refiler. Vous la reprendriez bien, mais c’est toujours elle qui ne veut pas !
J’ai bien pensé au suicide, ne serait-ce que par ennui. Mais, à la pensée que je tomberais n’importe comment sans m’arranger et me trouver grotesque devant la voisine de palier (tout à fait charmante), cela m’est insupportable.
On meurt par vocation. Seuls les héros en sont dignes. Je ne suis pas du nombre.
C’est plus fort que moi, j’ai difficile à me prendre au sérieux. Toute situation dramatique à son côté comique, si l’on considère les paramètres. Je ne capte que les mauvais.
Y a-t-il quelque chose qui fasse davantage rire que d’être cocu, à part l’intéressé ? La plupart n’envisagent cette hypothèse que des autres. Moi, je vais plus loin. Puisque tout le monde l’est d’une certaine manière, pourquoi ne le serais-je pas aussi ? Mais voilà, quand on parle de la chose dont personne n’est certain, on s’empresse d’ajouter « plus ou moins ». Cela change tout, d’être plus ou moins cocu, que cocu. Si vous l’êtes vraiment plus, rabattez vous alors sur la manière de l’être. Elle en a consolé beaucoup.
L’antiquité avait sa formule :
Tous les hommes sont cocus.
Platon est un homme.
Donc Platon est cocu.
C’est interchangeable, essayez avec votre nom. C’est très drôle.
Elise me le dit souvent : « Je vais te tromper ». Tant qu’elle y va, elle n’y est pas. Le jour qu’elle me dira « Je te trompe. », il faudra que je me collette dans le couloir d’un building avec l’amant, en espérant qu’un usager ne prendra pas l’ascenseur devant la porte duquel lui et moi roulons par terre. Et je me rassure en pensant qu’Elise blague. Qui en voudrait ?
-Mais toi, banane, me souffle un mauvais ange.
Oui, mais c’était il y a fort longtemps et j’ai beaucoup changé depuis, elle aussi du reste. Au point que nous sommes devenus méconnaissables l’un pour l’autre. On se croise parfois en ville sans se reconnaître. C’est au lit qu’on est bien obligés de s’apercevoir que l’autre existe, et encore pas souvent.
Tout est à l’avenant. On vit plus ou moins bien, surtout moins depuis que le capitalisme triomphant est parvenu à nous faire croire que si l’on vit moins bien qu’avant, c’est parce que nous ne savons pas gérer le progrès. Mais la mort ! Peut-on mourir plus ou moins ? C’est impossible. Et quand on dit de quelqu’un « il a eu une belle mort », le mort n’en sait rien, puisqu’il n’est plus là pour comparer avec les autres, si la sienne était belle.
L’embêtant, quand on n’aime ni la vie, ni la mort, on ne sait plus quoi aimer. Si… l’argent !
C’est un peu mon cas ces temps-ci.
L’ennui, c’est que je n’en ai pas. Je suis donc obligé de me rabattre sur celui des autres. On ne peut pas aimer tout le temps de façon abstraite, à part Dieu. Mais les autres défendent leurs biens, et comme je déteste la violence et que j’ai peur des coups, je ne sais même plus m’accrocher à l’amour de l’argent des autres !
Enfin, je vous explique cela, sachant bien que cela ne sert à rien, puisque rien ne sert à rien.
Revenons aux prolégomènes. Nous en étions à « dérangé en plein plaisir ».
L’inspecteur consulté était perplexe. C’était une belle femme dont le ceinturon lui allait bien, serrant la taille qu’elle avait fine, la chemise réglementaire faisant saillie aux bons endroits. Sa matraque, de la taille d’un gode, lui battait la fesse gauche.
Elle déposa les armes sur la table de nuit. Elle mouilla de ses lèvres le crayon de mon procès-verbal. Je sus quelques instants plus tard, que j’aimais davantage la petite mort que la grande.

24 octobre 2006

Le code des bonnes pratiques.

Surtout côté admirateurs, inconditionnels du socialisme-libéral, on va dire que j’exagère, que je n’en ai que contre les rosés. D’autres, davantage chevaleresques, iront jusqu’à dire que mon insistance relève de la faute de goût, et qu’on ne tire pas sur une ambulance.
C’est vrai, ça devient une antienne, moins grave que l’affaire Cools, il n’y a pas encore mort d’homme à Charleroi, à Namur, à Schaerbeek et ailleurs… mais une antienne quand même et à la fin, tellement gonflée de mots, que le citoyen s’assoupit le nez dans les gazettes…
Ce n’est quand même pas la faute du public, de votre malheureux serviteur et de toute la masse des honnêtes gens qui ont voté socialiste, les faux en écriture, les faux et usage de faux les concussions, les prévarications. Ce n’est pas inventé, tout de même, les dernières péripéties toutes fraîches qui finissent en scoops… J’irai même plus loin, ce n’est pas non plus la faute de la majeure partie des élus communaux socialistes, groggy, hébétés, qui se doutaient bien, pour certains, qui ne savaient rien pour la plupart, qu’il se passait des choses.
Comme s’il ne se passait pas des choses dans les autres partis, par exemple… même au gouvernement où Reynders a de la chance qu’on a d’autres chats à fouetter que de retourner les budgets mal ficelés, les sommes comptabilisées à tort, et que ce ministère pourraient être mieux géré, par un ministre moins brouillon, etc.
Malgré tout, on y revient au gâchis socialiste, par l’actualité et l’urgence… les maladresses aussi.
Réunis à Mons ce lundi sous la baguette du maître, les chefs se déclarent abusés. Abusés par les discours trompeurs, les envolées « des honnêtes gens inculpés injustement », à tel point que dimanche encore, Van Cau et les siens protestaient avec fermeté de la légèreté avec laquelle les magistrats instructeurs envoient les accusés en préventive.
Lundi, changement de décors : on a été trompé !
Et l’électeur, donc ?
On a encore en mémoire « le Code de la bonne pratique » que le PS diffusait à la veille des élections communales. Il y a moins d’un mois !...

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Enfin, on les pensait transformés nos rosés, résolument engagés sur la voie de la démocratie, de la bonne pratique en rayons, en caisses de douze, que dis-je, une grosse (12 douzaines) de bonnes pratiques, à la disposition de tous, mains sur le cœur et livre ouvert, évoquant les maladresses du passé de gens honnêtes « coupables » d’erreurs de gestion, loin des abominables forfaits qu’une droite monstrueuse leur prêtait.
Eh bien non ! On se trompait.
C’est que l’ancien pauvre est plus fragile que le riche troisième génération. Nos élus socialistes ne sont pas tous des avocats issus d’anciennes familles d’avocats, des gentilshommes émoulus des universités où le père fondateur enseignait déjà, comme on le voit encore, chapeau melon et barbe en pointe, dans le cabinet du recteur, pendu dans son cadre ovale seulement caressé par le plumeau de la femme d’ouvrage 2 fois l’an.
Non. Les partis de gauche, même si le PS libéral à des rêves bourgeois depuis qu’il touche à l’argent et au pouvoir, les partis de gauche sont les refuges de gens issus de classes moins riches. Les syndicats, c’est pareil. C’est même encore plus flagrant. Les permanents viennent d’encore plus bas, de familles encore plus misérables. Ce n’est pas une honte, non, au contraire, s’élever de rien, c’est mieux que de rester au niveau de son grand-père, même qu’au regard des ancêtres, certains des petits fils qui plastronnent aujourd’hui ne se sont jamais donnés que la peine de naître.
Ces gens brusquement sortis de la médiocrité, voire de la gêne, se voient soudain à la tête de revenus qu’ils n’auraient jamais espérés d’une vie de travail honnête. Et en même temps qu’ils découvrent cela, les voilà entraînés dans le sillage des fils et petits fils des anciens voleurs du royaume, qui, aussitôt oubliés d’où ils viennent, vivent de telle sorte, tout à fait légalement et dans la plus parfaite honnêteté, que cela frappe les fraîchement élus d’admiration!...
Tout paraît à portée, l’argent rentre, on est écouté, respecté, on prend des décisions comme un grand patron. Et l’on finit par agir comme tel, c’est alors qu’on s’aperçoit que si la voiture de fonction est confortable et fait facilement ses 40.000 euros, le reste ne suit pas. Il y a un hiatus. Et c’est la pente. Parfois légère, les voyages d’agrément comme l’ancien bourgmestre de Liège, les salles de bain à bulles et les travaux qu’on finit par faire faire par des employés communaux, tous affiliés au parti et qui trouvent cela naturel. Le chef, doit être mieux loti… C’est la règle.
Quand on reçoit le code des bonnes pratiques, on le discute sérieusement et peut-être se croit-on sincèrement dispensé des bonnes pratiques que l’on recommande aux autres.
C’est aussi bête que ça.
Les anciennes familles volent ou ont volé. Il est plus facile de dissimuler un milliard quand on en a dix. Mais les nouvelles ? Celles qui veulent se hisser, s’établir ? On reste à la merci d’un billet de cent euros. Il est reproché un euro de mayonnaise sur un sachet de frite (Cela s’est vu dans un syndicat affilié à la Régionale FGTB).
Alors, soyons indulgents pour les protagonistes malheureux dans les affaires communales. On peut juste leur reprocher que l’idéal socialiste a fichu le camp. Mais cela, ce n’est pas que pour les minables qui poignent dans les caisses, c’est valable pour tout le monde.


23 octobre 2006

Dour, l’effet du blues.

De mieux en mieux... L’exercice de la démocratie, c’est quelque chose !...
Au moins sous Staline, on avait des majorités de 99 %.
A Dour, on fait plus fort. Une élue PS, Isabelle Noël, a en effet rejoint Ecolo, qui n’a aucun élu ! pour conclure un pacte de majorité avec Dour Renouveau.
Autrement dit grâce à un parti qui n’en est pas un – tout au moins officiellement – puisqu’il n’a pas d’élu, voilà le député wallon Carlo Di Antonio (CDH), leader de "Dour Renouveau" et organisateur du festival rock de Dour, qui devient le nouveau bourgmestre et relègue la majorité PS-MR dans l'opposition.
Inutile de dire que la dénommée Isabelle Noël n’a plus aucune chance de se représenter sur une liste PS d’ici au moins dix générations ! Comme elle a intérêt à demander des conseil à Javaux pour « ô divine surprise ! » faire élire au moins un membre écolo au Conseil communal aux élections de 2012 et prier qu’il n’y ait pas entre-temps un vrai pacte de gauche, comme madame Durant ne sait plus signer depuis qu’elle est gauchère contrariée.
Dixit Churchill, "la démocratie est le pire des systèmes à l'exception de tous les autres". Il n’était jamais passé par Dour.
Si Carlo conduit la commune comme son festival, ça va rocker terrible au Conseil.
Tout l’art, en ces temps de haute démocratie, consiste à se faire connaître. La musique n’est pas un mince moyen.
Di Antonio, c’est par le rock et son festival, un autre ce sera par la charcuterie fine – on se souvient de VDB (pas celui de Grâce-Hollogne, celui de Bruxelles). Je gage que Dutroux libéré se présentant aurait un paquet de voix de préférence.
Pour revenir au festival communal de Dour, cette commune éminemment musicale a un Code de la démocratie qui a tout prévu. C’est ainsi qu’en cas de passage à une autre formation politique, l'intéressée siègera comme indépendante. Je suppose que l’indépendante assimilée assurera la présidence du CPAS et non pas un membre non élu de la section locale d’Ecolo Enfin, sait-on jamais ?
Carlo pourrait présenter sa formation en quintet ou en sextet. Il tiendrait la baguette. Le premier échevin serait le sax ténor, aux drums le trésorier, l’échevin des sports à la guitare solo et les travaux publics à la guitare basse. Isabelle Noël n’aurait qu’à se débrouiller à la grosse caisse, à moins que la commune n’en soit au même point qu’à Charleroi et que la grosse caisse soit le poste le plus disputé.
Les élus PS et MR doivent faire une de ces gueules !
Un certain Alex Tromont du MR ne décolère pas.
Il paraît que la majorité des habitants de Dour était pour le rocker. C’est vrai qu’on n’a pas tous les jours envie de rigoler dans cette bourgade qui ne sort de sa léthargie que le temps du festival.
Le showman avec son Dour Renouveau, c’est quand même autre chose qu’un discours de Di Rupo sans prise réelle sur la vente des frites et de la bière.
La « libérale attitude sociale », ça ne vaut pas la rock attitude « à que Johnny » !
Alex Tromont en santiags et stetson peut toujours recopier son discours en anglais du Bronx, il n’a plus qu’à reprendre la N 68 sur sa Harley.

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Franchement, ça manque à Liège des parties de rigolade urnistiques.
On a bien la foire et son tour des élites de la Région, la meute des photographes et les remerciements de tout un peuple de folliculaires empressés ; mais, jamais on n’aperçoit le cotillon arachnéen d’une de nos élues, lorsque là-haut au sommet du huit aérien, elle est prise de pâmoison, ni les indispensables du conseil disparaître derrière les baraques pour soulager une vessie de Jupiler, encore moins le bourgmestre au jeu de massacre viser les piles de boîtes à l’effigie de Didier Reynders, le bourgmestre autoproclamé.
Non. Tout est trop sérieux en ville. Il faut dire que depuis les travaux interminables du carrefour Saint-Gilles, plus personne n’a envie de rigoler.
Finalement, ils ont bien de la chance à Dour.
On se demande pourquoi Didier Reynders n’a jamais pensé monter un festival rock à Liège ou reprendre l’idée de Jean-Marie Peterken à Comblain-la-Tour.
Décidément, si la majorité n’est pas drôle, le MR, à Liège, l’est encore moins.

22 octobre 2006

La gauche survivra-t-elle au PS ?

Le tour de piste d’un édile de Charleroi passe désormais par la prison de Jamioulx.
Le PS replonge dans les affres délictueuses.
Van Gompel out, les troupes de Van Cau sont introuvables. Alors que CDh et MR se précipitaient à l’interview sans trop en rajouter sur les malheurs du social-libéralisme, tout le monde s’inquiétait de l’absence des rosés carolos.
Où pouvaient-ils bien être ? Quelque part en conférence dans un lieu tenu secret ? Aux ordres chez Di Rupo ?
Pourquoi pas en préparation d’un Congrès d’Organisation pour un Nouveau Socialisme. Le C.O.N.S. est un sigle prometteur. On le retient en mémoire.
-Où tu vas ?
-Au C.O.N.S !
-T’es au PS ?
-Ah ! je croyais que c’était le festival du film porno…
Quel meilleur endroit que le café en face de la prison de Jamioulx – sil y en a un - pour faire le point ?
On s’étonne que la RTBf n’y ait pas pensé ?
A l’état-major de l’Empereur, c’est la blitzkrieg qui tourne court. Elio est à l’image d’Adolphe dans son bunker, il déplace ses panzers invisibles avec des généraux qu’il n’a plus. Il attend les mauvaises nouvelles suivantes, afin d’épiloguer sur les mauvaises nouvelles précédentes. C’est comme ça qu’on est toujours en retard d’une guerre ; mais, c’est volontairement, on accroche ainsi une petite note optimisme au pessimisme qui va de pire en pire, donc parler des choses de la veille, c’est mieux..
A Liège, les inconditionnels et les attachés de presse rosés se mettent au Prosac.
-Pourvu qu’on reste un modèle !
-Vander Biest est mort.
-On a assez donné !
Insuffisants les couplets sur l’extrême droite, les rassemblements contre le racisme et les gros titres sur les réalisations du social-libéralisme ! La diversion est inutile. Le paravent devenu soudain translucide révèle l’état délabré des lieux, ailleurs, comme place Sainte-Véronique.
Touchés par la grâce, les francs-macs vivent le martyr de la sainte, stimulés par la foi.
Heureusement Charleroi, Namur et Binche, c’est si loin !
Et si la merde se déversait par mégarde sur le perron de notre hôtel de ville, à cause d’un éboueur maladroit ? Et si la sœur de Didier aux commandes du nouveau Boeing de la place Saint-Lambert perdait toute mesure ?.
On a rarement vu un parti aussi détruit de l’intérieur par ses propres mandataires.
Et l’avocat chargé par le président de mettre de l’ordre dans le schmilblick, qu’est-il devenu le tourtereau ? Dans quel océan de jeunes rénovateurs a-t-il sombré ? Sans doute aura-t-il rejoint tous ces jeunes des partis, coulés par l’usage, l’usure et les ans à la tête desquels les jeunes giscardiens jouent l’iceberg du Titanic depuis un demi siècle.
La honte était à prévoir. Le libéral socialisme est un oxymore. Un des deux termes est de trop.
Jusqu’à présent, les directions régionales s’étaient choisies, quasiment autoproclamées. Aujourd’hui on fait gaffe et on se félicite de remorquer un parti croupion à côté du PS.
Il y aurait urgence à inventer un nouveau parti représentant la gauche, murmure-t-on dans les ruelles. Il y a des idées, des militants et des électeurs. Aux chiottes, le libéralisme social !
Et si on reparlait de la lutte des classes, ce monstre du Loch Ness qu’on a enterré trop vite?
Des mauvais esprits veulent une grande réunion « des forces » (avant le traumatisme, on attachait « progressistes » à « des forces »). C’était le vocabulaire du social-libéralisme cher à gros QI, le stratège. Pourquoi pas ressortir « révolutionnaires », car n’est-ce pas plus que des réformes de souk à souk que l’on veut dans un nouveau socialisme ?

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Finie, la vente des fausses Cartier à la sauvette, il faut du concret. Les gens en ont assez des ersatz.
Le voile s’est déchiré, changer les responsables n’arrêtera pas le jeu de massacre .
Dans la peur de mal faire, on verra les échevins privilégier une concentration des décisions entre les mains de technocrates sans le moindre mandat électif. L'homme politique n'étant plus que le "commercial" chargé de promouvoir la décision auprès des médias, se positionnera « responsable » mais pas « coupable ». La gestion de Charleroi ne s’améliorera pas. Les partis vont se regarder en chiens de faïence. Il sera hasardeux de prendre une décision sans l’aval des autres partenaires de la majorité. Chaque fois qu’il s’agira d’argent, de marchés, de soumissions, on entendra grincer la clé dans la serrure des cellules de Jamioulx..
La langue de bois servira à cacher que le responsable politique n'est plus que le porte-parole, pas toujours au fait du dossier étudié en dehors de lui. Si, par malheur la mesure prise tourne mal, la technostructure se défendra et remettra en cause la prise de décision, les membres du collectif politique se renverront la balle.
Avant, il était « presque normal » que l’élu arrange ses marchés comme le maquignon vend un cheval. On se tapait dans les mains en confiance. A l’avenir, il faudra un collège d’experts et un audit qui ne sera pas celui de Francorchamps.
Les avocats du parti n’ont plus d’avenir, place aux experts-comptables !
Les vieux militants en pleine crise de nostalgie remettent à l’ordre du jour de leurs méditations la question de Jean-Marie Colombani « La gauche survivra-t-elle aux socialistes ?»
Qu’en pensez-vous ?

21 octobre 2006

A la pêche aux gros

Alerte aux gros. Si plus de 800 millions de personnes ne mangent pas à leur faim dans le monde, par contre, un milliard d’autres compensent par des surcharges pondérales. En un mot les gros sont plus nombreux que les maigres. L’ennui, c’est que les gros sont tous planqués dans l’hémisphère Nord. On craint que la terre ne bascule.
Aussi quelque 2000 chercheurs sont réunis à Boston jusqu'au 24 octobre afin de trouver un nouvel équilibre planétaire. On pourrait imaginer une sorte de pipeline qui conduirait les liposucions du Nord vers les régions du Sud où les maigres s’en nourriraient. Ainsi par la loi des vases communicants, on retrouverait un équilibre compromis.
Bien sûr les mesures de prévention seraient préférables. Dire aux gros qu’ils mangent trop, ils le savent bien. Dire aux maigres qu’ils mangent trop peu, pareil. Sauf qu’il est plus facile de se priver d’une tartine que d’en chercher une dans une huche à pains vide !
Les savants américains sont d’accord avec Bush. C’est aux USA qu’il y a le plus de gros, donc c’est à ce pays de faire le nécessaire ; mais vider l’estomac d’un gros mangeur dans celui d’un petit, c’est comme si on essayait de vider un seau de 15 litres dans un bidon de 5 !
Aussi, les Américains veulent-ils défendre leurs gros. C’est quand même grâce aux gros que Coca-Cola prospère. Or quand on touche à Coca-Cola, c’est l’Amérique qui s’enrhume, mais c’est l’Europe qui a la bronchite. On ne parle pas de l’Afrique dont les maigres seraient morts depuis longtemps.
Alors, bush finasse comme d’habitude. Il y a bien Guantanamo où à part les geôliers, les autres sont plutôt maigres. Comment transformer l’Amérique en Guantanamoland ? L’administration y pense.
Quant à la CIA, si jusqu’à présent ses agents n’ont pas pu infiltrer les groupes d’Al-Qaida, c’est qu’ils sont trop gros et que les terroristes ont observé que pendant le ramadan, certains dévôts disposent de rations US sous leurs tapis de prière, même que ça sent parfois le hot-dog dans certaines mosquées fort fréquentées de Bagdad.
Les habitudes alimentaires malsaines et la sédentarité demeurent les deux causes principales de mortalité chez les chiens de compagnie et les hommes modernes. Les Américains sont avec les Européens les plus malsains de la planète, c’est une évidence. Les graisses dégraissées, les produits light frappent les individus de plein fouet des sauces allégées. Pourtant rien n’y fait.
Laurence Dardenne dans le Soir préconise que chacun fasse face à l’obésité en son âme et conscience. Déjà que l’âme et la conscience de l’égoïsme mercantile libéral est planétaire, comment dire à nos compatriotes qu’ils baffrent trop, et qu’ils faut en laisser aux autres, alors que justement, on leur a appris l’indigestion et à se servir eux-mêmes au nom de la libre entreprise ?
Evidemment, la multiplication des décès dus à l’obésité serait peut-être la solution de la régulation de la surpopulation du Nord, envahi par les affamés du Sud. En effet, gavés jusqu’à la gueule l’Américain moyen décéderait plus rapidement laissant la place à un émigré économique. Et en attendant que ce dernier se remplisse de chips en regardant les feuilletons de Hollywood et devienne à son tour obèse, quelques années s’écouleraient au cours desquelles il aurait eu le temps de goûter aux plaisirs des pays développés.

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Ainsi l’immigration ne serait plus proscrite, mais désirée, puisqu’elle comblerait les vides, ce qui est un comble pour ceux qui s’en iraient du bide.
En attendant, on élargit les portes standards, on renforce les pieds de lit et on envisage la perspective d’une ambulance montée sur vérins pour la charge et la décharge des gros.
Le témoignage de Carlos est émouvant. Grâce à lui, la corporation des tailleurs renaît. Le surmesure de la démesure est à nouveau à la mode.
Reste que la sexualité des gros est souvent rendue difficile dans la position du missionnaire. La position en levrette n’est pas assez connue des Américains à peu près tous évangélistes derrière leur chef de file bien aimé, le président Bush.
Aussi, la chirurgie esthétique de l’allongement du pénis se répand dans les couches aisées des populations à gros poids. Les tailles prescrites peuvent varier selon l’état des viscères. Certains ventrus sont obligés de se la faire allonger de 40 centimètres ! Des méthodes commencent à se répandre sur le NET. Celle qui consiste d'’attacher un poids de 5 kilos au bout de la verge est la moins onéreuse ; mais, hélas, la plus douloureuse.
Quant à l’insémination artificielle, le plaisir disparaît ; or, le gros est avant tout un homme de plaisir.
La femme n’est pas épargnée non plus. Le témoignage de Daisy est saisissant. Prostituée spécialisée dans les gros, depuis les pénis allongés, elle a constaté que son stérilet lui servait aussi d’anneau antifaim de l’estomac. Depuis, elle mange sans grossir. Ce témoignage convient à la ménagère américaine de moins de 50 ans qui aurait tendance à grossir et qui chercherait sur le NET des tailles fort supérieures à ce qu’elle trouve à domicile, à moins que son mari ne soit obèse et se soit fait opérer, bien entendu.
Et enfin comme écrit Laurence Dardenne toujours au Soir aux dernières nouvelles et qui a le mot malheureux « Il y a du pain sur la planche. ».

20 octobre 2006

La démocratie dénaturée !

En perte de vitesse sur tous les plans, qu’il soit économique ou militaire, l’actuel président des Etats-Unis met sur pied une loi qui place son pays dans le camp des nations terroristes, à l’instar de l’Iran, la Libye ou le Soudan.
L’Europe occidentale est proche d’y succomber aussi.
Que dit le texte de Dobeliou ?
Les "combattants ennemis" n’ont pas le droit de saisir les tribunaux pour contester la légalité des conditions de leur détention. »
Evidemment les combattants ennemis revêtent de multiples formes de résistance à l’impérialisme américain. Il pourrait s’agir de sunnites ou de chiites d’Irak, mais aussi des délinquants qui seraient qualifiés sur le territoire américain de « terroristes », comme par exemple des grévistes ou des criminels de droits communs assimilés aux branches armées politiques.
Qui fera la différence entre le crime d’un voyou et le crime d’un militant d’Al-Qaida ? Mais la CIA !
Cette loi remet en cause le droit anglo-saxon comme la Magna Carta ou l’Habeas Corpus (contre l’emprisonnement arbitraire). C’est une régression de huit cents ans, explique Reed Brody, directeur du bureau européen de Human Rights Watch.
Le texte donne au président des Etats-Unis le pouvoir d’interpréter le "sens et l’application des Conventions de Genève" de 1949 qui codifient les droits et les devoirs des combattants et des civils en temps de guerre. La Cour Suprême des Etats-Unis avait infligé un revers au président américain en juin 2006 en décidant que la prison de Guantanamo était couverte par Genève et que les décisions des tribunaux militaires bafouaient ces conventions. La Cour s’est appuyée sur les arguments de professeurs de droit international, du CICR (Comité international de la croix rouge) et surtout sur la jurisprudence du tribunal de la Haye.
Ce sont toutes les dérives sécuritaires aux USA et en Europe, depuis les attentats du 11 septembre 2001, qui mettent en cause non seulement le droit international, mais la démocratie, dont nous nous targuons.
Depuis que les Etats-Unis font preuve d'un dédain manifeste envers le droit international humanitaire dans la question des prisonniers, présumés membres d'Al-Qaida, on sentait la perversion de la démocratie en marche.
Je sens déjà poindre l’envie en Belgique du MR et des socialistes libéraux d’imiter Bush dans les discours sur la fermeté de nos illustres.
Les attentats du 11 septembre ont permis à de nombreux Etats, en particulier les Etats-Unis et l'Union européenne, de légitimer un nouvel arsenal juridique qui est " une véritable machine de guerre contre les droits démocratiques fondamentaux et contre ceux qui, pour diverses raisons, se trouveraient 'en opposition' avec un système économique, politique et social de plus en plus mondialisé et injuste " écrit Me Antoine Comte, avocat français.
Les droits démocratiques ne doivent pas devenir les dommages collatéraux de la guerre contre le terrorisme.
En effet, les lois anti-terroristes, promulguées dans la foulée du 11 septembre, comme le Patriot Act aux Etats-Unis ou la décision-cadre adoptée par la Commission européenne, grignotent les libertés individuelles et criminalisent toute forme de contestation. Ainsi, des grévistes, des syndicalistes ou des militants anti-OGM pourraient être taxés de terroristes, voire un coupeur de bananes au Panama qui exigerait une augmentation de salaire, si j’ai bien compris Mme Karen Parker, représentante de l'International Educational Development / Humanitarian Project.
Dans ce contexte, une réflexion sur la définition juridique du " terrorisme " et des actes terroristes, présentés comme tels par les gouvernements, s'impose. De ces textes officiels, constate Me Antoine Comte, il ressort une définition très vague du terrorisme se prêtant à de multiples interprétations. De plus, " ces lois peuvent être qualifiées de lois d'exception, dans la mesure où elles créent de nouvelles procédures en contradiction avec les droits fondamentaux de la défense ".
Or, les codes pénaux sont largement suffisants pour lutter contre le terrorisme. La situation actuelle est dangereuse en produisant deux catégories de citoyens, rompant ainsi l'universalité des droits jusqu'ici reconnue.
On en est là.
Bush a pété les plombs. D’autres en Europe tardent de l’imiter.
Avec son lourd passé d’initiatrice tous azimuts de lois parfois biscornues et souvent dangereuses, notre ministre socialiste-libérale Onkelinx a un boulevard devant elle pour serrer la vis.

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Les mois qui vont venir ne seront pas tristes.
Probablement avant de lutter contre le terrorisme, notre gouvernement, en cela imitant le président Bush, terrorisera les électeurs en voyant du terrorisme partout. Et si par hasard, un sanglant attentat leur tombe du ciel, cela corroborera leur décision, et rendra l’électeur docile.
C’est à se demander si Bush n’a pas compris la leçon et ne va pas lui-même mettre la main à la pâte, par CIA interposée, et montrer la voie à nos vibrants démocrates ?
En Belgique, après les Communales et comme pour la Matmut : tout est possible, tout est réalisable.

19 octobre 2006

Des Lois peu convaincantes.

Les Députés français viennent d’adopter une proposition de Loi qui punit d’amendes ou d’une peine de prison tout qui nierait le génocide des Arméniens par les Turcs en 1913.
Le génocide des Arméniens par les Turcs est un fait historique. C’est incontestable, même si certains argumentent que ce ne sont pas les peuples qui sont coupables et surtout pas leurs petits enfants ; d’autre part, dans les milieux turcs progressistes sans nier les massacres, on trouve que génocide est un mot excessif.
En définitive, à partir de combien de morts passe-t-on du massacre au génocide ?
Et pourquoi s’en tenir au génocide de 1913 ?
Celui perpétré par Pol Pot et ses gardes rouges au Cambodge l’est tout autant, comme le génocide des Tutsis par les Houtous ! Et bien supérieur à Adolphe Hitler pour le nombre, Staline n’était-il pas un grand massacreur ?
Comment faudrait-il qualifier les meurtres dont l’Armée française s’est rendue coupable en Algérie et les meurtres des fellagas algériens des Français Pieds-noirs ?
On voit comme le problème n’est pas simple et comment les Députés français sont entrés dans un piège duquel il leur sera difficile de sortir.
En remontant dans l’histoire, chaque siècle à ses guerres qui pourraient passer aussi pour l’œuvre d’une nation massacrante.
Qui, à ce compte-là va punir d’une peine d’amende ou de prison, le téméraire qui contesterait le massacre des populations autochtones par les grands envahisseurs d’Alexandre à Attila ?
Sans remonter à Nabuchodonosor qui en était un fameux aussi, il y a pléthore.
Seulement voilà, le législateur fourre son nez dans tout et s’érige en mentor de ce qu’il faut penser.
Il prend le contribuable pour un débile léger. Il tend à le protéger, à le materner. A tout prendre materner pour materner, je préfère le sein de Freya Van den Bossche à celui de Laurette Onkelinx. N’y voyez aucune allusion désobligeante de ma part envers l’une ou l’autre Nounou gouvernementale.
Est-ce raisonnable ?
Depuis quand refait-on l’histoire ou tente-t-on de s’en approprier le déroulement par des Lois qui sont autant d’ukases ?
Si les Français sont en délicatesse avec les Lois qui rappellent des faits historiques – que nul ne conteste d’ailleurs – que dire des Belges et des Européens en général qui pèsent par des Lois sur l’éthique des personnes ?
En Belgique, une Loi contre le racisme et l’antisémitisme a été instaurée depuis quelques années et punit également d’amendes ou de prison tout contrevenant.
Nul ne conteste la stupidité du racisme dont les théories sont depuis longtemps démontrées comme fausses. En somme cette loi a pour objet de punir les naïfs, les imbéciles et les salopards, fort bien, en leur déniant le droit d’afficher leurs naïvetés, leurs bêtises ou leurs bassesses… et là, pas d’accord.
L’opinion ne se bâtit pas sur des interdits.
Cette Loi contre le racisme est tout aussi stupide que celle rappelant le génocide des Arméniens par les Turcs.

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Je ne peux pas concevoir que l’on puisse, fort de l’Histoire, se doter de Lois pour des faits passés depuis près d’un siècle, comme je suis contre le sparadrap que l’on mettrait d’autorité sur les bouches de certains exaltés du Vlaams belang et d’autres partis politiques de droite ainsi que quelques particuliers, sous prétexte que les bâillonnés sont de nature à perturber l’ordre public. Ils ne perturbent souvent que les cons qui applaudissent ceux qui les profèrent. Va-t-on faire des Lois contre les cons ? Alors, si c’est l’intention du législateur, il n’a pas fini d’en découvrir l’engeance.
C’est le péché mignon de nos « démocraties » : les Lois.
Elles sont de plus en plus tatillonnes, absurdes et inquisitoriales. Elles veulent changer les mœurs, ménager notre santé, interpréter l’Histoire, bref, elles s’intéressent à tout, sauf à ce qu’elles devraient, à savoir le système économique dont les marchés nous échappent, la privatisation des Services publics contre l’avis des populations, ainsi que la mondialisation de l’économie où nos tyranneaux avouent leur incompétence.
Pourquoi tant de vigueur d’un côté et tant de pusillanimité de l’autre ?
Mais parce que le législateur ne peut s’empêcher de nous montrer qu’il existe là où il conserve une certaine autorité, tant il sent confusément qu’il n’a aucune prise dès qu’on aborde les problèmes économiques si cruciaux pourtant pour notre avenir.
La question est de savoir jusqu’où le législateur poussera le bouchon ?
Que va-t-on interdire demain ? Ah ! oui, j’oubliais l’injonction par une loi nouvelle de dénaturer ou rendre à l’Etat toutes les armes en possession des particuliers.
On ne le dit nulle part. Cette loi est un fiasco. Sur les millions d’armes qui se baladent dans la nature en Belgique, les détenteurs en ont à peine déclaré 35.000 ! Reste encore un bon mois pour le faire. D’ores et déjà cette Loi votée sur la lancée du crime raciste d’Anvers est un bide noir. Les Lois qui sont faites à la hâte et dans l’émotion sont presque toujours mauvaises.
Le sage le sait. Le gouvernement ne le sait pas.
Reste que d’ici la fin de l’année, il y aura quelques millions de contrevenants nouveaux.
Laurette Onkelinx a-t-elle l’intention de fourrer tout ce monde en prison ?
Car avec les Lois contre le racisme et peut-être emboîtant le pas aux Français, contre ceux qui nieraient le génocide des Arméniens par les Turcs, en passant par les Lois antitabac, et celle des armes à feu, cela en fait des contrevenants !

18 octobre 2006

Le début de la fin…

On a prétendu que le PS avait limité les dégâts aux élections communales. Si cela est vrai dans certains cas, dans l’ensemble il y a eu beaucoup de fritures après les ondes négatives du PS de Charleroi qui ont dérangé la mécanique de la gagne et laisser mal augurer de l’avenir, c’est-à-dire les élections législatives de l’années prochaine.
Les dernières en date ont été le couac de Jean-Louis Close, à Namur, juste après le "largage" de Bernard Anselme par le parti. Close ne sera pas député permanent et Anselme se retire de la vie politique sur la pointe des pieds.
L’affaire en soi n’a rien d’extraordinaire. Puisque des compensations en représentations existent comme à Binche où Marie Arena refait surface après une défection de la liste du bourgmestre d’une ancienne du MR, ce qui permet une alliance PS, MR. Par contre, à Huy, traditionnellement socialiste, Lizin perd sa majorité absolue et devra composer avec ses anciens adversaires. Ce qu’elle fera très bien. On peut lui faire confiance.
Ce n’est pas pour gloser sur de pareilles constatations que chacun peut faire à la lecture des journaux, mais pour une autre analyse, celle-là plus inquiétante, au-delà des avatars d’un parti en proie à des affaires relevant des tribunaux.
Il y a un malaise perceptible au sein du parti socialiste qui relève d’une concurrence interne qui a tous les aspects d’une course à l’échalote.
C’est un peu comme si l’observateur était sur la banquise afin de vérifier le réchauffement climatique de la planète et que sous ses pas, la glace commencerait à se fissurer dangereusement.
On a dit à propos des Ecolos, après le jour des dupes à Schaerbeek qu’ils étaient devenus un parti ordinaire, c’est-à-dire peuplé d’âmes basses, de gens médiocres et de planificateurs de plans personnels de carrière.

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Voilà très longtemps que le Parti Ouvrier Belge (POB) est devenu le PS en passant par là. Mais, c’est relativement récent que d’abandon en abandon, le PS donne à présent l’apparence d’un parti où des pseudo élites, en général peuplées d’avocats, trompent par leurs discours, une base ouvertement plus à gauche qu’eux.
Et pourquoi d’avocats ? Mais parce que c’est une profession qui pousse très loin l’art de la parole pour ne rien dire.
C’est que les gens qu’ils sont censés représentés vivent une société de consommation qui est à peine à leur portée, une société qu’il n’y a pas très longtemps encore, ils rêvaient de transformer. Il reste de ces temps-là, la nostalgie d’une vraie camaraderie d’action faite de caractère d’hommes bien trempés, de désintéressement et de courage où les discours avaient un sens et étaient suivis d’effets.
Et que voient-ils ? Des messieurs qui vivent autrement qu’eux et qui parlent un autre langage. Pire encore, des « intellectuels » qui ne sont plus qu’au service d’une minorité de fonctionnaires qui en les parasitant et avec eux l’Etat, leur servent de prétexte et de garde rapprochée.
Ce qui est grave dans la maladie de langueur de ce parti, c’est qu’éclatent des querelles de personne dont aucune ne cède ainsi à la malignité publique sa part de quant-à-soi pour des raisons d’égalité et de justice collective, mais pour des inimitiés d’intérêt dont l’électeur n’a que faire.
En un mot, on ne se bat plus au PS pour des causes nobles, mais pour des places.
Cela était à prévoir.
On ne devient pas impunément un parti ordinaire sans céder sa part de pureté originelle. L’exemple d’Ecolo, plus près de nous, plus rapide aussi dans sa liquéfaction, devrait faire réfléchir, non pas les « élites » socialistes, mais les petites gens des sections locales et leurs supporters.
Les « élites », elles, sont condamnées à pervertir jusqu’au bout le parti des travailleurs, jusqu’à ce que des gens nouveaux les relèguent dans les placards de l’histoire, ou, et cette dernière version est la plus vraisemblable, que le parti perdure avec ses avocats dans les méandres d’une société gadgétisée avant de finir, comme les Maingain, Clerfayt, Fournaux et autres Gérard Deprez, dans les bagages du train du parti libéral.
Tous les scénarios sont possibles.
Les élections législatives de l’année prochaine seront les signes que les craquements internes s’amplifient, ou bien qu’une équipe, jusque là faite d’inconnus, nettoie les écuries d’Augias et redonne l’espoir à une base déboussolée.
Décidément, plus on fouille dans le passé afin de trouver les raisons de cette lente décadence du PS, plus on en revient à l’idée que l’abandon solennel de la théorie de la lutte des classes a sonné le début de la fin d’un idéal.

17 octobre 2006

Sus aux vieux !

Il ne faut pas croire ce que l’on vous dit à propos des vieux.
Il n’est pas vrai qu’ils sont parmi les plus écologistes, les plus respectueux des autres, les plus attachés à la citoyenneté. Les vieux sont comme toutes les autres classes d’âge. La seule différence, c’est que lorsque l’âge approche où il faudra lâcher la rampe, on se sent une boule dans la gorge. On n’avait jamais pensé à cela jusque-là. Et si la vie qu’on nous a toujours dite être une merveilleuse comédie, n’était pas en réalité qu’une sombre tragédie ?
La faiblesse venant, les nouveaux vieux ont une plus grande vulnérabilité et c’est là qu’ils ont droit à toute notre sollicitude.
Question citoyenneté, il serait faux de prétendre que c’est la jeunesse allochtone qui est la plus insouciante par sa pollution et la dégradation des immeubles et de l’environnement. La petite vieille qui nourrit des pigeons malgré l’interdiction communale, celle qui jette ses déchets alimentaires dans la rue depuis son étage, l’automobiliste âgé qui prend une place de parcage réservé aux handicapés, je les ai vus « sévir » impunément. Dans le genre prédateur, ils ne sont pas mal non plus. Ils sont même plus vicelards. Personne ne s’attend à ce qu’ils soient des délinquants. Ainsi, ils bénéficient d’un préjugé favorable.

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Cette population vieillissante n’a, en général, de progressiste que dans son extension. On ne peut pas dire que la vieillesse confère une sagesse plus grande. Les votes conservateurs y sont certainement plus importants que dans les autres classes d’âge. Les réunions publiques de quelques personnes âgées s’avèrent parfois édifiantes. Pour m’être assis quelques fois sur un banc, j’ai surpris plus d’une conversation étonnante à propos des étrangers.
Devient-on raciste avec l’âge ?
Il faudrait poser la question à un sociologue.
Le grand âge induit-il un grand égoïsme ?
Il y a dans la conservation prolongée, sans doute plus de prudence, plus de retenue, plus d’économie que dans la vie d’un prodigue, sans pour autant avoir nécessairement plus de sagesse. Dans la littérature et le théâtre, le prêteur sur gage, l’avare, l’homme dur et peu séduit par l’altruisme sont souvent campés dans le registre de l’homme âgé.
Serait-ce une image à détruire ou à expliciter ?
Les maisons de retraite sont souvent des lieux où s’expriment des haines inexpugnables, la source de convergence d’une lutte pour le pouvoir où la médisance et le mépris des autres sont à peine contrebalancés par des réunions collectives et des plaisirs conviviaux aussitôt pervertis par des somnolences et des absences de l’esprit.
Il est vrai que le temps pour les personnes âgées s’y allonge dangereusement, que l’ennui et le désoeuvrement rendent méchants ceux qui n’ont pas une réflexion suffisante pour approcher sans mal l’âge de la vieillesse. Les nouveaux Géronte, sans les soucis de travailler et d’élever une famille, perdent les seules occupations qui entretenaient l’activité de leur esprit. Les compensations du genre Scrabble, mots croisés ou Sodoku, ne sont que des passe-temps – mot terrible – pour attendre la fin, toujours imminente et prochaine, parfois souhaitée, mais différée, ô combien, par les artifices de la médecine et la sollicitude intéressée des tenanciers des homes, ces Ténardier des temps modernes.
Et la gueule des visiteurs du dimanche… de ces futurs vieux qui viennent au contact de leur déchéance future, quel spectacle !...
C’est qu’aujourd’hui, progrès oblige, comme on ne meurt plus à la maison, on n’y vieillit plus non plus.
Dehors l’engeance !
Il est bien connu que les vieux dans un jeune ménage n’ont plus rien à y faire, sinon amorcer une catastrophe dans les relations familiales par leur seule présence.
Cette société qui ne veut plus entendre parler de la lutte des classes, a exclu aussi les passerelles entre les âges.
Aussi, les malchanceux, ceux qui n’ont pas ou qui ont perdu un patrimoine ne peuvent pas compter, l’âge venu, être recueillis par la génération suivante. Pour certains vieillards, c’est la fin des relations avec la famille, la vie dans un certain cadre. Généralement, cela vient avec la perte de l’autonomie.
Les jeunes n’en ont rien à cirer de trimballer l‘ancêtre entre la chaise percée et la chaise roulante. Les homes non plus d’ailleurs, si ce n’est pour percevoir des indemnités supplémentaires compensatoires.
Cette situation où avec l’autonomie se perd aussi tous les liens affectifs, nous pend à tous en-dessous du nez.
Comme la vieillesse précède la mort, et que dans une société de consommation la mort est proscrite, on la cache dans des funérariums et dans les hospices qui sont leurs antichambres.
Ainsi la boucle est bouclée. Et quand le dimanche après-midi, on quitte la main tremblante et décharnée de son vieux, on pousse un ouf de soulagement, rendu à l’air libre.
Certes, certes, nous sommes mortels et notre tour viendra.
…J’ai vingt-cinq ans, répond Marquise au vieux Corneille, et je t’emmerde en attendant.
Sauf que Marquise-Thérèse de Gorla, dite Mlle Du Parc, était une comédienne française, née en 1633, et décédée à Paris le 11 décembre 1668, il y a 338 ans…
Alors, vous pensez ses 25 ans, comme on s’en fout…

16 octobre 2006

Une nuit à Bagdad avec Isabelle Durant

Avec la gesticulation de Kim Jong-il, le dictateur nord-Coréen, on avait un peu oublié la guerre civile en Irak.
L’actualité a difficile de maintenir le public en haleine sur plusieurs sujets à la fois.
Sans qu’il y ait la moindre proportionnalité entre les événements, le sujet de la semaine dernière en Belgique, à savoir les élections et la « trahison » d’Isabelle Durant, avait remis sous les feux de la rampe un parti Ecolo mal en point partout sauf à Amay, et dégoûté l’électeur de gauche de voter pour un parti qui ne l’est plus. Quand soudain, Kim Jong-il appuyait sur un bouton et, de son bureau de Pyongyang, faisait péter sa bombe, depuis contestée.
C’est en s’apercevant que Bush, empêtré dans sa guerre d’Irak, ne pouvait s’équiper ni pour l’Iran, ni pour la Corée du Nord, qu’on s’aperçut que ce tigre en papier n’avait toujours pas résolu la quadrature entre Sunnites et Chiites et que Saddam Hussein ricanait de plus belle à son procès interminable. Pour un peu, ce sinistre coquin se mettrait à signer des autographes !
Kim Jong-il, à peine renvoyé devant le Conseil de Sécurité des Nations Unies pour y être symboliquement fessé, l’attention retombait sur le fait-divers quotidien, au moment où des violences entre chiites et sunnites à Balad, au nord de Bagdad, entraînaient des dizaines de morts.
On est un peu blasé, mais c’est ainsi tous les jours, l’actualité y foisonne. Le tout venant journalistique qui veut faire un papier saignant… faut qu’il aille à Bagdad...
On descend du Boeing et de l’aéroport jusqu’à la ville, si vous n’avez pas une bonne escorte militaire, vous êtes mort avant d’arriver.
Votre hôtel au centre ville est protégé par une montagne de sacs de sable et quelques tanks. Vous entrez là-dedans comme dans un bunker et vous n’en sortez qu’à vos risques et périls, ce que la plupart des envoyés spéciaux ne font plus depuis qu’on tombe comme des mouches dans les rues de Bagdad.
Et vous repartez quelques jours plus tard avec une autre escorte, replonger dans le Boeing et la civilisation, avec l’auréole « d’y être allé », sans avoir quitté le bar de l’hôtel !
Retour au pays, vous êtes baptisé correspondant de guerre et vous voilà en compagnie des vrais qui y ont laissé leur peau et d’autres qui y ont risqué gros.
L’omerta est ouverte entre les deux factions confessionnelles. 14 ouvriers sont exécutés par Al-Qaïda, maintenant solidement implanté dans le coin grâce à Bush, aussitôt le camp d’en face enlève 70 sunnites, dont 40 d’entre eux ont été retrouvés morts, aussi vite qu’il est permis aux égorgeurs de jongler avec la coutellerie sacrificatoire.
Comme on n’a pas le temps d’entrer dans les détails, certains d’entre les 70 ont même été kidnappés dans un hôpital local.
La ville est quadrillée comme jamais. Les Américains graticulent, les périmètres sont trop vastes pour qu’un semblant d’ordre s’installe. Ces jeunes gens venus de toutes les parties des Etats-Unis se demandent ce qu’ils font là, à part attendre leur solde et espérer qu’on ne les enverra pas trop souvent au contact.

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Ce n’est pas drôle d’avoir gagné la guerre contre l’armée irakienne, si c’est pour mourir dans une rue aussi bêtement qu’un pigeon dans un champ de tir.
Les partis ont beau dénoncer les crimes, les religieux jurer sur la barbe du prophète qu’ils n’y sont pour rien, bref, la population d’enfants de chœur s’étripe et étripe les étrangers avec un plaisir rare.
Voilà qu’ils affirment que des membres des forces de sécurité ont participé aux enlèvements, aux côtés des milices chiites ! C’est dire si, comme à Schaerbeek, on ne sait plus se fier à personne !
Voilà deux ans que cela dure. L’opinion internationale se lasse. Bush touche le fond à Washington ; mais, les Américains devront attendre le président suivant pour quitter l’Irak sur la pointe des pieds…
Alors vous pensez, de ce gâchis se précipiter tête baissée dans un autre qui est la charte du club des cinq nations – ce n’est pas un tournoi de rugby – qui s’étend d’année en année aux nouveaux pays qui détiennent la bombe pour faire tout sauter un jour, ce n’est pas drôle.
Alors, rabattons-nous sur nos petites histoires, les 2 milliards introuvables mais qu’on va trouver, l’installation du Conseil communal de Schaerbeek, le triomphe amaytois du divin Javaux et toute cette actualité bien belge dont le monde entier se fout et qui paraît si rassurante, qu’on a presque envie de remercier Madame Durant d’avoir prolongé de quelques jours des élections qui sans elles, eussent été bien ternes.

15 octobre 2006

Les cadres avec nous.

Certains cadres supérieurs, même s’ils sont été nourris dans le sérail, ne vouent pas une reconnaissance éternelle à leur patron. Il y en a même qui se posent des questions quant à la disproportion des revenus. Ils avouent même être scandalisés par certaines stock-options qui sont de véritables atteintes à leur dignité.
Il revient parfois aux oreilles du grand public que la maîtrise n’est plus tout à fait comme le cliché longtemps répandu, qu’un cadre, c’est quelqu’un qui arrive avant tout le monde pour repartir souvent à la soirée et qui, quoi qu’il arrive, est un inconditionnel du patron.
Il y a même aujourd’hui des cadres subversifs qui pensent que leur seule présence suffit amplement à honorer leur contrat en fonction de ce qu’ils gagnent par rapport à ce que l’entreprise verse généreusement au patron, quand ce n’est pas à toute la famille dans des emplois bidons..
Mais ils y vont prudemment, de par le porte-à-faux dans lequel ils vivent sans couverture syndicale et sans garantie quant à la confiance que leur employeur témoigne vis-à-vis d’eux.
Scott Adam dans son curieux manuel « Le principe de Dilbert » leur donne quelques conseils, qu’intuitivement beaucoup de cadres ont déjà mis en pratique.
«Ne sortez jamais dans le couloir sans un dossier sous le bras. Les employés qui ont les bras chargés de dossiers ont l’air de se rendre à d’importantes réunions. Ceux qui n’ont rien dans les mains ont l’air de se rendre à la cafétéria. Ceux qui passent avec le journal sous le bras ont l’air de se rendre aux toilettes. Surtout n’oubliez jamais d’emporter du travail « urgent » à la maison le soir, vous donnerez ainsi la fausse impression que vous faites des heures supplémentaires ».
Ceux qui le peuvent fréquentent les salles de réunion, les briefings, tout est bon à prendre, à partir du moment où l’on peut s’asseoir et paraître écouter ce dont on se fout, avec toute l’attention requise. Il est conseillé de ramasser toute la documentation possible, à seule fin de la répercuter dans les services, en n’y appliquant jamais aucune note, ni aucune réflexion personnelle. Ainsi, vous n’y aurez rien ajouté qui fût de vous, toute valeur ajoutée étant un travail et une responsabilité.

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Après les heures normales de bureau, le cadre qui reste vissé ostensiblement à son bureau au milieu de ses classeurs, est un champion du courriel perso. La photocopieuse roule essentiellement à son compte et si l’écran diffuse en permanence les cours de Wall Street, il lui suffit de presser un bouton pour regarder en paix un match de foot.
Pour la survie, une seule contrainte, paraître disponible au patron qui passe dans le couloir.
Cette technique des cadres supérieurs qui ne veulent plus en faire une secousse est extensible à tous les échelons. C’est celle universelle de cireur de pompes sans un réel enthousiasme. Elle reste valable de l’ouvrier au cadre supérieur sans la moindre modification.
Se hisser à la force du poignet au grade supérieur, s’est même répandu partout. Le placement de sa famille par l’adhésion à un parti ou par une bassesse chez un cadre de l’administration, procède de la même démarche. Le PS en a fait une sorte de spécialité.
Généralement l’effondrement des valeurs morales n’arrive que lorsque vous êtes à bout du gommage des injustices que vous découvrez tous le jours. Suit alors un raisonnement qui fait appel au cynisme qui monte en vous. Les facteurs déterminents sont alimentés par un ennui profond dès le franchissement du seuil de l’entreprise.
Mais comme l’écrivit Jules Renard, c’est un ennui supérieur. Si vous en imputez la chose à votre employeur et que vous la lui faites payer, l’ennui vous paraîtra moins lourd.
Puisque vous ne serez jamais l’homme providentiel, et qu’il est exclu que vous puissiez rouler des mécaniques devant les caméras de la télévision comme l’artisan du succès de l’affaire, la prétention qu’a l’entreprise de vous conserver exclusivement à sa cause devient une atteinte odieuse à votre personne. Votre seul moyen de défense reste le parasitisme discret, le faux empressement et une apparente compétence. Vous aurez des chances qu’en haut lieu, ils ne s’apercevront pas de sitôt que vous êtes le grain de sable qui grippera leur pompe à fric.
Vous serez l’ennemi intérieur qui n’aura de cesse d’obtenir de royaux dédommagements dès la faillite de l’entreprise à laquelle vous aurez royalement contribué.
Ainsi, vous serez un homme libre et vous aurez échappé à la loi imbécile de l’utilité, vous aurez contourné l’incontournable et fait un bras d’honneur à cette engeance vomie de businessmans agressifs qui font tant de tort à la planète et aux citoyens : les patrons !
Loin d’avoir des remords, vous vous direz que vous êtes un écologiste, un anti-béhavioriste et qu’en somme vous avez hissé l’art de ne rien faire au rang des beaux-arts.
Si je vous ai convaincu, commencez demain votre travail de sape. Vous verrez qu’immédiatement vous aurez une meilleure opinion de vous-même et que le travail au bureau vous paraîtra moins lourd.

14 octobre 2006

Guy la ficelle.

-Alors, il est ficelé ?
-On va y arriver.
-Il y a un trou dans le paquet !
-Un milliard et demi, ce n’est pas grave.
-Oui, mais c’est un trou et le contenu du paquet risque de s’écouler !
-Je vais demander des délais comparables aux fonds d’indemnités des erreurs médicales, sous la rubrique d’erreurs budgétaires. Ainsi nous repousserons les délais de règlement des erreurs entre dix ou quinze années.
-C’est appréciable. Mais le budget de 2007, par exemple ?
-Serait bouclé en 2017 ou 2022.
-Vous ne seriez plus premier ministre !
-Ce serait d’autant plu