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30 mars 2007

Violence…

…le pouvoir et le voyou même combat ?

Une vieille dame se fait piquer son portefeuille avec ses cartes de banque et ses pièces d’identité au centre ville. Elle s’en aperçoit quelques minutes plus tard. Elle court au Commissariat de la Violette où elle téléphone à ses deux banquiers, la Poste en l’occurrence et City Bank. On prend bonne note de part et d’autre, enfin, on la rassure, le pickpocket n’a pas son code secret. Mieux, un coup de fil de la Poste lui signale une tentative à un bancontact, mais le retrait n’a été que virtuel ???
Quelques publicités subsistent encore sur l’impossibilité de retrait sans code secret.
Quel n’est pas l’étonnement de la vieille dame lorsqu’une semaine plus tard ses relevés montrent, au contraire, que les retraits ont été bel et bien réussis !
Elle en est actuellement à se voir intimer l’ordre par City Bank de rembourser les euros prélevés de sa carte Visa (on lui propose un arrangement 50 euros le mois, un crédit de crédit en quelque sorte), quant à la Poste, elle s’est servie sur le compte approvisionné de la personne, sans plus de cérémonie.
Voilà où l’on en est dans une Société toute construite autour de la responsabilité des entreprises vis-à-vis de la clientèle et de l’assurance que les cartes bancaires sont les moyens les plus sûrs d’opérer des achats et de payer des services.
Les violences sourdent de partout, parfois d’endroits qu’on ne soupçonne pas.
Le premier violent n’est-il pas l’Etat qui prélève sur le travail de chacun selon ses humeurs politiques, ménageant les uns, accablant les autres et réduisant à l’état de misère les populations les plus pauvres ?
Les banques ne sont pas en reste qui dépensent des millions d’euros de publicité pour les prêts à la clientèle qui se révèlent être des manières d’usurier avec des taux d’intérêts énormes.
Ils égalent en cynisme le geste délictueux du voyou qui vole sans état d’âme, le pauvre comme le riche.

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L’histoire de l’indice des prix est assez savoureux. Il ne bouge pratiquement plus, soit un ou deux % l’an. Cependant, les consommateurs sentent le souffle de l’inflation dans leur supermarché quand ils passent à la caisse. C’est que si les appareils électroménagers, Hi Fi et autres babioles de la modernité, ont des prix en chute libre, par contre les fruits et légumes, le pain et les denrées de première nécessité ont fait des bonds en avant considérables. Le prix de la pomme a été multiplié par 5 depuis ces dernières années, le pain, ce n’est pas triste non plus. Et bien entendu les carburants et les indices de loyer ne sont pas repris en compte.
Ce qui fait que l’indice des prix est stable, tout en cachant une forte tendance à la hausse des produits de première nécessité.
Il y a dans le comportement de la machine centrale, des directives qui rejoignent les façons d’être des pickpockets, sans pour autant songer une seconde que les prélèvements obligatoires d’impôts et de TVA ne soient pas indispensables, à condition qu’ils soient équilibrés et source de confort social pour les plus démunis.
Nous sommes dans une société apparemment paisible, mais d’une rare violence sous-jacente lorsqu’on y regarde de près. La norme remplace la loi , comme dirait Michel Foucault.
On se rappelle cet étrange rapport de l’Inserm qui mettait en évidence une remarque concernant l’enfance selon laquelle un enfant turbulent est un futur délinquant potentiel !
Nous sommes sur une pente qui nous conduit dans les bas-fonds d’une citoyenneté où tout ce qui n’est pas permis est interdit. Les dernières directives et lois de ce gouvernement moribond pour raison électorale indiquent bien que les dirigeants légifèrent pour interdire ce qui n’est pas « normal ».
Or, cette normalité n’est rien d’autre que l’opinion centriste. Que ce soit l’histoire de la vieille dame volée deux fois, par le pickpocket et par les banques, le consommateur volé par l’Etat sur la base d’un indice des prix mal agencé et tant d’autres « normes » instituées ou non sous forme de lois, tous ces faits posent un problème de fond qui va plus loin que celui de la petite ou de la grande délinquance, spécieuse ou officielle, légale ou illégale. Cela traduit une dérive du bien dire et du bien penser centralisés, repensés selon des normes restrictives qui ne sont pas les nôtres. Ces ukases dits d’intérêt général et qui cachent en réalité des intérêts bien particuliers ne peuvent que conduire à un type nouveau de société dont le seul souci ne sera pas de répondre que la justice sera la même pour tous, équitablement corrigée à l’aide de « différences » positives, mais qui sera essentiellement basée sur le devenir sécuritaire des possédants.
Le centre acceptera de moins en moins des différences, étouffera dans la répression policière les contestataires et enfouira les conflits de classe sous l’étiquette d’un terrorisme intégriste venu fort à propos dans le débat entre les possédants et les possédés.
Si dans les faits, on trouve encore le moyen d’entendre et de comprendre les protestations de la vieille dame et des consommateurs, en réalité, celle-ci et ceux-ci ont déjà le grand tort de transgresser la norme.
En donnant à ses agents le mandat de faire régner l’ordre parfait, en ne tolérant plus aucune transgression par rapport à la norme bourgeoise et centriste, l’Etat est en train de produire ce dont il est censé contrôler puis de réduire le flux : des délinquants !

29 mars 2007

Y aller, tout est là !

On entend les grands couplets souvent venus des petites voix, hasard des rues, chantés pareils par des choristes descendus des cintres… ordre de Dieu… convergence d’individus gavés de dix siècles d’imposture.
Les grandes orgues par mille buffets, toccata, fugue, comme douteuse chansonnette à la même baguette des maestros unanimes, accompagnés par ceux à qui on ne l’a fait plus, tous au refrain, c’est la morale qui donne le la.
Sous les étiquettes, les gens respirent pareils, jobardise universelle…
C’est le défilé, l’avalanche, c’est à qui criera le plus fort : patrie, dieu, liberté.
Et pourtant…
Il y a beaucoup plus fort.
Plus fort que le statut social… la poursuite des rêves consommant, de l’héros vertueux à la crapule accomplie… plus fort que la famille, la raison de vivre, les enfants… plus fort que l’amour surtout, l’amour des êtres chers… je te présente ma fille, je me suis marié avec sa mère par amour… nous avons travaillé dur et amassé sou par sou de quoi ne plus s’inquiéter pour les vieux jours et donner à nos chers petits, ce que nous n’aurons pas consommé…
Plus fort que les grands thèmes, la patrie, les drapeaux, la défense du territoire, le sentiment d’être né quelque part…
Plus fort que les lois universelles qui régissent les attractions, les courants, les physiques célestes…
-Quoi , mais c’est quoi qu’est le plus fort ?
Une règle essentielle, indispensable, incomparable pour la survie, le bon fonctionnement de tout, pourquoi nous sommes sept milliards, bientôt huit, douze… quatorze !...
-Quoi baiser ?
Une ou deux fonctions pas plus qui fait que l’on se lève joyeux et dans les moments propices se persuader que la journée sera bonne…
-Ah ! Tu fais chier…
On y est. Pipi caca plus fort que tout, l’essentiel en deux temps… Du puissant au vieillard cacochyme une seule idée toute matinale pisser, chier !...

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L’humanité réduite au fonctionnement du ventre… que le conduit produise… que le jet soit franc, sans détour… dans cette double satisfaction la pensée s’envole, le monde se refait… Les horizons s’éclaircissent, les noirs projets, le pessimisme redoutable, les craintes, tout change… Dès qu’on se relève, ah ! dis donc, on se sent un autre homme.
Beaucoup restent humbles par ces seules fonctions.
Les plus belles pages d’amour, les illusions les plus folles et les aventures les plus grandes ont commencé par l’endroit… Napoléon au pont d’Arcole, vous pensez s’il avait traîné sur la lunette pour nous sortir une crotte de lapin, comment il aurait pu se lever gaillard, saisir le drapeau, puis d’une défécation l’autre poser pour David au soir du sacre ?…
Voilà le destin de nos grands hommes débutant tôt matin par ressembler à l’un quelconque animal de la création !
Cela donne le vertige. Sa majesté en personne ? Bien sûr. Il pourrait pas faire autrement.
Mais alors, cela fout tout par terre, l’autorité, la majesté, la magistrature d’Assises, les grands de ce monde, tous se ruant au lieu et en ressortant la gueule en coin, l’air maussade, ou ragaillardis convaincu qu’il faut envahir la Pologne ou écrire des mémoires qui seront lus par des milliers de personnes, juste après les fonctions majeures, pipi caca.
Devant l’inéluctabilité des choses, on est tous d’accord. C’est dans la projection curieuse de la manière de procéder que cela diffère.
On serait bien surpris.
Seule énigme, un saint homme, peut-il arriver à faire l’abstraction de ses fonctions tout en les faisant ? Peut-on penser à la rédemption de l’humanité chemise bas ? S’apprête-t-on déjà à faire des miracles à partir de ces endroits discrets où la grand messe des organes confine à l’apothéose.
Lazare est-il ressuscité ce jour-là parce que Jésus y était bien allé ?
Vaste question, qui mériterait bien qu’on s’y attarde, si la génuflexion prolongée n’était en l’occurrence un signe de constipation et donc de mauvaise santé ?

28 mars 2007

En raison d’ennuis techniques, il n’a pas été possible de publier des articles sur ce site depuis quelques jours.
Il en sera certainement encore ainsi la semaine prochaine ; sauf que les ennuis seront d’une autre nature, mais aussi rétive à la publication que la précédente.
C’est la loi des séries.
Richard III

25 mars 2007

Enfin, les grands problèmes…

Le débat, le vrai, le seul, celui qui divise de la gauche à la droite, au point qu’on en arrive aux mains, la haine féroce et l’inoubliable insulte, c’est à l’identique dans les milieux de la politique, comme chez les bourgeois les plus huppés : qu’est-ce qu’on se met sur le corps et dans quoi est-ce qu’on roule ?
Les vraies Assises des cabinets, réunions militantes, ergotages suprêmes : les fringues, les Goodyear ou les Michelin… bien avant la vie sociale, le débat public, le budget et même les putes. C’est quoi ta voiture ? Ton chauffeur, t’en es content ?
Rien qu’à voir ce qui rentre ou qui sort du Berlaimont, de la rue de la Loi, du Rond-point Schumann, on sait ce qui tracasse, qu’empêche le gouvernement de tomber. On devine les ambitions… les angoisses à pas être réélu… Ferrari plutôt que Jaguar, en rêve secret, Mercedes et BMW en rêve avoué !
Vous ne croyez tout de même pas que les potes de Charleroi se soient dévissé le cul pour pousser la famille, honorer les contrats difficiles, de Lucien à Jean-Claude, d’Albert à Jean-Marie ; que ces dames du boulevard de l’Empereur et de l’avenue de la Toison d’Or, ces messieurs de la rue des Deux Eglises et d’ailleurs se cherchent des poux sur Bruxelles Halle Vilvoorde ou la régionalisation de la Sécurité sociale ?
Savoir si on porte à gauche ou à droite, le croisé ou le boutonné simple, voilà qui est prégnant, d’actualité toujours… de l’entièrement fait main, Ermenegildo Zegna… Aubercy, Shipton & Heneage, Scabal…
L’aporie des banquettes parlementaires : la rivalité d’Oxford et de Derby sur la qualité du cuir dans le fini du soulier… les huit ou les six trous à lacer… révolution des oeillets pour les forts coups de pied…
Bien sûr, tout le monde n’a pas le goût d’usage dans les salons ; mais même les rustauds, les grossiers naturels, les vulgaires par principe, les démagogues du verbe, finissent par sombrer dans l’essayage. Monsieur José, si vous voulez passer en cabine ?... prego…
En 2007, vous porterez un costume adapté à votre morphologie qui corresponde à vos préférences de coupe, de modèle, de couleur, de type de tissu, etc. Une prise de mesure, trois semaines de fabrication, un essayage, une semaine pour des retouches éventuelles... et vous voilà un autre homme, bien présentable et tout, qui tranche avec le militant vulgaire.
Les mandats, c’est pas faits pour dormir dans les coffres, ce n’est pas le moment de s’habiller dans le prêt-à-porter et poigner dans la caisse « spéciale » à Charleroi ou ailleurs, passer cinq jours à la Grande Motte avec une secrétaire. Ils peuvent plus baiser sur autre chose qu’un multispire, l’Epeda 1988, quasiment introuvable… On vise haut, camarade, les Bermudes, par exemple ? Déjà le bagage Vuitton, ça fait trois séances de direction chez Dexia… Les Seychelles, deux jetons de présence d’Intercommunale… faut savoir, merde !...
Ils sont unanimes dans le choix. Il n’y a pas à baragouiner, faut aller au charbon pour survivre...

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C’est à la représentation nationale que ça se gâte… de ces tronches d’envie dans les travées : Didier où il fait faire ses costumes ? La grande question qui les agite. Et les pompes d’Elio, des orteils si difficiles, prompts à l’œil-de-perdrix, t’as vus dans quoi il les range ? Il fait facile du 45 ? C’est dégueulasse tout de même que j’attende les miennes depuis six mois et que lui…
Il va chez Duret, certain…
Qu’est-ce qu’ils se foutent que la Jonagold fait dans les 1 € 50 le kilo, et qu’on allait faire baisser le prix du pain en rétablissant la liberté de son prix…
L’inquiétude de ce que le minus va bouffer demain, c’est pour la frime de tribune.
Tandis qu’ils lisent ce que le nègre a écrit, qu’ils s’arrêtent, semblent souffrir pour le pays entier, prennent le premier rang à témoin, pourtant tout gagné à la cause, ils pensent que l'oxford possède une structure en escarpins avec un cou-de-pied dont le décolleté est voilé par une languette totalement recouverte par deux petits volets obligatoirement percés de cinq œillets, norme imposée par John Lobb depuis 1880. On voit même des oxfords à six œillets comme ce modèle de Weston.
Certains même confondent les œillets. A les voir, on les croirait parlant de leur trou de balle, mais non, c’est d’empeigne qu’il s’agit.
Tous les grands de ce monde arborent à leurs pieds l'un de ces deux modèles donc pourquoi pas vous ?
Quant à l’accessoire, les montres par exemple, ça se voit pas trop… la suisse à 4000 mille €. C’est seulement pour bien se sentir dans le poignet gauche. Elle sert à rien, du reste, quand ils demandent l’heure, c’est le chauffeur qui la donne sur sa Casio.
On n’abordera pas le martyr des dames aujourd’hui, des volumes entiers n’y suffiraient pas…

24 mars 2007

Des sondés bien profonds

On n’est plus sûr de rien, on ne sait même plus pour qui on va voter, tellement les candidats ont l’air d’avoir tous raison !
Qui c’est qui rend des couleurs aux gens et qui tient le crayon qui va noircir le beau petit rond blanc dans l’isoloir ? Les Instituts de sondage, tiens !
En attendant le jour J, on fait des exercices. C‘est chouette, on peut voter pour Dupont, le lendemain, il déplaît, on vote pour Durand. Puis, on est déçu par Durand et on pointe Foufoune. C’est une femme. Bon. Ça change des couillus. De toute manière, on s’en fout. C’est pour rire.
C’est un peu ça les sondages.
Pour être au courant de sa propre tendance, surtout si on n’est pas soi-même bien déterminé, les élections se font au jour le jour par les simulations statistiques. On se demande si les Instituts de sondage se fichent de notre gueule, ou si ce sont les sondés qui se fichent des Instituts de sondage ?
Tiens, Bayrou recule un peu, merde, moi qui allais voter pour lui, je voterais bien pour Ségolène, puisqu’elle revient à égalité avec Sarkozy, quoique, Sarkozy n’est pas mal non plus. Les sondeurs nous le disent, ça foire avec Le Pen. Il paraît que les électeurs du Front National sont des électeurs discrets. Ils s’effarouchent de ce qu’ils vont faire. Ils votent Le Pen, pourvu que cela ne se sache pas. Du coup les statistiques sont faussées.
C’est ballot. Comment je vais m’y retrouver, si je veux voter « tendance bourgeoise » en votant comme tout le monde ?
On nous dit bien que les pronostics sont du jour. Ils constatent au moment de leur lancement ce que les urnes donneraient au premier tour si on votait le 24 mars. Alors, à quoi sert ce remue ménage d’intentions ? A rien.
Des petits malins se sont dits « Publions les résultats quand notre candidat est en hausse. Ignorons les quand il est en baisse ».
Voilà bien le progrès. On nous informe pour qui nous pourrions voter, le jour où on ne vote pas ! Le sondage n’indique que le choix de la grosse sorte, l’espèce la plus répandue vue d’avion… quand le troupeau de gnous fonce à droite, puis mystérieusement repart à gauche, pour traverser la mare au centre et se faire bouffer par les guépards, qui eux, attendent le plat du jour, comme nous attendons l’opinion de ceux qui se feront bouffer… après l’élection, la vraie celle-là.

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C’est ainsi que l’on peut faire des pronostics comme sur un champ de course. Avant d’ouvrir le journal, on fait son tiercé : Sarko 25, Ségo 24, Bayrou 22, des fois qu’on les toucherait dans l’ordre. Quant au quinté, bonsoir, Voynet à 1 %, elle ne peut pas descendre plus bas, sinon ne pas prendre le départ, les autres : Laguiller, Besancenot, Bové se débrouillent avec les 6 % qui restent. Le PC vagabonde entre 4 et 6 %. Le Front, avec ses électeurs pas fiers de l’être broutent dans les prés du 12/16 %.
Alors le quinté, les trois « naturels », en quatre Le Pen, en cinq Marie-Georges Buffet. Dans l’ordre, on touchera des clous à l’arrivée, tant c’est prévisible.
Choisir les casaques pour le quinté de la course du 24 mars c’est sur l’hippodrome. Quand au prix du Président de la République, c’est pour avril… Las, les cracks qui piaffent dans les paddocks ne nous réservent plus les émotions d’Epinard, d’Une-de-Mai de jadis. Quoique Sarkozy reste l’espoir de l’écurie de Guy de Rothschild.
En plus, on les charge puis décharge pour l’handicap selon l’humeur du Monde et du Figaro. Le voyage en Chine de Ségolène l’a plombée de quelques kilos. Voilà que l’outsider Sarko avec son truc de ministère de l’Immigration en a pris dix sous la selle…
A l’autre élection quand les sondages ont foiré en hissant Lionel Jospin sur le podium comme outsider, alors que c’était Jean-marie, certains ont des regrets. Ils se disent « si les sondages avaient clairement désigné Le Pen pour le second tour, peut-être que c’est Jospin qui y aurait été !
Les Instituts de sondage viennent de se sonder, c’est un peu comme si un urologue à défaut de client… Bref, leurs intentions sont pures et leur marge d’erreur minime. Mais comme ils pensent que l’élection d’Avril se jouera dans un mouchoir, c’est dire comme ils battent le beurre.
Cette manie de sonder tout et rien à la fois si elle agace certains, d’autres y deviennent accroc.
Ce qui convient en politique et dans la vie sociale, où il n’y a plus de caractère bien trempé et où tout se joue sur le consensus, c’est l’opinion molle. On sonde l’électeur avant de se forger une opinion. Aurait-il cent fois tort, si elle est parfaitement insipide, c’est elle qui, même si elle n’apporte pas une approche intéressante, ne pourra pas faire du tort à celui qui s’en prévaut.
C’est ainsi que nos sociétés paraissent être des sociétés mesurées, stables et peu ouvertes à la nouveauté. Les sondés ne peuvent voter que pour ce qu’ils connaissent. Comme les idées des candidats passent après leur personnalité et qu’ils sont populaires au prorata du temps qu’ils auront passé dans les médias, on peut dire que les « vieux » candidats, comme les candidats occupant des fonctions politiques et de responsabilités auront plus de chance que d’autres d'être plébiscités.
D’autant que le candidat rompu à l’exercice du pouvoir n’a pas navigué dans le système sans avoir démontré sa capacité à la langue de bois et son adaptabilité à tous les genres, à toutes les amitiés et toutes les inimitiés. Sa durée atteste de sa souplesse.
Ce que certains auteurs traduisent par « Ce ne sont pas les meilleurs qui nous dirigent, mais les pires ».
Enfin, plus je me sonde, moins je trouve le système dit démocratique… démocrate.
A quand le sondage des apparences ?

23 mars 2007

Le mister cash Beauvau hors d’usage !

C’est un petit marrant, Sarkozy. Il n’a pas son pareil pour condamner la cinquième république, tout en réfutant l’argument qu’il en faut une sixième !
Voilà un homme qui est au pouvoir depuis quelques années déjà et qui nous déclare que son parti, dont il est le président, qui a fourni le plus clair des membres des gouvernements successifs du Président actuel, a eu des comportements qui ne lui plaisent pas et qu’il faut les changer, sans porter lui-même une part de la responsabilité !
C’est vrai, il n’est plus le même homme.
Mais avant de savoir en quoi, ce n’est pas dans sa situation de ministre de l’intérieur ; car, si Chirac au terme d’une négociation avec l’intéressé, le soutien aujourd’hui officiellement, c’est à la condition que Sarkozy quitte la place Beauvau. Ce qu’il vient de promettre en traînant les pieds.
C’est dans la description que sarkozy fait du centre en nous parlant de son aventure personnelle, qu’il est le plus convaincant. Comment ne pas voir que le portrait qu’il fait de Bayrou est le portrait des politiciens de pouvoir, le PS compris, tous attachés à cette conquête de l’opinion du centre, qui est, par nature, instable et inconsistante et qu’un moindre fait divers peut influencer.
Le cas Bayrou, tantôt à gauche, tantôt à droite, c’est la dure réalité des partis qui gouvernent, obligés à se prêter à l’exercice qui veut contenter tout le monde et qui en dernier ressort ne contente personne.
C’est ce que l’on pourrait reprocher au Parti socialiste belge de la même manière que celui de François Hollande.
Il est également assez symptomatique que Nicolas Sarkozy s'en prenne à la "démocratie participative" de Ségolène Royal. On voit bien dans ses arguments, la crainte de se laisser emporter par une opinion fondatrice d’une nouvelle politique, alors que la sienne est, au contraire, axée sur le suivisme économique dans l’orthodoxie d’un capitalisme mondialisé, avec une Amérique triomphante qui donne le ton. Ces libéraux fort conventionnels ont peur des initiatives populaires tant ils savent bien, une fois au pouvoir, que la formule reste la même, celle que Chirac a suivie, un dégoûtant empirisme au service d’une économie de marché sans états d’âme, mais à laquelle on insuffle un semblant de vie sociale, par des constats évidents, comme la campagne de Chirac sur la fracture sociale, qui ne sont jamais suivis des effets correcteurs d’une contre politique à celle de fracture !
Pour Sarkozy le projet de référendum de la candidate "Ce n'est pas le remède contre la dictature de la pensée unique, c'est la fin de la démocratie représentative dans le soupçon généralisé !", ajoutant, "ce n'est pas une nouvelle manière d'associer le peuple aux décisions qui le concernent, c'est juste la forme ultime de la démagogie". Parce qu’il estime qu’une élection tous les quatre ans avec un taux de participation à peine supérieur à la moitié des électeurs, permet d’envoyer à la direction du pays des hommes qui sont certains de mener une politique cohérente et juste dans la généralité de ce que veulent les gens, en se proclamant investi par la confiance populaire !

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Si c’est là l’ambition de Sarkozy en matière de démocratie parlementaire, on peut dire qu’elle est très limitée. C’est même dans le programme de Ségolène le seul point qui soit vraiment capital et ce que n’aurait garde de proposer Elio di Rupo en Belgique, par ailleurs fervent admirateur de la dame française.
Les libéraux, dont Sarkozy incontestablement est écouté, n’ont pas leur pareil pour hausser le ton en parlant de démocratie, alors que leur concept de base est justement de fausser le jeu démocratique et d’abaisser le pouvoir du plus grand nombre au seul bénéfice de quelques-uns et ce au nom de l’efficacité économique indissolublement liée aux lois de l’offre et de la demande, faisant de l’espèce humaine qui travaille, une « marchandise » de marché aux chevaux dans les mains des maquignons, ses compères.
Je ne comprends pas, lorsque ce monsieur hausse le ton et parle de démocratie, tout à fait comme un Le Pen qui à chaque fois qu’il ouvre la bouche on croirait entendre la Wermachtmusik, comment personne à gauche, si l’on excepte l’extrême, ne lui rive pas son clou ?
Ce ne serait pas déraisonnable, après tout, et respectable même, que Sarkozy défende clairement ceux qu’il représente le mieux, ou en tous cas qu’il favorise le plus ; mais qu’il vienne démolir le référendum populaire au nom du peuple, en même temps qu’il s’adjuge les quelques grands hommes de gauche d’un passé qui n’a pas été vomi par la droite, c’est trop.
A tel point, qu’il se pourrait que cette permanente outrance, lui soit fatale un jour.
Certes, le peuple est un bon géant, la droite lui croit un esprit borné, vependant ce défaut supposé d’intelligence le conduit parfois à des entêtements dont Sarkozy ferait bien de se méfier.

22 mars 2007

Goethe à la rescousse.

-Monsieur Plein-Berzingue, vous êtes le président de l’ASBL « Démocratie pour tous », animateur de « Mon Culture » et administrateur de « Clarté parlementaire », pourtant vous avez aidé le secrétariat de votre fille Amandine Plein-Berzingue, députée fédérale, en étoffant son staff par des employés de « Démocratie pour tous » avec des subsides de « Mon Culture », des billets d’avion lui ont été alloués pour les Bermudes au Congrès mondial de la démocratie payés par « Clarté Parlementaire ». Mais avant tout, pourquoi « Mon culture » plutôt que « Ma culture » ?
-Je suis heureux que vous me posiez cette question. J’aurai l’occasion de revenir sur les autres et la gravité de vos propos que je réfute absolument. Vous savez où est situé le siège de « Mon culture » ?
-Oui, dans le Hainaut…
- Johan Wolfgang von Goethe a écrit dans ses poésies d’enfance : Das Haus der Kulturen der Welt in Berlin ist ein Zentrum für den internationalen Kulturaustausch…
-Qu’est-ce que le Hainaut a à voir là-dedans ?
-Je vous fais remarquer qu’en allemand, on dit « le » Kultur…
-Je sens que je n’aurais pas dû vous poser la question. Le bruit court que « Mon culture » fait référence à une certaine ville à laquelle votre président apporte un regard tout particulier…
-A 66 ans en 1815, Goethe serait passé par Décrépit-les-Mines avec les coalisés et qu’il aurait…
-Monsieur Plein-Berzingue, je vous parle des emplois fictifs dont votre fille Amandine aurait bénéficié par…
-J’y viens Madame Reyers. Or Goethe a eu une fille naturelle à Décrépit-les-Mines qu’on baptisa Amandine…
-A 66 ans ?
-Oui.
-Ne m’embrouillez pas. Vous n’avez pas répondu à ma question.
-Mais, je ne fais que ça !... Vous êtes quand même extraordinaires, vous les journalistes. On vous répond et vous n’êtes pas satisfaits. Que vous faut-il ?
-Que « Mon culture » soit en réalité « Mons Culture » ou même « Mon cul », je m’en fous…du moment que vous répondiez clairement.
-Restez calme, Madame Reyers, d’habitude les gens de votre maison sont calmes, respectueux en un mot, centristes, tandis que vous…
-Alors, c’est oui, ou merde, Monsieur Plein-Berzingue ?
-Amandine, ma fille…
-Oui…
-Ce n’est pas parce que c’est ma fille…
-D’accord…
-Que j’ai 43 mandats dont 36 rémunérés…
-J’entends bien…
-Qu’elle n’en n’est pas moins socialiste, comme moi et socialisante pour toujours. Voyez-vous la Loge, le Parti, c’est là ma famille… Sinon, que les Michel, Van Cau et compagnie me jettent la première pierre…
-Et ?...
-…qu’elle n’est absolument pour rien dans les allégations fielleuses de la presse de droite prompte à salir des parlementaires sains et propres de gauche.
-Alors vous niez ?
-Je nie sur la tombe d’Emile Vandervelde. Et sur les cheveux de geais de qui vous savez.
-Tout est clean ?
-Est-ce que j’ai la tête d’un homme malhonnête ?
-Justement.
-Pourquoi mentirais-je ?
-Pour sauver le mandat d’Amandine.

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-Moi mentir !... un lecteur de Goethe !
-On a déjà vu pire… Un lecteur de Bossuet, par exemple…
-…un lecteur de Goethe ! Bedecke deinen Himmel, Zeus, Mit Wolkendunst Und übe, dem Knaben gleich, Der Disteln köpft…
-Arrêtez, vous me faites mal. Lâchez mon bras…
-An Eichen dich und Bergeshöh'n;
-Et l’argent ?
-Quel argent ?
-Je ne sais pas l’argent. D’habitude, je dis « Et l’argent ? » …ça prend. Vous voyez vous ne parlez plus allemand et vous avez lâché mon bras !
-L’argent ? Sous quelle forme ?
-Pots de vin, concussion, marché truqué, prévarication, travail au black, que sais-je, l’argent, quoi !
-J’ignore de quoi vous voulez parler. Mais ce dont je suis certain, c’est que vous ne respectez pas la démocratie, que vous souillez le noble métier de la politique.
-C’est tout ?
-Je porte plainte. Dès demain, je demande à Maître Fèze de Médoeuf de la rédiger. Vous allez entendre parler de moi…
-Ça fait un an qu’on parle de vous. A se demander pourquoi vous n’êtes pas inculpé.
-Je porte plainte, vous dis-je, diffamation, procédé infâme, allégation tendancieuse, atteinte à la mémoire de Goethe… Ah ! vous n’avez pas fini avec Plein-Berzingue, élu par le peuple et pour le peuple…

21 mars 2007

On n’a plus le moral !

On raconte en Haut lieu que les gens ont plus le moral, qu’on sait pas comment faire pour nous mettre l’oignon en folie. C’est facile à dire. J’irais même pas jusqu’à prétendre que c’est parce qu’on n’a pas d’oseille, qu’on fait la gueule. On fait la gueule, parce que rien qu’à les voir, on se demande comment ils ont fait pour s’en sortir et nous pas ! Surtout quand on voit leurs gueules sur les estrades, la baguette à la main, nous commenter les photos de leur réussite. « D’après les statistiques, si on taxe les plastiques, voyez la courbe qui débande… non ! la saine gestion, mesdames et messieurs, c’est mon cabinet qui là. Tout le monde chie, n’est-ce pas. Une taxe sur le papier-cul s’impose. La même pour tous, tous les matins, 10 centimes pour M’sieu Reynders, rectum, non, recta… La tourista, l’entérite chronique ? c’est pour la gueule de l’urgentiste. Notre Royaume sera constipé ou ne sera pas. Ainsi, on dégorge les égouts en engorgeant les boyaux… »
Faut les voir pour comprendre la forme d’injustice, leurs tronches à l’explication, l’espèce d’œdème quand ça croit sourire !... Tout Ecolo en ménopause et couilles en bois…
Paroles, comment voulez-vous qu’on soit joyeux !
Si on se détourne, on a mille sujets à se détourner, comme on n’a pas de bol, on tombe sur la presse croupion… de ces injectés de l’hémorroïde !...
Rien qu’en un soir, je citerai pas de nom pour pas tirer sur une ambulance…
« Le roman inachevé de l'Union européenne » qu’on dise un peu qu’à 50 ans l’Europe en paraît 90 ! Suit l’accouchement de six pays pour une seule grande idée. Aujourd’hui on est à 27 qui poussent pour la grande idée suivante, mais qui se fait attendre. Rapport à la taxe sur le papier-cul ? Non, vous n’y êtes pas, Il s’agit de pousser pour l’enfant suivant. Jusqu’à présent, on n’a eu droit qu’à la perte des eaux. On perd de l’eau tant et plus. On sait pas où elle va ou alors, on s’en doute : chez Evian, Spa monopole. Bon, c’est la même, en beaucoup plus cher.
L’enfant ? Sera-t-il turc, ukrainien ? un siège, forceps ? On est divisé sur l’obstétrique…
Le couplet peut enchaîner après la perte des eaux d’Europe, sur la perte des eaux tout court. Rien ne garantit que l'eau des fleuves continuera de couler, redoute le mec suivant en passant sa copie à la direction. Si rien n'est fait, l'accès à l'eau deviendra source de conflits, avertit le rapport du WWF. Sa coule ou sa coule plus ? Un ou l’autre, c’est la castagne…
On se tapait sur la gueule pour le pétrole, rapport aux réservoirs à remplir, pour les radiateurs ça va être demain! Et qui vont se taper sur la gueule ? Nous autres, tiens !... Alors, si l’Haut-lieu peut m’indiquer le passage où je dois rire ?
« Hémorragie dans les champs ». Ça c’est pour une page intérieure. Là on voit que le journaliste est pas de souche paysanne, qu’à tout prendre, les champs de betteraves le font gerber. C’est pour ça qu’il voit rouge. C’est le manque de successeurs qui travaille le bouseux… Une rentabilité faible, des investissements lourds, de quoi décourager les fonds de pension amerloques. La faucheuse-batteuse risque de rester dans la grange. Avant, il fallait 20 faucheurs pour finir en août pour éviter les pluies de septembre. Le métier était rude, mais en rentrant, cré Vingt dious ! on culbutait quand même la Maryse sur le fût de Cabrière, puis on s’attablait à 15 et pour faire rire les enfants, c’était à celui qui pèterait le plus fort. Merde… aujourd’hui, un seul fermier suffit sur sa faucheuse- batteuse, et on trouve plus personne ! Dégoûter, le journaliste écrit qu’il irait bien prendre la relève, le loustic, si on n’avait pas besoin de lui pour informer que l’agriculture manque de bras…

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Bonne nouvelle quand même : les directeurs des écoles britanniques vont recevoir le droit d'interdire le voile intégral. Avant, la fatma envoyait au cours son grand frère, ingénieur chez Ramadan département « Exception musulmane ». L’autre arrivait dans son intégral et la petite futée était reçue au concours des grandes écoles en discrimination positive. C’est fini la combine, enfin en Grande-Bretagne. Reste plus qu’à convaincre Laurette Onkelinx, et ça sera dur.
La meilleure pour la fin.
D’un correspondant à Charleroi, évidemment. On savait le Conseil communal propice à la délinquance. On a dénombré quelques voyous. A la collection, il manquait un pervers. « J'étais son esclave » affirme un certain Marc Sculteur, à qui il ne manque qu’un « p » pour faire artiste !... à l’adresse du nouveau secrétaire communal, Bernard Bermils.
C’est une relation sado-mazo pure jus carolo !
T'as plus qu’à laisser aller : « Pendant treize ans, il m'a exploité, maltraité, humilié. J'étais son domestique, son boy. Il disposait de moi comme d'un objet. J'étais payé par la Ville 7 h 36 par jour, mais je travaillais exclusivement au service de Bermils : jardinier, coursier, déménageur, petite main. Quand je manifestais la moindre protestation, il me menaçait de renvoi. Il exerçait sur moi un chantage à l'emploi en me disant : Tu es nommé, toi ? Il savait que mon statut était précaire en tant qu'agent contractuel subventionné ».
Je sais, des malades vont se poigner sur cette relation maître/esclave et beugler en plein spasme « ah oui ! ».
Reste un dernier espoir pour se fendre la gueule. Manque de pot, …y a plus que « Quatre ans après l'invasion, l'Irak s'enlise. » !
L’Haut-lieu aura beau prendre l’air aux parties de chasse en Pologne, à l’ombre du dernier haut-fourneau de Mittal Seraing, ça nous fera pas revenir des couleurs …

20 mars 2007

Naomi Campbell au nettoyage…

…l’Europe à la plonge !

Mais que voilà une affaire qui est d’importance !... Naomi Campbell a entamé lundi une semaine de travail d'intérêt général en qualité de femme de ménage dans un bâtiment administratif de la ville de New York !
A côté de ça, l’Europe en panne, malgré l’effort du superlatif, a le mirage dans le cirage... L’angoissante question des orphelins que nous allons devenir, c’est comme qui dirait moins important que le souffle de l’élastique de la petite culotte sans bord de la star sur son ventre plat, quand un peu d’air entre les deux parois s’échappe à la suite de la compression produite, si vous voyez ce que je veux dire.
Sinistrose, déroute de l’idée européenne, Robert Schuman aux chiottes, autant d'expressions qui traduisent un même constat sous la plume des rédactions : les journalistes n’en peuvent plus. Ils ne parviennent pas vraiment à intéresser le lecteur fidèle. Ce dernier s’écrie « Qu’est-ce qu’on en a à foutre de l’Europe, devant le drame de NY ? ». Seuls les spécialistes, ceux qui sont payés pour, ont des bouffées d’angoisse. Certains Commissaires n’ont plus d’érection. Les indolentes dans les couloirs du Rond Point Schuman se passent les bonnes adresse, les derniers qui peuvent encore… les rares à qui ça dit toujours, direction le troisième sous-sol, entre deux voitures…
La punition infligée à Naomi pour avoir frappé son employée de maison en mars 2006, voilà qui soulève l’intérêt. Y en a qui paieraient bien cher à la délicieuse, un coup de talon aiguille dans les testicules. La Campbell envisage de faire commerce. Elle prévoit déjà de vendre aux enchères les jeans et les "rangers" qu'elle aura portés pendant son travail. Son arrivée dans une voiture noire de sport dans le quartier Lower east side de Manhattan, a été autre chose que l’annonce par José Manuel Barroso (prononcer rossé) du départ de Louis Michel pour cause d’élection belge. La première du New York Times a été toute entière consacrée à l’événement et encore, les boys ont eu du mérite, Naomi n'a fait aucune déclaration, avant d'entrer dans le bâtiment.
Ce n’est pas la Commission qui passerait sans rien dire devant la meute des reporters, surtout à l'heure du 50e anniversaire des traités de Rome ! L'acte de naissance de la Communauté économique européenne vaut pas un clou à côté de celui de la nouvelle et provisoire technicienne de surface.
La chérie qui a beaucoup souffert moralement du coup de portable qu’elle a porté à la tête de sa victime, était vêtue de bottes à talons aiguille, d'un pantalon marron et d'une longue veste noire, elle portait une paire de chaussures de type "rangers" en bandoulière.
Elle paraissait pas ses trente-six ans. Tandis que la Commission à cinquante, ressemblait à la photo officielle des Noces d’or de tante Simone en maison de repos !
Il n’y a plus que les Wallons pour aimer l’Europe. Di Rupo et Louis Michel en pleurent d’émotion. Ils veulent protéger ce patrimoine d’amour et de patriotisme par tous les moyens. On leur a déconseillé d’en débattre avec Lionel Jospin, la machine à perdre. Delors, à 108 ans, a offert ses services. On se tâte. Comment faire pour lutter contre Naomi Campbell qui selon des sondages leur a repris 4 points depuis qu’on sait qu’Anna Scolavino, son employée, les a reçus en suture sur le coin du crâne !
Un journal tabloïd anglais veut payer 10.000 dollars une photo de Naomi récurant les toilettes de l’établissement. Le chef-adjoint du service du nettoyage de la ville, Albert Durell, l’a promis, il ira personnellement y chier avant, histoire que la photo soit en couleur.
Au moment où l’Europe s’interroge sur la protection des ouvrières attachées à mettre en boîte le Roquefort au Sud de Millau, la top model a reçu une paire de gants, un masque et une veste orange et jaune pour travailler en équipe avec trois autres personnes pendant huit heures avec une pause déjeuner. On voit bien comme la Commission est en retard dans son projet d’équipement ! Il n’y a pas assez d’argent pour fournir des cache-poussière, après avoir réglé le tailleur des costards des Commissaires.
La belle unanimité de la presse américaine sur le cas de la malheureuse star invitée à accomplir un travail qui n’est manifestement pas fait pour elle, fait honte à la presse européenne divisée sur la compétence de l’Europe à régir nos destinées. Et si le travail de l’Europe n’était manifestement pas fait pour notre épanouissement ? Si la peine d’intérêt général qu’on nous a infligée ne valait pas le coup et s’avérait inutile ?
Le projet patauge. Pire, si l’on compare les eaux usées du seau de Naomi aux torrents des Institutions, on est bien obligé de reconnaître que ça stagne plutôt davantage du côté de Bruxelles.
L'Union va-t-elle devenir un acteur de second plan, par rapport à la star ?
Les responsables new-yorkais se demandent si Naomi pourrait faire ses huit heures sans pisser dans son seau ? Un milliardaire texan vient en effet de déclarer qu’en raison de dix molécules par bouteille, il pourrait personnaliser 50 millions de bouteilles d’eau gazeuse, rien qu’avec le produit.

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« Je ne crois pas au scénario catastrophe", rassure l'ancien vice-président de la Commission Etienne Davignon. Du moment que c’est lui qui le dit on peut être certain que c’est gravissime. Alors, plutôt que se morfondre avec ceux qui sont surpayés et qui nous foutent dans la merde quand même, rassurons-nous en lisant au soir de sa première, les conclusions de la ravissante « Si je vous disais que j’aime le nettoyage, le travail bien fait, la propreté ? »
Voilà qui nous rassure complètement. Malgré leurs gros salaires, nos employés de l’Europe, même en se cotisant, n’auront jamais les moyens de se payer cette femme d’ouvrage exemplaire. Devant la perspective de ce travail bien fait, hélas ! inaccessible, je sais, il y a des érections qui se perdent.

19 mars 2007

Jospin entre en lice…

Ce n’est pas pour s’embarrasser les pieds dans les jupons de Ségolène, quand même !...
Jospin ne se contente pas d’apporter la poisse au socialisme français en général. Il fallait encore qu’il personnalise !
Il ne reste plus à Ségolène Royal qu’à pratiquer un exorcisme.
On pense que l’envoûtement pourrait ne pas avoir trop d’effets désastreux, car Jospin n’est pas entré en contact direct avec la candidate du PS. C’est sur son blog qu’il a annoncé son soutien... heureusement que le ton est resté sec. Un soutien convenu ne peut qu’apporter des voix à la môme à François. Tout laisse supposer que c'est à contrecoeur que l'ancien candidat du premier tour s'est rallié au choix des militants socialistes,
Tout le travail de Ségolène sera de potasser Saussure et même Bergson afin de recouvrer l’usage de son esprit lorsqu’elle se sentira entraînée par le mot « programme » à enchaîner par un automatisme fatal sur « il n’est pas socialiste. » Toute la dialectique du monde n’y ferait rien, si elle n’a pas en mémoire à ce moment-là qu’il était à prévoir que Le Pen serait au deuxième tour à la place de l’imprudent Lionel.
Justement, à l’occasion, on a revu Lionel toujours aussi coincé, avec ce rire qui fait qu’instantanément on croit qu’il souffre d’un ulcère.
Il était venu soutenir la candidate à un meeting. On l’a reconnu à ses cheveux blancs. C’est tout.
Comme un grand, il est parti tout seul à Lance, dans le Loir-et-Cher. Il paraît qu’il va organiser quelques meetings de soutien d’ici l’élection. On lui conseillerait plutôt de remonter dans le Nord. Là où la tradition socialiste est la plus forte. Ainsi, il ne fera pas trop de dégâts. Pourvu qu’il ne vienne pas trop de monde.
Sur son blog, Lionel a rédigé un petit pensum dont il a le secret qui commence par « Certains d’entre vous… » à part Sylviane Agacinski, on ne voit pas bien qui aurait demandé quelle serait l’attitude de Jospin vis-à-vis de la candidate à l’élection présidentielle ?
Enfin, ce qui n’allait pas de soi, va de soi aujourd’hui, Jospin soutient Ségolène. Comme Dominique Strauss-Kahn qui a retrouvé sa voix et son allant, dans l’espoir d’être Premier ministre si la socialiste l’emporte.
Quand on pense que la campagne débute seulement, on se demande dans quel état à la fin seront les candidats. Les vétérans comme Arlette Laguiller et Jean-Marie Le Pen, s’ils sont rôdés, n’en sont pas moins des gens du troisième âge qui apparaissent dépassés pour une cinquième République. Jospin pourrait leur donner quelques conseils.
Voilà la formule pour Ségolène, vexer Lionel qui du coup passerait dans un autre camp ! Attaché aux vertus en général et à celles de la langue française, en particulier, il pourrait suggérer à Le Pen des phrases qui font perdre, du genre « Je ne vois toujours pas ce qu’on reproche à ‘’Mein Kampft’’ » et pour Arlette « au deuxième tour, votez pour une femme » en suggérant aux militants de Lutte ouvrière que madame Laguiller en serait.
Comme on voit, de maniement difficile, les gens de la direction du PS qui ont compté par le passé, ne sont pas tout à fait inutile pour l’avenir. Ils servent d’exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Comme ils n’ont rien compris de leurs erreurs passées et qu’ils ont toujours gardé une haute estime d’eux-mêmes, ils sont de parfaits faire-valoir à celles et ceux qui font le contraire de ce qu’ils ont pu faire ou dire par le passé.

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Si la gauche a son Lionel Jospin, la droite a son Dominique de Villepin. Ils ont le même profil. Imbattables sur le style, on sent qu’ils ont difficile d’aimer vraiment le candidat de leur parti, quand l’une nous sert sa « bravitude » et Villepin son « Clearstream » dit avec l’accent luxembourgeois sous le regard de Sarkozy, Villepin qui d’habitude parle si bien qu’on dirait qu’il a appris le français en deuxième langue à Berkeley.
Enfin, Ségolène a quand même du bol avec seulement Lionel en rallié de la dernière minute, quand on pense que Chirac ne s’est pas encore prononcé en faveur de Sarkozy.

18 mars 2007

Louis Michel : le retour !

Loulou Michel, le kid de Jodoigne, le plus disert des clients du Café du Commerce, Grand’place de Jodoigne, veut son rocking-chair au Sénat.
Gros Loulou n’exclut pas de nous faire l’honneur de rester parmi nous, si les débloqués du Centre brabançon lui offrent un petit tsunami local.
Mince alors ! nous qui étions si content d’en être débarrassé, grâce au bon rapport qualité prix de son mandat à l’Europe, voilà qu’on va assister en direct à sa ixième mue !
Le champion contre la rage taxatoire doit être furieux que son remplaçant à la présidence du MR se soit lancé, en qualité de ministre des finances, dans des réflexions sur de nouvelles taxes devant les babillards de la RTB/L. Loulou aurait taxé en douce, sans déclaration, comme quand on fait une vesse en public dont on n’est pas fier. Le résultat pour les poches aurait été aussi radical, mais les contribuables auraient poursuivi les envois d’ex-voto de reconnaissance au siège du parti, bien qu’on y refuse les béquilles et les glaviots depuis le départ de Ducarme.
L’aigle de Jodoigne voit loin. Il veut solidifier le pays, grâce à son nouveau produit de synthèse : une sorte de glu centriste qu’il a mise au point en famille avec Charles, le fiston bien-aimé. Il espère avec son produit souder les germains et les latins par la tête.
Avec la casserole, depuis qu’il a un blème pour se tirer de l’accusation que des malveillants lui collent à ses rabanes, le temps pourrait se gâter pour le commissaire (1) !
C’est ainsi qu’un ancien fonctionnaire international du CDI Monsieur Kaninda Mbayi et un scientifique inventeur européen d’origine congolaise Monsieur Botikala Baseke sont en procès contre Louis Michel depuis 1999. Il est reproché à ce dernier d’avoir vidé le CDI de sa substance au profit du CDE qui est une organisation illégale. Les fonds destinés aux PMI et PME congolaises, ont tout simplement été détournés. Le fait de retrouver Loulou à la commission européenne à l'aide humanitaire et au développement est assez fort de café.
C’est ainsi que sur le NET traîne le texte suivant : « Le commissaire européen Louis Michel a déjà été condamné dans cette affaire pour faux en écriture, faux et usage de faux, prise illégale d’intérêt, tentative de corruption des plaignants, 10 millions d’euros ont été proposés à la partie civile pour éteindre la procédure judiciaire. Louis Michel a fait appel du jugement et depuis lors ce dossier est complètement bloqué au niveau du Palais de Justice de Bruxelles, jeux de retour d’ascenseur avec une volonté d’éviter qu’un Juge ne puisse envoyer le libéral francophone belge Louis Michel dormir sur la paillasse du pavillon VIP de la prison de Lantin. » C’est plein de ragots, ces temps-ci sur Google, d’accord, mais comment le malfaisant qui a écrit ces vilenies a pu donner des noms, avancer des dates ?
On peut se demander si la presse belge est vraiment indépendante du pouvoir politique. Je n’ai jamais lu un démenti. Comment aurait-on pu, puisqu’il n’y a pas d’info ?
N’importe. C’est toujours plus grave à Charleroi qu’à Jodoigne. A croire que Charleroi est sur une mauvaise faille qui passe juste sous la salle du Conseil communal.
Laissons ces broutilles. David Friedman saura reconnaître les siens.
Modeste, Loulou occupera la dernière place des effectifs sur la liste du Sénat. « Mon parti m'avait demandé d'être tête de liste. Je ne pouvais pas accepter. Je suis commissaire européen pour cinq ans. » Vous pensez ce qu’on allait perdre à l’Europe !...
Enfin, voilà un mec qui se présente, non pas pour faire un boulot de sénateur mais pour tester sa popularité. Autrement dit, en votant Gros Loulou, l’électeur libéral va élire Mister X, que les familiers de la pétanque jodoignaise désigneront en douce.
C’est-y pas beau la démocratie vue du centre ?
Et c’est le même type qui veut revaloriser la fonction parlementaire aux yeux des Belges !
Il l’a dit, le Commissaire bon enfant, ce qui compte avant tout c’est son pays, l’avenir de celui-ci dans le respect de la hiérarchie. Au classement GDR (Grands du royaume), c’est le roi, le prince héritier et Loulou en troisième position.
« Mon premier choix demeure la Commission, mais je veux d'abord voir quel sera mon degré de soutien et de popularité » a martelé Michel senior. On est heureux d’apprendre que ses concitoyens sont de deuxième choix. Y a pas à dire, pour l’élégance, la bourgeoisie militante est un peu là.

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De mai à juin, Michel, en congé d’Europe, ne touchera pas son « modeste » pécule de Commissaire, pas de voiture, pas de papier à entête, de secrétaire, de téléphone gratos, rien, on vous dit… même pas les rouleaux de chiatif frappés des étoiles bleues… la zone, pour cet habitué du confort.
Alors, si vous voulez lui envoyer votre obole…
Et dire que du temps de Gol, il ne valait pas un clou !
Dans le fond, la réussite en politique, ce n’est pas par ce que vous valez, mais par ce que vous vous croyez valoir. Il suffit d’en persuader les cons.
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1. Faux et usage de faux, CDI version CDE. En 2000, juste au moment où tout était fin prêt pour que le FED libère une somme de plus de 300 millions d’euros pour le CDI destinée aux PMI/ PME congolaises, le commissaire européen Louis Michel, à l’époque où il était Ministre des affaires étrangères, a créé le Centre de Développement de l’Entreprise (CDE) une organisation qui n’a pas de siège légal, sans personnalité juridique, donc une vraie fausse organisation et dont le local est au même endroit que le CDI au 52, avenue Hermann Debroux B-1160 Bruxelles.

17 mars 2007

Un extrémiste du Centre : Bayrou.

Est-ce que c’est sérieux le politiquement correct, sans lapsus révélateur, ni fautes d’orthographe, le bien dire étudié chaque matin devant la glace ?
« Rôdeur vanné, ton œil fané
Tout plein d’un désir satané… »
On se demande aujourd’hui où sont les extrêmes ?
D’habitude ils vont par deux. : pôle Sud et pôle nord, le chaud et le froid, Dieu et Diable, blanc et noir… En France, à force de concentration, les deux ont fusionné. Ils ne sont plus qu’un ! Miracle de la physique : les oxymores fondus en un tas !... Les Français réconciliés par l’atome…
Les excès absorbés dans une fameuse collusion, comme ils étaient partis d’une égale distance à la même vitesse se sont ramassé plein centre. 23 % de probabilités statistiques, Bayrou, vraie image de synthèse de la grande réconciliation… président virtuel possible selon Monseigneur Bernard Goity, de l’évêché de Bayonne…
Les extrêmes sont dépassés par l’extrémisme radicalement centriste. Le Pen et Besancenot seront heureux de l’apprendre. Ils errent quelque part sur les périphéries.
Dorénavant, l’excès est au centre et c’est Bayrou qui l’incarne.
Comment est-ce possible, cette contrariété des lois de la physique ?
Nous n’employons notre raison que pour justifier nos préjugés. Nous justifions le réel, donc le réel est un préjugé.
Le plus centriste des recentrés n’est donc qu’un préjugé !
C’est terrible cette position d’extrémisme raisonnable. Cette criminelle bonne conduite ! Dans leurs tombes, les révolutionnaires de 89 et de 93 assistent impuissants à la naissance de l’Ancien Nouveau Régime !
Pourquoi le centre est-il devenu un parti dangereux, à la limite de l’acceptable ?
C’est Bayrou qui nous le dit : L’homme doit faire l’échange d’une part de bonheur possible contre une part de sécurité. Hélas ! le centre étant devenu le trou noir du bonheur, Bayrou a échangé le bonheur contre la sécurité.
Bayrou en chef scout est parfait le dimanche après-midi pour occuper les enfants. En semaine, c’est une calamité.
On ne se fait pas d’illusion avec cet extrémiste du centre. On croit réentendre Pétain : honneur et famille. M’sieur Bayrou nous voilà… Cette magnifique démonstration lasse avant même de commencer !
La prudence est la définition du Centre, celle de Bayrou effraie avec son « j’y suis, j’y reste ! ». Elu, il est capable de résister à toutes les élections par la seule vertu d’absence de décisions !

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Voter Bayrou, c’est s’accrocher à une certitude : on va s’emmerder ferme. Il l’a dit, plus rien ne sera pareil, les salaires, les impôts, le chômage, le rayonnement de la France, tout sera enfin morne et rassurant ; le changement sera fictif, le mouvement, immobile ! On aura l’impression que les salaires seront meilleurs ; mais ce ne sera qu’une illusion !
Etre du Centre, ce sera n’être de nulle part, pour une politique centrifuge qui donne le tournis rien que d’y penser…
La preuve en Belgique, tous les partis se réclament du Centre. Si les Français pouvaient voir dans quelle merde on est, ils réfléchiraient à deux fois au centrisme !
« Ils n’auront jamais la fortune
Ni l’honneur de mourir d’amour ».
Ni de rien du tout de ce qui est désir, passion, dépassement, aventure. Bayrou est ancré dans le roc primaire, un soc magnifiquement stable. Il fait peur à Santini, c’est dire…
Le sérieux de la société de réflexion de Bayrou est un sérieux de la convenance, de l’aspiration générale à la bourgeoisie donc de la passivité, dans une société de pauvres, ce que le sociologue Gurvitch appelle la masse. La masse de Bayrou, est celle du troisième fil dans l’électricité, la prise de terre béarnaise.
Le stupide emploi du sérieux est en parfaite symbiose.
Les Français se plaignent de la politique des partis. Avec Bayrou, ils vont atteindre des sommets géométriques. Bayrou, ce n’est plus un homme, c’est la pointe sèche d’un compas.
Si le sérieux stupide est incapable d’ironie, on peut supposer que l’érudition du chef scout lui tiendra compagnie.
Le comble, c’est que la pointe du compas est capable de percer le papier au second tour.
C’est ça qui serait con, tout de même !
Enfin, tout ça est bien français.
Jacques Maritain, un p’gars du Centre, lui aussi, bien médusément catholique, a utilisé dans son « paysan de la Garonne » l’épigraphe qui suit : « Ne prenez jamais la bêtise trop au sérieux. ». Nous verrons bien si son exhortation sera suivie d’effet au soir du 22 avril.

16 mars 2007

On est baisés !

Notre société occidentale s’est débarrassée du postulat de la lutte des classes. Ayant constaté qu’elle est toujours d’actualité dans la construction sociale, je me suis demandé pourquoi cet abandon ?
Peut-être me suis-je égaré dans des considérations personnelles, ai-je eu des raisonnements faussés par une excessive sensibilité dans le décompte de tout ce qui touche injustement le citoyen du bas de l’échelle ?
Déjà cette image d’échelle n’inclut-elle pas des échelons à gravir, une sorte de lutte sourde selon que l’on soit en haut ou en bas, mais qui serait plus liée à l’individu plutôt qu’au groupe dont il est issu ?
Qui dit lutte des classes et sociologie doit nécessairement penser à Max Weber, qui, mieux que Marx, reste toujours au cœur du sujet.
Weber distingue trois classes :
1. la classe des possédants positivement privilégiés ;
2. la classe des négativement privilégiés ;
3. les classes moyennes.
La première se décompose en deux parties :
a. les rentiers
b. les entrepreneurs, les banquiers, les professions libérales.
La deuxième est aussi divisible par deux :
a. la classe de possession négativement privilégiée, c'est-à-dire les déclassés (proletarii au sens ancien), les débiteurs et les pauvres ;
b. la classe de production négativement privilégiée : les travailleurs qualifiés ou non.
Entre ces deux pôles s’intercalent les classes moyennes, soit les paysans, les artisans, les fonctionnaires et les employés de commerce.

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Ce schéma général n’a guère évolué, si l’on excepte certaines modifications dans la première classe où les professions libérales ne sont pas toutes génératrices d’aisance.
Certaines catégories d’artisans et de paysans, de la classe moyenne ont basculé dans le prolétariat. On constate même un effondrement de cette classe moyenne, tandis qu’une catégorie émergente de fonctionnaires européens et de politiciens atteignent aux catégories supérieures.
Par contre, celle qui reste étonnamment stable dans sa misère, c’est la classe de possession négativement privilégiée.
Je vous ferai grâce des desiderata de Max Weber qui justifient son classement et ses choix. Pour ceux que cela intéresse, comme il n’existe pratiquement pas de traduction en français de l’œuvre de Weber, ils peuvent lire « Max Weber et l’histoire » de Catherine Colliot-Thélène, ainsi qu’un article de Raymond Aron dont, malheureusement, je ne me souviens plus du titre.
L’œuvre philosophique de Weber est à considérer avec sérieux en 2007.
Les individus ont des chances inégales d’accéder aux biens. A de rares exceptions, les qualités physiques et intellectuelles n’entrent pas en ligne de compte pour disposer des biens. Cet accès est défini par la situation de classe de la personne.
La classe sociale est constituée d’un ensemble d’individus qui se trouvent dans la même situation de classe. La situation de classe se ramène à la situation de marché. Ce sont les chances d’accès aux biens matériels dans le cadre d’un marché au sein duquel les individus entrent en compétition comme échangistes, qui fournissent le critère essentiel de la classe.
Quittons la théorie, Max Weber et tous les plus beaux raisonnements du monde.
Demandons-nous pourquoi le parti socialiste, censé représenter les non-privilégiés, a abandonné le principe de la lutte des classes ?
Il y a quand même quelques raisons émergentes à cette question. La première, c’est une évidence, la gauche modérée s’est convertie au système capitaliste. Cependant que la condition des électeurs qu’elle était censée défendre ne s’améliorait qu’en partie pendant les 30 glorieuses, pour redescendre – elle n’a pas encore touché le fond – vers sa condition misérable antérieure. La deuxième, cette conversion impliquait une collaboration au système capitaliste avec en contrepartie un gauchissement de la politique économique. A mon sens, elle ne s’est pas opérée. Mieux, au niveau européen, elle s’est durcie sur sa droite. La troisième, une amélioration a été perceptible – elle est de taille – elle s’est produite parmi les personnels politiques dont les conditions de vie et de rémunération se sont modifiées en acceptant d’abandonner la lutte des classes et en intégrant l’organisation de la société dans le cadre du système capitaliste. Est-ce le seul fait d’être politiquement intégrés de ces personnels qui prévaut aujourd’hui pour le statu quo de la classe non-privilégiée dans le système capitaliste ?
A décharge, la classe perdante a été soigneusement retournée contre elle-même par la propagande de droite, au point que ce serait suicidaire de la part d’un parti de la gauche collaborationniste de quitter le pouvoir sur la pointe des pieds pour retrouver ses sources premières.
A vous de juger. En attendant, admettons-le, les privilégiés nous ont bien eus !

15 mars 2007

Ségolène Royal et le Sarkophage

S’il fallait faire un choix entre les candidats susceptibles de passer au second tour de l’élection pour la présidence de la République en France, il serait vite fait.
Selon les sondages, ils ne sont que 3 pour le moment : Sarkozy, Bayrou et Royal.
Certes, Besancenot est le leader d’une protestation non dépourvue de pertinence quoique fort éloignée de la réalité petite bourgeoise d’une majorité de l’opinion ; José Bové, excellent dans son rôle de paysan révolté, est un ancien champion du Larzac qui du plateau de Millau au plateau de télévision se sent à l’aise ; même Arlette Laguiller est parfaite en vétérans, aussi folklorique que Poulidor l’était dans le Tour de France ; Dominique Voynet, tout en sombrant dans les intentions de vote, n’en est pas moins respectable en représentante de l’écologie, aucun ne prétend être au second tour. Ils sont au même titre que de Villiers et Le Pen condamnés à se présenter à seule fin que l’on parle d’eux dans l’unique intention de faire flotter l’embarcation qu’ils représentent.
Donc le choix se circonscrit. Il faut pouvoir désigner des trois prétendants celui ou celle que je préfère.
Avec les deux candidats mâles, la droite de l’extrême avec Sarkozy, à la modérée avec Bayrou, est représentée dans son spectre le plus large, même dans ce qu’elle a de plus méprisable avec les propositions de Sarkozy à la création d’un ministère sur les questions de l’immigration et des critères français d’appartenance, et jusqu’au plus loin qu’il soit permis à gauche, avec un Bayrou qui ne se gêne pas de ratisser large, alors que toute sa carrière politique s’est faite dans des gouvernements de droite avec l’allier UMP qu’il dénonce aujourd’hui, sans doute pour mieux le rallier après l’élection.
Ils nous disent, ces deux là, qu’ils ont changé ! Commode façon pour critiquer les gouvernements passés en faisant abstraction qu’ils y étaient, puisqu’ils nous le disent, les hommes que l’on a vus au pouvoir, Sarkozy, Bayrou, ce n’étaient pas eux, tout au plus des caricatures d’eux-mêmes. Et ils auraient changé pile, au moment de la décision de se présenter à l’élection ! Mais c’est admirable cette volte-face providentielle, tellement qu’on se demande si les Français ont réfléchi une seconde au miracle d’opportunité qu’elle représente ?
Ils n’ont pas changé du tout évidemment. Bayrou, s’il était élu, même en voulant associer la gauche et la droite dans un cabinet centriste, malgré toute sa bonne volonté, se heurterait tout de suite à des difficultés telles que – à l’instar de la Belgique – il sombrerait dans la combine et le marchandage pour un gouvernement dont les membres tireraient chacun de leur côté, lui laissant les éclopés du centre – eux-mêmes déjà divisés - pour seuls soutiens. La politique risquerait de patauger un peu plus dans une pétaudière dans laquelle, Bayrou le chef Scout serait le seul à croire possible, dans un œcuménisme entre dieu et diable sans vouloir préciser qui de la gauche ou de la droite serait dieu. Sarkozy, parlons-en de son changement ! Quoique, pour avoir changé souvent de politique et d’hommes à soutenir, de Balladur à Chirac, pour en arriver à se soutenir lui-même en qualité de troisième homme, on peut dire qu’il se sera fait la main pour son changement actuel.
Reste le troisième homme qui est une femme !
Philippe Sollers l’a dit « …qu’une femme se présente est tellement nouveau, tellement considérable que quoiqu’il arrive, je voterai pour elle. »
Et je suis bien de cet avis.
C’est donc avec toute ma conviction de féministe que je salue cette révolution dans la vie politique française et si j’étais Français, même si Ségolène Royal avait été de droite, je voterais pour elle, plutôt mille fois qu’une.
Il se trouve qu’elle est socialiste, ce qui est quand même une chance pour les catégories sociales les plus sinistrées de retrouver un peu de couleur.
La façon fort crâne dont elle s’est présentée aux suffrages des membres de son parti, ses convictions de femme, de mère, de stratège politique, la manière dont elle a su éviter les pièges de ses concurrents au sein même de sa formation, jouent en sa faveur, malgré le terne d’un PS adhérent au système économique qui fait basculer de plus en plus de gens dans la précarité, malgré des compromissions avec l’argent, l’économie capitaliste et le manque de solutions pour en sortir.

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Elle va se heurter à deux écueils dont nous saurons bientôt s’ils sont rédhibitoires. Le premier, le plus curieux, mais qui n’en est pas moins redoutable : les femmes elles-mêmes… du moins certaines d’entre elles qui s’écrieront « Une femme à la présidence ! Mais, elle n’en sera pas capable ! » Et voilà où conduit encore aujourd’hui l’éducation de nos compagnes sous le poids de centaines de milliers d’années de soumission aux mâles prétentieux et égoïstes. Enfin, le deuxième écueil, plus anecdotique, mais pour le PS assez préoccupant, c’est le peu d’enthousiasme. Les « éléphants » du parti verraient d’un bon œil Ségolène Royal se planter ! Machos, ils pensent exactement comme les femmes sceptiques « Ségolène n’en est pas capable, parce que c’est une femme ! » sans l’oser pouvoir dire.
Je prétends que justement parce qu’elle est femme, si les Français veulent du changement, ils seront servis. Qu’elle ne sache pas combien la France compte de sous-marins nucléaires est plutôt rassurant. Et si les deux autres candidats ne le savent pas non plus, ce n’est pas la faute de n’avoir pas joué aux petits soldats.
Qu’elle réussisse ou non le grand oral, qu’elle soit ou qu’elle ne soit pas présidente, elle restera dans l’histoire de France comme la première femme qui aura osé. Et cela, nul ne pourra lui en enlever le mérite.
Au-dessus des partis, des modes et des choix, toutes tendances confondues, c’est vous que je préfère, Ségolène.
Ce n’est pas une déclaration d’amour à une femme, mais à toutes les femmes.
Bonne chance Madame, tous mes vœux vous accompagnent.

14 mars 2007

La pauvreté aux Etats-Unis.

Quand je pense que nous courons après le modèle américain… que Reynders a bâti sa carrière chez les bourges sur l’ « american way of live », nous voilà beau…
Encore dix ans braillait « La Meuse » au temps où c’était encore un journal « …et nous atteindrons le niveau de vie des Américains. »
Catastrophe ! L’Amérique n’est plus ce qu’elle était et Reynders ferait bien de se recoucher, son Tintin n’était pas rembourré de dollars, mais seulement de son.
Le fossé entre les riches et les pauvres aux Etats-Unis est de plus en plus large et le nombre de personnes ayant basculé dans l'extrême pauvreté n'a jamais été aussi élevé depuis 30 ans, dixit une étude américaine récente.
Près de 16 millions d'Américains vivent dans "une pauvreté profonde et sévère", soit un revenu de moins de 9.903 dollars (7.540 euros) par an pour une famille de quatre personnes, dont deux enfants, indique une étude basée sur le dernier recensement américain datant de 2005, citée par McClatchy Newspapers analysis.
Les économistes avaient noyé le poisson avec la notion de pauvreté
Selon eux, on est pauvre avec des revenus annuels inférieurs à 19 300 dollars (environ 100.000 FF ou 15.000 euros) pour une famille de 4 personnes et en dessous de 9 645 dollars pour un célibataire.
Ici, il s’agit bien d’une extrême pauvreté avec 7.540 euros l’an pour 4 personnes ! Si 16 millions d’Américains sont extrêmement pauvres, il va de soi que 30 à 40 millions de personnes n’atteignent pas les 19.300 dollars.
Cela fait plus de 50 millions de personnes qui se serrent la ceinture tous les jours.
Charmant pays ! Charmant système !
Le comble, c’est que l'explosion de la pauvreté aux Etats-Unis s'inscrit dans un contexte économique en expansion.
Cette fois, tout devient clair : le système capitaliste conduit à la pauvreté.
Le nombre d'Américains très pauvres a augmenté de 26% de 2000 à 2005, pendant cette période de croissance extraordinaire.
Ces constatations devraient au moins inquiéter les partis de gauche suspendus aux lèvres des économistes collaborant avec le mouvement libéral.
Se pourraient-ils qu’ils nous conduisent sciemment vers une nouvelle misère ?
De quoi faire frémir.

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Rayon statistique toujours, la pauvreté américaine toucherait 12,7% de la population, contre 12,5% en 2003 et même 11,3% en 2000, point le plus bas. Parfait, en Belgique on n’en est pas très loin. Encore un petit effort, quelques fermetures, quelques dégringolades de salaires et nous serons au Top niveau de l’aventure capitaliste.
Mais les économistes ont réponse à tout. Ils nous disent qu’on n’est pas pauvre tout le temps aux States, because l’extrême mobilité des travailleurs et, du point de vue des personnes, il vaut mieux avoir pendant quelques mois un faible revenu provenant de son travail, plutôt qu'être dans l'assistanat.
Ils oublient la statistique. Les chiffres y sont constants. Il y aurait donc un « roulement » de la pauvreté qui ferait que les Américains alterneraient misère et revenu décent, en oubliant les laissés-pour-compte : personnes âgées, malades, handicapés, qui n’ont pas la chance d’alterner !
Que sous-entend ce va-et-vient de la richesse à la pauvreté, sinon la terreur de perdre son emploi et de se retrouver du jour au lendemain dans la précarité absolue ? Le « Tu es viré » des films hollywoodiens, ce n’est pas de la rigolade, mais une réalité, d’où la souplesse des travailleurs américains, leur absolue vassalité au boss.
Il n’est pas question de désigner les Etats-Unis comme l’ennemi public n°1 des peuples de la terre, les gens y sont victimes du même phénomène que nous. Mais il convient à la lumière des événements, de crier casse-cou.
Que, nous recommanderait, la sagesse ?
D’affiner les analyses, et poser la question à l’Europe : le capitalisme à l’américaine est-il le meilleur moyen de civilisation possible ? Et sans tomber dans la démagogie et l’exaltation d’un autre système (le communisme a complètement raté), d’imaginer autre chose, plus adéquat au bonheur général, afin d’arrêter l’exploitation de l‘homme par l’homme.
Est-ce déraisonnable ? Est-ce si utopique ?
Il reviendrait à l’honneur de la gauche, même caviar, d’oser y réfléchir.

13 mars 2007

Pour lecteurs bayroutisés

Il paraît qu’INTERNET fait de la démagogie sur l’information générée par les fournisseurs d’accès.
Enfin, c’est Hervé Bourges, président de l'Union internationale de la presse francophone, qui l’affirme. Il est furax aussi sur l'émission de TF1 "J'ai une question à vous poser", représentative de ces médias "qui dénient aux journalistes leur fonction propre, celle d'être les animateurs du débat public".
Ce qui chiffonne surtout Hervé, c’est la nouvelle génération, le Web 2.0, qui "met en avant des contenus offerts par les internautes". Il y voit une de "ces pratiques qui révèlent une volonté sourde, tacite, mais profonde, de développer de manière croissante des médias sans journalistes".
On en frissonne !
Ce n’est pas que j’aie une dent, à l’inverse d’Hervé, contre ceux qu’il représente, on rencontre souvent sur des sites de non-professionnels et malgré beaucoup de scories, bien des points de vue et même des informations qu’on ne trouverait nulle part ailleurs. Je le dis tout net, tout en respectant l’écriture de journalistes brillants qu’on ne peut lire que dans la presse de qualité.
Ce qui est gênant, c’est la manière dont ces journalistes découpent le tout venant des blogs d’amateurs, pour en extraire, ce qui leur paraît être le meilleur et qui n’est, le plus souvent, qu’une pâle copie de ce qu’ils représentent, comme le reflet, en moins bon, de leur appartenance politique et philosophique.
A croire que l’opinion aseptisée, préludant à celle du centre bayroutisé, est la seule qu’ils connaissent. S’ils se contentaient d’affirmer leur goût, qui n’est que le privilège de ceux dont la profession est de pouvoir communiquer à des lecteurs quotidiens leurs opinions politiques et leurs états d’âme ; mais, ils décernent des prix, font des remarques, comme s’ils étaient les pontifes écoutés des nouvelles techniques et qu’ils auraient la mission d’en remontrer aux maladroits et aux néophytes de la Toile. Et cela est proprement intolérable.
Certes, parmi les amateurs, il s’en trouve beaucoup qui le sont et qui le resteront, mais croire que de tout le reste, il n’est bon bec que ceux distingués par la presse, c’est s’imaginer qu’il n’est point de qualités informantes, point d’écriture journalistique, en dehors de ce qu’ils décrètent comme acceptable.
Le spectre d'un "monde sans journalistes" empêche Hervé Bourges de dormir. C’est inquiétant, en effet, de constater l’appauvrissement en lecteurs et en moyens de la presse écrite. Si tout n’est pas de la faute des patrons de presse, loin s’en faut que cette mort lente soit la faute de tout le monde sauf à eux et aux journalistes !
On ne tire pas sur une ambulance, j‘en conviens. Mais, voilà vingt ans que l’on prévoit ce qui arrive aujourd’hui. Voilà vingt ans que l’on épilogue sur la maladie et la capacité du malade à produire des anticorps !

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Les études montrent la montée d'un désappointement chez une majorité de journalistes. "Ils se disent favorables à l'accueil des avis du public citoyen, mais il leur reste à complètement intégrer les attentes de la société à leur égard", a observé le sociologue des médias Jean-Marie Charon, qui a noté "des inquiétudes et des critiques à l'égard des évolutions internes des médias, des structures, du système, des autres journalistes".
Une enquête réalisée par La Voix du Nord, France Bleu Nord et France 3 Nord - Pas-de-Calais - Picardie montre que le public souhaite davantage de reportages et de dossiers. Ils sont également 70 % à réclamer des développements de l'information régionale et locale sur Internet. Lors des débats et rencontres avec les journalistes, les participants ont réclamé d'abord une information rigoureuse et de qualité.
Eric Marquis, de L'Express, a insisté sur la nécessité de se recentrer sur les contenus. "Aujourd'hui, on incite les journalistes à aller davantage sur Internet que sur le terrain. En même temps, les effectifs s'amenuisent, a-t-il fait observer. Sur le plan social, le monde sans journalistes est en train de se dessiner. Il est vrai que, s'il s'agit de préférer la réécriture et le commentaire au reportage et à l'enquête, on n'a pas besoin de gros moyens." (Le Monde du 11 mars 07)
J’ajouterai à ce constat accablant qu’heureusement la vocation d’informer ne meurt pas, qu’elle s’entretient justement par les blogs que les journalistes dédaignent. Enfin, si la presse va mal en 2007, c’est parce qu’elle manque de polémistes, de plumes acides que l’on confond avec la presse bidet, people et les magazines tendances, et qu’enfin, la non-opinion, c’est-à-dire l’opinion centriste – bayroutisée - flatte tous les pouvoirs en place et que l’homme de la rue n’aime les putains que dans les chemins de traverse.

12 mars 2007

Les adieux de la diva.

Ce soir, on a vu un Chirac tellement dans son rôle, qu’il a fini par y croire !
C’est ce qui s’appelle une persuasion par incarnation involontaire. Seuls quelques grands acteurs y parviennent. Le plus dur, c’est de retrouver la réalité. Dans le cas de Chirac, cela sera difficile. Giscard, par exemple, n’y est jamais parvenu.
L’ultime sincérité quand tombe le rideau et que la salle s’inquiète déjà à quelle heure passe le dernier bus, est terrible ! Dès les premiers mots du monologue, l’émotion fut à son comble. Il y avait tout, la contraction de la gorge, la moue chagrine. C’était du grand Al Pacino.
Le Président rappellerait plutôt l’acteur Albert Dieudonné (né le 26 novembre 1889 et décédé le 19 mars 1976). Dieudonné est né à Paris et commence sa vie d'acteur dans un film muet de 1908. En 1924, il dirige un drame, Catherine. Il sera l'assistant à la réalisation de Renoir, tous deux acteurs sur le film également. En 1927, il sera l'acteur principal de Napoléon, un film d'Abel Gance. Il aurait été si marqué par son rôle de Bonaparte qu'il en serait arrivé avec les années à se prendre pour l'empereur lui-même. Il donna plus tard des conférences sur Napoléon. En 1929 Dieudonné écrit un roman adapté en comédie musicale, La Douceur d'Aimer.
Chirac lui, se prend pour Chirac. C’est encore plus fort. Son interprétation du personnage est en tous points d’une rare intensité.
Chirac, père des Français, donc de la Nation, au sommet de son art rejoint l’illustre cabot Dieudonné. Pour être tout à fait juste, il y a aussi un peu de Depardieu du « Quand j’étais chanteur », par l’obligation française de citer par contrat Gérard dès que l’on parle de génie.
L’incarnation même du héros de la Nation qui s’en va, on sent pour cet homme que c’est dur de partir. Il y a du Jeanne d’Arc dans son sacrifice.
Si c’était encore les Anglais, les ennemis de toujours, qui l’éloigneraient de la mère patrie, il agiterait son mouchoir à la poupe du navire ennemi en sortant du Havre et tout le ponde pleurerait en voyant disparaître celui qu’on avait toujours vu, avec Chancel, à la proue…
Mais attention, il n’a pas dit son dernier mot. Un métier qu’il possède à fond, il ne l’abandonnera pas de sitôt. Il peut encore servir. Même troufion de deuxième classe, loin des stucs et des lambris, un homme de sa trempe n’abandonne jamais.
Les Français qui pensaient avoir assez donné, depuis les emplois de la mairie de Paris, en passant par les frais énormes de l’Elysée, les voyages dispendieux dans les meilleurs hôtels du monde, jusqu’aux dernières péripéties des affaires en tandem avec Villepin, les Français qui en avaient assez des effets de propagande du genre fracture sociale, n’en ont pas terminé. Les fins de mandat annoncent des débuts de mandat. On a un bel exemple avec Giscard. Ces gens-là n’abandonnent jamais. Ils sont faits pour ça, pour dire aux autres, tracer la voie, montrer le chemin. C’est une profession d’éclaireur, de soldat en quelque sorte. Sauf que leur service militaire est éternel. Il ne finit qu’avec la mort, d’où le réalisme pratique des dictatures dans lesquelles on ne descend du trône qu’abattu par la mitraillette du successeur.
Contre celui qui concrétise le mal français en lui prenant la vedette au nom de l’Union pour la Majorité Présidentielle, Sarkozy en personne, le Président n’a pas dit son dernier mot. Va-t-il l’adouber, le reconnaître pour son fils spirituel, au mépris des dernières promesses à Villepin ?

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Le Président se tâte, tergiverse, donnera son avis sincère et loyal comme toujours sur ce qu’il y a de mieux pour la France. « Qui ? » lui demande-t-on des suppliques plein la voix.
Son camp redoute que saisi par l’esprit de vengeance, le vieux ne lâche du bout des lèvres le nom abominé de Bayrou !
Mais non, ce n’est pas possible !
Ce serait la dernière la meilleure. Qui sait, Bayrou lui a peut-être promis une ambassade exceptionnelle, une suite à vie dans plus bel hôtel des Emirats ? Chirac l’a dit. Il y a des emplois faits pour lui, des représentations de prestige. Personne ne peut baiser les mains des dames comme lui. Que penserait Condoleezza Rice, Angela Merkel, sans l’incarnation du Vert galant ? Allons, la galanterie française serait perdue !
Et puis, qui sait mieux que lui aux Comices agricoles flatter le cul des vaches, lever le godet, écouter l’accordéon du Périgord
Son propre parti construit contre Balladur, cet ami de 30 ans, s’est aligné sur Sarko. Le petit reprend à son compte le lourd passif de haine et d’entourloupettes que portait seul Balladur. Le mois à venir sera particulièrement dangereux avec les chiraquiens ses redoutables et nouveaux amis.
Enfin, salut l’artiste.
Si c’est comme dans le sketch de Coluche des adieux à la scène, il reviendra. On revient toujours, sauf si on passe sous un camion.

11 mars 2007

Des insectes et des hommes

Nous croyons pouvoir naviguer à notre aise dans une Société que nos grands-parents ont largement contribuée à créer et que nous sommes en train de peaufiner à l’aise. Une Société démocratique, c’est-à-dire, façonnée par le plus grand nombre, pour le plus grand nombre.
C’est en principe une association heureuse d’individus pleinement conscients que cette forme de construction sociale les rendra heureux.
Si c’est cela l’objectif, un rapide bilan de la situation nous démontre instantanément le contraire.
La robotisation des individus au travail par l’économie à flux tendus pour le prix le plus compétitif est un désastre pour l’ensemble de l’humanité. Cela met non seulement la santé des personnels en cause, mais réduit à la misère une frange de la population grandissante, qualifiée à tort de marginale, de sans logis, d’assistés sociaux, de personnes âgées sans moyens, de telle sorte que la paupérisation grandit.
Les populations sont les victimes du rendement sous la contrainte, au seul avantage d’un parasitisme légal amplifié des dernières métamorphoses du capitalisme que dénonce l’altermondialisme.
Le parasitisme est une association étroite entre deux situations, un peu comme certains insectes dans la nature. Le parasite, jouit de tous les avantages de la communauté, tandis que son hôte doit en supporter les inconvénients.
Très répandu dans le monde animal, le parasitisme n’en est pas moins devenu la règle chez l’homo sapiens, vérifiant par là que notre état animal est identique au reste des êtres vivant sur cette planète.
Le parasitisme joue chez l’homme un rôle d’autant plus important, qu’il retentit directement sur des ensembles, plutôt que sur la relation du maître au valet.
Toutes les activités humaines sont, en effet, parasitées. La multiplication des formes du parasitisme va entraîner – si elle n’entraîne déjà – des catastrophes. Nous en ressentons les effets, au niveau de l’écologie.
L’observation sociale nous apprend – comme dans le règne animal – qu’il y a trois manières d’être parasite et de vivre aux dépens de son hôte.

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La première consiste à s’installer dans son logement et à profiter de son travail et de ses provisions. C’est la notion de profit de l’actionnariat qui en veut toujours plus. Illustrée à petite échelle sur le terrain, c’est le cas des propriétaires suceurs qui installent leurs victimes dans des galetas et qu’ils exploitent, tapis à proximité ; politiquement, ce sont les expulsions des peuples vaincus dont les vainqueurs occupent les biens. L’appropriation par Israël des biens des Palestiniens expulsés après 1963 est un bel exemple de parasitisme politiquement correct. Le coucou ne fait pas mieux.
La deuxième est d’exploiter directement le corps de la victime. Le parasitisme de la deuxième catégorie compte des exemples dans la manière dont la victime s’épuise à des besognes abrutissantes et mal rétribuées. La prostitution en fait partie.
Les monstrueux hangars sans fenêtres des zonings industriels, avec une seule porte afin de mieux surveiller entrée et sortie, sont des entrailles dont la fécondité dépend d’une activité d’esclaves où luttent pour la survie les parasités assaillis par des parasites, eux-mêmes victimes d’un parasite mieux armés et ainsi de suite.
Enfin la dernière manière est d’être parasite interne. Pénétrer dans le corps de l’autre y dévorer tout son suc et le laisser après consommation telle une enveloppe vide.
Le parasite vendeur de drogue entre dans cette catégorie par marchandise interposée. Les maquereaux pourraient à la fois faire partie de la catégorie 2 et de la catégorie 3.
Dans la nature, une chenille zygène sert de nourriture à des larves d’apantélès, hyménoptères parasites. Les larves sortant du corps épuisé mais encore vivant de leur nourrice, filent chacune un cocon ovoïde près de la chenille. Un autre hyménoptère parasite plus petit, introduit ses œufs dans le cocon d’apantélès. C’est un parasite de parasite, ou hyperparasite !
La société humaine fourmille de parasites de parasites !
Littéralement grignoté de l’intérieur, le parasité meurt après service. Visités par la silicose, ainsi mouraient jadis les mineurs vers la cinquantaine.
C’est tout à fait récent que certaines formes de parasitisme capitaliste soient interdites et réprimées dans nos Sociétés.
Mais, est-ce un progrès moral ? Ou bien, comme les hyménoptères, laisse-t-on le parasité en vie, parce que mort, non seulement il ne produit plus, mais son agonie, parfois lente, entraîne trop de dépense pour une survie désormais improductive ?

10 mars 2007

Racisme rampant.

La Semaine d’Actions Contre le Racisme se déroulera aux alentours du 21 mars. Le projet englobe l’ensemble de la société civile qui lutte contre le racisme.
On se demande pourquoi des grands partis à vocation nationale comme le MR, le CDh et le PS affichent ostensiblement au premier rang de leurs affiliés, quand ce n’est pas aux tribunes, des militants qui sont manifestement nés ailleurs, à tout le moins issus de parents dans le cas. Quoiqu’ils aient évidemment leur place, statistiquement ils sur-représentent leurs collectivités d’origine dans des positions « bien à la vue » que de vieux militants leur envieraient. Serait-ce cela que l’on appelle « discrimination positive « ?
D’ici je vois venir le lec